Ce que proposent les candidats à l'élection présidentielle française: faut-il rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune?
(2022-04-04_07-00-32)
- Reference: 2022-04-04_07-00-32_ce-que-proposent-les-candidats-a-l-elect
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Focus Ils sont douze à briguer la présidence française, promise selon tous les sondages au sortant Emmanuel Macron, dont les deux principaux rivaux semblent être Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Chaque jour, jusqu’à la veille du premier tour, le 10 avril prochain, la rédaction de 7sur7 va décortiquer les programmes de chaque candidat sur un sujet en particulier. Ce lundi, nous nous intéressons aux positions prises à propos de l’impôt de solidarité sur la fortune.
La France fait figure d’exception en Europe concernant la taxation du patrimoine. L’impôt de solidarité sur la fortune a une valeur hautement symbolique chez nos voisins. Il est surtout devenu un véritable sujet tabou qui fait l’objet de controverses depuis des décennies. Selon certains, il pénalise l’investissement, la croissance et l’emploi. Pour d’autres, il contribue à la redistribution.
Juste après son élection en 2017, Emmanuel Macron, qui a acquis une image de “président des riches”, a remplacé l’impôt sur la fortune (ISF) , qui était payé par 350.000 contribuables (seuil d’imposition à 1,3 million d’euros, NDLR), ayant rapporté 5 milliards d’euros en 2016, par un impôt sur la fortune immobilière (IFI) , censé rapporter 3,2 milliards d’euros grâce à l’investissement dans l’économie du pays et ses PME. Cette réforme visait également à réduire les départs à l’étranger des grandes fortunes pour raisons fiscales.
Selon un rapport du Sénat publié fin 2019, ce nouvel impôt a permis aux 100 contribuables les plus riches d’économiser 1,2 million d’euros en moyenne.
© DR
Sans surprise, Fabien Roussel souhaite rétablir et renforcer l’ISF. “Son taux et sa progressivité seront accentués, les niches fiscales qui minent son rendement seront supprimées”, a indiqué le candidat du Parti Communiste Français. Il veut tripler son montant et “le régime du prélèvement forfaitaire unique sera simultanément aboli”.
Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste, Philippe Poutou , souhaite également rétablir un ISF “élargi à la totalité du patrimoine et taxer les revenus avec une tranche de prélèvement à 100% à partir de cinq fois le SMIC (108.000 euros annuels net).”
Jean-Luc Mélenchon , candidat de la France Insoumise, veut rétablir et renforcer l’ISF, “incluant un volet climatique visant à taxer les gros pollueurs”.
Même son de cloche du côté de Yannick Jadot, qui veut remplacer l’ISF, transformé en IFI, par un impôt climatique sur la fortune, “qui taxera les patrimoines supérieurs à 2 millions d’euros, afin de ne toucher que les 1 % des ménages les plus riches.” Cet impôt intégrera les biens professionnels. Le taux d’imposition comprendra un taux de base qui sera progressif, et un bonus-malus selon l’impact sur l’environnement. Selon le candidat d’Europe Écologie les Verts, cette mesure sera mise en place lors du projet de loi de finances pour 2023 et rapportera au moins 15 milliards d’euros. Il ajoute qu’elle sera “précédée d’une mesure de taxation exceptionnelle de l’épargne COVID en 2022.”
Dans la même lignée que le candidat écologiste, Anne Hidalgo souhaite instaurer un impôt de solidarité sur la fortune climat et biodiversité, “afin de mettre à contribution les plus fortunés pour financer la transition énergétique”. La candidate du Parti Socialiste espère récolter 5 milliards d’euros par an pour “d’une part de contribuer aux investissements nécessaires à la transition écologique et d’autre part d’accompagner financièrement les citoyens dans ces évolutions.”
De l’autre côté de l’échiquier politique, la candidate du Rassemblement National, Marine Le Pen , souhaite supprimer l’IFI “qui taxe l’enracinement” et veut créer un impôt sur la fortune financière (IFF), “pour taxer la spéculation.”
Comme la candidate du RN, Nicolas Dupont-Aignan souhaite supprimer l’IFI. Le candidat Debout la France veut instaurer un impôt sur les très grandes fortunes “en excluant la résidence principale et en permettant de déduire tous les investissements dans des entreprises/organismes localisant leur production en France”.
De son côté, le candidat Résistons!, Jean Lassalle , souhaite rétablir l’ISF et supprimer l’IFI, sans plus de précisions.
La candidate Les Républicains Valérie Pécresse ne souhaite pas revenir en arrière en ce qui concerne l’ISF. Selon elle, “cet impôt fait fuir de France les plus riches et les entreprises”. L’actuelle présidente de la Région Île-de-France souhaite diminuer l’IFI, instauré par l’actuel président de la République.
Pour Eric Zemmour aussi, remettre en place l’ISF n’est pas à l’ordre du jour. Il propose d’“inciter à l’investissement dans les start-ups et les PME françaises en permettant de déduire 50% de son investissement de son Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI).” Le candidat Reconquête! veut “favoriser l’enracinement en exonérant la résidence principale du calcul de l’Impôt sur la Fortune Immobilière.”
De son côté, le président sortant Emmanuel Macron ne veut pas revenir sur sa réforme de suppression de l’ISF, qu’il a lui-même souhaité en 2017.
Enfin, Nathalie Arthaud n’indique pas dans son programme si elle souhaite rétablir l’ISF. “Je me refuse à entrer dans les détails de la fiscalité et de ses chinoiseries”, a déclaré la candidate de Lutte Ouvrière dans un entretien aux Echos. Celle qui dénonce le capitalisme veut que “l’expropriation des grandes fortunes et des grandes sociétés dont elles sont propriétaires soit une mesure de salut public”.
La France fait figure d’exception en Europe concernant la taxation du patrimoine. L’impôt de solidarité sur la fortune a une valeur hautement symbolique chez nos voisins. Il est surtout devenu un véritable sujet tabou qui fait l’objet de controverses depuis des décennies. Selon certains, il pénalise l’investissement, la croissance et l’emploi. Pour d’autres, il contribue à la redistribution.
Juste après son élection en 2017, Emmanuel Macron, qui a acquis une image de “président des riches”, a remplacé l’impôt sur la fortune (ISF) , qui était payé par 350.000 contribuables (seuil d’imposition à 1,3 million d’euros, NDLR), ayant rapporté 5 milliards d’euros en 2016, par un impôt sur la fortune immobilière (IFI) , censé rapporter 3,2 milliards d’euros grâce à l’investissement dans l’économie du pays et ses PME. Cette réforme visait également à réduire les départs à l’étranger des grandes fortunes pour raisons fiscales.
Selon un rapport du Sénat publié fin 2019, ce nouvel impôt a permis aux 100 contribuables les plus riches d’économiser 1,2 million d’euros en moyenne.
© DR
ILS SONT FAVORABLES
Sans surprise, Fabien Roussel souhaite rétablir et renforcer l’ISF. “Son taux et sa progressivité seront accentués, les niches fiscales qui minent son rendement seront supprimées”, a indiqué le candidat du Parti Communiste Français. Il veut tripler son montant et “le régime du prélèvement forfaitaire unique sera simultanément aboli”.
Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste, Philippe Poutou , souhaite également rétablir un ISF “élargi à la totalité du patrimoine et taxer les revenus avec une tranche de prélèvement à 100% à partir de cinq fois le SMIC (108.000 euros annuels net).”
Jean-Luc Mélenchon , candidat de la France Insoumise, veut rétablir et renforcer l’ISF, “incluant un volet climatique visant à taxer les gros pollueurs”.
Même son de cloche du côté de Yannick Jadot, qui veut remplacer l’ISF, transformé en IFI, par un impôt climatique sur la fortune, “qui taxera les patrimoines supérieurs à 2 millions d’euros, afin de ne toucher que les 1 % des ménages les plus riches.” Cet impôt intégrera les biens professionnels. Le taux d’imposition comprendra un taux de base qui sera progressif, et un bonus-malus selon l’impact sur l’environnement. Selon le candidat d’Europe Écologie les Verts, cette mesure sera mise en place lors du projet de loi de finances pour 2023 et rapportera au moins 15 milliards d’euros. Il ajoute qu’elle sera “précédée d’une mesure de taxation exceptionnelle de l’épargne COVID en 2022.”
Dans la même lignée que le candidat écologiste, Anne Hidalgo souhaite instaurer un impôt de solidarité sur la fortune climat et biodiversité, “afin de mettre à contribution les plus fortunés pour financer la transition énergétique”. La candidate du Parti Socialiste espère récolter 5 milliards d’euros par an pour “d’une part de contribuer aux investissements nécessaires à la transition écologique et d’autre part d’accompagner financièrement les citoyens dans ces évolutions.”
De l’autre côté de l’échiquier politique, la candidate du Rassemblement National, Marine Le Pen , souhaite supprimer l’IFI “qui taxe l’enracinement” et veut créer un impôt sur la fortune financière (IFF), “pour taxer la spéculation.”
Comme la candidate du RN, Nicolas Dupont-Aignan souhaite supprimer l’IFI. Le candidat Debout la France veut instaurer un impôt sur les très grandes fortunes “en excluant la résidence principale et en permettant de déduire tous les investissements dans des entreprises/organismes localisant leur production en France”.
De son côté, le candidat Résistons!, Jean Lassalle , souhaite rétablir l’ISF et supprimer l’IFI, sans plus de précisions.
ILS SONT DÉFAVORABLES
La candidate Les Républicains Valérie Pécresse ne souhaite pas revenir en arrière en ce qui concerne l’ISF. Selon elle, “cet impôt fait fuir de France les plus riches et les entreprises”. L’actuelle présidente de la Région Île-de-France souhaite diminuer l’IFI, instauré par l’actuel président de la République.
Pour Eric Zemmour aussi, remettre en place l’ISF n’est pas à l’ordre du jour. Il propose d’“inciter à l’investissement dans les start-ups et les PME françaises en permettant de déduire 50% de son investissement de son Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI).” Le candidat Reconquête! veut “favoriser l’enracinement en exonérant la résidence principale du calcul de l’Impôt sur la Fortune Immobilière.”
De son côté, le président sortant Emmanuel Macron ne veut pas revenir sur sa réforme de suppression de l’ISF, qu’il a lui-même souhaité en 2017.
ELLE NE SE PRONONCE PAS
Enfin, Nathalie Arthaud n’indique pas dans son programme si elle souhaite rétablir l’ISF. “Je me refuse à entrer dans les détails de la fiscalité et de ses chinoiseries”, a déclaré la candidate de Lutte Ouvrière dans un entretien aux Echos. Celle qui dénonce le capitalisme veut que “l’expropriation des grandes fortunes et des grandes sociétés dont elles sont propriétaires soit une mesure de salut public”.