Congés parlementaires jusqu’en octobre : nos élus restent-ils trop longtemps en vacances?
([Politique] 2026-09-01 (Het Nieuwsblad))
- Reference: 2026-09_webandi-calendar-1990453-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/politique/conges-parlementaires-jusquen-octobre-nos-elus-restent-ils-trop-longtemps-en-vacances/
- Source link: https://www.nieuwsblad.be/binnenland/hebben-politici-te-veel-zomervakantie-zelfs-in-het-onderwijs-staan-die-twee-maanden-ter-discussie/160683681.html
Ce 1 er septembre, dans les cours d’école, la sonnerie marquera la fin officielle des grandes vacances. Mais pas à la Rue de la Loi, où l’été se prolonge parfois jusqu’au mois d’octobre. Nos politiques restent-ils trop longtemps en congé ? C’est ce que pensent les [1]libéraux d’Anders (ex-Open VLD) .
Avec le chien en Italie, avec les enfants au Japon, en balade au pays de Galles ou simplement au repos en Provence : ces dernières semaines, nous avons pu nous délecter du spectacle des vacances de nos dirigeants politiques. Rien de plus normal : eux aussi, ils doivent pouvoir recharger leurs batteries de temps en temps.
À partir de la mi-juillet, les parlementaires jouissent de ce que l’on appelle la trêve estivale. Le monde politique se fait alors plutôt discret, surtout les premières semaines. Dans le courant du mois de septembre, les gouvernements et les commissions reprennent leurs travaux, mais officiellement, les portes du Parlement flamand n’ouvrent que le quatrième lundi de septembre, et ceux de la Chambre le deuxième mardi d’octobre.
Une si longue pause ne revient-elle pas en quelque sorte à abuser des bonnes choses ? Le président des libéraux flamands, Frédéric De Gucht, est de cet avis. Son parti aimerait, tant
au Parlement flamand qu’à la Chambre, présenter une initiative visant à limiter la trêve estivale à un mois : du 15 juillet au 15 août.
« Dans le privé, la plupart des salariés ont environ 25 jours de vacances. Rien qu’en été, les politiques en ont quasiment le double. Les parlementaires ont en outre encore des congés de Noël, de carnaval, de Pâques et d’automne. En quoi est-ce nécessaire ? Aucun secteur n’a autant de vacances, hormis l’enseignement. Et même là, les deux mois de vacances sont remis en question. »
En appelant plusieurs parlementaires, nous nous sommes rendu compte que dans ce dossier, rien n’est noir ou blanc. En réalité, les parlementaires n’ont pas vraiment de jours de vacances comme des salariés ordinaires. Ils exercent un mandat, et non un emploi, et peuvent remplir ce mandat comme ils l’entendent. Les parlementaires doivent uniquement être présents lors des votes pour ne pas perdre une partie de leur salaire.
[2]Chère présidente de la Chambre, il est plus que temps de faire un audit du statut des parlementaires
« Personne n’empêche les parlementaires d’Anders de continuer à travailler en juillet et en août », font remarquer non sans malice des députés d’autres partis.
Peter De Rover (N-VA), président de la Chambre, qualifie la proposition d’Anders de populiste : « Il faut arrêter de juger les députés sur le nombre d’heures qu’ils passent en réunion, réagit-il. Dans une entreprise ordinaire, ce n’est pas comme ça qu’on raisonne non plus. Le travail d’un député consiste aussi à se concerter avec son groupe parlementaire, à visiter des entreprises ou à étudier les dossiers. Et pendant la trêve estivale, tout cela se poursuit. En définitive, c’est à l’électeur de juger si un député fait du bon travail. »
Anders avance un autre argument que le temps de travail des parlementaires pour justifier un raccourcissement de la pause estivale. Il faut savoir que pendant l’été, la Chambre ne peut se réunir que pour débattre de « problèmes aigus ». Mais qu’est-ce qu’un problème aigu ? Le changement climatique, est-ce un problème aigu alors que les Hautes Fagnes brûlent ? L’immigration était-elle un problème aigu au moment de l’assaut de l’enclave espagnole de Ceuta fin juillet ?
[3]Urgence climatique : moins de lois, plus de terrain !
Pour certains partis oui, mais pas pour le président de la Chambre. Concernant les incendies dans les Hautes Fagnes, le parlement s’est bel et bien rassemblé une fois, mais pour se concentrer sur la question des services de secours.
Au niveau du Parlement flamand surtout, la majorité contrôle bien davantage l’agenda pendant l’été. L’opposition se plaint depuis des semaines du fait que le Parlement ne discutera que le 10 septembre des subsides accordés à l’aéroport de Deurne, soit un mois et demi après la diffusion de la nouvelle dans la presse.
Si le PTB/PVDA, Groen et le Vlaams Belang affirment qu’ils soutiennent le raccourcissement de la trêve estivale, c’est entre autres en raison de cette affaire-là. Les partis de l’opposition veulent pouvoir cuisiner le gouvernement quand le feu est encore chaud, idéalement à tout moment de l’année, dans la salle la plus grande possible et devant le plus de caméras de télévision possible. Ce qui s’avère difficile en été.
Cette préoccupation, Freya Van den Bossche (Vooruit) n’y est pas insensible. La présidente du Parlement flamand avait déjà l’intention de réformer le règlement avec les autres partis. « Dans le cadre de cette réforme, je ne trouverais pas absurde de raccourcir la pause estivale, affirme-t-elle. Il est important que le parlement puisse contrôler le gouvernement de manière suffisante, y compris pendant les mois d’été. »
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/lopen-vld-devient-anders-le-nom-change-mais-le-programme-aussi/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/chere-presidente-de-la-chambre-il-est-plus-que-temps-de-faire-un-audit-du-statut-des-parlementaires/
[3] https://daardaar.be/rubriques/politique/urgence-climatique-moins-de-lois-plus-de-terrain/
Avec le chien en Italie, avec les enfants au Japon, en balade au pays de Galles ou simplement au repos en Provence : ces dernières semaines, nous avons pu nous délecter du spectacle des vacances de nos dirigeants politiques. Rien de plus normal : eux aussi, ils doivent pouvoir recharger leurs batteries de temps en temps.
À partir de la mi-juillet, les parlementaires jouissent de ce que l’on appelle la trêve estivale. Le monde politique se fait alors plutôt discret, surtout les premières semaines. Dans le courant du mois de septembre, les gouvernements et les commissions reprennent leurs travaux, mais officiellement, les portes du Parlement flamand n’ouvrent que le quatrième lundi de septembre, et ceux de la Chambre le deuxième mardi d’octobre.
Une si longue pause ne revient-elle pas en quelque sorte à abuser des bonnes choses ? Le président des libéraux flamands, Frédéric De Gucht, est de cet avis. Son parti aimerait, tant
au Parlement flamand qu’à la Chambre, présenter une initiative visant à limiter la trêve estivale à un mois : du 15 juillet au 15 août.
« Dans le privé, la plupart des salariés ont environ 25 jours de vacances. Rien qu’en été, les politiques en ont quasiment le double. Les parlementaires ont en outre encore des congés de Noël, de carnaval, de Pâques et d’automne. En quoi est-ce nécessaire ? Aucun secteur n’a autant de vacances, hormis l’enseignement. Et même là, les deux mois de vacances sont remis en question. »
En appelant plusieurs parlementaires, nous nous sommes rendu compte que dans ce dossier, rien n’est noir ou blanc. En réalité, les parlementaires n’ont pas vraiment de jours de vacances comme des salariés ordinaires. Ils exercent un mandat, et non un emploi, et peuvent remplir ce mandat comme ils l’entendent. Les parlementaires doivent uniquement être présents lors des votes pour ne pas perdre une partie de leur salaire.
[2]Chère présidente de la Chambre, il est plus que temps de faire un audit du statut des parlementaires
« Personne n’empêche les parlementaires d’Anders de continuer à travailler en juillet et en août », font remarquer non sans malice des députés d’autres partis.
« Populisme »
Peter De Rover (N-VA), président de la Chambre, qualifie la proposition d’Anders de populiste : « Il faut arrêter de juger les députés sur le nombre d’heures qu’ils passent en réunion, réagit-il. Dans une entreprise ordinaire, ce n’est pas comme ça qu’on raisonne non plus. Le travail d’un député consiste aussi à se concerter avec son groupe parlementaire, à visiter des entreprises ou à étudier les dossiers. Et pendant la trêve estivale, tout cela se poursuit. En définitive, c’est à l’électeur de juger si un député fait du bon travail. »
Anders avance un autre argument que le temps de travail des parlementaires pour justifier un raccourcissement de la pause estivale. Il faut savoir que pendant l’été, la Chambre ne peut se réunir que pour débattre de « problèmes aigus ». Mais qu’est-ce qu’un problème aigu ? Le changement climatique, est-ce un problème aigu alors que les Hautes Fagnes brûlent ? L’immigration était-elle un problème aigu au moment de l’assaut de l’enclave espagnole de Ceuta fin juillet ?
[3]Urgence climatique : moins de lois, plus de terrain !
Pour certains partis oui, mais pas pour le président de la Chambre. Concernant les incendies dans les Hautes Fagnes, le parlement s’est bel et bien rassemblé une fois, mais pour se concentrer sur la question des services de secours.
Contrôle
Au niveau du Parlement flamand surtout, la majorité contrôle bien davantage l’agenda pendant l’été. L’opposition se plaint depuis des semaines du fait que le Parlement ne discutera que le 10 septembre des subsides accordés à l’aéroport de Deurne, soit un mois et demi après la diffusion de la nouvelle dans la presse.
Si le PTB/PVDA, Groen et le Vlaams Belang affirment qu’ils soutiennent le raccourcissement de la trêve estivale, c’est entre autres en raison de cette affaire-là. Les partis de l’opposition veulent pouvoir cuisiner le gouvernement quand le feu est encore chaud, idéalement à tout moment de l’année, dans la salle la plus grande possible et devant le plus de caméras de télévision possible. Ce qui s’avère difficile en été.
Cette préoccupation, Freya Van den Bossche (Vooruit) n’y est pas insensible. La présidente du Parlement flamand avait déjà l’intention de réformer le règlement avec les autres partis. « Dans le cadre de cette réforme, je ne trouverais pas absurde de raccourcir la pause estivale, affirme-t-elle. Il est important que le parlement puisse contrôler le gouvernement de manière suffisante, y compris pendant les mois d’été. »
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/lopen-vld-devient-anders-le-nom-change-mais-le-programme-aussi/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/chere-presidente-de-la-chambre-il-est-plus-que-temps-de-faire-un-audit-du-statut-des-parlementaires/
[3] https://daardaar.be/rubriques/politique/urgence-climatique-moins-de-lois-plus-de-terrain/