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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Marc a roulé jusqu’à la frontière polonaise pour recueillir des réfugiés: “Une centaine de femmes se sont levées”

(2022-03-01_09-15-00 (Het Laatste Nieuws))


Le gouvernement fédéral, par la voix du secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Sammy Mahdi, encourage les Belges qui le peuvent à accueillir des réfugiés ukrainiens chez eux. Marc Pairon, de Humbeek (Brabant flamand), n’a pas attendu l'appel des autorités et a pris l’initiative de rouler jusqu’à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine afin d’aller chercher une mère et sa fille originaires de Kiev pour les mettre en sécurité chez lui. “Je craignais que les politiciens ne se réunissent des dizaines de fois avant de faire quelque chose, alors que des dizaines de milliers de personnes sont dans le besoin. Je voulais offrir une aide concrète, pas seulement des vêtements, mais un abri sûr”, explique le sexagénaire à Het Laatste Nieuws.

Marc Pairon a donc pris sa voiture et a roulé d’une traite jusqu’à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine. L’homme de 62 ans ne savait pas vraiment où il devait se rendre. “J’avais regardé sur Google Maps pour voir où se trouvait le plus gros afflux de réfugiés. Avant de mettre le cap sur Korczowa, le poste frontière près de Lviv, j’ai fabriqué une pancarte sur laquelle j’ai écrit que je suis un père de famille et que toute personne est la bienvenue chez nous”, confie-t-il. “Je me suis servi d'une application de traduction pour l'écrire en ukrainien.”

À l’exception de quelques pauses café, il a roulé sans arrêt pendant 1.500 km, soit un périple de 15 heures. “Quand je suis arrivé vers 6 heures ce lundi, j’ai été arrêté par la douane polonaise. Ils se sont adressés à moi de manière plutôt bourrue, mais lorsqu’ils ont compris que je venais aider, ils m’ont dirigé vers un centre commercial qui avait été vidé à la hâte pour accueillir des réfugiés. Cela m’a touché de voir autant de personnes entassées sur des lits de fortune, espérant qu'on vienne les aider.”

Des réfugiés ukrainiens dans un centre d'accueil à Korczowa, en Pologne. © Agencja Wyborcza.pl via REUTERS

“Au moins une centaine de femmes se sont levées”



Là-bas, Marc, qui travaille dans une jardinerie, a été mis en contact avec un responsable du centre d'accueil. “J’ai fait savoir que je voulais héberger quatre réfugiés dans ma maison. “L’homme a pris son micro et a crié mon message dans la salle bondée. Au moins une centaine de femmes se sont levées. Une dame m’a attrapé et a fait signe à sa fille. ‘Nous ne sommes que deux, mais nous aimerions beaucoup vous accompagner’, m’a-t-elle dit. J’étais gêné de ne pas pouvoir aider plus de gens, mais j’avais aussi un peu peur que cela devienne incontrôlable. Je leur ai donc demandé de monter dans ma voiture aussi vite que possible. J’ai laissé ma carte de visite derrière moi, pour qu’ils puissent trouver qui avait emmené cette femme et sa fille.”

Marc a également donné sa carte de visite à ses passagères afin qu’elles puissent dire à leurs proches où elles sont parties. “La fille m’a demandé si elles devaient me donner de l'argent. Je lui ai répondu que c’était un grand honneur pour nous de recevoir des invités aussi courageux.”

Svetlana, une ouvrière de 50 ans et sa fille de 17 ans, An, ont fui Kiev il y a cinq jours, a cru comprendre Marc. “Il leur a fallu trois jours pour parcourir les 15 derniers kilomètres jusqu’à la frontière. Elles sont traumatisées par la violence de la guerre et le fait qu’elles aient dû fuir. La mère dort presque constamment, la fille est très calme. Je leur ai montré des photos de nos neuf enfants pour qu’elles comprennent qu’elles sont en sécurité. J’ai également précisé que je les ramènerai quand elles le voudront: je ne les laisserai pas faire du stop pour rentrer chez elles.”

“Il est de notre devoir de leur venir en aide”



Marc, Svetlana et An sont actuellement en route vers la Belgique. Ils ont cherché un endroit où dormir en Pologne la nuit dernière. À la maison, à Humbeek, Sally, la femme de Marc, prépare les lits d’appoint.

Marc espère qu’il inspirera d’autres personnes. “Ce n’est pas une goutte d’eau dans l’océan. Le peuple ukrainien est très courageux. Il est de notre devoir de leur venir en aide”, conclut-il.



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