Oleksandra est en contact permanent avec ses parents, restés en Ukraine: “Le temps à l’est n’est plus à la fuite, mais à la survie”
(2022-02-26_14-06-00)
- Reference: 2022-02-26_14-06-00_oleksandra-est-en-contact-permanent-avec
- News link: https://www.7sur7.be/monde/oleksandra-est-en-contact-permanent-avec-ses-parents-restes-en-ukraine-le-temps-a-lest-nest-plus-a-la-fuite-mais-a-la-survie~a4ce6a5f/
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Interview Oleksandra, une Ukrainienne originaire de Kharkiv, une ville proche de la frontière russe, vit en Belgique depuis cinq ans. Après avoir soutenu sa thèse de chimie à l’Université de Namur, elle comptait rentrer chez ses parents durant quelques mois. Mais c’était sans compter le conflit russo-ukrainien qui fait rage dans tout le pays. Elle n’a aucun moyen de retourner chez ses parents, et eux n’ont aucun moyen de quitter l’Ukraine. Depuis jeudi, l’inquiétude monte. Les yeux rivés sur les informations, l’oreille collée au téléphone, elle prend sans cesse des nouvelles de son père et de sa mère, qui vivent toujours dans leur appartement, dans cette ville qui, ce jeudi, a été le théâtre des premiers bombardements russes. La jeune femme nous explique comment elle vit les événements, à la fois de l’extérieur et de l’intérieur. Elle en appelle urgemment à l’aide européenne.
Oleksandra a 27 ans. Elle vit actuellement chez les parents de son copain, à la frontière belge, mais Oleksandra est originaire de Kharkiv, à l’est de l’Ukraine. Située tout près de la frontière russe, elle est la deuxième plus grosse ville du pays, mais aussi [1]l’une des premières à avoir été la cible des bombardements de ses voisins. “Kharkiv est russophone, par conséquent, je parle russe et ukrainien. Néanmoins, je me considère comme Ukrainienne et non Russe. La langue ne fait pas la nationalité”, affirme la jeune femme.
[2]
Un couple russo-ukrainien immigré à Bruxelles: “Je déteste Poutine”
[3]
Le bouleversant message d’une jeune fille ukrainienne: “Je ne veux pas mourir”
En Ukraine, Oleksandra a étudié la chimie. Après avoir obtenu sa licence à l’Université de Kharkiv, elle a reçu une bourse de l’ambassade de France et s’est installée à Nice pour y faire son master. Par la suite, la jeune femme est remontée en Belgique, plus précisément à Namur, pour y faire son doctorat, en chimie toujours, à l’université. En Belgique, elle s’est fait des amis, a rencontré l’amour, mais le plat pays n’était pas un choix en soi: “Quand on fait de la science, on choisit rarement le pays, mais plutôt les projets. J’ai eu la chance de trouver un projet de doctorat extrêmement intéressant à l’Université de Namur, en collaboration avec l’Université de Cardiff. Il était lié à la transformation du gaz à effet de serre CO2 en produits chimiques à valeur ajoutée en utilisant la lumière du soleil.”
(Poursuivre l’article ci-dessous)
Oleksandra vit loin de ses parents, restés en Ukraine. Non pas par choix, mais parce qu'elle n'a plus aucun moyen de les rejoindre. © D.R.
Étant Ukrainienne, Oleksandra a dû faire une demande de visa d’un an, accompagné d’une demande de permis de travail. Et toutes les années, jusqu’à l’obtention de son diplôme, au tout début de cette année 2022, elle a dû introduire de nouvelles demandes afin de prolonger son séjour. Son doctorat terminé, son visa a expiré. Elle a introduit une demande de prolongation de son titre de séjour pour lui permettre de chercher un emploi après ses études, mais elle attend toujours la décision finale. “Sans mon titre de séjour, je n’ai d’autres choix que de retourner en Ukraine ou de rester en Belgique avec mon attestation de demande de visa en cours de traitement”, explique-t-elle.
Citation
Je voulais attendre que tout revienne à la normale. Malheureusement, la situation n’a fait qu’empirer. Le pire scénario s’est produit. Oleksandra
Après avoir soutenu de sa thèse, la chimiste ukrainienne avait prévu de passer quelques mois chez ses parents. Mais c’était sans compter le conflit russo-ukrainien et les nombreuses compagnies aériennes qui ont tout bonnement annulé les vols vers son pays. “Les deux seules options qui s’offraient à moi étaient soit de prendre un bus (environ 30 heures de route), soit de prendre un avion avec une correspondance à Istanbul. La deuxième option me semblait faisable, mais j’avais peur que le vol vers l’Ukraine soit annulé à la dernière minute et que je sois, par conséquent, coincée à Istanbul”, indique Oleksandra. “Je voulais attendre une semaine en espérant que tout revienne à la normale. Malheureusement, la situation n’a fait qu’empirer. Le pire scénario s’est produit et la loi martiale a été instaurée dans tout le pays. L’espace aérien est donc fermé pour tous les vols.”
On le sait, le conflit actuel n’est pas le premier qui oppose l’Ukraine à la Russie. En 2014, au lendemain de la révolution ukrainienne, Poutine a annexé la Crimée, d’où est justement originaire le père d’Oleksandra. Cet événement historique n’a pas eu d’impacts majeurs que la ville de Kharkiv, qui, rappelons-le, est une ville frontalière russophone. “Il y a toujours eu la paix chez moi. La situation était beaucoup plus compliquée dans les provinces du Donbass. Pour nous, la vie continuait, même s’il y avait encore la guerre dans cette partie du pays”, commente la jeune femme. “Lors de ces événements, on a perdu la Crimée et ça nous a fait mal au cœur, mais ça a permis d’éviter la guerre.”
Toutefois, cette annexion a eu une conséquence non négligeable sur la vie d’Oleksandra. En effet, une partie de sa famille vit toujours en Crimée et elle ne l’a plus vu depuis au moins six ans, “alors que j’avais l’habitude d’y aller au moins une fois par an”. Pour s’y rendre, il n’existe, en effet, plus de moyens de transport direct depuis l’Ukraine. “Il faut passer la frontière à pied… littéralement”, commente-t-elle. Et ça, c’était avant la pandémie. Depuis deux ans, il est tout simplement impossible de visiter la Crimée. “Seul mon papa a une dérogation pour s’y rendre, car il a sa sœur là-bas. En revanche, ma maman et moi ne pouvons pas y aller”, explique la jeune femme.
Citation
En 2014, on a perdu la Crimée et ça nous a fait mal au cœur, mais ça a permis d’éviter la guerre. Oleksandra
D’après elle, depuis ces événements de 2014, le peuple ukrainien est plus uni et solidaire que jamais: “Il y a eu un énorme élan culturel qui a profité au développement de nombreux producteurs ou créateurs ukrainiens par exemple. On a commencé à faire plus attention aux choses qui nous rassemblent et à être fière de tout ce qui est ‘Made in Ukraine’.”
(Poursuivre l’article ci-dessous)
Une fumée noire s'élève au-dessus de l'aéroport militaire de Chuguyev, près de Kharkiv, après les bombardements russes du 24 février. © AFP
Les parents d’Oleksandra sont nés à une autre époque, une époque où l’Ukraine, la Russie, la Biélorussie, la Moldavie, le Kazhakstan, ... ne faisaient qu’un: l’Union des républiques socialistes soviétiques. L’URSS. Une partie de sa famille est originaire de Crimée, une autre partie de l’actuelle Moscou. Contrairement à elle, ses parents ont du mal à se sentir Ukrainiens, car ils ont connu la vie d’avant 1991, d’avant la dissolution de l’URSS. “Mais ils ne soutiennent pas pour autant la politique et la violence de la gouvernance russe. [4]Ils ne sont pas du tout d’accord avec la stratégie de Poutine ”, souligne-t-elle. “Les peuples russes et ukrainiens ont toujours été, et sont toujours, très proches. Il n’est pas rare de voir de nombreuses personnes au sein d’une même famille vivre dans ces deux pays. Si tout était une question de peuple et non de politique, [5]il n’y aurait pas de guerre ...”
Citation
Ils ont peur d’aller dans la rue et de faire partie des dommages collatéraux. Oleksandra
Mais la guerre, celle que beaucoup associent déjà, avec horreur, à une troisième guerre mondiale, a malheureusement lieu en ce moment. Nous l’avons dit plus haut, Kharkiv est l’une des premières villes touchées par les bombardements russes. Il était 5h du matin, le jeudi 24 février, lorsque les premières explosions ont retenti à côté de la ville. Heureusement, les parents d’Oleksandra ont réussi à se mettre en sécurité. Ils vivent toujours dans leur appartement, qui est plutôt éloigné de la zone de combat, mais si les choses venaient à dégénérer, ils pourraient se mettre l’abri dans un bunker non loin de chez eux. “Ils n’ont pas envie d’y descendre déjà maintenant”, commente-t-elle. Ils ont toutefois une certaine appréhension lorsqu’il s’agit de sortir de chez eux. “Ils ont peur d’aller dans la rue et de faire partie des dommages collatéraux. Peut-être que si la situation venait à se détériorer rapidement, ils partiraient s’abriter dans le bunker”, ajoute-t-elle.
Comme de très nombreux Ukrainiens, sa famille vit très mal les événements et les bombardements russes. “Ils vivent constamment dans la peur et dans le stress. Les crises de panique sont aussi rythmées que les sirènes des alertes aériennes”, nous explique Oleksandra. “Ils sont contre la violence et ne s’imaginaient pas une seconde que l’armée russe allait bombarder leur pays et leur ville. Ce fut un choc incommensurable. Heureusement, ils peuvent compter sur le soutien de leurs proches pour les rassurer et les calmer un peu.”
Citation
Le temps à l’est de l’Ukraine n’est plus à la fuite, mais à la survie. Le pays a d’une vraie aide de la part de l’Europe. Oleksandra
Les combats font rage dans la région, mais les parents d’Oleksandra n’envisagent absolument pas de quitter leur appartement et leur vie à Kharkiv. Et même si c’était le cas, entreprendre un tel voyage risquerait d’être compliqué. “L’essence est rationnée à hauteur d’une vingtaine de litres par véhicule”, indique la jeune ukrainienne. Inutile de préciser qu’avec vingt litres d’essence, on ne va pas bien loin. Mais en plus, “il y a des barrages militaires autour de la ville, qui empêchent les civils de partir”. Sans compter les combats le long des routes et le risque d’être victime d’une balle perdue. Par ailleurs, la loi martiale a été déclarée ce 24 février. Ce qui signifie notamment que [6]les hommes âgés de 18 et 60 ans ne peuvent quitter le pays et sont appelés à se battre . “Le temps à l’est de l’Ukraine n’est plus à la fuite, mais à la survie”, commente Oleksandra.
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Un garde posté à la frontière entre l'Ukraine et la Russie, dans la région de Kharkiv. © REUTERS
Pour la jeune femme, [7]il est grand temps que l’Europe agisse et apporte une réelle aide dans l’est de l’Ukraine. “Seuls, nous avons du mal à tenir contre les Russes. Le pays a besoin d’une aide militaire, mais surtout qu’on sécurise l’espace aérien afin de stopper les bombardements”, conclut-elle.
Beaucoup d’entre nous peuvent se sentir impuissants face à la détresse des Ukrainiens, mais il est possible de leur venir en aide dès maintenant. Retrouvez les façons de les aider dans notre article: [8]Comment venir en aide concrètement aux Ukrainiens depuis la Belgique?
[9]Les adieux bouleversants d’un père à sa fille en Ukraine
[10]Un couple a adopté et sauvé de justesse la vie de Ruslan, un petit Ukrainien de 4 ans
[11]La fille du porte-parole du Kremlin s’oppose publiquement à l’invasion de l’Ukraine
[1] https://www.7sur7.be/monde/corps-calcines-et-immeubles-eventres-dans-l-est-de-l-ukraine-la-guerre-a-commence~ad22b2a1/
[2] https://www.7sur7.be/monde/un-couple-russo-ukrainien-immigre-a-bruxelles-je-deteste-poutine~ad66808e/
[3] https://www.7sur7.be/monde/le-bouleversant-message-dune-jeune-fille-ukrainienne-je-ne-veux-pas-mourir~a6849901/
[4] https://www.7sur7.be/monde/l-obsession-ukrainienne-de-vladimir-poutine~a40b25cfa/
[5] https://www.7sur7.be/monde/cette-guerre-durera-et-il-faut-nous-y-preparer-previent-macron~a485aa3d/
[6] https://www.7sur7.be/monde/les-adieux-bouleversants-d-un-pere-a-sa-fille-en-ukraine~a2d437d7/
[7] https://www.7sur7.be/monde/en-direct-la-belgique-va-fournir-2-000-mitrailleuses-et-du-carburant-a-lukraine-larmee-ukrainienne-controle-kiev-et-les-villes-autour~abb36362/
[8] https://www.7sur7.be/belgique/comment-venir-en-aide-concretement-aux-ukrainiens-depuis-la-belgique~a13b8f34/
[9] https://www.7sur7.be/monde/les-adieux-bouleversants-d-un-pere-a-sa-fille-en-ukraine~a2d437d7/
[10] https://www.7sur7.be/monde/un-couple-a-adopte-et-sauve-de-justesse-la-vie-de-ruslan-un-petit-ukrainien-de-4-ans~a4b51fcc/
[11] https://www.7sur7.be/monde/la-fille-du-porte-parole-du-kremlin-soppose-publiquement-a-linvasion-de-lukraine~a089c482/
Oleksandra a 27 ans. Elle vit actuellement chez les parents de son copain, à la frontière belge, mais Oleksandra est originaire de Kharkiv, à l’est de l’Ukraine. Située tout près de la frontière russe, elle est la deuxième plus grosse ville du pays, mais aussi [1]l’une des premières à avoir été la cible des bombardements de ses voisins. “Kharkiv est russophone, par conséquent, je parle russe et ukrainien. Néanmoins, je me considère comme Ukrainienne et non Russe. La langue ne fait pas la nationalité”, affirme la jeune femme.
Lire aussi
[2]
Un couple russo-ukrainien immigré à Bruxelles: “Je déteste Poutine”
[3]
Le bouleversant message d’une jeune fille ukrainienne: “Je ne veux pas mourir”
En Ukraine, Oleksandra a étudié la chimie. Après avoir obtenu sa licence à l’Université de Kharkiv, elle a reçu une bourse de l’ambassade de France et s’est installée à Nice pour y faire son master. Par la suite, la jeune femme est remontée en Belgique, plus précisément à Namur, pour y faire son doctorat, en chimie toujours, à l’université. En Belgique, elle s’est fait des amis, a rencontré l’amour, mais le plat pays n’était pas un choix en soi: “Quand on fait de la science, on choisit rarement le pays, mais plutôt les projets. J’ai eu la chance de trouver un projet de doctorat extrêmement intéressant à l’Université de Namur, en collaboration avec l’Université de Cardiff. Il était lié à la transformation du gaz à effet de serre CO2 en produits chimiques à valeur ajoutée en utilisant la lumière du soleil.”
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Oleksandra vit loin de ses parents, restés en Ukraine. Non pas par choix, mais parce qu'elle n'a plus aucun moyen de les rejoindre. © D.R.
Visa en attente et retour impossible en Ukraine
Étant Ukrainienne, Oleksandra a dû faire une demande de visa d’un an, accompagné d’une demande de permis de travail. Et toutes les années, jusqu’à l’obtention de son diplôme, au tout début de cette année 2022, elle a dû introduire de nouvelles demandes afin de prolonger son séjour. Son doctorat terminé, son visa a expiré. Elle a introduit une demande de prolongation de son titre de séjour pour lui permettre de chercher un emploi après ses études, mais elle attend toujours la décision finale. “Sans mon titre de séjour, je n’ai d’autres choix que de retourner en Ukraine ou de rester en Belgique avec mon attestation de demande de visa en cours de traitement”, explique-t-elle.
Citation
Je voulais attendre que tout revienne à la normale. Malheureusement, la situation n’a fait qu’empirer. Le pire scénario s’est produit. Oleksandra
Après avoir soutenu de sa thèse, la chimiste ukrainienne avait prévu de passer quelques mois chez ses parents. Mais c’était sans compter le conflit russo-ukrainien et les nombreuses compagnies aériennes qui ont tout bonnement annulé les vols vers son pays. “Les deux seules options qui s’offraient à moi étaient soit de prendre un bus (environ 30 heures de route), soit de prendre un avion avec une correspondance à Istanbul. La deuxième option me semblait faisable, mais j’avais peur que le vol vers l’Ukraine soit annulé à la dernière minute et que je sois, par conséquent, coincée à Istanbul”, indique Oleksandra. “Je voulais attendre une semaine en espérant que tout revienne à la normale. Malheureusement, la situation n’a fait qu’empirer. Le pire scénario s’est produit et la loi martiale a été instaurée dans tout le pays. L’espace aérien est donc fermé pour tous les vols.”
Une Ukraine plus unie...
On le sait, le conflit actuel n’est pas le premier qui oppose l’Ukraine à la Russie. En 2014, au lendemain de la révolution ukrainienne, Poutine a annexé la Crimée, d’où est justement originaire le père d’Oleksandra. Cet événement historique n’a pas eu d’impacts majeurs que la ville de Kharkiv, qui, rappelons-le, est une ville frontalière russophone. “Il y a toujours eu la paix chez moi. La situation était beaucoup plus compliquée dans les provinces du Donbass. Pour nous, la vie continuait, même s’il y avait encore la guerre dans cette partie du pays”, commente la jeune femme. “Lors de ces événements, on a perdu la Crimée et ça nous a fait mal au cœur, mais ça a permis d’éviter la guerre.”
Toutefois, cette annexion a eu une conséquence non négligeable sur la vie d’Oleksandra. En effet, une partie de sa famille vit toujours en Crimée et elle ne l’a plus vu depuis au moins six ans, “alors que j’avais l’habitude d’y aller au moins une fois par an”. Pour s’y rendre, il n’existe, en effet, plus de moyens de transport direct depuis l’Ukraine. “Il faut passer la frontière à pied… littéralement”, commente-t-elle. Et ça, c’était avant la pandémie. Depuis deux ans, il est tout simplement impossible de visiter la Crimée. “Seul mon papa a une dérogation pour s’y rendre, car il a sa sœur là-bas. En revanche, ma maman et moi ne pouvons pas y aller”, explique la jeune femme.
Citation
En 2014, on a perdu la Crimée et ça nous a fait mal au cœur, mais ça a permis d’éviter la guerre. Oleksandra
D’après elle, depuis ces événements de 2014, le peuple ukrainien est plus uni et solidaire que jamais: “Il y a eu un énorme élan culturel qui a profité au développement de nombreux producteurs ou créateurs ukrainiens par exemple. On a commencé à faire plus attention aux choses qui nous rassemblent et à être fière de tout ce qui est ‘Made in Ukraine’.”
(Poursuivre l’article ci-dessous)
Une fumée noire s'élève au-dessus de l'aéroport militaire de Chuguyev, près de Kharkiv, après les bombardements russes du 24 février. © AFP
... Mais une Ukraine attaquée
Les parents d’Oleksandra sont nés à une autre époque, une époque où l’Ukraine, la Russie, la Biélorussie, la Moldavie, le Kazhakstan, ... ne faisaient qu’un: l’Union des républiques socialistes soviétiques. L’URSS. Une partie de sa famille est originaire de Crimée, une autre partie de l’actuelle Moscou. Contrairement à elle, ses parents ont du mal à se sentir Ukrainiens, car ils ont connu la vie d’avant 1991, d’avant la dissolution de l’URSS. “Mais ils ne soutiennent pas pour autant la politique et la violence de la gouvernance russe. [4]Ils ne sont pas du tout d’accord avec la stratégie de Poutine ”, souligne-t-elle. “Les peuples russes et ukrainiens ont toujours été, et sont toujours, très proches. Il n’est pas rare de voir de nombreuses personnes au sein d’une même famille vivre dans ces deux pays. Si tout était une question de peuple et non de politique, [5]il n’y aurait pas de guerre ...”
Citation
Ils ont peur d’aller dans la rue et de faire partie des dommages collatéraux. Oleksandra
Mais la guerre, celle que beaucoup associent déjà, avec horreur, à une troisième guerre mondiale, a malheureusement lieu en ce moment. Nous l’avons dit plus haut, Kharkiv est l’une des premières villes touchées par les bombardements russes. Il était 5h du matin, le jeudi 24 février, lorsque les premières explosions ont retenti à côté de la ville. Heureusement, les parents d’Oleksandra ont réussi à se mettre en sécurité. Ils vivent toujours dans leur appartement, qui est plutôt éloigné de la zone de combat, mais si les choses venaient à dégénérer, ils pourraient se mettre l’abri dans un bunker non loin de chez eux. “Ils n’ont pas envie d’y descendre déjà maintenant”, commente-t-elle. Ils ont toutefois une certaine appréhension lorsqu’il s’agit de sortir de chez eux. “Ils ont peur d’aller dans la rue et de faire partie des dommages collatéraux. Peut-être que si la situation venait à se détériorer rapidement, ils partiraient s’abriter dans le bunker”, ajoute-t-elle.
Ils ne s'y attendaient pas
Comme de très nombreux Ukrainiens, sa famille vit très mal les événements et les bombardements russes. “Ils vivent constamment dans la peur et dans le stress. Les crises de panique sont aussi rythmées que les sirènes des alertes aériennes”, nous explique Oleksandra. “Ils sont contre la violence et ne s’imaginaient pas une seconde que l’armée russe allait bombarder leur pays et leur ville. Ce fut un choc incommensurable. Heureusement, ils peuvent compter sur le soutien de leurs proches pour les rassurer et les calmer un peu.”
Citation
Le temps à l’est de l’Ukraine n’est plus à la fuite, mais à la survie. Le pays a d’une vraie aide de la part de l’Europe. Oleksandra
Les combats font rage dans la région, mais les parents d’Oleksandra n’envisagent absolument pas de quitter leur appartement et leur vie à Kharkiv. Et même si c’était le cas, entreprendre un tel voyage risquerait d’être compliqué. “L’essence est rationnée à hauteur d’une vingtaine de litres par véhicule”, indique la jeune ukrainienne. Inutile de préciser qu’avec vingt litres d’essence, on ne va pas bien loin. Mais en plus, “il y a des barrages militaires autour de la ville, qui empêchent les civils de partir”. Sans compter les combats le long des routes et le risque d’être victime d’une balle perdue. Par ailleurs, la loi martiale a été déclarée ce 24 février. Ce qui signifie notamment que [6]les hommes âgés de 18 et 60 ans ne peuvent quitter le pays et sont appelés à se battre . “Le temps à l’est de l’Ukraine n’est plus à la fuite, mais à la survie”, commente Oleksandra.
(Poursuivre l’article ci-dessous)
Un garde posté à la frontière entre l'Ukraine et la Russie, dans la région de Kharkiv. © REUTERS
Pour la jeune femme, [7]il est grand temps que l’Europe agisse et apporte une réelle aide dans l’est de l’Ukraine. “Seuls, nous avons du mal à tenir contre les Russes. Le pays a besoin d’une aide militaire, mais surtout qu’on sécurise l’espace aérien afin de stopper les bombardements”, conclut-elle.
Beaucoup d’entre nous peuvent se sentir impuissants face à la détresse des Ukrainiens, mais il est possible de leur venir en aide dès maintenant. Retrouvez les façons de les aider dans notre article: [8]Comment venir en aide concrètement aux Ukrainiens depuis la Belgique?
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[9]Les adieux bouleversants d’un père à sa fille en Ukraine
[10]Un couple a adopté et sauvé de justesse la vie de Ruslan, un petit Ukrainien de 4 ans
[11]La fille du porte-parole du Kremlin s’oppose publiquement à l’invasion de l’Ukraine
[1] https://www.7sur7.be/monde/corps-calcines-et-immeubles-eventres-dans-l-est-de-l-ukraine-la-guerre-a-commence~ad22b2a1/
[2] https://www.7sur7.be/monde/un-couple-russo-ukrainien-immigre-a-bruxelles-je-deteste-poutine~ad66808e/
[3] https://www.7sur7.be/monde/le-bouleversant-message-dune-jeune-fille-ukrainienne-je-ne-veux-pas-mourir~a6849901/
[4] https://www.7sur7.be/monde/l-obsession-ukrainienne-de-vladimir-poutine~a40b25cfa/
[5] https://www.7sur7.be/monde/cette-guerre-durera-et-il-faut-nous-y-preparer-previent-macron~a485aa3d/
[6] https://www.7sur7.be/monde/les-adieux-bouleversants-d-un-pere-a-sa-fille-en-ukraine~a2d437d7/
[7] https://www.7sur7.be/monde/en-direct-la-belgique-va-fournir-2-000-mitrailleuses-et-du-carburant-a-lukraine-larmee-ukrainienne-controle-kiev-et-les-villes-autour~abb36362/
[8] https://www.7sur7.be/belgique/comment-venir-en-aide-concretement-aux-ukrainiens-depuis-la-belgique~a13b8f34/
[9] https://www.7sur7.be/monde/les-adieux-bouleversants-d-un-pere-a-sa-fille-en-ukraine~a2d437d7/
[10] https://www.7sur7.be/monde/un-couple-a-adopte-et-sauve-de-justesse-la-vie-de-ruslan-un-petit-ukrainien-de-4-ans~a4b51fcc/
[11] https://www.7sur7.be/monde/la-fille-du-porte-parole-du-kremlin-soppose-publiquement-a-linvasion-de-lukraine~a089c482/