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Que faire après les témoignages sur les viols, les exécutions et les pillages en Ukraine? “Il est temps de lancer un mandat d'arrêt contre Poutine”

(2022-04-04_08-58-36 (HLN))


De plus en plus d’images et de témoignages apparaissent concernant les atrocités qui auraient été commises par l’armée russe en Ukraine. La demande enfle pour que le président Poutine soit traduit devant la Cour pénale internationale en tant que commandant en chef. “C’est un criminel de guerre.” Y aura-t-il bientôt un mandat d’arrêt ?

Horrible. Voici le mot qui peut résumer le premier rapport de l’ONG Human Rights Watch sur la guerre en Ukraine. Sur la base de déclarations de témoins, de photos et de vidéos, divers crimes de guerre présumés ont été documentés entre le 27 février et le 14 mars. “Il s’agit de viols, d’exécutions et de pillages. Les cas que nous avons pu décrire témoignent d’atrocités horribles et gratuites contre des civils ukrainiens.”

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Plusieurs exemples d’atrocité



Le 6 mars, à Vorzel, à 50 kilomètres de Kiev, des soldats russes auraient abattu une mère et sa fille de 14 ans dans un abri antiaérien. L’adolescente serait morte sur le coup. La mère aurait succombé à ses blessures deux jours plus tard. Une semaine auparavant, dans le village de Staryi Bykiv, à l’est de l’Ukraine, des soldats russes auraient rassemblé six civils dans la rue et les auraient exécutés sur place. Une autre histoire, provenant de la région de Kharkiv, concerne des abus sexuels.

Une femme de 31 ans témoigne en détail de la façon dont elle aurait été violée à plusieurs reprises au cours de la nuit par un soldat russe de 20 ans. Le 13 mars, avec sa fille de cinq ans, sa famille et une quarantaine d’autres civils, elle se cachait dans une petite école lorsque le soldat est arrivé vers minuit. Il cherchait de la nourriture et a obligé le frère de la femme à l’aider à la chercher dans le village. Quand ils sont revenus, il s’est isolé avec la femme et l’a violée. “Il a pointé son arme sur moi”, a-t-elle témoigné. “Il m’a dit son nom et a ajouté que je lui rappelais une fille avec qui il était allé à l’école.” Quelques heures plus tard, il l’a violée une seconde fois. Il lui a également blessé le visage avec un couteau et l’a frappée à plusieurs reprises.

Le massacre à Boutcha



Presque en même temps que la publication du rapport, des images ont fait surface ce week-end concernant la petite ville de Boutcha, à l’ouest de Kiev, qui a été reprise aux Russes. On peut voir plusieurs citoyens ukrainiens gisant sans vie sur le sol dans les rues, certains ayant les mains attachées dans le dos. “Ils ont été exécutés d’une balle dans la tête”, a déclaré le maire local. Une fosse commune a aussi été découverte, dans laquelle des femmes et des enfants ont été enterrés. On ne sait pas dans quelles circonstances ils sont morts. Les images étaient si saisissantes qu’elles ont rapidement fait le tour du monde. Avec le rapport de Human Rights Watch, les preuves s’accumulent sur le fait que la Russie pourrait commettre des crimes de guerre.

La demande pour que ces crimes soient officiellement jugés à la Cour pénale internationale de La Haye est de plus en plus forte. Une enquête officielle est en cours depuis début mars. Le procureur britannique Karim Khan s’est déjà rendu en Ukraine et recueille depuis lors toutes les preuves et tous les témoignages possibles. Après avoir vu les images de Boutcha, le président européen Charles Michel a annoncé que l’UE soutiendrait toutes les ONG qui souhaitent rechercher des preuves en Ukraine. Europol, entre autres, participe à la collecte de témoignages. La présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen, a souligné que “les auteurs de crimes de guerre seront tenus pour responsables”.

Arrêter Poutine?



L’ancienne procureure des Nations unies, Carla del Ponte, a déclaré samedi dans un journal suisse que, selon elle, il avait déjà été prouvé que la Russie était coupable de crimes de guerre. “Poutine est un criminel de guerre”, a déclaré M. Del Ponte. Elle plaide pour un mandat d’arrêt international. “Cela deviendrait impossible pour lui de quitter la Russie et cela enverrait un signal fort pour montrer qu’il est isolé”.

Un tel mandat pourrait être délivré par le procureur des Nations unies, M. Khan, mais il n’est pas certain qu’il ait suffisamment progressé dans son enquête. En outre, cela ne signifierait pas forcément que Poutine serait arrêté. Ce n’est que lorsqu’il mettra les pieds dans un pays qui reconnaît la Cour pénale internationale ou dans un pays qui est prêt à l’extrader que cela sera possible. La seule chance pour que Poutine soit arrêté en Russie est qu’il soit chassé du pouvoir. La Russie devrait alors reconnaître la Cour pénale internationale. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. En 2016, Poutine a retiré sa signature du traité de Rome.



[1] https://www.7sur7.be/monde/les-troupes-se-retirent-lhorreur-se-devoile-les-russes-accuses-de-crimes-de-guerre-dans-plusieurs-villes-ukrainiennes~a4c16507/

[2] https://www.7sur7.be/belgique/ces-crimes-de-guerre-ne-peuvent-rester-impunis-le-monde-politique-belge-reagit-aux-crimes-de-guerre-a-boutcha~a54b81a6/

[3] https://www.7sur7.be/monde/l-ukraine-affirme-avoir-retrouve-les-corps-de-410-civils-pres-de-kiev~ad4673c7/



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