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Hausse du prix des titres-services : une bonne décision qui n’est pas sans risques

([Economie, Opinions, Société] 2026-10-01 (Het Belang Van Limburg))


S’il y a bien une chose sur laquelle les trois partis qui composent le gouvernement flamand se sont rapidement mis d’accord, c’est une hausse du prix des titres-services. Sachant que le dispositif coûte chaque année quelque 1,5 milliard d’euros à la Flandre, nul ne s’étonnera qu’il se retrouve une nouvelle fois dans le collimateur de ses dirigeants en cette période de maigre conjoncture budgétaire. Étant donné que le gouvernement supporte la majeure partie du coût réel des titres-services, qui flirte avec les 30 euros de l’heure, le système continue en effet de peser lourdement sur les épaules du contribuable flamand.

Selon toute probabilité, le coût horaire d’une aide-ménagère passera de 10 à 12 euros pour le client. Beaucoup de gens sentiront la différence, mais l’ancien prix était trop bas. Le revoir à la hausse est donc la bonne décision.

[1]La Flandre veut augmenter le prix de ses titres-services: une bonne idée?

Une hausse logique



Premièrement, parce que c’est surtout la classe moyenne qui utilise le dispositif. Avant que le gouvernement flamand décrète des économies dans l’enseignement, par exemple, agir sur le coût des titres-services est donc une bonne chose.

Et deuxièmement, parce que le prix des titres-services est resté fort stable ces dix dernières années. Vu l’inflation et les hausses salariales qu’elle a entraînées, l’augmentation réelle du prix des titres-services ne sera donc pas aussi importante qu’elle en a l’air aujourd’hui.

La décision du gouvernement flamand comporte toutefois des risques, qu’il convient de ne pas sous-estimer. Le système des titres-services a été instauré il y a plus de vingt ans dans le but de lutter contre le travail au noir, et cette stratégie a bien fonctionné dans notre pays. Beaucoup de femmes peu qualifiées se sont ainsi dirigées vers le circuit légal du travail, comme le conclut une étude de l’OCDE. Le système est intéressant également du point de vue des femmes hautement qualifiées, qui, délestées de la corvée « ménage », disposent de davantage de temps pour exercer des activités professionnelles rémunérées. Les titres-services peuvent donc contribuer à rendre la société plus équitable et à mettre davantage de cerveaux sur le marché du travail.

[2]Titres-services: l’euro supplémentaire promis aux aides-ménagères reste un mirage

Un risque pour les personnes peu qualifiées



Les effets retour en termes de lutte contre le chômage et le travail au noir, surtout, sont considérables. Le problème, c’est qu’il y a de moins en moins de personnes qui relèvent de cette catégorie et commencent à travailler comme aide-ménagère. Le subventionnement du système perd ainsi une partie de son sens premier, mais le risque est le même avec une augmentation de prix, surtout si elle est trop radicale. Si les clients décrochent par milliers parce que le système devient trop cher, ce sont surtout les femmes peu qualifiées qui en feront les frais, et c’est un effet pervers qu’il faut évidemment éviter.

De surcroît, la rémunération des près de 145.000 aide-ménagères actives dans notre pays reste faible. Les caisses de la Flandre ont bien besoin d’être renflouées, et l’augmentation de prix qui vient d’être décidée y pourvoira, mais la question de la rémunération des travailleuses du secteur mérite, elle aussi, d’être examinée d’un œil critique.

[3]Budget flamand : des coupes draconiennes que les citoyens vont ressentir



[1] https://daardaar.be/rubriques/travail-sante/la-flandre-veut-augmenter-le-prix-de-ses-titres-services-une-bonne-idee/

[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/titres-services-leuro-supplementaire-promis-aux-aides-menageres-reste-un-mirage/

[3] https://daardaar.be/rubriques/budget-flamand-des-coupes-draconiennes-que-les-citoyens-vont-ressentir/



It is Texas law that when two trains meet each other at a railroad crossing,
each shall come to a full stop, and neither shall proceed until the other
has gone.