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Les violences gynécologiques sont aussi psychologiques: “Il a jeté l’embryon tel un vulgaire déchet”

(2022-03-05_09-00-00)


Karol-An, 31 ans, a vécu une très mauvaise expérience aux urgences gynécologiques de l’hôpital des Bruyères (CHU), à Liège. Alors qu’elle faisait une fausse couche, un moment douloureux pour toute personne désirant avoir un enfant, le gynécologue à qui elle a eu affaire s’est montré froid et brutal. “Pas physiquement, mais psychologiquement”, cee qui ne change toutefois rien au traumatisme vécu. La Liégeoise se confie.

En juillet 2021, Karol-An, 31 ans, apprend qu’elle est enceinte. Pour elle et Romain, son compagnon, c’est une super nouvelle. En effet, au début de la même année, la jeune femme, déjà maman d’un petit Liam, âgé de 2,5 ans, a eu une grossesse compliquée. “J’ai dû avoir recours à une IMG (interruption médicale de grossesse) à cinq mois”, nous explique Karol-An. “Cette grossesse-ci était attendue sans l’être. On était super content, mais aussi stressés vu ce qu’il s’était passé avant ça.”

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[1]

“Un gynécologue ne doit pas seulement connaître le corps de la femme, il doit aussi savoir la respecter”

Malheureusement pour le couple, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Le 9 août, la maman se rend compte qu’elle a des pertes de sang. Elle soupçonne une fausse couche. Sa gynécologue, ne pouvant la recevoir ce jour-là, lui conseille de se rendre aux urgences du CHR de la Citadelle. “On savait que les fausses couches étaient fréquentes et que ça pouvait arriver. Mais bon, sur le moment, nous sommes un peu déçus quand même, parce que ça nous rappelait ce qu’il s’était déjà passé en début d’année”, confie la jeune mère.

Fortes douleurs



Le lendemain, le 10 août, les pertes de sang sont plus abondantes et, dans la soirée, elles s’accompagnent de contractions et de fortes douleurs. Avec son compagnon, Karol-An décide de se rendre aux urgences des Bruyères (CHU), l’hôpital le plus proche de chez eux. Vers 23h, ils sont accueillis par les infirmières à qui la jeune femme explique ce qu’il se passe. Elle est invitée à attendre qu’un gynécologue se libère. En attendant, on lui fait une prise de sang. “On attend, mais on n’est quand même pas bien, car on sait ce qu’il se passe. Le seul truc que l’on veut vérifier, c’est que tout va bien, qu’il n’y a pas de problèmes pour moi.”

Arrive alors le gynécologue, un jeune homme d’une trentaine d’année, selon Karol-An, plutôt froid. Glacial, même. Il lui fait rapidement comprendre que, comme elle le craint, elle est en train de faire une fausse couche, “mais que c’est normal” et “qu’il faut arrêter de ne pas être bien”. Ces mots ont marqué Karol-An, qui vivait, pour la première fois, une fausse couche: “Il a agi comme si c’était complètement normal. Alors, oui, on est d’accord que ça peut arriver, que c’est fréquent, mais ça ne rend pas la chose moins douloureuse quand on la vit.”

Citation

Il jette l’embryon à la poubelle, tel un vulgaire déchet, comme si c’était un trognon de pomme. Karol-An

Confirmation indélicate



Le médecin lui fait une échographie interne. Tout comme il n’est pas chaleureux, il n’est pas doux. “Ses gestes ne sont pas agréables et la manière dont il me regarde me met mal à l’aise. C’était comme si je l’ennuyais... Clairement, je le faisais chier”, se remémore Karol-An. “Sans prendre de gants, il me dit: ‘Ben oui, il n’y a rien. Si grossesse il y avait, il n’y a plus’.” Karol-An et son compagnon savaient ce qu’il se passait dans le ventre de la jeune femme, mais ils regrettent que leur interlocuteur n’ait pas dit les choses avec plus de douceur et de compassion.

Vient alors le moment de retirer “ce qui bloque”, comme le présente le gynécologue au couple. Une fois encore, Karol-An parle de gestes peu délicats. “Il y va vraiment franchement”, commente-t-elle. À l’aide d’une pince, il retire l’embryon, l’emballe dans du papier et le met à la poubelle, “tel un vulgaire déchet, comme si c’était un trognon de pomme que l’on jette”.

Incapables de réagir



Pendant toute la durée de la consultation, ni Karol-An, ni Romain n’ont été capables de dire un mot. À la sortie de l’hôpital, ils étaient abasourdis.

Par la suite, la trentenaire a décidé de parler des événements sur sa page Facebook, sans pour autant donner le nom du gynécologue en question. “Je voulais savoir si d’autres personnes avaient vécu la même chose avec ce médecin, parce que c’était vraiment compliqué à vivre pour moi”, explique-t-elle. Suite à cela, une de ses amies, qui travaille actuellement au CHU, la contacte et lui dit qu’elle pense savoir de quel médecin il s’agit. D’après cette amie, d’autres personnes de son entourage se seraient déjà plaint de ce praticien. [2]Elle invite donc Karol-An à porter plainte . Ce que la Liégeoise fait immédiatemment. Elle en parle ensuite à sa propre gynécologue, qui la suit depuis des années. “Elle a, elle aussi, été outrée par la situation, et a décidé de contacter l’hôpital”, indique-t-elle. À ce jour, elle n’a toujours pas reçu de réponse. “En général, quand il s’agit d’un docteur qui a un diplôme, qui est reconnu et qui est employé, il faut un sacré nombre de plaintes pour que quelque chose aboutisse”, poursuite Karol-An. “Mais j’estime que ce médecin n’a rien à faire en gynécologie.”

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Si vous êtes mal accueilli, si vous ne vous sentez pas bien, qu’il s’est passé quelque chose qui ne vous paraît pas normal, alors il faut en parler. Karol-An

Karol-An n’a aucun grief contre l’hôpital, qui l’a bien accueillie, mais bien contre le gynécologue. Elle invite toutes les femmes qui feraient face à un tel comportement émanant d’un médecin, et de manière générale, à toute personne qui ne se sentirait pas considérée par un praticien, d’oser en parler. Avec le recul, elle se dit qu’elle aurait dû réagir lorsqu’elle était devant le gynécologue des urgences, et, qu’à l’avenir, elle n’hésitera plus à dire stop dans ce genre de situation. “Il n’y pas de mauvaises raisons d’aller à l’hôpital en cas de questionnement. Si vous êtes mal accueilli, si vous ne vous sentez pas bien, qu’il s’est passé quelque chose qui ne vous paraît pas normal, alors il faut en parler. Et alors, les langues se délient”, conclut Karol-An.

Malgré cette douloureuse expérience, Karol-An et Romain rêvent toujours d’un petit frère ou une petite sœur pour Liam. Après avoir fait une deuxième fausse couche, le 24 décembre - “la faute à pas de chance”, commente la jeune maman -, ils espèrent mener à terme une grossesse et accueillir un second enfant dans leur famille.

Retrouvez [3]ici toute l’actualité de la région de Liège.

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[4]“Un gynécologue ne doit pas seulement connaître le corps de la femme, il doit aussi savoir la respecter”

[5]Un célèbre gynécologue parisien accusé de viol sur mineur



[1] https://www.7sur7.be/belgique/un-gynecologue-ne-doit-pas-seulement-connaitre-le-corps-de-la-femme-il-doit-aussi-savoir-la-respecter~ae468736/

[2] https://www.chuliege.be/jcms/c2_17345734/fr/cimm/les-droits-du-patient

[3] https://www.7sur7.be/dossier/liege-et-sa-region~d1b8b0c27-6007-4c85-8c99-58803af59df3/

[4] https://www.7sur7.be/belgique/un-gynecologue-ne-doit-pas-seulement-connaitre-le-corps-de-la-femme-il-doit-aussi-savoir-la-respecter~ae468736/

[5] https://www.7sur7.be/faits-divers/un-celebre-gynecologue-parisien-accuse-de-viol-sur-mineur~a92af3e3/



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