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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Quinze personnes condamnées dans un premier “dossier Sky ECC” à Bruxelles

(2022-03-17_17-56-00 (Belga))


Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, jeudi après-midi, quinze prévenus, dans un vaste dossier de trafic de cannabis, à des peines de 15 mois à 12 ans de prison. Il s’agit du premier jugement rendu à Bruxelles dans l’un des plus importants dossiers pénaux constitués entre autres grâce à des preuves obtenues par le démantèlement du réseau de cryptophones Sky ECC.

Le tribunal a condamné les deux prévenus les plus dangereux, et toujours recherchés par la police, Hamza Akarkach et Aziz Mozoune, à des peines de 12 ans d’emprisonnement, avec arrestation immédiate. Trois autres prévenus, Abdelwaheb S., Lionel K. et Thomas S. ont écopé de dix ans de prison, tandis que d’autres, Mohamed M., Aissam A., Anaïs B.V. et un prévenu faisant défaut ont été condamnés à des peines de huit ans de prison.

Deux prévenus ont écopé de six ans de prison et deux ont été condamnés à des peines de cinq ans de prison. Un autre, reconnu coupable d’avoir mis en place des structures commerciales à l’appui des trafiquants de drogue, a été condamné à une peine de 30 mois de prison. Quant au dernier, il a été acquitté pour les faits d’organisation criminelle, de vente, transport, détention et diffusion de drogue, mais condamné pour avoir violé l’interdiction d’être gérant de société, prononcée dans le cadre d’un procès pour une vaste fraude sociale.

Dans son jugement, le tribunal a tenu compte de “l’ampleur de l’organisation criminelle” et de “ses ramifications à l’étranger”, mais aussi du fait qu’elle était “pérenne et structurée” et qu’elle a “généré des bénéfices généreux”.

Les prévenus ont été reconnus coupables d’avoir appartenu, certains en qualité de dirigeant, d’autres en qualité de membre, à une organisation criminelle qui a acheminé des tonnes de cannabis du Maroc vers l’Espagne puis la Belgique, sous couvert, entre autres, d’une entreprise de fruits et légumes fictive, dont le siège était déclaré à Saint-Josse-ten-Noode.

La première saisie de drogue sur le sol belge, dans le cadre de cette enquête, a eu lieu en 2018. Du cannabis en grandes quantités a été découvert notamment dans un bâtiment situé chaussée de Ninove à Molenbeek-Saint-Jean. Des armes ont aussi été trouvées dans une autre habitation de Molenbeek-Saint-Jean. Par ailleurs, des grandes quantités de cannabis ont été saisies en Espagne et des camions en transportant ont été interceptés entre la France et l’Espagne les 15 et 24 septembre 2019. Au total, de la drogue pour un montant estimé à huit millions d’euros a été saisie.

Selon l’enquête, l’organisation était bien rodée, avec l’utilisation de camions et de hangars en Belgique et en Espagne pour transporter et stocker la marchandise, le recours à des sociétés commerciales fictives comme façade au trafic, à la tête desquelles se trouvaient des hommes de paille, et enfin l’usage de “cryptophones”. La mise au jour il y a un an, par la police belge, du réseau de télécommunication cryptée fournie par la société Sky ECC, largement utilisé dans le milieu criminel, a permis une avancée non négligeable dans cette enquête. Des conversations ainsi révélées entre les prévenus ont constitué des indices supplémentaires de culpabilité. Se basant principalement sur les saisies de chargements de drogue et sur les conversations téléphoniques décryptées, le tribunal a considéré qu’il existait un “faisceau d’indices précis et concordants” menant à la culpabilité des prévenus.

Jeudi, plusieurs de ces prévenus ont également été reconnus coupables d’avoir, en avril 2019, enlevé l’un des leurs, puis de l’avoir séquestré dans une villa de Marbella, sur la Costa del Sol en Espagne, et de l’y avoir torturé. La victime a fait l’objet d’un règlement de comptes par ses comparses, qui la suspectaient d’avoir subtilisé 80 kilos de stupéfiants pour son propre compte. Après avoir évoqué son calvaire à la police espagnole, ce prévenu a ensuite nié l’expédition punitive dont il a été la cible et qui lui a laissé des séquelles, parlant d’une “simple” bagarre.



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