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Rhume des foins ou Omicron, même les experts s'y perdent: quelques conseils utiles

(2022-02-22_16-36-00 (Het Laatste Nieuws))


Grosse fatigue, crises d’éternuements, maux de gorge et nez qui coule: code orange ou pas, vous vous demandez peut-être si c’est le variant Omicron qui s’est finalement invité chez vous ou si vous souffrez d'une rhinite allergique provoquée par le début de la saison pollinique, certes précoce, de l’aulne et du noisetier? Difficile de savoir quand se tester, car malgré leurs origines très différentes, les symptômes de deux maux sont sensiblement similaires. Coronavirus ou rhume des foins: même les professionnels peinent à trancher, alors que faire en cas de doute?

Voilà près de deux ans qu’on nous apprend à repérer les symptômes du Covid-19 afin de prévenir la propagation du coronavirus. Mais comme si la lassitude n’était pas assez grande après tant de vagues, comme si la propagation éclair des variants Delta et Omicron ne nous avaient pas rendus assez paranoïaques, comme si les rhumes dus à la météo humide et ventense ne compliquaient pas assez la donne... voilà que le rhume des foins entre dans la danse. En effet, la saison pollinique 2022 est lancée pour les bétulacées comme l’aulne et le noisetier qui disséminent leurs chatons dans l’air en Belgique, et ce bien avant le printemps. Ceux qui réagissent donc généralement au pollen (aussi du bouleau, de la même famille) risquent donc de développer des symptômes rappelant ceux du variant Omicron, prédominant chez nous.

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La saison des pollens a officiellement débuté

“Il s’agit en effet également d’une sensation de fatigue, d’éternuements et de maux de gorge, ce qui rend l’identification de la cause très compliquée”, déplore le professeur en médecine généraliste de la VUB Dirk Devroey. “Lorsque les gens se plaignent également d’yeux larmoyants, un inconvénient beaucoup moins répandu chez les patients Covid, cela constitue selon moi un indice qu’il s’agit probablement d'une réaction allergique. Mais on ne peut jamais jurer de rien. Je constate par contre que beaucoup de patients ne s’imaginent pas un instant pouvoir souffrir du rhume des foins mi-février. Or avec le réchauffement climatique, on assiste clairement à une saison pollinique qui débute beaucoup plus tôt au fil des ans”, explique-t-il.

“Il s’agit en effet dans les deux cas d’une sensation de fatigue, d’éternuements et de maux de gorge, ce qui rend l’identification de la cause très compliquée”, déplore le professeur en médecine généraliste de la VUB Dirk Devroey. © Getty Images

Sciensano rejoint ces propos. L’institut belge de la santé sait de quoi il parle: rendu célèbre par ses conférences et graphiques des chiffres du coronavirus, il est “en temps normal” la référence dans l’analyse précise de la présence de pollen dans notre air. Mais chez Sciensano, on nuance: ce n’est pas que la nature s’est mise à l’heure du printemps particulièrement tôt cette année. “L’an dernier aussi, l’aulne et le noisetier -qui sont les deux premiers arbres allergisants- ont profité des températures hivernales douces pour diffuser leurs pollens dès la mi-février”, rappelle Ann Packeu, chef de service chez Sciensano. “C’était même plus fort que cette année, car les pluies des derniers jours ont fait baisser les concentrations de pollens allergisants dans l’air. Par contre, on remarque bel et bien depuis plusieurs années que l’intensité de saisons polliniques -que ce soit l’aulne, le noisetier ou le bouleau, mais aussi par après les graminées- augmente. Avec le réchauffement, les conditions sont favorables à une plus forte dispersion des grains de pollens, ce qui affecte davantage de personnes”, confirme-t-elle.

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Les yeux rouges et le nez qui coule sont moins caractéris­ti­ques du coronavi­rus, et le rhume des foins ne donne pas de fièvre. Mais se fier à ces seuls indices est risqué Steven Van Gucht

En cas de doute, les experts recommandent un seul réflexe: se tester © ANP

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“Même s’il s’agit juste d’un rhume des foins, porter un masque FFP2 lorsque vous êtes à l’extérieur peut vous éviter de respirer trop de pollens”. Steven Van Gucht

Conseils



Le virologue Steven Van Gucht a lui aussi constaté une confusion entre rhinite allergique et Omicron. “J’aimerais pouvoir donner un truc pour différencier les deux, mais la vérité c’est qu’il n'y en a pas. Les maux de gorge sont souvent cités dans les maux causés par le variant Omicron. Les yeux rouges et le nez qui coule sont moins significatifs du virus, et on ne développe pas de fièvre quand on a le rhume des foins, mais se fier à ces indices uniquement pour poser un diagnostic est trop léger. N’oublions pas qu’un test PCR sur toi se révèle encore positif, et que le virus circule encore fortement. Clamer à tout bout de champ ‘ça doit être de l’allergie’ me semble donc risqué. Certainement pour ceux qui n'ont pas encore contracté le coronavirus. En cas de doute, il reste toujours l’option de l’autotest”, rappelle-t-il. Et d’ajouter un bon conseil: “D’ailleurs, même s’il s’agit juste d’un rhume des foins, porter un masque FFP2 lorsque vous êtes à l’extérieur peut vous éviter de respirer trop de pollens”.

Selon le professeur Devroey cependant, un traitement médicamenteux reste la seule manière efficace de se prémunir des plus gros désagréments liés aux allergies au pollen. “Mais il est important de commencer le traitement à temps et quotidiennement. Et si vous avez promené dans une zone sujette à une prolifération des pollens, prendre une douche et changer de vêtements est recommandé. N’oubliez pas non plus que le pollen se loge souvent dans les cils, et que vous empirerez la situation en vous frottant les yeux”, conclut-il.



[1] https://www.7sur7.be/sante/la-saison-des-pollens-a-officiellement-debute~a3b1487e/



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