News: 2022-04-16_11-00-00_mettre-les-calories-au-menu-pour-lutter-

  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Mettre les calories au menu pour lutter contre l'obésité: bonne ou mauvaise idée?

(2022-04-16_11-00-00 (HLN))


Désormais, si vous ouvrez un menu dans un grand restaurant ou chaîne de restauration britannique, vous y verrez le nombre de calories par plat. Il s’agit d’une mesure gouvernementale visant à lutter contre l’obésité. Dans notre pays, pas moins d’un Belge sur deux est en surpoids et 16% sont même obèses. Cet ajout au menu, pourrait-il être une bonne idée pour nous ou existe-t-il un meilleur indicateur d’une alimentation saine? Et qu’en est-il des personnes souffrant de troubles alimentaires? Les diététiciens Michaël Sels (UZA) et Sanne Mouha donnent leur point de vue.

“Le surpoids comporte de nombreux risques”, commence Michaël Sels. Il suffit de penser au risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète et de divers types de cancer. “Il a été scientifiquement prouvé qu’un chiffre trop élevé sur la balance est souvent la cause directe d’un tiers des cancers”, explique l’expert en nutrition. “La réduction des calories peut être un moyen efficace de changer cela et d’aider les gens à atteindre un poids sain. Aider les gens à adopter une alimentation plus équilibrée est toujours une bonne idée. Cette information joue un rôle important à cet égard.”

Que disent les calories sur la qualité d’un produit?



Ou plutôt devrions nous formuler la question comme ceci: l’indication des calories est-elle le meilleur moyen d’informer les gens? “Bien sûr, les calories ne sont pas le seul élément qui détermine la santé d’un produit”, répond Michaël. “Un aliment peut être riche en calories tout en ayant un effet bénéfique sur notre santé. Prenez l’huile d’olive, par exemple. Elle contient plus de kilocalories que le beurre, mais est certainement le choix le plus sain en raison des nutriments qu’elle contient. Les graisses végétales qu’elle contient aident à prévenir les maladies cardiovasculaires, par exemple. Ainsi, ce n’est pas parce qu’un produit contient plus d’énergie - qui est exprimée en calories - qu’il est mauvais pour la santé.”

Citation

Un aliment peut être riche en calories tout en ayant un effet bénéfique sur notre santé. Prenez l’huile d’olive, par exemple. Michaël Sels

La diététicienne Sanne Mouha est d’accord avec Michaël Sels. “On parle toujours d’obésité quand on parle de santé, mais il y a aussi des personnes plus minces, par exemple, qui doivent faire face à un taux de cholestérol trop élevé. Ce groupe ne devrait pas s’inquiéter des calories, par exemple, mais du caractère sain de leur repas. Leur sert-on le bon type de graisse? La quantité de fruits et de légumes est-elle bonne? Les céréales sont-elles complètes? ... Sels confirme: “1 gramme de graisse contient 9 kilocalories, qu’elle soit de bonne qualité ou non. La graisse du saumon, en revanche, est beaucoup plus saine que celle du salami.” Les calories indiquées à côté du repas ne nous indiquent donc pas toujours si le repas est sain et ne sont pas utiles pour tout le monde.

La diététicienne Sanne Mouha: "Tout le monde n'a pas intérêt à connaître le nombre de calories des repas. Pour beaucoup de personnes, la teneur en nutriments est beaucoup plus importante pour éliminer certains problèmes comme l’hypercholestérolémie.” © Steven Richardson

(Poursuivre l’article ci-dessous)

Compter les calories



Non seulement les nutriments sont importants, mais il faut aussi apprendre à reconnaître sa propre faim. “Les gens devraient apprendre à écouter leur estomac et à savoir s’il est plein”, estime Sanne. “C’est un bien meilleur indicateur que les calories d’un menu. Si vous devez ‘entasser’ les aliments, vous risquez de développer des problèmes gastro-intestinaux et, en plus d’un excès de calories, vous consommerez également trop de graisses et de glucides.” Le comptage des calories doit donc être pris avec des pincettes. “Même si cela peut donner un coup de pouce à certaines personnes qui ont du mal à estimer les valeurs nutritionnelles”, nuance Michaël.

Les différents rôles de l’alimentation



Lorsqu’il s’agit d’estimer la quantité de calories, l’indication de la teneur énergétique peut être utile. Pour autant que vous ne réduisiez pas la qualité d’un repas à ce chiffre. Les deux diététiciens considèrent que les différentes fonctions des aliments sont très importantes. “Nos aliments remplissent d’autres rôles que le simple rôle fonctionnel”, souligne Michaël. “Nous avons effectivement besoin de nutriments pour rester actifs, mais la nourriture joue également un rôle social très important. Manger bien ensemble, manger pour fêter quelque chose, déguster quelque chose de savoureux, ... Lorsque vous allez au restaurant, par exemple, vous y allez principalement pour l’aspect social et/ou gustatif. L’aspect fonctionnel n’est pas le point central de ces repas. Bien sûr, cela ne veut pas dire que le sain et le savoureux ne peuvent jamais aller de pair.”

Citation

Au restaurant, ce qui compte, c'est le goût du plat, pas nécessaire­ment la quantité de nutriments que le repas apporte à notre organisme. Michaël Sels

Selon Sanne Mouha, les calories présentes sur le menu peuvent enlever le plaisir d’une visite au restaurant. “Vous ne voulez pas lire, en début de soirée, que votre steak-frites contient 1.000 kilocalories, n’est-ce pas? Si vous vous concentrez sur des choix sains et des portions appropriées dans votre vie quotidienne, vous devriez pouvoir vous faire plaisir au restaurant.”

(Poursuivre l’article ci-dessous)

"Pouvez-vous quand même apprécier ce steak s'il est très calorique?” © The Washington Post via Getty Im

Nouvelle vision du “régime”



Et qu’en est-il des personnes souffrant de troubles alimentaires? “Les personnes souffrant d’un trouble alimentaire ou celles en voie de rétablissement se concentrent trop souvent sur l’aspect fonctionnel de la nourriture. S’ils osent retourner au restaurant et qu’ils voient soudain ces calories sur le menu, cela peut redéclencher le trouble alimentaire de manière négative”, ajoute Michaël. “Nous ne devons pas encourager cette vision déformée avec la nourriture.”

“Dans notre société, le régime alimentaire consiste encore trop souvent à se débarrasser de quelque chose”, poursuit-il. “Il y a un véritable engouement pour le régime cétogène, qui supprime les glucides du menu, du jeûne intermittent, qui régente même le temps durant lequel vous pouvez manger. Et pourtant, le taux d’obésité n’a fait qu’augmenter. Un Belge sur deux a un poids excessif et 16% sont obèses. Pour moi, c’est une preuve supplémentaire que les privations ne servent à rien. Il faut apprendre aux gens à manger plus de bonnes choses, comme des fruits et des légumes, et le reste suivra automatiquement.”

Citation

Pourquoi ne pas plaider pour la quantité de légumes dans un repas plutôt que pour les calories? Ces éléments sont bien plus importants pour être en bonne santé. Michaël Sels

“Une conséquence directe de la consommation de plus de fruits et légumes est que votre corps reçoit plus de vitamines et de minéraux. Une conséquence indirecte est que les aliments malsains occupent moins de place dans votre assiette. Par exemple, la quantité de sucres ajoutés dans votre repas sera réduite en mangeant plus de légumes. Leur humidité et leurs fibres vous donnent plus rapidement une sensation de satiété. “Seuls 5% des Belges mangent suffisamment de légumes et 10% seulement consomment suffisamment de fruits. La bonne motivation est essentielle pour rétablir l’équilibre de ces proportions. Mon objectif en tant que diététicienne est d’amener les gens à manger plus de “bonnes” choses au lieu de moins de “mauvaises”, car il faut pouvoir tenir le coup. Ainsi, au lieu de supprimer le gâteau, vous pouvez simplement manger un fruit supplémentaire. Et c’est ainsi, selon Michaël, que l’on pourra améliorer la santé des gens à grande échelle. “Je préconiserais plutôt d’indiquer les portions de légumes sur un menu plutôt que les calories”, conclut-il.

Les allergènes



D’un point de vue pratique également, Sanne Mouha ne voit pas encore l’indication des calories sur les menus des restaurant arriver en Belgique. “Les restaurants qui changent souvent leurs menus doivent faire toutes sortes de calculs, encore et encore”, explique Sanne. “Dans de nombreux pays du monde, comme l’Espagne, les allergènes sont déjà mentionnés sur le menu, mais en Belgique, c’est encore difficile. Ces analyses effectuées par des diététiciens ou d’autres experts coûtent du temps, des efforts et de l’argent. Si les allergènes ne peuvent pas encore être indiqués sur 100% de nos menus, je ne vois pas comment cela pourrait se produire soudainement pour les calories. Ce qui me semble une meilleure idée - si c’est faisable - c’est de fournir une carte séparée pour les clients qui demanderaient eux-mêmes les calories contenues dans leur assiette.”



Just a few of the perfect excuses for having some strawberry shortcake.
Pick one.

(1) It's less calories than two pieces of strawberry shortcake.
(2) It's cheaper than going to France.
(3) It neutralizes the brownies I had yesterday.
(4) Life is short.
(5) It's somebody's birthday. I don't want them to celebrate alone.
(6) It matches my eyes.
(7) Whoever said, "Let them eat cake." must have been talking to me.
(8) To punish myself for eating dessert yesterday.
(9) Compensation for all the time I spend in the shower not eating.
(10) Strawberry shortcake is evil. I must help rid the world of it.
(11) I'm getting weak from eating all that healthy stuff.
(12) It's the second anniversary of the night I ate plain broccoli.