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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Le président du CIO rappelle à l'ordre les organisateurs des JO de Pékin

(2022-02-18_12-02-15 (AFP))


Le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach a rappelé vendredi à l'ordre les organisateurs des JO-2022 en leur demandant de ne pas mélanger politique et sport, après des propos de la porte-parole de Pékin 2022 dénonçant des "mensonges" concernant la situation des droits de l'homme au Xinjiang.

De son côté, la skieuse de fond ouïghoure Dinigeer Yilamujiang, qui avait allumé la vasque olympique lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux, a réfuté tout génocide dans cette région et accusé les Occidentaux de "répandre des rumeurs".

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[1]

Human Rights Watch: “Ces Jeux sont un cauchemar pour les droits humains”

"Nous n'avons pas ignoré ce problème", a assuré Thomas Bach, au lendemain des propos tenus en conférence de presse par Yan Jiarong, porte-parole du comité d'organisation Pékin 2022, sur la question des droits humains au Xinjiang et le statut de Taïwan.

"Nous avons été en contact avec (le comité d'organisation) immédiatement après cette conférence de presse (...) et avons réaffirmé" l'importance de "rester politiquement neutre, comme l'exige la Charte olympique".

La veille, en réponse à deux questions posées par des journalistes étrangers sur le Xinjiang, vaste région du nord-ouest de la Chine à majorité musulmane, Mme Yan avait affirmé que "ces questions reposent en grande partie sur des mensonges".

"Certaines autorités ont déjà contesté ces fausses informations avec de nombreuses preuves solides", avait-elle ajouté.

Rumeurs



Des associations de défense des droits de l'Homme accusent Pékin d'avoir engagé depuis 2017 une répression systématique des Ouïghours et des autres ethnies musulmanes de la région, comme les Kazakhs. Elles reprochent au régime chinois d'avoir recours au travail forcé et à des stérilisations forcées et d'avoir enfermé plus d'un million de personnes dans des camps de rééducation.

Pékin conteste ce chiffre et explique qu'il s'agit de "centres de formation professionnelle" destinés à combattre le radicalisme islamiste, après des attentats attribués à des Ouïghours.

Pour dénoncer les violations des droits de l'Homme en Chine, notamment au Xinjiang, les Etats-Unis, suivis par plusieurs autres pays dont la Grande-Bretagne, le Canada ou encore l'Australie ont décidé de boycotter diplomatiquement ces Jeux.

Comme un pied de nez, la skieuse de fond ouïghoure Dinigeer Yilamujiang avait été choisie pour allumer la vasque olympique lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Pékin avant de réfuter vendredi tout génocide et accuser les Occidentaux de "répandre des rumeurs".

Interrogée par le Global Times, un quotidien chinois au ton volontiers nationaliste, Dinigeer Yilamujiang a déclaré que "s'il y avait ce que l'Occident affirme être un ‘génocide’ (...) je n'aurais pas la chance de participer aux Jeux olympiques".

“Reportages irresponsables”



"Le fait d'avoir été choisie avec d'autres pour porter la flamme (olympique) prouve l'harmonie de la grande famille chinoise", a estimé Dinigeer Yilamujiang, fustigeant les "reportages irresponsables" des médias occidentaux sur le Xinjiang.

Le 4 février dernier, sous le regard du président Xi Jinping et de millions de téléspectateurs, la sportive de 20 ans, tout sourire, avait été la dernière porteuse de la flamme avec son compatriote Zhao Jiawen.

Son interview intervient le jour où l'organisation Human Rights Watch (HRW) affirme que Pékin poursuit malgré les Jeux ses atteintes aux droits fondamentaux.

"Tout au long des Jeux, le gouvernement chinois poursuit ses violations des droits, qu'il s'agisse des crimes contre l'humanité au Xinjiang ou de la censure au village olympique", assure l'organisation.

"Par leur silence, le CIO et ses partenaires sont complices des efforts de Pékin pour se blanchir sportivement" de ces accusations, estime HRW.

Autre question sensible, celle de Taïwan. Interrogée à ce sujet, Yan Jiarong avait avancé que l'île était "une partie inaliénable de la Chine" en soulignant que cela était "un principe international bien reconnu".

Le régime communiste considère Taïwan comme une de ses provinces destinées à revenir dans son giron, au besoin par la force. Aux Jeux olympiques, le territoire est représenté sous le nom de "Taipei chinois".

Les sportifs ne peuvent pas défiler derrière le drapeau taïwanais lors de la cérémonie d'ouverture ni utiliser l'hymne national de l'île, au regard du statut particulier de cette dernière.

"Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a qu'une seule Chine dans le monde", avait insisté Mme Yan avant de conclure: "Nous sommes toujours contre l'idée de mélanger sport et politique".

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[2]Human Rights Watch: “Ces Jeux sont un cauchemar pour les droits humains”



[1] https://www.7sur7.be/autres-sports/human-rights-watch-ces-jeux-sont-un-cauchemar-pour-les-droits-humains~a4f674e6/

[2] https://www.7sur7.be/autres-sports/human-rights-watch-ces-jeux-sont-un-cauchemar-pour-les-droits-humains~a4f674e6/



The reasonable man adapts himself to the world; the unreasonable one
persists in trying to adapt the world to himself. Therefore all progress
depends on the unreasonable man.
-- George Bernard Shaw