En une fraction de seconde, tout a basculé: “Le conducteur ne s’est jamais arrêté”
(2022-03-21_13-09-00 (Het Laatste Nieuws, Bjorn Maeckelbergh, Esther De Leebeeck))
- Reference: 2022-03-21_13-09-00_en-une-fraction-de-seconde-tout-a-bascul
- News link: https://www.7sur7.be/faits-divers/en-une-fraction-de-seconde-tout-a-bascule-le-conducteur-ne-sest-jamais-arrete~a38f3062/
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Alors que les enquêteurs tentent de reconstituer avec précision les circonstances et les différentes étapes du drame, la piste de l’acte délibéré est d’ores et déjà privilégiée par les témoins directs.
Dimanche, 20 mars. Une femme sort en larmes de la salle omnisport de Strépy-Bracquegnies où sont accueillis les proches des victimes. Il est un peu plus de 15h. Dix heures se sont écoulées depuis le cauchemar de la rue des Canadiens. “J’ai encore du mal à en parler”, confie-t-elle à l’un de nos confrères du Laatste Nieuws. “J’en ai perdu trois. Trois membres de la famille (silence). Mon ex-mari, le père de mes enfants... Son frère et son épouse sont morts aussi", précise-t-elle. “Je ne sais quoi dire à mes enfants... Dans quel monde on vit?”
(3)
[1]
La voiture qui a foncé dans la foule à Strépy filmée juste avant le drame par une caméra de surveillance
[2]
“Encore 24 jours en retrait, j'ai la haine”: le chauffeur présumé du drame à Strépy a déjà eu un retrait de permis en 2017
[3]
Drame à Strépy-Bracquegnies: ce que l’on sait sur les auteurs des faits
Très tôt ce dimanche matin, vers 3h30, le cortège, composé de gilles, de “bosseurs”, d’habilleurs (assistants costumiers), d’amis et de membres de la famille, quitte le point de ralliement dans une ambiance bon enfant. Ils vont de maison en maison, au son des tambours, pour rassembler peu à peu les troupes et rejoindre le centre-ville, lieu des festivités. Vers 5h, ils sont déjà plus d’une centaine, 150 environ. Soudain, l'inimaginable survient. “C’était horrible”, raconte Antonio Gava depuis son lit d’hôpital, à Charleroi. “J’étais dos à la voiture. Je ne l’ai pas entendue arriver. J’ai été tout à coup projeté dans les airs. J’ai perdu connaissance en retombant sur le sol”, précise celui qui est aussi échevin des Travaux publics de La Louvière. Quand il reprend ses esprits, il rampe péniblement jusqu’au trottoir. Vision d’horreur: “Il y avait des gens couchés partout sur au moins 300 mètres”. Il a eu de la chance. Il s’en sort avec un pied cassé, une entorse du genou et un hématome au niveau du coccyx.
“On aurait dit un attentat”, décrit Nicole Pissan, de La Louvière, présente en tant qu’habilleuse. Elle se baladait sur le trottoir quand la voiture a déboulé à tombeau ouvert: “Les gens qui étaient sur la rue ont été percutés et écrasés comme des quilles sur une piste de bowling. En une fraction de seconde, la musique s’est arrêtée et je les ai vus ‘voler’. Des corps allongés et des sabots baignaient dans des mares de sang. C’était vraiment horrible, affreux, j’aurais tellement souhaité ne jamais assister à cela (...) Tout le monde criait, tout le monde pleurait... Tout le monde était impuissant... Personne ne savait quoi faire", résume-t-elle. Un autre témoin raconte une scène particulièrement effroyable: “J’ai vu un homme dans la rue. Il tenait la main d’une femme. Je lui ai demandé si elle avait besoin de quelque chose. ‘Non’, m’a-t-il répondu: ‘elle est morte’”.
Selon les témoins, la BMW noire a continué sa route après le premier accident. En haut de la rue, le conducteur a tourné à droite et a renversé deux autres personnes, un couple. La police a retrouvé le véhicule à 700 mètres. Pour Nicola Sespites, l’acte était délibéré: “Je l’ai entendu accélérer après la première collision. Ce n’était pas un accident, non, c’était intentionnel", insiste-t-il. Selon lui, l’auteur aurait d’ailleurs percuté un second groupe: “À 300 mètres du premier impact, un autre gille a été retrouvé mort. C’est à cet endroit que le conducteur a bifurqué sur la droite”, précise-t-il. Une version d’ailleurs corroborée par l’animateur de Bel RTL, Fabrice Collignon (voir photo et vidéo ci-dessous): “J’ai aussi eu l’impression qu'il accélérait”, commente-t-il. Le rescapé, miraculeusement indemne, connaissait personnellement deux victimes sur les six.
Le conducteur et son passager étaient-ils sous l’influence de drogues? La voiture a-t-elle délibérément foncé sur la foule? Ont-ils échangé leurs sièges avant l’arrivée de la police? Pourquoi la voiture, pourtant dotée des dernières technologies en la matière, ne s’est-elle pas automatiquement arrêtée après l’impact? L’enquête tentera de faire toute la lumière sur les circonstances encore floues de cette catastrophe. Plusieurs certitudes à ce stade: les deux auteurs sont cousins et originaires de La Louvière; seul le passager était positif à l’éthylotest; le conducteur avait déjà subi un retrait de permis en 2017 et aimait rouleur à grande vitesse.
L’accident a fait six morts, 10 personnes grièvement blessées et 27 plus légèrement, selon un bilan provisoire.
Fabrice Collignon © Photo News
© REUTERS
[1] https://www.7sur7.be/belgique/la-voiture-qui-a-fonce-dans-la-foule-a-strepy-filmee-juste-avant-le-drame-par-une-camera-de-surveillance~a42d0426/
[2] https://www.7sur7.be/belgique/encore-24-jours-en-retrait-j-ai-la-haine-le-chauffeur-presume-du-drame-a-strepy-a-deja-eu-un-retrait-de-permis-en-2017~ad853a33/
[3] https://www.7sur7.be/belgique/drame-a-strepy-bracquegnies-ce-que-lon-sait-sur-les-auteurs-des-faits~a26e2c58/
Dimanche, 20 mars. Une femme sort en larmes de la salle omnisport de Strépy-Bracquegnies où sont accueillis les proches des victimes. Il est un peu plus de 15h. Dix heures se sont écoulées depuis le cauchemar de la rue des Canadiens. “J’ai encore du mal à en parler”, confie-t-elle à l’un de nos confrères du Laatste Nieuws. “J’en ai perdu trois. Trois membres de la famille (silence). Mon ex-mari, le père de mes enfants... Son frère et son épouse sont morts aussi", précise-t-elle. “Je ne sais quoi dire à mes enfants... Dans quel monde on vit?”
Lire aussi
(3)
[1]
La voiture qui a foncé dans la foule à Strépy filmée juste avant le drame par une caméra de surveillance
[2]
“Encore 24 jours en retrait, j'ai la haine”: le chauffeur présumé du drame à Strépy a déjà eu un retrait de permis en 2017
[3]
Drame à Strépy-Bracquegnies: ce que l’on sait sur les auteurs des faits
Reconstitution des faits
Très tôt ce dimanche matin, vers 3h30, le cortège, composé de gilles, de “bosseurs”, d’habilleurs (assistants costumiers), d’amis et de membres de la famille, quitte le point de ralliement dans une ambiance bon enfant. Ils vont de maison en maison, au son des tambours, pour rassembler peu à peu les troupes et rejoindre le centre-ville, lieu des festivités. Vers 5h, ils sont déjà plus d’une centaine, 150 environ. Soudain, l'inimaginable survient. “C’était horrible”, raconte Antonio Gava depuis son lit d’hôpital, à Charleroi. “J’étais dos à la voiture. Je ne l’ai pas entendue arriver. J’ai été tout à coup projeté dans les airs. J’ai perdu connaissance en retombant sur le sol”, précise celui qui est aussi échevin des Travaux publics de La Louvière. Quand il reprend ses esprits, il rampe péniblement jusqu’au trottoir. Vision d’horreur: “Il y avait des gens couchés partout sur au moins 300 mètres”. Il a eu de la chance. Il s’en sort avec un pied cassé, une entorse du genou et un hématome au niveau du coccyx.
“On aurait dit un attentat”
“On aurait dit un attentat”, décrit Nicole Pissan, de La Louvière, présente en tant qu’habilleuse. Elle se baladait sur le trottoir quand la voiture a déboulé à tombeau ouvert: “Les gens qui étaient sur la rue ont été percutés et écrasés comme des quilles sur une piste de bowling. En une fraction de seconde, la musique s’est arrêtée et je les ai vus ‘voler’. Des corps allongés et des sabots baignaient dans des mares de sang. C’était vraiment horrible, affreux, j’aurais tellement souhaité ne jamais assister à cela (...) Tout le monde criait, tout le monde pleurait... Tout le monde était impuissant... Personne ne savait quoi faire", résume-t-elle. Un autre témoin raconte une scène particulièrement effroyable: “J’ai vu un homme dans la rue. Il tenait la main d’une femme. Je lui ai demandé si elle avait besoin de quelque chose. ‘Non’, m’a-t-il répondu: ‘elle est morte’”.
La voiture s’est arrêtée 700 m plus loin
Selon les témoins, la BMW noire a continué sa route après le premier accident. En haut de la rue, le conducteur a tourné à droite et a renversé deux autres personnes, un couple. La police a retrouvé le véhicule à 700 mètres. Pour Nicola Sespites, l’acte était délibéré: “Je l’ai entendu accélérer après la première collision. Ce n’était pas un accident, non, c’était intentionnel", insiste-t-il. Selon lui, l’auteur aurait d’ailleurs percuté un second groupe: “À 300 mètres du premier impact, un autre gille a été retrouvé mort. C’est à cet endroit que le conducteur a bifurqué sur la droite”, précise-t-il. Une version d’ailleurs corroborée par l’animateur de Bel RTL, Fabrice Collignon (voir photo et vidéo ci-dessous): “J’ai aussi eu l’impression qu'il accélérait”, commente-t-il. Le rescapé, miraculeusement indemne, connaissait personnellement deux victimes sur les six.
Faire toute la lumière
Le conducteur et son passager étaient-ils sous l’influence de drogues? La voiture a-t-elle délibérément foncé sur la foule? Ont-ils échangé leurs sièges avant l’arrivée de la police? Pourquoi la voiture, pourtant dotée des dernières technologies en la matière, ne s’est-elle pas automatiquement arrêtée après l’impact? L’enquête tentera de faire toute la lumière sur les circonstances encore floues de cette catastrophe. Plusieurs certitudes à ce stade: les deux auteurs sont cousins et originaires de La Louvière; seul le passager était positif à l’éthylotest; le conducteur avait déjà subi un retrait de permis en 2017 et aimait rouleur à grande vitesse.
L’accident a fait six morts, 10 personnes grièvement blessées et 27 plus légèrement, selon un bilan provisoire.
Fabrice Collignon © Photo News
© REUTERS
[1] https://www.7sur7.be/belgique/la-voiture-qui-a-fonce-dans-la-foule-a-strepy-filmee-juste-avant-le-drame-par-une-camera-de-surveillance~a42d0426/
[2] https://www.7sur7.be/belgique/encore-24-jours-en-retrait-j-ai-la-haine-le-chauffeur-presume-du-drame-a-strepy-a-deja-eu-un-retrait-de-permis-en-2017~ad853a33/
[3] https://www.7sur7.be/belgique/drame-a-strepy-bracquegnies-ce-que-lon-sait-sur-les-auteurs-des-faits~a26e2c58/