News: 2022-02-25_11-34-00_les-consequences-de-linvasion-russe-en-u

  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Les conséquences de l’invasion russe en Ukraine sur l’Eurovision

(2022-02-25_11-34-00)


La question n’est pas brûlante, mais elle se pose tout de même. Après l’invasion russe en Ukraine, les deux pays vont-ils participer à l’Eurovision? L’Ukraine a en tout cas demandé l’exclusion de la Russie du Concours de la chanson. Quant aux organisateurs, ils ont précisé la veille que les deux pays étaient toujours invités. “Nous sommes un événement apolitique et culturel qui unit les pays”, avaient déclaré les organisateurs. “Nous prévoyons donc actuellement d’accueillir des artistes des deux pays”.

Jeudi, le radiodiffuseur public ukrainien Suspilne a exhorté l'Union européenne de radiotélévision (UER) de suspendre l'adhésion des médias russes Pervi kanal et VGTRK, de telle sorte que la Russie ne puisse participer au Concours Eurovision de la chanson.

Lire aussi



[1]

Bientôt un “Eurovision” américain animé par Snoop Dogg et Kelly Clarkson

L’an dernier, l'UER avait déjà mis un terme à l'adhésion du radiodiffuseur public bélarusse BTRC, après le constat qu'un journalisme indépendant n'était plus possible dans le pays à cause des pressions exercées par le président Loukachenko. La suspension est devenue officielle en juin, ce qui a eu pour conséquence que le pays n'a pu prendre part au Concours Eurovision de la chanson ainsi qu'à sa version junior.

Un concours apolitique



L'UER n'a pas encore répondu à l'appel ukrainien. Avant l'invasion russe de l'Ukraine, l'organisme avait déclaré que la Russie était toujours autorisée à participer au concours musical. “Le Concours Eurovision de la chanson est un événement culturel apolitique qui unit les pays et célèbre la diversité à travers la musique”, a déclaré à l’ANP un porte-parole de l’Union européenne de radio-télévision. “Nous prévoyons actuellement d’accueillir des artistes des deux pays”.

L’année dernière déjà, le Concours avait revendiqué sa neutralité. À l’époque, la chanson “Set me free”, de l’Israélien Eden Alene, avait suscité la polémique. En raison de la situation délicate entre Israël et la Palestine, l’appel à interdire à l’équipe israélienne de participer à l’événement était devenu de plus en plus fort au fur et à mesure des mois. Finalement, le pays a tout de même pu se présenter, et les questions embarrassantes adressées à Eden pendant les conférences de presse ont été bloquées par les modérateurs. “Il existe d’autres endroits où l’on peut faire de la politique, mais pas au Concours de la chanson”, a expliqué Jean Philip De Tender, directeur des médias de l’UER.

(la suite ci-dessous)

L'Israélienne Eden Alene avait interprété sa chanson "Set me Free" à l'Eurovision 2021. © EPA

Apolitique, vraiment?



Pas de politique, donc. Pourtant, ce n’est pas la première fois que les tensions entre la Russie et l’Ukraine s'invitent dans le Concours de la chanson. Les délégations russe et ukrainienne ne logent délibérément pas dans les mêmes hôtels. Et les tensions se sont parfois invitées sur scène. En 2016, l’Ukrainienne Jamala a ainsi gagné l’Eurovision avec son titre “1944". Une victoire controversée, puisque la chanson portait sur la déportation de quelque 200 000 Tatars de Crimée en 1944 sous le régime de Joseph Staline, alors dictateur de l’Union soviétique.

En 2017, la Russie a retiré sa participation après que l’Ukraine, alors pays hôte, a bloqué la venue de leur chanteuse Julia Samoylova. Résultat? La performance a eu lieu en Crimée. Cette péninsule faisait partie de l’Ukraine depuis 1954, mais a été annexée par la Russie en 2014. Un geste illégal selon la communauté internationale, qui a provoqué la consternation internationale - et l’exclusion de Julia Samoylova du concours. En conséquence, l’UER a décidé que la propagande politique serait dorénavant interdite à l’Eurovision.

(la suite ci-dessous)

La chanteuse Julia Samoylova, alors interdite d'entrée en Ukraine, où se tenait le Concours, avait interprété son titre depuis la Crimée voisine. © epa

Contrat polémique



En 2019, une nouvelle polémique a secoué le Concours. La candidate Maruv a refusé de participer car le radiodiffuseur national ukrainien voulait lui faire signer un contrat l’interdisant d’évoquer toute question politique, et de se produire en Russie. “Je suis une musicienne, pas un outil dans le jeu politique”, avait-elle alors déclaré. Le pays s'était mis en quête d'un nouveau participant, mais les autres candidats des préliminaires ont fait preuve de solidarité avec Maruv, et ont tous refusé de prendre sa place.

Alina Pash a finalement été élue, mais sa participation a fait l’objet de pressions parce qu’elle s'était rendue en Crimée en 2015 - un territoire sur lequel les artistes ukrainiens ne sont plus autorisé à entrer depuis l’annexion. Finalement, la chanteuse a décidé de se retirer, avant d’être remplacée par le groupe de rap Kalush Orchestra, qui avait terminé deuxième au tour préliminaire national.

LIRE AUSSI



[2]Bientôt un “Eurovision” américain animé par Snoop Dogg et Kelly Clarkson

[3]Jérémie Makiese, gagnant de “The Voice Belgique”, représentera notre pays à l’Eurovision



[1] https://www.7sur7.be/musique/bientot-un-eurovision-americain-anime-par-snoop-dogg-et-kelly-clarkson~af11c2c2/

[2] https://www.7sur7.be/musique/bientot-un-eurovision-americain-anime-par-snoop-dogg-et-kelly-clarkson~af11c2c2/

[3] https://www.7sur7.be/musique/jeremie-makiese-gagnant-de-the-voice-belgique-representera-notre-pays-a-leurovision~a3f0d0f0/



Whenever someone tells you to take their advice, you can be pretty sure
that they're not using it.