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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Les experts indiquent que les troupes russes ne feront que devenir plus cruelles: “La Russie a déshumanisé les Ukrainiens”

(2022-04-07_09-13-00 (HLN))


Les terribles atrocités commises par les soldats russes à Boutcha n’étaient pas inattendues, selon certains experts. “Pour les initiés militaires, ce n’est pas une surprise”, déclare le lieutenant-général Marc Thys. “La Russie n’a jamais été en admiration devant le bien-être et la liberté des civils. Et la fin n’est pas encore en vue. Cela va quand même se produire. La Russie a déshumanisé les Ukrainiens, comme les nazis l’ont fait avec les Juifs.”

Tuer des civils, violer des femmes et autres violations flagrantes des droits de l’homme: l’armée russe est responsable des crimes de guerre les plus graves depuis la Seconde Guerre mondiale. Le président Zelensky a comparé les Russes aux terroristes de l’État Islamique. Alors que le monde entier est sous le choc, les experts militaires ne sont pas surpris. “Elle est inhérente à tout conflit dans lequel les Russes sont impliqués”, a déclaré le lieutenant général Marc Thys, chef d’état-major adjoint des armées. “Les Russes n’ont jamais été très soucieux du bien-être des civils. Regardez la Tchétchénie, Alep, la Seconde Guerre mondiale et la semaine dernière le Mali”.

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Dans ce pays africain, le 27 mars, des mercenaires russes du groupe Wagner ont ouvert le feu depuis des hélicoptères sur le marché aux bestiaux de Moura. Des centaines d’hommes ont été rassemblés sur la rive du fleuve. Là, ils ont dû rester allongés sur le sol, dans la chaleur, pendant près de cinq jours avant d’être exécutés. Plus de 240 corps ont été jetés dans trois fosses communes.

Le lieutenant général Marc Thys, chef d'état-major adjoint des armées. © Tim Dirven

Les atrocités de l’armée russe à Boutcha ne peuvent être attribuées qu’à des individus frustrés qui passent leur colère sur des civils innocents. “Nous avons des conseillers juridiques à l’OTAN qui doivent donner le feu vert avant qu’une cible soit attaquée. Ce n’est pas le cas en Russie. Il ne fait pas partie de leur doctrine de vérifier à l’avance s’il est permis d’attaquer une certaine cible”, explique M. Thys.

Boutcha ne restera pas un cas isolé, estime le général Thys. “Une vie humaine a une valeur très différente en Russie que dans notre société occidentale. Nous nous concentrons sur la protection de l’individu, avec eux seul le collectif compte. Ils sont entrés dans la guerre avec un certain récit. Elle visait à déshumaniser l’adversaire. C’est aussi la façon dont Hitler et les nazis ont traité les Juifs. Si vous déshumanisez l’adversaire, vous avez moins de difficultés à commettre de telles atrocités. De nombreux soldats sont tellement endoctrinés qu’ils pensent faire le bien quand ils tuent quelqu’un.”

Plus macabre et brutal



La fin des pratiques criminelles n’est pas en vue, pense également Sven Biscop, professeur de relations internationales (UGent). Les Russes ont changé leurs plans. Dans la région du Donbass et dans la mer d’Azov, les choses risquent de devenir encore plus compliquées. “Une ville comme Marioupol doit craindre des combats encore plus violents”, déclare M. Biscop, qui voit la guerre devenir plus horrible et les Russes plus brutaux.

“Historiquement, ce n’est pas anormal. Un agresseur brutalise et utilise davantage la force lorsque la résistance est farouche ou lorsqu’il s’enlise dans des plans préconçus.” Mais ce que les Ukrainiens ont subi à Boutcha se produit très tôt dans la guerre, estime-t-il. “Pour eux, cela dure indéniablement depuis trop longtemps, mais en fait, cela ne fait ‘que’ un mois et demi. Au début, nous avons vu des images de chars repoussés par des citoyens ukrainiens en colère qui défendaient leurs villages. C’est dire à quel point le contraste est grand aujourd’hui. Cela indique une frustration. Je ne peux pas dire que l’unité stationnée à Boutcha était indisciplinée ou que les meurtres sont le résultat d’une frustration personnelle de la part des soldats qui ont vécu dans des conditions misérables. Ni qu’il s’agissait d’une action coordonnée. Ce qui est certain, c’est que lorsque cela se produit, les dirigeants le savent. Donc soit ils ont laissé leurs hommes le faire, soit ils ont organisé toute l’action.”

Sven Biscop, professeur de relations internationales (UGent). © Aurélie Geurts

Poutine maintient que ses troupes ne sont pas à blâmer pour le massacre de Boutcha. Il a qualifié la découverte de corps de civils tués de “provocation grossière et cynique” de la part des autorités ukrainiennes. Une porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a déclaré qu’entre-temps, il y avait suffisamment de preuves que la Russie n’était pas à blâmer pour clore le débat sur cette question.

[4]NOTRE DOSSIER COMPLET SUR LE CONFLIT EN UKRAINE



[1] https://www.7sur7.be/monde/une-ukrainienne-reconnait-le-corps-de-sa-mere-grace-a-sa-manucure-jai-limpression-que-je-suis-morte-avec-elle~a4bf5627/

[2] https://www.7sur7.be/monde/a-propos-de-boutcha-poutine-denonce-une-provocation-grossiere-et-cynique-de-l-ukraine~accf85ab/

[3] https://www.7sur7.be/monde/poutine-a-clairement-raccourci-son-temps-au-pouvoir-en-faisant-la-guerre-en-ukraine~a0afec86/

[4] https://www.7sur7.be/dossier/invasion-russe-en-ukraine~d6c30bd6f-5985-459d-8adc-86c964fe1d8f/



It wasn't that she had a rose in her teeth, exactly. It was more like
the rose and the teeth were in the same glass.