Climat : quand les politiques choisissent leurs électeurs plutôt que la planète
([Environnement, Opinions, Politique] 2026-10-01 (De Standaard))
- Reference: 2026-10_Belgaimage-189472024-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/politique/climat-quand-la-politique-choisit-ses-electeurs-plutot-que-la-planete/
- Source link: https://www.standaard.be/opinies/als-het-klimaat-de-grootste-crisis-van-deze-tijd-is-waarom-volgt-het-beleid-dan-niet/162905808.html
« La crise climatique est le plus grand défi de notre époque. » Ce sont les mots de Melissa Depraetere (Vooruit), ministre flamande du Climat. Pourtant, la politique menée par le gouvernement flamand donne une autre impression. C’est ce qu’ont voulu dénoncer les manifestants descendus dans la rue dimanche à l’occasion d’une nouvelle marche pour le climat.
On notera que le gouvernement fédéral et la Commission européenne ne font guère mieux. Si la crise climatique constitue réellement le plus grand défi de notre époque, pourquoi cette urgence ne se retrouve-t-elle pas dans les choix politiques ?
Les exemples ne manquent pas. La Flandre subventionne les aéroports, sous-finance les transports publics, a alourdi les procédures liées à la construction d’éoliennes, a revu à la baisse l’obligation de rénovation des logements et a suspendu sa contribution au financement climatique international. Quant à la sortie progressive du chauffage au gaz, elle avance à un rythme désespérant.
Le gouvernement fédéral, lui, traîne des pieds sur l’appel d’offres pour les éoliennes en mer du Nord et a réduit la taxe sur les billets d’avion après les menaces de Ryanair. L’Europe a assoupli le calendrier de sortie des moteurs thermiques, reporté l’introduction de nouvelles taxes sur les émissions de CO₂ et allégé la réglementation existante sur les quotas d’émission.
[1]Climat : la Flandre continue d’abattre des dizaines de milliers d’arbres par an
Les responsables politiques chargés de ces dossiers ne sont guère pressés de se positionner sur la question climatique. Ils savent que le sujet n’est pas électoralement porteur. Les électeurs n’aiment pas trop qu’on leur rappelle la nécessité de passer à la voiture électrique, de se chauffer avec une pompe à chaleur ou de payer leurs billets d’avion plus cher.
« La Flandre subventionne les aéroports, sous-finance les transports publics, a alourdi les procédures liées à la construction d’éoliennes, a revu à la baisse l’obligation de rénovation des logements et a suspendu sa contribution au financement climatique international. »
Melissa Depraetere affirme que le pouvoir d’achat constitue pour elle une priorité plus importante. Le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), a brièvement fait parler de lui l’été dernier en conviant ses collègues à une réunion de concertation interfédérale à la suite des fortes chaleurs, mais n’a guère fait preuve, pour le reste, d’une ambition débordante sur ce dossier. Quant à Wopke Hoekstra (PPE), chargé de maintenir l’Europe sur la trajectoire climatique, il se plaît à mettre la lutte contre le réchauffement en balance avec la compétitivité européenne.
Cette dernière préoccupation n’a d’ailleurs rien d’illogique. On reproche aux responsables politiques de ne pas en faire assez contre le réchauffement climatique, mais ils trahiraient leur mandat démocratique s’ils refusaient de tenir compte d’autres intérêts. Les revendications des manifestants pour le climat sont loin d’être partagées par tous les Belges.
[2]Urgence climatique : moins de lois, plus de terrain !
On touche là précisément à l’un des problèmes fondamentaux de la crise climatique : l’intérêt collectif est loin de toujours coïncider avec l’intérêt individuel. Et notre démocratie ne dispose d’aucune réponse véritablement efficace à ce dilemme. Les responsables politiques doivent ainsi arbitrer entre l’intérêt général à l’échelle de la planète et les préoccupations particulières de leurs électeurs. Bien souvent, ils privilégient la seconde option.
Mais dès lors qu’on affirme que la crise climatique constitue le plus grand défi de notre époque, n’a-t-on pas aussi l’obligation morale de se battre pour le bien commun ?
[1] https://daardaar.be/video/climat-la-flandre-continuer-dabattre-des-dizaines-de-milliers-darbres-par-an/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/urgence-climatique-moins-de-lois-plus-de-terrain/
On notera que le gouvernement fédéral et la Commission européenne ne font guère mieux. Si la crise climatique constitue réellement le plus grand défi de notre époque, pourquoi cette urgence ne se retrouve-t-elle pas dans les choix politiques ?
Les exemples ne manquent pas. La Flandre subventionne les aéroports, sous-finance les transports publics, a alourdi les procédures liées à la construction d’éoliennes, a revu à la baisse l’obligation de rénovation des logements et a suspendu sa contribution au financement climatique international. Quant à la sortie progressive du chauffage au gaz, elle avance à un rythme désespérant.
Le gouvernement fédéral, lui, traîne des pieds sur l’appel d’offres pour les éoliennes en mer du Nord et a réduit la taxe sur les billets d’avion après les menaces de Ryanair. L’Europe a assoupli le calendrier de sortie des moteurs thermiques, reporté l’introduction de nouvelles taxes sur les émissions de CO₂ et allégé la réglementation existante sur les quotas d’émission.
[1]Climat : la Flandre continue d’abattre des dizaines de milliers d’arbres par an
Les responsables politiques chargés de ces dossiers ne sont guère pressés de se positionner sur la question climatique. Ils savent que le sujet n’est pas électoralement porteur. Les électeurs n’aiment pas trop qu’on leur rappelle la nécessité de passer à la voiture électrique, de se chauffer avec une pompe à chaleur ou de payer leurs billets d’avion plus cher.
« La Flandre subventionne les aéroports, sous-finance les transports publics, a alourdi les procédures liées à la construction d’éoliennes, a revu à la baisse l’obligation de rénovation des logements et a suspendu sa contribution au financement climatique international. »
Melissa Depraetere affirme que le pouvoir d’achat constitue pour elle une priorité plus importante. Le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), a brièvement fait parler de lui l’été dernier en conviant ses collègues à une réunion de concertation interfédérale à la suite des fortes chaleurs, mais n’a guère fait preuve, pour le reste, d’une ambition débordante sur ce dossier. Quant à Wopke Hoekstra (PPE), chargé de maintenir l’Europe sur la trajectoire climatique, il se plaît à mettre la lutte contre le réchauffement en balance avec la compétitivité européenne.
Cette dernière préoccupation n’a d’ailleurs rien d’illogique. On reproche aux responsables politiques de ne pas en faire assez contre le réchauffement climatique, mais ils trahiraient leur mandat démocratique s’ils refusaient de tenir compte d’autres intérêts. Les revendications des manifestants pour le climat sont loin d’être partagées par tous les Belges.
[2]Urgence climatique : moins de lois, plus de terrain !
On touche là précisément à l’un des problèmes fondamentaux de la crise climatique : l’intérêt collectif est loin de toujours coïncider avec l’intérêt individuel. Et notre démocratie ne dispose d’aucune réponse véritablement efficace à ce dilemme. Les responsables politiques doivent ainsi arbitrer entre l’intérêt général à l’échelle de la planète et les préoccupations particulières de leurs électeurs. Bien souvent, ils privilégient la seconde option.
Mais dès lors qu’on affirme que la crise climatique constitue le plus grand défi de notre époque, n’a-t-on pas aussi l’obligation morale de se battre pour le bien commun ?
[1] https://daardaar.be/video/climat-la-flandre-continuer-dabattre-des-dizaines-de-milliers-darbres-par-an/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/urgence-climatique-moins-de-lois-plus-de-terrain/