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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Un employé d’Orpea dénonce le business “scandaleux” des maisons de repos

(2022-02-04_12-29-00 (Caravaggio Media, Belga))


“Je pense qu’on fait de la maltraitance involontaire”, par manque de moyens et de temps, a témoigné anonymement un cuisinier travaillant dans une maison de repos du groupe Orpea en Région bruxelloise, qui regrette de ne pas pouvoir être aux petits soins avec les résidents.

Vu les tarifs de 3,50 à 4 euros quotidiens par personne pour l’ensemble des repas et des boissons, le témoin anonyme déplore une offre très limitée. “(Les résidents) ont environ 100 grammes de nourriture. Mais il y a parfois moins que prévu, justement parce que le coût ne suit pas”, confie le cuisinier, citant un cas d’une assiette contenant seulement 40 grammes. “Je trouve ça assez scandaleux”, commente-t-il, mal à l’aise, dans la vidéo ci-dessus.

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Une infirmière pour 150 résidents



“Malheureusement, je ne peux rien faire de plus. Je dois faire ce qu’on me demande. Si ce n’est pas moi, ce sera une autre personne”, juge l’employé, dénonçant aussi un manque de personnel. “On se retrouve parfois avec une infirmière pour 150 résidents”, dit-il, pointant une situation intenable en cas d’urgences simultanées.

Mieux organiser les contrôles



Le travailleur évoque une direction interchangeable et donc un problème insoluble dans un système en place depuis plusieurs années. Outre un changement des normes d’encadrement, il suggère aux autorités belges de mettre en place plus de contrôles, qui ne seraient plus annoncés désormais. “On le sait à l’avance. On a des réunions. ‘Tel jour, telle semaine, il y a contrôle, donc il faut que tout soit nickel’. Mais les autres jours, ce n’est pas grave”, contextualise l’employé.

“Du business”



“Tout est fait pour faire de l’argent, pas pour prendre soins des personnes âgées”, estime le cuisinier. “Soit on se tait et on continue à travailler, essayer d’améliorer les choses, soit on s’en va, comme la plupart des gens, qui changent de métier”, explique-t-il, rapportant l’exemple d’infirmières ayant rejoint d’autres secteurs.

Pression et menaces



Les conditions difficiles entraînent aussi des burn out, selon lui. “Émotionnellement et physiquement, on ne s’en sort plus”, glisse l’homme, relatant également pression et menaces. “Des travailleurs reçoivent des menaces de licenciement s’ils parlent trop avec la délégation (syndicale) ou s’ils commencent à ouvrir un peu trop la bouche. On va les faire taire ou ils prennent la porte”, expose-t-il.

Une affaire partie de France



De nouvelles inspections vont avoir lieu dans quatre maisons de repos du groupe Orpea, en particulier sur la nutrition, les soins et les normes de personnel, a annoncé mercredi le ministre de la Santé de la Commission communautaire commune, Alain Maron (Ecolo), dans le contexte de graves faits de maltraitances documentés par les médias dans des maisons de repos de ce groupe en France. À la suite de la publication du livre-enquête “Les Fossoyeurs” mettant en lumière ces pratiques du groupe, la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale (PS), a chargé l’Agence wallonne pour une vie de qualité (Aviq) de procéder à des inspections inopinées dans les dix-huit maisons de repos gérées par la société en Wallonie. Après les premières inspections, l’Aviq a remis un avis positif pour huit institutions, un avis plus mitigé pour deux et un avis très préoccupant pour un établissement. Les investigations devaient se poursuivre. La situation au sein d’Orpea en Flandre est aussi suivie de près. Deux établissements à Anvers et Ostende sont sous surveillance renforcée et doivent remédier aux manquements, sous peine de sanction, dont une possible fermeture en dernier recours.

Pas d’amalgames



“Toutes les maisons de repos ne maltraitent pas leurs résidents”, a tenu à souligner vendredi la fédération de l’accueil, de l’accompagnement, de l’aide et des soins aux personnes, Unessa, dans un communiqué. “Il y a bien plus de maisons et d’institutions d’hébergement pour aînés, en France ou chez nous, dont l’objectif premier est le bien-être de leurs résidents que de moutons noirs”, assure l’organisme belge, appelant à ne pas faire d’amalgames.

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[4]L’ex-PDG d’Orpea a vendu 590.000 euros d’actions du groupe quelque temps après avoir appris qu’un livre allait révéler le scandale

[5]Des contrôles inopinés dans les 18 maisons de repos d’Orpea en Wallonie

[6]Le directeur général du groupe de maisons de retraite Orpea démis de ses fonctions suite à une enquête accablante



[1] https://www.7sur7.be/monde/le-directeur-general-du-groupe-de-maisons-de-retraite-orpea-demis-de-ses-fonctions-suite-a-une-enquete-accablante~a2a35998/

[2] https://www.7sur7.be/belgique/des-controles-inopines-dans-les-18-maisons-de-repos-d-orpea-en-wallonie~a5a14e37/

[3] https://www.7sur7.be/monde/lex-pdg-dorpea-a-vendu-590-000-euros-dactions-du-groupe-quelque-temps-apres-avoir-appris-quun-livre-allait-reveler-le-scandale~a34f9315/

[4] https://www.7sur7.be/monde/lex-pdg-dorpea-a-vendu-590-000-euros-dactions-du-groupe-quelque-temps-apres-avoir-appris-quun-livre-allait-reveler-le-scandale~a34f9315/

[5] https://www.7sur7.be/belgique/des-controles-inopines-dans-les-18-maisons-de-repos-d-orpea-en-wallonie~a5a14e37/

[6] https://www.7sur7.be/monde/le-directeur-general-du-groupe-de-maisons-de-retraite-orpea-demis-de-ses-fonctions-suite-a-une-enquete-accablante~a2a35998/



A vacuum is a hell of a lot better than some of the stuff that nature
replaces it with.
-- Tennessee Williams