La rancœur du tueur de “juf” Mieke: “Quand je levais le doigt, elle m'ignorait et choisissait toujours un autre élève”
(2022-03-17_09-23-00 (HLN))
- Reference: 2022-03-17_09-23-00_la-rancoeur-du-tueur-de-juf-mieke-quand-
- News link: https://www.7sur7.be/faits-divers/la-rancoeur-du-tueur-de-juf-mieke-quand-je-levais-le-doigt-elle-m-ignorait-et-choisissait-toujours-un-autre-eleve~aba7c36f/
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“Enfant, j’étais harcelé, humilié et rabaissé par mes camarades de classe. Et Mieke Verlinden? Elle m’a ignoré. Lorsque je levais le doigt, elle désignait toujours quelqu’un d’autre pour donner la réponse. Ce n’était jamais moi, et ça m’a rendu très malheureux”. Voici ce qu’a dit Gunter Uwents au moment d’expliquer pourquoi [1] il avait tué son institutrice trente ans plus tard . Pourtant, il affirme qu’il s’était rendu chez elle “pour une bonne discussion”. Cent et un coups de couteau plus tard, Mieke est morte. Retour sur un acte de vengeance que l’auteur estime être la conséquence d'un traumatisme d’enfance.
“Insipide”, “la risée de la classe.” C’est ainsi que d’anciens camarades de classe se souviennent de Gunter Uwents. En 1991, ils étaient ensemble en deuxième année à l’école primaire ‘t Klavertje à Noorderwijk (Herentals), en province d’Anvers. Le garçon est décrit comme tranquille, timide et n’ayant pas vraiment d’amis. “Il était discret, presque invisible”, se rappelle un ancien camarade de classe. “S’il manquait un jour de classe, je pense que personne ne le remarquait. J’en parlais cette semaine avec des camarades de l’époque, et nous avons tous dit la même chose: si sa photo n’avait pas été publiée dans tous les journaux, nous n’aurions plus jamais pensé à lui. Nous l’avions complètement oublié.”
(3)
[2]
Un ancien élève très croyant avoue avoir tué son institutrice: “Il s'est toujours senti humilié à l’école”
[3]
Un ancien élève tue sauvagement son institutrice 30 ans plus tard: “Il a expliqué le motif de manière détaillée”
[4]
Quand la reine Mathilde serrait la main du (futur) tueur de “juf” Mieke
De son côté, Gunter Uwents a tout sauf oublié cette deuxième année à l’école primaire. Trente ans plus tard, il avait encore des flashbacks de cette période scolaire épouvantable à ses yeux. Les souvenirs des moqueries de ses camarades, de l’humiliation et de la dévalorisation qu’il endurait, n’ont eu de cesse de le hanter. Il dit réaliser aujourd’hui qu’il aurait dû se confier à ses parents ou à son enseignante à ce sujet. Mais il n’avait pas osé le faire à l’époque. Il avait peur que cela ne fasse qu’empirer les choses, que le reste de la classe se moque encore plus de lui. De plus, il avait le sentiment qu’il ne pouvait pas aborder un tel problème avec “juf Mieke”, son institutrice. Parce que, selon lui, elle l’ignorait totalement.
Citation
Il connaissait la bonne réponse à la plupart des questions. Mais il levait toujours docilement le doigt, alors que les autres enfants criaient simplement la bonne réponse Un ancien camarade
Uwents se souvient encore, par exemple, qu’il n’était jamais désigné pour répondre à une question en classe, même quand il levait le doigt. “Elle choisissait toujours un autre élève. Ce n’était jamais moi. Elle m’ignorait constamment, et je l’ai ressenti comme une énorme humiliation.”
Les camarades de classe d’Uwents de l’époque disent qu’ils ne se souviennent pas ou peu de moqueries qu’il recevait. “Bien qu’il soit possible qu’on se soit moqué de lui de temps en temps”, reconnaît l’un d’entre eux, avant de nuancer les accusations du tueur de juf Mieke. “Gunter était un enfant très intelligent. Il connaissait la bonne réponse à la plupart des questions. Mais il levait toujours docilement le doigt, alors que les autres enfants criaient simplement la bonne réponse. Peut-être s’est-il senti négligé ou ignoré. Mais en réalité, si l’institutrice l’avait toujours laissé donner la bonne réponse, les autres enfants n’auraient jamais eu leur chance. En fait, sur dix fois où il levait la main, il était plutôt autorisé à répondre neuf fois.”
Ces petites divergences ont visiblement blessé Gunter Uwents jusqu’au plus profond de son âme. Trente ans plus tard, il avait toujours l’impression d’être le laissé-pour-compte du groupe, et les souvenirs de cette “terrible” deuxième année étaient toujours présents. Début 2020, il a quitté la Campine pour Berchem, espérant que les flashbacks de sa jeunesse cessent enfin. En vain. À bout de nerfs, il est allé voir un psychologue. Deux options s’offraient à lui: il devait enfin surmonter son traumatisme d’enfance, après presque trente ans. Et si cela ne fonctionnait pas, il devait envisager d’engager la conversation avec celle qu’il qualifie de “responsable” de ses journées d’école malheureuses.
Uwents a choisi la seconde solution. Le 10 novembre 2020, il s’est rendu chez son ancienne enseignante. Selon ses propres termes, il “voulait juste avoir une bonne discussion”. Il espérait qu’elle réagirait de manière compréhensive et qu’elle ferait part de ses regrets quant à cette situation. Mais toujours selon les déclarations de l’auteur, l’institutrice se serait moquée de lui et de sa démarche dès qu’il s’est présenté à sa porte. “Pauvre type”, prétend-il avoir entendu ce jour-là. Cent et un coups de couteau plus tard, juf Mieke était morte.
La question est maintenant de savoir s’il y a préméditation, et donc assassinat. Uwents est-il vraiment allé voir l’institutrice Mieke Verlinden “juste pour avoir une bonne discussion” et n’a-t-il vu rouge que quand elle s’est “moquée de lui”, ou avait-il en réalité déjà prévu de la tuer quand il a sonné à sa porte? Il est quasiment certain qu’une dispute a bel et bien eu lieu sur le seuil de l’habitation de l’enseignante. Les pantoufles de Mlle Mieke se situaient dans le couloir, entrecroisées, comme si elles avaient été jetées dans la panique. Ses lunettes étaient posées sur le tapis du salon, où une chaise se trouvait dans un coin, comme si Uwents avait voulu mettre sa victime sur le “banc des accusés”. Les coups de couteau ont été donnés dans la cuisine, où le corps de Mieke a été retrouvé dans une grande mare de sang.
Autre élément capital: Gunter Uwents avait-il emporté avec lui le couteau avec lequel il a tué son enseignante - et avait-il donc l’intention de l’attaquer - ou a-t-il saisi un couteau dans la cuisine de sa victime après des échanges houleux? Cela fera la différence au moment du jugement. Un homicide est passible d’une peine de prison de vingt à trente ans, tandis que le meurtre avec préméditation est passible de la prison à vie. Uwents aurait déclaré qu’il n’avait pas de couteau sur lui ce jour-là, mais la suite de l’enquête devra le préciser, car l’arme du crime n’a pas été retrouvée à ce jour.
La classe de Mieke Verlinden en 1991-1992
La scène du crime © VTM/Faroek
Gunter Uwents. © BELGA
Juf Mieke, à droite © RV
[1] https://www.7sur7.be/belgique/un-ancien-eleve-tue-sauvagement-son-institutrice-30-ans-plus-tard-il-a-explique-le-motif-de-maniere-detaillee~a11cdbd21/
[2] https://www.7sur7.be/belgique/un-ancien-eleve-tres-croyant-avoue-avoir-tue-son-institutrice-il-s-est-toujours-senti-humilie-a-lecole~ac95d554/
[3] https://www.7sur7.be/belgique/un-ancien-eleve-tue-sauvagement-son-institutrice-30-ans-plus-tard-il-a-explique-le-motif-de-maniere-detaillee~a11cdbd21/
[4] https://www.7sur7.be/belgique/quand-la-reine-mathilde-serrait-la-main-du-futur-tueur-de-juf-mieke~aa24af04/
“Insipide”, “la risée de la classe.” C’est ainsi que d’anciens camarades de classe se souviennent de Gunter Uwents. En 1991, ils étaient ensemble en deuxième année à l’école primaire ‘t Klavertje à Noorderwijk (Herentals), en province d’Anvers. Le garçon est décrit comme tranquille, timide et n’ayant pas vraiment d’amis. “Il était discret, presque invisible”, se rappelle un ancien camarade de classe. “S’il manquait un jour de classe, je pense que personne ne le remarquait. J’en parlais cette semaine avec des camarades de l’époque, et nous avons tous dit la même chose: si sa photo n’avait pas été publiée dans tous les journaux, nous n’aurions plus jamais pensé à lui. Nous l’avions complètement oublié.”
Lire aussi
(3)
[2]
Un ancien élève très croyant avoue avoir tué son institutrice: “Il s'est toujours senti humilié à l’école”
[3]
Un ancien élève tue sauvagement son institutrice 30 ans plus tard: “Il a expliqué le motif de manière détaillée”
[4]
Quand la reine Mathilde serrait la main du (futur) tueur de “juf” Mieke
De son côté, Gunter Uwents a tout sauf oublié cette deuxième année à l’école primaire. Trente ans plus tard, il avait encore des flashbacks de cette période scolaire épouvantable à ses yeux. Les souvenirs des moqueries de ses camarades, de l’humiliation et de la dévalorisation qu’il endurait, n’ont eu de cesse de le hanter. Il dit réaliser aujourd’hui qu’il aurait dû se confier à ses parents ou à son enseignante à ce sujet. Mais il n’avait pas osé le faire à l’époque. Il avait peur que cela ne fasse qu’empirer les choses, que le reste de la classe se moque encore plus de lui. De plus, il avait le sentiment qu’il ne pouvait pas aborder un tel problème avec “juf Mieke”, son institutrice. Parce que, selon lui, elle l’ignorait totalement.
Citation
Il connaissait la bonne réponse à la plupart des questions. Mais il levait toujours docilement le doigt, alors que les autres enfants criaient simplement la bonne réponse Un ancien camarade
Uwents se souvient encore, par exemple, qu’il n’était jamais désigné pour répondre à une question en classe, même quand il levait le doigt. “Elle choisissait toujours un autre élève. Ce n’était jamais moi. Elle m’ignorait constamment, et je l’ai ressenti comme une énorme humiliation.”
Les camarades de classe d’Uwents de l’époque disent qu’ils ne se souviennent pas ou peu de moqueries qu’il recevait. “Bien qu’il soit possible qu’on se soit moqué de lui de temps en temps”, reconnaît l’un d’entre eux, avant de nuancer les accusations du tueur de juf Mieke. “Gunter était un enfant très intelligent. Il connaissait la bonne réponse à la plupart des questions. Mais il levait toujours docilement le doigt, alors que les autres enfants criaient simplement la bonne réponse. Peut-être s’est-il senti négligé ou ignoré. Mais en réalité, si l’institutrice l’avait toujours laissé donner la bonne réponse, les autres enfants n’auraient jamais eu leur chance. En fait, sur dix fois où il levait la main, il était plutôt autorisé à répondre neuf fois.”
“Pauvre type”
Ces petites divergences ont visiblement blessé Gunter Uwents jusqu’au plus profond de son âme. Trente ans plus tard, il avait toujours l’impression d’être le laissé-pour-compte du groupe, et les souvenirs de cette “terrible” deuxième année étaient toujours présents. Début 2020, il a quitté la Campine pour Berchem, espérant que les flashbacks de sa jeunesse cessent enfin. En vain. À bout de nerfs, il est allé voir un psychologue. Deux options s’offraient à lui: il devait enfin surmonter son traumatisme d’enfance, après presque trente ans. Et si cela ne fonctionnait pas, il devait envisager d’engager la conversation avec celle qu’il qualifie de “responsable” de ses journées d’école malheureuses.
Uwents a choisi la seconde solution. Le 10 novembre 2020, il s’est rendu chez son ancienne enseignante. Selon ses propres termes, il “voulait juste avoir une bonne discussion”. Il espérait qu’elle réagirait de manière compréhensive et qu’elle ferait part de ses regrets quant à cette situation. Mais toujours selon les déclarations de l’auteur, l’institutrice se serait moquée de lui et de sa démarche dès qu’il s’est présenté à sa porte. “Pauvre type”, prétend-il avoir entendu ce jour-là. Cent et un coups de couteau plus tard, juf Mieke était morte.
Un acte prémédité?
La question est maintenant de savoir s’il y a préméditation, et donc assassinat. Uwents est-il vraiment allé voir l’institutrice Mieke Verlinden “juste pour avoir une bonne discussion” et n’a-t-il vu rouge que quand elle s’est “moquée de lui”, ou avait-il en réalité déjà prévu de la tuer quand il a sonné à sa porte? Il est quasiment certain qu’une dispute a bel et bien eu lieu sur le seuil de l’habitation de l’enseignante. Les pantoufles de Mlle Mieke se situaient dans le couloir, entrecroisées, comme si elles avaient été jetées dans la panique. Ses lunettes étaient posées sur le tapis du salon, où une chaise se trouvait dans un coin, comme si Uwents avait voulu mettre sa victime sur le “banc des accusés”. Les coups de couteau ont été donnés dans la cuisine, où le corps de Mieke a été retrouvé dans une grande mare de sang.
Autre élément capital: Gunter Uwents avait-il emporté avec lui le couteau avec lequel il a tué son enseignante - et avait-il donc l’intention de l’attaquer - ou a-t-il saisi un couteau dans la cuisine de sa victime après des échanges houleux? Cela fera la différence au moment du jugement. Un homicide est passible d’une peine de prison de vingt à trente ans, tandis que le meurtre avec préméditation est passible de la prison à vie. Uwents aurait déclaré qu’il n’avait pas de couteau sur lui ce jour-là, mais la suite de l’enquête devra le préciser, car l’arme du crime n’a pas été retrouvée à ce jour.
La classe de Mieke Verlinden en 1991-1992
La scène du crime © VTM/Faroek
Gunter Uwents. © BELGA
Juf Mieke, à droite © RV
[1] https://www.7sur7.be/belgique/un-ancien-eleve-tue-sauvagement-son-institutrice-30-ans-plus-tard-il-a-explique-le-motif-de-maniere-detaillee~a11cdbd21/
[2] https://www.7sur7.be/belgique/un-ancien-eleve-tres-croyant-avoue-avoir-tue-son-institutrice-il-s-est-toujours-senti-humilie-a-lecole~ac95d554/
[3] https://www.7sur7.be/belgique/un-ancien-eleve-tue-sauvagement-son-institutrice-30-ans-plus-tard-il-a-explique-le-motif-de-maniere-detaillee~a11cdbd21/
[4] https://www.7sur7.be/belgique/quand-la-reine-mathilde-serrait-la-main-du-futur-tueur-de-juf-mieke~aa24af04/