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Le maintien du nucléaire n’est plus un tabou pour la Vivaldi, les écologistes gardent le cap

(2022-02-17_09-02-00 (HLN.be, VRT, L'Écho, Belga))


Face à la menace d’une pénurie d’approvisionnement énergétique et la hausse spectaculaire des prix du secteur, trois des quatre partis flamands de la coalition fédérale n’excluent plus, désormais, un maintien du nucléaire. Le vent est en train de tourner.

L’Open VLD, Vooruit (socialistes) et le CD&V relancent à demi-mot la perspective d’un prolongement du nucléaire en Belgique. Au nord du pays, seuls les écologistes restent donc fermement engagés en faveur d’une sortie définitive. Le patronat a tiré la sonnette d’alarme en raison de la hausse vertigineuse de la facture énergétique et, selon lui, l’abandon du nucléaire ne ferait qu’alourdir la note. Un facteur qui “change la donne”, selon Egbert Lachaert, président de l’Open VLD.

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[2]

Les fédérations patronales se dressent contre la sortie du nucléaire

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[4]

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[5]

Prolonger l’activité de deux réacteurs nucléaires ne suffira pas pour garantir l'approvisionnement

La panique s’installe



La panique s’installe au fur et à mesure que l’échéance se rapproche. Avant Noël, le gouvernement fédéral était en effet parvenu à un compromis sur la sortie du nucléaire. Le plan A prévoit la fermeture de sept centrales d’ici 2025 et leur remplacement par au moins deux centrales à gaz. Or, le plan B inclut quant à lui le maintien des deux réacteurs nucléaires les plus récents, Doel 4 et Tihange 3. Ce scénario pourrait donc encore être privilégié. La décision finale tombera le 18 mars prochain.

Les patrons s’inquiètent



Pour les principales organisations patronales, le VOKA et la FEB, le contexte a radicalement changé et une sortie définitive d’ici 2025 “n’est plus justifiable aujourd’hui”: “L’incertitude de l’offre, l’instabilité géopolitique et la hausse des tarifs énergétiques génèrent beaucoup trop d’inquiétude chez les employeurs”. Ces derniers craignent en effet que la facture s’alourdisse considérablement. Un sérieux revirement de leur part alors qu'ils s’alignaient jusqu’à présent sur la position de la ministre de l’Énergie Tinne Van Der Straeten en la matière.

“Les prix du gaz ont explosé”



“Les prix du gaz en Europe ont explosé. Bien au-delà des pires projections. Nous ne pouvons pas l’ignorer. Il faut donc réévaluer l’impact de la sortie du nucléaire. Tant que ce point n’aura pas été éclairci, on ne pourra tout simplement pas exclure le plan B. La situation a changé”, déclare Egbert Lachaert, élu à la présidence de l’Open VLD fort d’un programme qui comprenait... le maintien de Doel 4 et Tihange 3. Il avait accepté la sortie du nucléaire à contrecoeur et à deux conditions: que le coût d’une telle opération reste abordable et que la sécurité de l’approvisionnement énergétique soit garantie.

La facture avant tout



Pour le président des socialistes flamands (Vooruit), Conner Rousseau, un maintien des deux réacteurs est désormais envisageable s’il se traduit par une baisse de la facture des particuliers: “C’est le plus important, selon nous. Si quelqu’un peut apporter la preuve que la facture sera allégée grâce au maintien de ces deux réacteurs, alors ils peuvent rester en activité”, confie-t-il. Le CD&V partage le même avis: “Les citoyens paient aujourd’hui le prix fort", estime le président Joachim Coens. “Les tarifs sont hallucinants (...) et nous devons apporter une réponse claire à cette problématique. S’il faut pour cela conserver les deux dernières centrales nucléaires, considérons cette option”, propose-t-il.

Groen garde le cap



Pendant ce temps, les écologistes flamands gardent le cap contre vents et marées. Selon Groen, tous les partis de la coalition Vivaldi se sont engagés sur une sortie du nucléaire et il faut désormais respecter les termes de l’accord fédéral. “Je comprends l’inquiétude des employeurs mais j’appelle les représentants politiques à ne pas perdre leur sang-froid et à mettre en oeuvre ce qui a été décidé il y a à peine un mois et demi", rétorque fermement Wouter De Vriendt, chef de groupe Groen à la Chambre, ce matin sur Radio 1.

Comment faire sans Engie?



[6]Selon L’Écho , le plan B s’annonce toutefois... compliqué, notamment en raison du refus déjà acté d’Engie: “Au-delà des exigences de sécurité, il y a aussi des aspects comme les nouveaux permis et la commande de combustible nucléaire, sans parler de l’énorme investissement”, a déclaré la CEO, Catherine McGregor. “Nous restons convaincus qu’il n’y a plus assez de temps pour réaliser cette prolongation d’ici à 2025", ajoute-t-elle.

Nationaliser ou réquisitionner?



Deux autres options sur la table: une nationalisation des réacteurs ou leur réquisition. Dans le premier cas, l’État belge serait responsable de la prise en charge des déchets, ce qui rendrait la situation “inextricable", selon l’économiste de l’ULB, Eric de Keuleneer. Quant au second scénario, il est théoriquement “possible en temps de crise et pour des situations d’extrême urgence”, pointe Ines Venneman, porte-parole de l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire ( [7]AFCN ).

L’État pourrait également décider de transférer la concession de Doel 4 et Tihange 3 à un concurrent: EDF et sa filiale belge Luminus, par exemple, actionnaire minoritaire des réacteurs à hauteur de 10%. Mais Engie aura alors évidemment son mot à dire.

Réaction d’Alexander De Croo



Le Premier ministre Alexander De Croo souhaite s’en tenir à la méthode sur laquelle son gouvernement s’est mis d’accord dans l’optique d’une décision mi-mars sur la sortie éventuelle du nucléaire. “Nous regardons deux éléments, explique-t-il jeudi sur Radio 1: la garantie d’approvisionnement et le coût. Nous adoptons une approche systématique et sur le fond. Il faut aussi tenir compte des dernières évolutions sur le sujet”, a indiqué le Premier ministre insistant sur l’importance de s’en tenir à une discussion sur les faits et pas idéologique.

Lettre ouverte pour un prolongement



Un nouveau groupe constitué de patrons d’entreprises, d’ingénieurs, de personnalités du monde académique et de citoyens a publié une lettre ouverte dans laquelle ils abordent les conséquences négatives d’un abandon total de la solution nucléaire. “Tous les clignotants sont au rouge en ce qui concerne les futurs approvisionnements en gaz. La Belgique ne peut pas se permettre de patiner encore davantage, d’éroder encore la position concurrentielle de ses entreprises et de précipiter ses citoyens dans la pauvreté”, avancent les signataires. Ils mettent en garde contre la construction de centrales à gaz qui va faire augmenter considérablement nos émissions de CO2 et recommandent qu’au moins deux centrales nucléaires soient prolongées 10 ans minimum.

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[8]Les fédérations patronales se dressent contre la sortie du nucléaire

[9]Depuis la menace russe, aucun scénario énergétique ne peut plus être exclu, pour Lachaert

[10]Prolonger l’activité de deux réacteurs nucléaires ne suffira pas pour garantir l’approvisionnement



[1] https://www.7sur7.be/belgique/depuis-la-menace-russe-aucun-scenario-energetique-ne-peut-plus-etre-exclu-pour-lachaert~a559fdbc/

[2] https://www.7sur7.be/belgique/les-federations-patronales-se-dressent-contre-la-sortie-du-nucleaire~a14349b2/

[3] https://www.7sur7.be/belgique/inutilement-alarmiste-trop-breve-letude-de-chercheurs-de-l-universite-d-anvers-sur-la-sortie-du-nucleaire-critiquee~a311172f/

[4] https://www.7sur7.be/ecologie/sortie-du-nucleaire-une-prolongation-est-possible-mais-ce-sera-une-course-contre-la-montre~af8078d5b/

[5] https://www.7sur7.be/belgique/prolonger-lactivite-de-deux-reacteurs-nucleaires-ne-suffira-pas-pour-garantir-l-approvisionnement~a812d1c5/

[6] https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/federal/les-pistes-theoriques-pour-prolonger-le-nucleaire-malgre-le-refus-d-engie/10367541.html

[7] https://afcn.fgov.be/fr

[8] https://www.7sur7.be/belgique/les-federations-patronales-se-dressent-contre-la-sortie-du-nucleaire~a14349b2/

[9] https://www.7sur7.be/belgique/depuis-la-menace-russe-aucun-scenario-energetique-ne-peut-plus-etre-exclu-pour-lachaert~a559fdbc/

[10] https://www.7sur7.be/belgique/prolonger-lactivite-de-deux-reacteurs-nucleaires-ne-suffira-pas-pour-garantir-l-approvisionnement~a812d1c5/



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