Ce que proposent les candidats à l'élection présidentielle française: faut-il accueillir les réfugiés ukrainiens?
(2022-04-05_07-00-01)
- Reference: 2022-04-05_07-00-01_ce-que-proposent-les-candidats-a-l-elect
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Focus Ils sont douze à briguer la présidence française, promise selon tous les sondages au sortant Emmanuel Macron, dont les deux principaux rivaux semblent être Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Chaque jour, jusqu’à la veille du premier tour, le 10 avril prochain, la rédaction de 7sur7 va décortiquer les programmes de chaque candidat sur un sujet en particulier. Ce mardi, nous nous intéressons aux positions prises à propos de l’accueil des réfugiés ukrainiens.
La guerre en Ukraine a redistribué quelques cartes dans la campagne présidentielle française. Parmi les questions liées au conflit, celle de l’accueil des réfugiés est majeure puisqu’elle concerne directement les Français, mais aussi les habitants des autres pays au sein de l’Union européenne. Onze des douze candidats à l’élection présidentielle ont donné leur avis à ce sujet.
© DR
Le candidat-sortant Emmanuel Macron s’est montré favorable à plusieurs reprises à l’accueil des réfugiés en France. Il a notamment répété sa position au président ukrainien Zelensky ou encore devant le Conseil européen. Preuve de cette volonté, son gouvernement a mis en place le 8 mars un site internet permettant à toute personne souhaitant accueillir des réfugiés ukrainiens chez elle de se faire connaître.
Contrairement à sa fermeté habituelle sur les questions d’immigration, Marine Le Pen a exprimé sa volonté d’accueillir les réfugiés ukrainiens. Selon la candidate du Rassemblement Nationale, il “faut respecter la Convention de Genève (…) et tout ça doit se faire sous l’égide du Haut commissariat aux réfugiés (HCR).”
Sans surprise, Jean-Luc Mélenchon est également favorable à cet élan de solidarité. Il s’est positionné dès le premier jour de l’entrée de l’armée russe sur le territoire ukrainien: “Si nous sommes solidaires de l’Ukraine, c’est le moment de le manifester (…) Ces pauvres gens subissent un sort auquel ils ne s’attendaient pas.” Le chef de la France insoumise ne veut cependant pas avoir “une hospitalité à géométrie variable”: il souhaite que la France prenne sa part également dans l’accueil d’autres réfugiés, notamment venus de Syrie.
Valérie Pécresse s’est montrée favorable à cet accueil, même si elle considère qu’il est “préférable d’organiser leur accueil dans les pays limitrophes pour qu’ils puissent rentrer chez eux le plus rapidement possible.” La candidate des Républicains assure tout de même que “la France doit être au rendez-vous de sa tradition humaniste du droit d’asile (…). Ils doivent avoir la protection qui correspond à un pays en guerre, à un pays menacé, (…) une protection qui leur donne droit à un titre de séjour d’un an” a-t-elle ajouté.
Anne Hidalgo s’est positionnée en faveur de l’accueil de réfugiés ukrainiens en France, mais a également prouvé cette posture. La Ville de Paris, qu’elle dirige, a “mis en place une cellule de crise afin de mettre tous les moyens en œuvre pour assurer l’hébergement des Ukrainiens bloqués à Paris ou qui viendraient s’y réfugier.” La municipalité a aussi débloqué un million d’euros, “pour les associations, ONG et acteurs de terrain qui organisent la collecte et l’acheminement de produits de première nécessité en Ukraine ou dans les pays frontaliers, et préparent l’accueil des réfugiés ukrainiens à Paris”.
Yannick Jadot est très favorable à l’accueil des réfugiés ukrainiens en France. Le candidat d’Europe Ecologie Les Verts estime qu’il faut “comprendre ce qu’il se passe en Ukraine.” Selon lui, “il faut évidemment accueillir les réfugiés, les exilés ukrainiens. Le sens de la République, les valeurs de la république, c’est la liberté, l’égalité, la fraternité, c’est aussi le sens de l’accueil par rapport à des populations, par rapport à des personnes qui fuient la persécution, qui fuient une invasion d’une dictature sur une démocratie”.
Fabien Roussel utilise le même ton, évoquant la “tradition d’accueil” de la France. Le candidat communiste espérait que tous les candidats “allaient tous le dire, y compris ceux qui disaient il y a quelques jours qu’il faut ériger des murs à la frontière de l’Union européenne et n’accueillir personne”, une référence à Eric Zemmour. Le PCF a même “pris une initiative” pour “accueillir des familles” de réfugiés Ukrainiens “avec des ONG et des associations.”
Comme Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan a utilisé l’argument de la Convention de Genève pour justifier l’accueil des réfugiés. “La France doit accueillir sa part de réfugiés bien évidemment, parce que là, on est en plein dans la convention de Genève.” Mais le candidat a qualifié la vague de migration venue d’Ukraine de “fardeau” et espère éviter “de déménager un peuple.”
Nathalie Arthaud est d’accord pour accueillir des réfugiés ukrainiens en France et en Europe. “Bien sûr qu’il faut ouvrir les frontières de l’Union européenne, leur permettre de se réfugier”, a-t-elle déclaré. Mais la candidate de Lutte Ouvrière s’est indignée du traitement apporté aux personnes noires fuyant l’Ukraine à leur arrivée en Pologne : “Je tiens aussi à souligner qu’il faut permettre à tous les réfugiés de passer la frontière. Ce que j’ai vu avec le refoulement de réfugiés africains à la frontière de la Pologne est vraiment révoltant et je tiens d’ailleurs à le dénoncer.”
“La base minimale”, a estimé Philippe Poutou au sujet de l’accueil des Ukrainiens. Le candidat souhaite même accueillir tous les réfugiés en général. D’ailleurs, s’il est élu président, sa première visite officielle se ferait après de SOS Méditerranée, qui intervient dans la mer Méditerranée pour secourir les personnes essayant d’arriver en Europe par voie maritime.
Éric Zemmour est le seul candidat qui est clairement défavorable à l’accueil de réfugiés ukrainiens sur le sol français. Le candidat de Reconquête! estime que c’est à la Pologne de s’en occuper. “Il faut voir ce que demandent les Ukrainiens (…). Ils veulent aller en Pologne. Les femmes veulent être à côté et à proximité de leurs maris qui veulent se battre. Ils veulent pouvoir rentrer, donc je considère qu’il faut au contraire les aider (…). J’ai dit qu’il fallait aider les Polonais.”
Jean Lassalle est le seul candidat qui ne s’est pas ouvertement positionné sur cette question, même s’il a fermement condamné l’invasion russe en Ukraine.
La guerre en Ukraine a redistribué quelques cartes dans la campagne présidentielle française. Parmi les questions liées au conflit, celle de l’accueil des réfugiés est majeure puisqu’elle concerne directement les Français, mais aussi les habitants des autres pays au sein de l’Union européenne. Onze des douze candidats à l’élection présidentielle ont donné leur avis à ce sujet.
© DR
ILS SONT FAVORABLES
Le candidat-sortant Emmanuel Macron s’est montré favorable à plusieurs reprises à l’accueil des réfugiés en France. Il a notamment répété sa position au président ukrainien Zelensky ou encore devant le Conseil européen. Preuve de cette volonté, son gouvernement a mis en place le 8 mars un site internet permettant à toute personne souhaitant accueillir des réfugiés ukrainiens chez elle de se faire connaître.
Contrairement à sa fermeté habituelle sur les questions d’immigration, Marine Le Pen a exprimé sa volonté d’accueillir les réfugiés ukrainiens. Selon la candidate du Rassemblement Nationale, il “faut respecter la Convention de Genève (…) et tout ça doit se faire sous l’égide du Haut commissariat aux réfugiés (HCR).”
Sans surprise, Jean-Luc Mélenchon est également favorable à cet élan de solidarité. Il s’est positionné dès le premier jour de l’entrée de l’armée russe sur le territoire ukrainien: “Si nous sommes solidaires de l’Ukraine, c’est le moment de le manifester (…) Ces pauvres gens subissent un sort auquel ils ne s’attendaient pas.” Le chef de la France insoumise ne veut cependant pas avoir “une hospitalité à géométrie variable”: il souhaite que la France prenne sa part également dans l’accueil d’autres réfugiés, notamment venus de Syrie.
Valérie Pécresse s’est montrée favorable à cet accueil, même si elle considère qu’il est “préférable d’organiser leur accueil dans les pays limitrophes pour qu’ils puissent rentrer chez eux le plus rapidement possible.” La candidate des Républicains assure tout de même que “la France doit être au rendez-vous de sa tradition humaniste du droit d’asile (…). Ils doivent avoir la protection qui correspond à un pays en guerre, à un pays menacé, (…) une protection qui leur donne droit à un titre de séjour d’un an” a-t-elle ajouté.
Anne Hidalgo s’est positionnée en faveur de l’accueil de réfugiés ukrainiens en France, mais a également prouvé cette posture. La Ville de Paris, qu’elle dirige, a “mis en place une cellule de crise afin de mettre tous les moyens en œuvre pour assurer l’hébergement des Ukrainiens bloqués à Paris ou qui viendraient s’y réfugier.” La municipalité a aussi débloqué un million d’euros, “pour les associations, ONG et acteurs de terrain qui organisent la collecte et l’acheminement de produits de première nécessité en Ukraine ou dans les pays frontaliers, et préparent l’accueil des réfugiés ukrainiens à Paris”.
Yannick Jadot est très favorable à l’accueil des réfugiés ukrainiens en France. Le candidat d’Europe Ecologie Les Verts estime qu’il faut “comprendre ce qu’il se passe en Ukraine.” Selon lui, “il faut évidemment accueillir les réfugiés, les exilés ukrainiens. Le sens de la République, les valeurs de la république, c’est la liberté, l’égalité, la fraternité, c’est aussi le sens de l’accueil par rapport à des populations, par rapport à des personnes qui fuient la persécution, qui fuient une invasion d’une dictature sur une démocratie”.
Fabien Roussel utilise le même ton, évoquant la “tradition d’accueil” de la France. Le candidat communiste espérait que tous les candidats “allaient tous le dire, y compris ceux qui disaient il y a quelques jours qu’il faut ériger des murs à la frontière de l’Union européenne et n’accueillir personne”, une référence à Eric Zemmour. Le PCF a même “pris une initiative” pour “accueillir des familles” de réfugiés Ukrainiens “avec des ONG et des associations.”
Comme Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan a utilisé l’argument de la Convention de Genève pour justifier l’accueil des réfugiés. “La France doit accueillir sa part de réfugiés bien évidemment, parce que là, on est en plein dans la convention de Genève.” Mais le candidat a qualifié la vague de migration venue d’Ukraine de “fardeau” et espère éviter “de déménager un peuple.”
Nathalie Arthaud est d’accord pour accueillir des réfugiés ukrainiens en France et en Europe. “Bien sûr qu’il faut ouvrir les frontières de l’Union européenne, leur permettre de se réfugier”, a-t-elle déclaré. Mais la candidate de Lutte Ouvrière s’est indignée du traitement apporté aux personnes noires fuyant l’Ukraine à leur arrivée en Pologne : “Je tiens aussi à souligner qu’il faut permettre à tous les réfugiés de passer la frontière. Ce que j’ai vu avec le refoulement de réfugiés africains à la frontière de la Pologne est vraiment révoltant et je tiens d’ailleurs à le dénoncer.”
“La base minimale”, a estimé Philippe Poutou au sujet de l’accueil des Ukrainiens. Le candidat souhaite même accueillir tous les réfugiés en général. D’ailleurs, s’il est élu président, sa première visite officielle se ferait après de SOS Méditerranée, qui intervient dans la mer Méditerranée pour secourir les personnes essayant d’arriver en Europe par voie maritime.
IL EST DÉFAVORABLE
Éric Zemmour est le seul candidat qui est clairement défavorable à l’accueil de réfugiés ukrainiens sur le sol français. Le candidat de Reconquête! estime que c’est à la Pologne de s’en occuper. “Il faut voir ce que demandent les Ukrainiens (…). Ils veulent aller en Pologne. Les femmes veulent être à côté et à proximité de leurs maris qui veulent se battre. Ils veulent pouvoir rentrer, donc je considère qu’il faut au contraire les aider (…). J’ai dit qu’il fallait aider les Polonais.”
IL NE SE PRONONCE PAS
Jean Lassalle est le seul candidat qui ne s’est pas ouvertement positionné sur cette question, même s’il a fermement condamné l’invasion russe en Ukraine.