Les adultes autistes bientôt écartés du seul centre spécialisé de Wallonie: c’est faux, selon le CHU de Liège
(2022-04-11_17-00-36)
- Reference: 2022-04-11_17-00-36_les-adultes-autistes-bientot-ecartes-du-
- News link: https://www.7sur7.be/sante/les-adultes-autistes-bientot-ecartes-du-seul-centre-specialise-de-wallonie-cest-faux-selon-le-chu-de-liege~a7222732/
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Neuropsychologues et patients du Centre de Ressources Autisme de Liège sont inquiets. Une rumeur fait état de la fermeture prochaine de la section adulte du CRAL, qui est, à ce jour, le seul centre habilité à diagnostiquer l’autisme chez l’adulte sans déficience intellectuelle en Belgique francophone et d’assurer le suivi et l’accompagnement des personnes diagnostiquées avec une prise en charge par les mutuelles. Mais qu’en est-il vraiment? “La liste d’attente de patients s’allonge, ce n’est plus possible de continuer comme ça.”
Début avril, la neuropsychologue spécialisée dans le diagnostic de l’autisme, Géraldine Vrancken, s’est exprimée dans une lettre ouverte adressée aux médecins du CHU de Liège. “Nous avons été informés, en date du 11 mars 2022, de votre décision de ne plus autoriser de bilans et de modules de coordination à destination des adultes dans le cadre du CRAL”, s’étonne-t-elle.
Or, comme l’explique la neuropsychologue, le Centre de Ressources Autisme de Liège, créé il y a de cela 16 ans, est le seul composé d’une équipe reconnue et “à même de proposer des bilans pluridisciplinaires pertinents pour diagnostiquer l’autisme chez l’adulte sans déficience intellectuelle”. En effet, le CRAL est le seul centre de Wallonie qui est conventionné, et donc, dont les patients peuvent bénéficier d’une intervention de la mutuelle. “Supprimer pour les patients la possibilité de bénéficier d’un tel service me paraît inacceptable dans une optique d’accès aux soins pour tous, d’autant que la convention signée par le CHU de Liège permet explicitement le financement de tels bilans pour les adultes”, poursuit Géraldine Vrancken, qui, en plus de son propre cabinet, travaille justement au sein du CRAL.
Cette lettre ouverte, partagée plus d'une centaine de fois, a, par la suite, été reprise sous la forme d’une [1]pétition en ligne pour dire “non à la suppression du seul centre de référence pour l’autisme chez l’adulte en Wallonie”. À ce jour, elle comptabilise 1.200 signatures.
(Poursuivre la lecture ci-dessous)
Du côté du CHU de Liège, on nous assure qu’il n’est pas question de fermer le centre aux adultes, mais plutôt qu’une réflexion était en cours pour améliorer la qualité des services. “On s’est rendu compte que la liste d’attente s’allongeait. Les patients adultes doivent attendre parfois 16 ans avant de pouvoir être diagnostiqués, tandis que l’attente est de 730 jours, soit deux ans, pour les enfants. Il n’était plus possible pour nous de continuer comme ça”, nous explique Éric Adam, chef du service de Psychologie clinique et action sociale.
Ce problème d’attente, nous explique le psychologue, est dû à deux facteurs. Le premier est le fait que la population est plus attentive aux problèmes liés à l’autisme. Les demandes de diagnostic explosent donc. La seconde, et la raison principale, est la fermeture, il y a quelques années, des autres centres de référence pour les adultes en Wallonie. “Ils faisaient face à un délai de prise en charge trop important, aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Ils ont décidé de favoriser les enfants, pour qui un diagnostic rapide est absolument primordial. Les adultes se sont ainsi tourné vers nous”, explique-t-il.
Pour prioriser le diagnostic des enfants, sans pénaliser les adultes, qui devraient, en cas de fermeture, se tourner vers des centres privés non conventionnés, et donc plus chers, le Centre de Ressources Autisme de Liège doit donc trouver une solution. “L’idée pourrait être d’augmenter le staff pour le diagnostic des adultes, mais ce n’est pas trop possible, car nous bénéficions d’une enveloppe fixe. Celle-ci empêche de développer le CRAL comme nous l’aimerions”, indique le chef du service de Psychologie clinique et action sociale. “L’idée serait aussi, peut-être, de développer une filière spécifique pour le diagnostic chez l’adulte, avec une équipe parallèle, et ainsi de sortir certains adultes de la convention CRAL, pour les accueillir dans cette autre filière.”
“Je pense qu’il faudrait interpeller les politiques à propos du refinancement du diagnostic et de la prise en charge des adultes autistes. Deux nouveaux centres vont ouvrir en province de Namur et dans le Luxembourg belge, mais ceux-ci seront destinés aux 0-22 ans. Nous serons toujours les seuls conventionnés à diagnostiquer les plus de 22 ans. Et ça, ça ne va pas”, conclut Éric Adam.
Retrouvez [2]ici toute l’actualité de la région de Liège.
[1] https://www.change.org/p/non-%C3%A0-la-suppression-du-seul-centre-de-r%C3%A9f%C3%A9rence-autisme-cra-pour-adultes-en-wallonie
[2] https://www.7sur7.be/dossier/liege-et-sa-region~d1b8b0c27-6007-4c85-8c99-58803af59df3/
Début avril, la neuropsychologue spécialisée dans le diagnostic de l’autisme, Géraldine Vrancken, s’est exprimée dans une lettre ouverte adressée aux médecins du CHU de Liège. “Nous avons été informés, en date du 11 mars 2022, de votre décision de ne plus autoriser de bilans et de modules de coordination à destination des adultes dans le cadre du CRAL”, s’étonne-t-elle.
Or, comme l’explique la neuropsychologue, le Centre de Ressources Autisme de Liège, créé il y a de cela 16 ans, est le seul composé d’une équipe reconnue et “à même de proposer des bilans pluridisciplinaires pertinents pour diagnostiquer l’autisme chez l’adulte sans déficience intellectuelle”. En effet, le CRAL est le seul centre de Wallonie qui est conventionné, et donc, dont les patients peuvent bénéficier d’une intervention de la mutuelle. “Supprimer pour les patients la possibilité de bénéficier d’un tel service me paraît inacceptable dans une optique d’accès aux soins pour tous, d’autant que la convention signée par le CHU de Liège permet explicitement le financement de tels bilans pour les adultes”, poursuit Géraldine Vrancken, qui, en plus de son propre cabinet, travaille justement au sein du CRAL.
Cette lettre ouverte, partagée plus d'une centaine de fois, a, par la suite, été reprise sous la forme d’une [1]pétition en ligne pour dire “non à la suppression du seul centre de référence pour l’autisme chez l’adulte en Wallonie”. À ce jour, elle comptabilise 1.200 signatures.
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Pas de fermeture, mais une réflexion
Du côté du CHU de Liège, on nous assure qu’il n’est pas question de fermer le centre aux adultes, mais plutôt qu’une réflexion était en cours pour améliorer la qualité des services. “On s’est rendu compte que la liste d’attente s’allongeait. Les patients adultes doivent attendre parfois 16 ans avant de pouvoir être diagnostiqués, tandis que l’attente est de 730 jours, soit deux ans, pour les enfants. Il n’était plus possible pour nous de continuer comme ça”, nous explique Éric Adam, chef du service de Psychologie clinique et action sociale.
Ce problème d’attente, nous explique le psychologue, est dû à deux facteurs. Le premier est le fait que la population est plus attentive aux problèmes liés à l’autisme. Les demandes de diagnostic explosent donc. La seconde, et la raison principale, est la fermeture, il y a quelques années, des autres centres de référence pour les adultes en Wallonie. “Ils faisaient face à un délai de prise en charge trop important, aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Ils ont décidé de favoriser les enfants, pour qui un diagnostic rapide est absolument primordial. Les adultes se sont ainsi tourné vers nous”, explique-t-il.
Prioriser, mais pas pénaliser
Pour prioriser le diagnostic des enfants, sans pénaliser les adultes, qui devraient, en cas de fermeture, se tourner vers des centres privés non conventionnés, et donc plus chers, le Centre de Ressources Autisme de Liège doit donc trouver une solution. “L’idée pourrait être d’augmenter le staff pour le diagnostic des adultes, mais ce n’est pas trop possible, car nous bénéficions d’une enveloppe fixe. Celle-ci empêche de développer le CRAL comme nous l’aimerions”, indique le chef du service de Psychologie clinique et action sociale. “L’idée serait aussi, peut-être, de développer une filière spécifique pour le diagnostic chez l’adulte, avec une équipe parallèle, et ainsi de sortir certains adultes de la convention CRAL, pour les accueillir dans cette autre filière.”
“Je pense qu’il faudrait interpeller les politiques à propos du refinancement du diagnostic et de la prise en charge des adultes autistes. Deux nouveaux centres vont ouvrir en province de Namur et dans le Luxembourg belge, mais ceux-ci seront destinés aux 0-22 ans. Nous serons toujours les seuls conventionnés à diagnostiquer les plus de 22 ans. Et ça, ça ne va pas”, conclut Éric Adam.
Retrouvez [2]ici toute l’actualité de la région de Liège.
[1] https://www.change.org/p/non-%C3%A0-la-suppression-du-seul-centre-de-r%C3%A9f%C3%A9rence-autisme-cra-pour-adultes-en-wallonie
[2] https://www.7sur7.be/dossier/liege-et-sa-region~d1b8b0c27-6007-4c85-8c99-58803af59df3/