Dalilla Hermans: « Les Flamands ne sont pas froids, ça prend juste un peu de temps. »
([Apprenez le néerlandais!, Culture et Médias] 2026-10-01 (DaarDaar))
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En 2017, Dalilla Hermans était la personnalité la plus recherchée sur Google en Belgique, après son passage remarqué dans le quiz télévisé De Slimste Mens ter Wereld. En Flandre, elle est une « Bekende Vlaming », une célébrité flamande. Du côte francophone, on la connaît encore trop peu. Rencontre à la bibliothèque de Bruges avec une femme qui ose dénoncer les injustices, malgré un flot incessant de menaces.
Née au Rwanda, Dalilla Hermans est adoptée à deux ans et demi par des parents flamands. Elle grandit dans un village dans la Campine anversoise où elle est l’une des rares personnes noires. Racisme, discrimination : elle en fait l’expérience, sans que cela ternisse « une très belle enfance ».
Le déclic pour son engagement vient plus tard, avec la maternité. Mettre des enfants au monde dans cette société, sans vouloir qu’ils vivent la même chose : c’est là que naît l’étincelle qui la pousse à écrire. Elle se met à écrire sur l’antiracisme. Aujourd’hui, son combat vise toute forme d’inégalité : sexisme, homophobie, dégâts du capitalisme débridé. Un seul fil rouge : l’injustice, qu’elle « supporte très mal ».
Écrivaine avant tout, avec huit livres à son actif, Dalilla Hermans signe aussi des chroniques pour le quotidien De Standaard. Elle a aussi mis en scène quatre pièces de théâtre et vient d’exposer ses premières toiles.
L’engagement a un prix, et Dalilla Hermans le paie depuis des années. Elle évoque des milliers de messages de haine, « pas juste des messages méchants, mais de vraies menaces ». Sa famille a dû sécuriser sa maison : « Il y avait tellement de menaces que ça devenait nécessaire. »
Cette hostilité ne venait pas seulement des milieux extrémistes, mais aussi « de cercles très mainstream », de politiciens qui parlaient sans penser aux conséquences. Aujourd’hui encore, de nouvelles vagues de haine surgissent, et toute la famille a dû « apprendre à vivre avec ».
Face à cette violence, sa manière de militer a changé. Avant, c’était « très classique » : elle voyait un problème, elle s’indignait, elle écrivait. Désormais, elle mise sur le récit : « Je veux raconter des histoires et, en suscitant l’empathie, je peux peut-être avoir plus d’impact. »
Ce virage a permis à beaucoup de gens de la découvrir autrement, comme une mère et une artiste, et plus seulement comme une « militante radicale ». Mais le feu reste intact, car l’idée qu’un monde plus beau est possible « ne disparaît pas parce que certaines personnes crient très fort ».
Ce que les francophones devraient comprendre sur la Flandre ? Que les Flamands ne sont pas froids. « Ça prend juste un peu de temps. » Une fois la carapace tombée, on découvre une vraie chaleur, portée notamment par des associations et un bénévolat omniprésents. Leur vrai défaut, selon elle : les Belges ne sont pas assez fiers de ce qu’ils font bien, comme Rock Werchter ou Tomorrowland.
La frontière linguistique, elle la traverse « trop peu », avoue-t-elle « et j’ai honte de mal connaître le sud du pays ». Bruxelles lui semble « une île en soi », et lors d’un récent week-end à Liège, elle s’est sentie touriste, « comme si tu allais dans un autre pays ». Avant de se surprendre elle-même : elle imagine souvent deux régions très séparées, « alors que c’est un seul pays bien sûr… »
Son conseil à celles et ceux qui hésitent à s’engager ? Avoir davantage peur de ce qui arriverait si on ne faisait rien que de ce qui arriverait si on agissait. « Ose agir même si ça te fait peur. C’est en fait la définition du courage. » Tout l’esprit de DURF, résumé en une phrase.
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Née au Rwanda, Dalilla Hermans est adoptée à deux ans et demi par des parents flamands. Elle grandit dans un village dans la Campine anversoise où elle est l’une des rares personnes noires. Racisme, discrimination : elle en fait l’expérience, sans que cela ternisse « une très belle enfance ».
Le déclic pour son engagement vient plus tard, avec la maternité. Mettre des enfants au monde dans cette société, sans vouloir qu’ils vivent la même chose : c’est là que naît l’étincelle qui la pousse à écrire. Elle se met à écrire sur l’antiracisme. Aujourd’hui, son combat vise toute forme d’inégalité : sexisme, homophobie, dégâts du capitalisme débridé. Un seul fil rouge : l’injustice, qu’elle « supporte très mal ».
Écrivaine avant tout, avec huit livres à son actif, Dalilla Hermans signe aussi des chroniques pour le quotidien De Standaard. Elle a aussi mis en scène quatre pièces de théâtre et vient d’exposer ses premières toiles.
Des milliers de messages de haine
L’engagement a un prix, et Dalilla Hermans le paie depuis des années. Elle évoque des milliers de messages de haine, « pas juste des messages méchants, mais de vraies menaces ». Sa famille a dû sécuriser sa maison : « Il y avait tellement de menaces que ça devenait nécessaire. »
Cette hostilité ne venait pas seulement des milieux extrémistes, mais aussi « de cercles très mainstream », de politiciens qui parlaient sans penser aux conséquences. Aujourd’hui encore, de nouvelles vagues de haine surgissent, et toute la famille a dû « apprendre à vivre avec ».
Face à cette violence, sa manière de militer a changé. Avant, c’était « très classique » : elle voyait un problème, elle s’indignait, elle écrivait. Désormais, elle mise sur le récit : « Je veux raconter des histoires et, en suscitant l’empathie, je peux peut-être avoir plus d’impact. »
Ce virage a permis à beaucoup de gens de la découvrir autrement, comme une mère et une artiste, et plus seulement comme une « militante radicale ». Mais le feu reste intact, car l’idée qu’un monde plus beau est possible « ne disparaît pas parce que certaines personnes crient très fort ».
Les Flamands, froids ? Un malentendu
Ce que les francophones devraient comprendre sur la Flandre ? Que les Flamands ne sont pas froids. « Ça prend juste un peu de temps. » Une fois la carapace tombée, on découvre une vraie chaleur, portée notamment par des associations et un bénévolat omniprésents. Leur vrai défaut, selon elle : les Belges ne sont pas assez fiers de ce qu’ils font bien, comme Rock Werchter ou Tomorrowland.
La frontière linguistique, elle la traverse « trop peu », avoue-t-elle « et j’ai honte de mal connaître le sud du pays ». Bruxelles lui semble « une île en soi », et lors d’un récent week-end à Liège, elle s’est sentie touriste, « comme si tu allais dans un autre pays ». Avant de se surprendre elle-même : elle imagine souvent deux régions très séparées, « alors que c’est un seul pays bien sûr… »
Agir même avec la peur au ventre
Son conseil à celles et ceux qui hésitent à s’engager ? Avoir davantage peur de ce qui arriverait si on ne faisait rien que de ce qui arriverait si on agissait. « Ose agir même si ça te fait peur. C’est en fait la définition du courage. » Tout l’esprit de DURF, résumé en une phrase.
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Cette série DURF est réalisée avec le soutien du Fonds pour le journalisme et de la Taalunie.
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[1]Awel Awel, le nouveau site pour apprendre le néerlandais en ligne!
[1] https://daardaar.be/apprenez-le-neerlandais/awel-awel-le-nouveau-site-pour-apprendre-le-neerlandais-en-ligne/
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