Liam a été tabassé par une quarantaine de personnes à la sortie de l’école à Namur
(2022-02-16_13-12-00)
- Reference: 2022-02-16_13-12-00_liam-a-ete-tabasse-par-une-quarantaine-d
- News link: https://www.7sur7.be/faits-divers/liam-a-ete-tabasse-par-une-quarantaine-de-personnes-a-la-sortie-de-lecole-a-namur~a5cf7f7d5/
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Ce lundi 14 février, alors qu’il se dirigeait vers la gare de Namur pour prendre son train, Liam, un jeune homme de 19 ans, a été pris à partie par un groupe d’une quarantaine de personnes. Les individus l’ont roué de coups. “Sans cet homme qui est venu à son secours, il serait certainement mort”, commente Nadia, sa maman.
C’est une mère encore chamboulée par les événements de lundi, qui s’est confiée à nous, ce mercredi matin, tandis que Liam dormait encore et se remettait de ses blessures.
Tout a commencé par des messages adressés à la copine de l’adolescent. “Même s’il savait qu’elle avait un copain, ce garçon lui a adressé des messages plutôt vulgaires”, explique Nadia. “Au bout d’un moment, Liam lui a répondu. Le garçon lui a alors donné rendez-vous aux ‘Abattoirs’ (le centre culturel de Namur, située derrière la gare, NDLR). Ça veut tout dire...” L’adolescent lui a répondu par un simple “ok”, afin que l’interlocuteur les laisse tranquilles, lui et sa copine. “Mais il ne comptait pas y aller”, ajoute la maman.
Citation
Voir son fils passé à tabac de la sorte, je ne souhaite ça à aucun parent. J’ai failli vomir. Nadia, la mère de Liam
Lundi après-midi, vers 16h30, alors qu’il sortait de l’école et allait prendre son train pour rentrer chez lui, en province de Liège, Liam a aperçu une quarantaine de personnes sortir de la gare de Namur. Son ami, qui l’accompagnait, a reconnu l’un des individus et a mis en garde le jeune homme de 19 ans. Liam a pris ses jambes à son cou, mais a très vite été rattrapé et roué de coups. Une scène qui n’a duré que quelques minutes, mais qui, d’après Liam, aurait duré une dizaine de minutes, et qui a été filmée. “Cette vidéo, je l’ai vue. Elle est horrible”, sanglote la mère de famille. “Voir son fils passé à tabac de la sorte, je ne souhaite ça à aucun parent. J’ai failli vomir en la voyant, c’était insoutenable. Je l’ai immédiatement supprimée pour ne plus la voir”, poursuit-elle.
Le moment qui l’a marquée, c’est certainement lorsqu’un des agresseurs s’est approché de Liam pour lui demander comment ça allait. “Il lui a répondu que ça allait, puis le garçon lui a foutu des poings dans la figure...”, explique Nadia.
Malgré l’acharnement, Liam s’en sort avec seulement quelques contusions dans le dos et des griffures au visage. Heureusement, il n’a rien de cassé, mais les choses auraient pu être pire, selon sa mère: “Sans cet homme qui est venu à son secours et a fait fuir les agresseurs, mon fils serait certainement mort.”
Citation
Si on le retrouve, nous aimerions le rencontrer et lui dire à quel point nous lui sommes reconnaissant pour ce qu’il a fait. Nadia, la mère de Liam
Liam et Nadia aimeraient remercier cet homme, “ce héros”. Malheureusement, à part une vague description physique - selon Nadia, il s’agirait d’un Albanais - et une idée de l’endroit où il habite, la famille ne sait rien de lui. “Si on le retrouve, nous aimerions le rencontrer et lui dire à quel point nous lui sommes reconnaissant pour ce qu’il a fait”, commente Nadia.
Depuis les événements, Nadia a décidé de retirer son fils de l’école où il était scolarisé, à savoir l’I.A.T.A. Elle remercie toutefois la direction de s’être enquis de la santé de Liam, immédiatement après les faits, et pour leur compréhension.
La raison qui l’a poussée à prendre cette décision, malgré l’opposition de l’adolescent qui préférerait poursuivre son cursus dans cette école, c’est la crainte que lui inspire Namur. “Depuis plus ou moins cinq ans, la situation s’est dégradée dans cette ville. Nos enfants ne sont plus en sécurité”, estime-t-elle. “Après ce qui est arrivé à Liam, plusieurs mères m’ont contactée pour me dire que leurs enfants avaient vécu la même chose. Un policier aurait même avoué à l’une d’entre elles qu’il ne retournait jamais seul à sa voiture, après le boulot, de peur que quelqu’un lui tombe dessus. Si même ceux qui doivent nous protéger ont peur...”
Citation
Liam a vraiment été courageux. Il ne s’est jamais défilé et ne s’est jamais laissé faire. Nadia, mère de Liam
Une plainte a été déposée auprès de la police Meuse-Hesbaye et Nadia espère que les auteurs de l’agression seront rapidement interpellés et sanctionnés. Mais pour elle, ce n’est pas assez, “il faut en faire plus”. La mère de famille entend bien se réunir avec les personnes qui se sentent concernées, de près ou de loin, et interpeller le bourgmestre, notamment, à propos des violences et de la sécurité à Namur.
“En tout cas, mon fils a vraiment été courageux. Il ne s’est jamais défilé, il s’est relevé après chaque coup et ne s’est jamais laissé faire. Sa fierté en a pris un coup, c’est sûr, mais il peut garder la tête haute”, conclut Nadia.
Nous vous l’indiquions plus haut, une plainte a été déposée auprès de la zone de police Meuse-Hesbaye. Mais les faits, rappellons-le, se sont déroulés à Namur. La plainte doit donc être transmise au parquet, qui transmettra alors l’information à la police namuroise, laquelle nous indique tout de même être au courant des événements de lundi. “Au moment des faits, nos services n’ont reçu aucun signalement. Ce qui signifie donc que personne n’a appelé la police”, indique Laurence Mossiat, porte-parole de la police de Namur.
Nous avons également interrogé la responsable communication au sujet du sentiment d’insécurité grandissant dans la capitale wallonne. Elle explique que, bien que des faits de violence ont été fortement médiatisés ces derniers mois, et notamment des faits répréhensibles comme des vols ou des agressions, les statistiques ne sont pas en augmentation. “Nous n’avons pas recensé plus de faits de violence grave ces derniers mois que les années précédentes”, précise Laurence Mossiat, avant d’ajouter: “Le sentiment de sécurité doit être analysé de manière objective, avec des chiffres, mais aussi de manière subjective. Cela fait l’objet d’un suivi permanent de nos services. Des patrouilles circulent tous les jours et des actions spécifiques sont mises en place en fonction des besoins. Par exemple, si l’on constate une augmentation des vols à un endroit, alors, nous menons des actions sur place.”
Dans le cas de l’agression de Liam, la porte-parole de la police indique que, si c’est un fait isolé, celui-ci sera traité comme tel. En revanche, s’il s’avère qu’il s’agit d’un fait récurrent, dans le quartier ou dans le chef des agresseurs, des actions spécifiques seront alors mises en place.
Nous avons essayé de contacter le parquet de Namur et la division Huy du parquet de Liège, en vain.
Retrouvez [1]ici toute l’actualité de la région de Liège.
[1] https://www.7sur7.be/dossier/region-liegeoise~d1b8b0c27-6007-4c85-8c99-58803af59df3/
C’est une mère encore chamboulée par les événements de lundi, qui s’est confiée à nous, ce mercredi matin, tandis que Liam dormait encore et se remettait de ses blessures.
Tout a commencé par des messages adressés à la copine de l’adolescent. “Même s’il savait qu’elle avait un copain, ce garçon lui a adressé des messages plutôt vulgaires”, explique Nadia. “Au bout d’un moment, Liam lui a répondu. Le garçon lui a alors donné rendez-vous aux ‘Abattoirs’ (le centre culturel de Namur, située derrière la gare, NDLR). Ça veut tout dire...” L’adolescent lui a répondu par un simple “ok”, afin que l’interlocuteur les laisse tranquilles, lui et sa copine. “Mais il ne comptait pas y aller”, ajoute la maman.
Citation
Voir son fils passé à tabac de la sorte, je ne souhaite ça à aucun parent. J’ai failli vomir. Nadia, la mère de Liam
Passage à tabac
Lundi après-midi, vers 16h30, alors qu’il sortait de l’école et allait prendre son train pour rentrer chez lui, en province de Liège, Liam a aperçu une quarantaine de personnes sortir de la gare de Namur. Son ami, qui l’accompagnait, a reconnu l’un des individus et a mis en garde le jeune homme de 19 ans. Liam a pris ses jambes à son cou, mais a très vite été rattrapé et roué de coups. Une scène qui n’a duré que quelques minutes, mais qui, d’après Liam, aurait duré une dizaine de minutes, et qui a été filmée. “Cette vidéo, je l’ai vue. Elle est horrible”, sanglote la mère de famille. “Voir son fils passé à tabac de la sorte, je ne souhaite ça à aucun parent. J’ai failli vomir en la voyant, c’était insoutenable. Je l’ai immédiatement supprimée pour ne plus la voir”, poursuit-elle.
Le moment qui l’a marquée, c’est certainement lorsqu’un des agresseurs s’est approché de Liam pour lui demander comment ça allait. “Il lui a répondu que ça allait, puis le garçon lui a foutu des poings dans la figure...”, explique Nadia.
À la recherche du sauveur
Malgré l’acharnement, Liam s’en sort avec seulement quelques contusions dans le dos et des griffures au visage. Heureusement, il n’a rien de cassé, mais les choses auraient pu être pire, selon sa mère: “Sans cet homme qui est venu à son secours et a fait fuir les agresseurs, mon fils serait certainement mort.”
Citation
Si on le retrouve, nous aimerions le rencontrer et lui dire à quel point nous lui sommes reconnaissant pour ce qu’il a fait. Nadia, la mère de Liam
Liam et Nadia aimeraient remercier cet homme, “ce héros”. Malheureusement, à part une vague description physique - selon Nadia, il s’agirait d’un Albanais - et une idée de l’endroit où il habite, la famille ne sait rien de lui. “Si on le retrouve, nous aimerions le rencontrer et lui dire à quel point nous lui sommes reconnaissant pour ce qu’il a fait”, commente Nadia.
Une sécurité qui se dégrade
Depuis les événements, Nadia a décidé de retirer son fils de l’école où il était scolarisé, à savoir l’I.A.T.A. Elle remercie toutefois la direction de s’être enquis de la santé de Liam, immédiatement après les faits, et pour leur compréhension.
La raison qui l’a poussée à prendre cette décision, malgré l’opposition de l’adolescent qui préférerait poursuivre son cursus dans cette école, c’est la crainte que lui inspire Namur. “Depuis plus ou moins cinq ans, la situation s’est dégradée dans cette ville. Nos enfants ne sont plus en sécurité”, estime-t-elle. “Après ce qui est arrivé à Liam, plusieurs mères m’ont contactée pour me dire que leurs enfants avaient vécu la même chose. Un policier aurait même avoué à l’une d’entre elles qu’il ne retournait jamais seul à sa voiture, après le boulot, de peur que quelqu’un lui tombe dessus. Si même ceux qui doivent nous protéger ont peur...”
Citation
Liam a vraiment été courageux. Il ne s’est jamais défilé et ne s’est jamais laissé faire. Nadia, mère de Liam
Une plainte a été déposée auprès de la police Meuse-Hesbaye et Nadia espère que les auteurs de l’agression seront rapidement interpellés et sanctionnés. Mais pour elle, ce n’est pas assez, “il faut en faire plus”. La mère de famille entend bien se réunir avec les personnes qui se sentent concernées, de près ou de loin, et interpeller le bourgmestre, notamment, à propos des violences et de la sécurité à Namur.
“En tout cas, mon fils a vraiment été courageux. Il ne s’est jamais défilé, il s’est relevé après chaque coup et ne s’est jamais laissé faire. Sa fierté en a pris un coup, c’est sûr, mais il peut garder la tête haute”, conclut Nadia.
Actions spécifiques de la police
Nous vous l’indiquions plus haut, une plainte a été déposée auprès de la zone de police Meuse-Hesbaye. Mais les faits, rappellons-le, se sont déroulés à Namur. La plainte doit donc être transmise au parquet, qui transmettra alors l’information à la police namuroise, laquelle nous indique tout de même être au courant des événements de lundi. “Au moment des faits, nos services n’ont reçu aucun signalement. Ce qui signifie donc que personne n’a appelé la police”, indique Laurence Mossiat, porte-parole de la police de Namur.
Nous avons également interrogé la responsable communication au sujet du sentiment d’insécurité grandissant dans la capitale wallonne. Elle explique que, bien que des faits de violence ont été fortement médiatisés ces derniers mois, et notamment des faits répréhensibles comme des vols ou des agressions, les statistiques ne sont pas en augmentation. “Nous n’avons pas recensé plus de faits de violence grave ces derniers mois que les années précédentes”, précise Laurence Mossiat, avant d’ajouter: “Le sentiment de sécurité doit être analysé de manière objective, avec des chiffres, mais aussi de manière subjective. Cela fait l’objet d’un suivi permanent de nos services. Des patrouilles circulent tous les jours et des actions spécifiques sont mises en place en fonction des besoins. Par exemple, si l’on constate une augmentation des vols à un endroit, alors, nous menons des actions sur place.”
Dans le cas de l’agression de Liam, la porte-parole de la police indique que, si c’est un fait isolé, celui-ci sera traité comme tel. En revanche, s’il s’avère qu’il s’agit d’un fait récurrent, dans le quartier ou dans le chef des agresseurs, des actions spécifiques seront alors mises en place.
Nous avons essayé de contacter le parquet de Namur et la division Huy du parquet de Liège, en vain.
Retrouvez [1]ici toute l’actualité de la région de Liège.
[1] https://www.7sur7.be/dossier/region-liegeoise~d1b8b0c27-6007-4c85-8c99-58803af59df3/