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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

À quoi servent les investissements dans la Défense si les gens ne savent ni lire ni compter ?

([Opinions, Société] 2026-09-01 (Het Belang Van Limburg))


Après avoir récolté une énième mauvaise note dans une enquête internationale sur les systèmes éducatifs, le pays sombre dans la dépression collective. De l’organisation patronale Voka à l’ensemble des partis politiques, tout le monde se dit affligé par ces résultats qui piquent au vif. Il fut un temps où l’on confondait PISA avec pizza. Ou avec la tour de Pise. Cette époque est révolue.

La Flandre n’est pas un cas isolé. Le niveau baisse également dans d’autres pays européens. L’Allemagne, par exemple, hier encore présentée comme le bon élève sur tous les tableaux, file aussi un mauvais coton. Face aux ambitieux Chinois, l’écart est abyssal : en mathématiques, les élèves de 15 ans ont cinq ans d’avance sur les nôtres, rien que ça. La Flandre, de son côté, a perdu en dix ans l’équivalent d’une année scolaire et demie. Et c’est encore bien pire en lecture : deux ans se sont envolés sur la même période.

[1]Enquête PISA : des résultats qu’il faut savoir nuancer

La faute à quoi ?

Les causes de cette dégringolade sont moins claires, si bien que chacun y va de son explication : on a mis la barre trop bas à la fin des années 90, il y a de plus en plus d’enfants qui maîtrisent mal la langue d’enseignement, les smartphones perturbent la concentration… Certes. Mais tout cela n’a pas empêché certains pays de renverser la vapeur. L’Angleterre et l’Estonie sont souvent citées en exemple. La Turquie, elle aussi, est parvenue à gagner dix places au classement de mathématiques. C’est donc possible.

L’étude de l’OCDE comporte un chapitre très intéressant sur le financement. La richesse d’un pays ne compte que pour moitié dans la qualité de son enseignement : tout le reste tient à la politique menée. Autrement dit, on ne peut plus diviser le monde entre pays riches qui forment bien leur population et pays pauvres qui l’instruisent mal. Le Luxembourg, par exemple, est en tête des dépenses, et de loin, parmi tous les pays de l’OCDE, mais n’obtient pas les meilleurs résultats pour autant. Le budget de la France, de l’Italie et de l’Irlande représente moins de la moitié de celui du Grand-Duché, mais elles font mieux en sciences.

La ministre flamande de l’Enseignement, Zuhal Demir (N-VA), entend à présent porter le problème au niveau européen. Car à quoi bon investir dans la défense et la technologie si les gens ne savent ni lire ni compter ? « À pas grand-chose », serait-on en effet tenté de répondre dans un formulaire PISA. L’Europe, elle, n’a pas à redouter de sitôt une nouvelle demande de rallonge, puisque l’on sait désormais que l’argent ne fait pas tout dans la qualité de l’école. Voilà enfin une bonne nouvelle.

[2]Plus de néerlandais, moins de laxisme : la rentrée du sérieux en Flandre



[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/enquete-pisa-des-resultats-quil-faut-savoir-nuancer/

[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/plus-de-neerlandais-moins-de-laxisme-la-rentree-du-serieux-en-flandre/



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