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Un écolier belgo-russe traduit les cours à Yelisey, réfugié ukrainien en Belgique: “On est déjà amis”

(2022-03-25_12-05-00 (Het Laatste Nieuws))


Pour la quatrième année de l’école primaire GO! Klim Op à Bonheiden, une émouvante coopération russo-ukrainienne a vu le jour. Ivan Rysev, écolier de neuf ans de parents russes, traduit du néerlandais vers le russe la matière pour son nouveau camarade de classe Yelisey Dotsenko. Ce dernier a fui l’Ukraine avec sa mère et sa sœur aînée et est réfugié dans notre pays. Scolarisé dans une école flamande et loin des conflits des adultes, il est aidé par son camarade. “Ce n’est pas qu’un symbole. La chose la plus importante est que Yelisey se sente bien”, réagit l’école.

Yelisey est l’un des enfants ukrainiens qui se sont retrouvés sur les bancs des écoles flamandes ces derniers jours. Lundi, il a commencé sa première journée d’école à l’école primaire de Klim Op, à Bonheiden, près de Malines. Un nouvel environnement scolaire dans un autre pays, un enfant est impressionné pour moins que ça. Mais grâce au travail de traduction d’Ivan, né en Belgique de parents russes, l’intégration se fait un peu plus en douceur. “Je traduis tout ce que dit l’instituteur en russe, car Yelisey parle aussi ma langue. Notre professeur me laisse le temps de tout traduire avant”, explique Ivan. “Entre-temps, nous sommes devenus de bons amis. Sur la cour de récréation, nous jouons généralement au football ou au zombie ball, un jeu où l’on doit se lancer une balle. On s’amuse ensemble.”

Solidarité avant le symbole



“Pendant les cours, nous n’insistons pas sur le néerlandais, afin de ne pas rendre les choses trop difficiles pour Yelisey. Nous misons sur ce qui semble le plus important pour son bien-être aujourd’hui. La guerre est également abordée, mais bien sûr d’une manière adaptée à l’âge et la sensibilité des enfants”, poursuit la directrice de Klim Op, Esther De Caluwe. “Nous n’avons pas du tout pensé au fait que nous avons mis en binôme un enfant russe avec un enfant ukrainien. Nous n’avions pas l’intention d’en faire un symbole. Le plus important est que Yelisey se sente à l’aise dans son nouvel environnement et pendant les cours. Nous sommes très heureux qu’Ivan veuille y contribuer. Cette collaboration s’inscrit également dans le cadre de la mission fondamentale de GO! (réseau d’écoles en Flandre, N.D.L.R.)”, rappelle-t-elle.

Ivan (avec le maillot rayé) interprète du néerlandais au russe pour son nouveau camarade de classe, Yelisey, originaire d'Ukraine. © David Legreve

Hébergé à Bonheiden



Yelisey est actuellement hébergé dans la famille de Sylvie Verbruggen à Bonheiden, avec sa sœur de 21 ans et sa mère. “Ils sont très gentils et reconnaissants. Pour Yelisey, il s’agit bien sûr de trouver ses marques, mais il s’en sortira. Nous avons l’avantage de vivre en face d’un terrain de football. Lors d’une partie de football avec notre fils, nous avons pu rapidement briser la glace. Nous utilisons Google Traduction pour communiquer avec la famille. Il y a des Ukrainiens qui refusent de parler russe à cause de la guerre, mais ce n’est pas le cas pour eux”, dit Sylvie. Yelisey, sa mère et sa sœur sont arrivés en Belgique via la Pologne et l’Allemagne. “Ces derniers jours, j’ai compris qu’ils pourraient rester ici pendant longtemps. Ils prendront bientôt des cours de néerlandais, la mère cherchera du travail et sa fille veut s’inscrire à la Haute école Thomas More. Je ne peux qu’insister sur l’importance de la prise en charge de ces personnes. Si quelqu’un hésite encore à accueillir des réfugiés, faites-le”, conclut-elle.

Ivan (portant un maillot rayé) interprète du néerlandais au russe pour son nouveau camarade de classe, Yelisey, originaire d'Ukraine. © David Legreve



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