Les Flamands ne devront aller qu’un an sur deux au contrôle technique
([Economie, Société] 2026-09-01 (Het Nieuwsblad))
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- Source link: https://www.nieuwsblad.be/binnenland/het-einde-van-een-gedoogd-monopolie-hervorming-van-autokeuring-begint-nu-echt/160734776.html
En Flandre, le contrôle technique se fera désormais tous les deux ans. Une bonne nouvelle pour les automobilistes, mais nettement moins pour les quatre grands groupes qui dominent le secteur en Flandre depuis des décennies.
Passer sa voiture au contrôle technique est une corvée. Dans le meilleur des cas, vous avez obtenu un rendez-vous ; dans le pire, il faut faire la file pendant des heures devant l’un des centres agréés. La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), veut y remédier. À partir de ce 1er septembre, les voitures personnelles de plus de quatre ans ne seront soumises au contrôle technique que tous les deux ans. Quant aux véhicules équipés d’un crochet d’attelage, l’inspection spécifique est supprimée. Et si votre voiture est recalée, vous disposez dorénavant de deux mois pour effectuer les réparations nécessaires.
Voilà donc quelques-unes des réformes de la panoplie annoncée en Flandre. À compter du 1er janvier 2027, le contrôle technique ne sera plus obligatoire lors de la vente. Et dès 2028, Annick De Ridder entend ouvrir complètement le marché du contrôle technique. À certaines conditions, les garages agréés pourront eux aussi réaliser ces contrôles, mais pas sur les véhicules dont ils assurent eux-mêmes l’entretien.
Les automobilistes s’en réjouiront sans doute. Les centres de contrôle technique, en revanche, apprécient beaucoup moins. Car ce n’est pas l’État qui effectue les contrôles : depuis toujours, le marché est dominé par six sociétés privées. Trois d’entre elles ont depuis lors fusionné pour former le groupe Autosécurité. Quatre grands acteurs se partagent donc le territoire flamand. La concurrence est quasiment inexistante, même si chacun est libre de faire contrôler son véhicule où bon lui semble. Il ne paiera pas moins cher puisque les tarifs sont fixés par la loi.
Aujourd’hui, le prix varie de 40,90 euros pour les voitures électriques à 59,50 euros pour certains véhicules diesel. Les centres de contrôle technique perçoivent en guise de rémunération 5 % de ces montants. En cas de boni après déduction des coûts, celui-ci revient aux pouvoirs publics. En cas de déficit, il est pris en charge par l’État. Autrement dit, un centre de contrôle technique est, en principe, à l’abri de tout risque : ses revenus sont indépendants du résultat financier.
[1]Vignette routière: la fausse bonne idée qui ne résoudra rien?
Quelques entreprises familiales ont ainsi bâti leur empire dans ce secteur. En Flandre orientale, c’est le Studiebureel voor Automobieltransport (SBAT), propriété de la famille De Geyter. Katia De Geyter en est la CEO depuis 1991. Le site Les Grandes Fortunes classe la famille à la 580e place de son palmarès. Avec ses dix centres d’inspection automobile, SBAT réalise un chiffre d’affaires d’environ 45 millions d’euros et un bénéfice de 2 millions d’euros.
En Flandre occidentale, la famille Vandamme est à la tête du Keuringsbureau Motorvoertuigen (KM), qui existe depuis les années 1930. Feu Oswald Vandamme en a longtemps assuré la direction. Il a également été l’une des chevilles ouvrières de GOCA, la fédération sectorielle des entreprises de contrôle agréées. Il a ainsi hissé sa famille à la 574e place des plus grandes fortunes belges. L’entreprise est aujourd’hui entre les mains d’Ignace Van Overbeke, quatrième génération à en prendre les commandes. En 2025, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 45,8 millions d’euros et un bénéfice de 1,4 million d’euros.
« Les quatre filiales qui dominent le secteur emploient, ensemble, quelque 1700 personnes et réalisent chaque année 3,6 millions de contrôles techniques. »
Citons ensuite AIBV, actif dans la région bruxelloise, avec des implantations en Brabant flamand, dans la province d’Anvers et dans le Hainaut. La gestion quotidienne est assurée par son administrateur délégué, Philippe Bernard, lui aussi issu d’une véritable dynastie de l’inspection automobile. Plusieurs membres de sa famille siègent au conseil d’administration de l’entreprise.
Une seule exception dans ce paysage : le groupe Autosécurité, actif dans les provinces d’Anvers, du Limbourg et du Brabant flamand. Rachetée il y a quelques années par l’assureur AG Insurance, l’entreprise faisait partie auparavant du portefeuille de la société d’assistance routière Touring. Mais les trois filiales indépendantes qui la composent étaient elles aussi, à l’origine, des entreprises familiales.
Ne vous attendez toutefois pas de ces familles à des apparitions médiatiques ou à des acquisitions flamboyantes à la Marc Coucke. Toutes cultivent la discrétion et préfèrent se tenir à l’écart des projecteurs. Elles emploient pourtant, ensemble, quelque 1700 personnes et réalisent chaque année 3,6 millions de contrôles techniques. Du moins pour l’instant. Car les réformes de la ministre De Ridder devraient bientôt mettre fin à ce que certains, dans les milieux gouvernementaux, qualifient de « monopole toléré ». Une expression que le GOCA, l’organisation chargée de défendre les intérêts du secteur, rejette catégoriquement. « Il s’agit d’entreprises agréées qui remplissent toutes les conditions pour pouvoir effectuer ces contrôles », affirme son porte-parole, Dirk Snauwaert. « Aujourd’hui, chacun est libre de réaliser les investissements nécessaires pour se lancer dans l’inspection automobile, mais les conditions ne sont manifestement pas assez intéressantes pour franchir le pas. »
GOCA met en garde contre toute une série de conséquences négatives liées aux réformes d’Annick De Ridder. Moins de contrôles techniques signifierait une baisse de la sécurité routière, mais aussi des recettes reversées au Trésor flamand. « La fin du contrôle obligatoire lors de la vente, à partir du 1er janvier 2027, causera également des pertes d’emplois », prévient Dirk Snauwaert. Elle représente quelque 480 000 contrôles en moins par an. « Dans sa décision du 10 juillet, la Flandre évoque des licenciements. Et, selon les modalités prévues, la Région flamande devra en supporter les frais. »
Il s’agirait d’un coût unique de 45 millions d’euros pour le Fonds flamand pour la sécurité routière. Quelque cinq cents personnes pourraient perdre leur emploi, selon les estimations.
Mais le gouvernement flamand n’entend pas changer de cap. « L’automobiliste flamand a droit à un contrôle technique de qualité et convivial », avait déclaré Annick De Ridder à la première annonce de ses projets. Un objectif qui passe, selon elle, par la refonte d’un « système de contrôle technique devenu obsolète ».
[2]Tesla autonome en Flandre : un feu vert qui brûle les étapes
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/vignette-routiere-la-fausse-bonne-idee-qui-ne-resoudra-rien/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/tesla-autonome-en-flandre-un-feu-vert-qui-brule-les-etapes/
Passer sa voiture au contrôle technique est une corvée. Dans le meilleur des cas, vous avez obtenu un rendez-vous ; dans le pire, il faut faire la file pendant des heures devant l’un des centres agréés. La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), veut y remédier. À partir de ce 1er septembre, les voitures personnelles de plus de quatre ans ne seront soumises au contrôle technique que tous les deux ans. Quant aux véhicules équipés d’un crochet d’attelage, l’inspection spécifique est supprimée. Et si votre voiture est recalée, vous disposez dorénavant de deux mois pour effectuer les réparations nécessaires.
Voilà donc quelques-unes des réformes de la panoplie annoncée en Flandre. À compter du 1er janvier 2027, le contrôle technique ne sera plus obligatoire lors de la vente. Et dès 2028, Annick De Ridder entend ouvrir complètement le marché du contrôle technique. À certaines conditions, les garages agréés pourront eux aussi réaliser ces contrôles, mais pas sur les véhicules dont ils assurent eux-mêmes l’entretien.
Les automobilistes s’en réjouiront sans doute. Les centres de contrôle technique, en revanche, apprécient beaucoup moins. Car ce n’est pas l’État qui effectue les contrôles : depuis toujours, le marché est dominé par six sociétés privées. Trois d’entre elles ont depuis lors fusionné pour former le groupe Autosécurité. Quatre grands acteurs se partagent donc le territoire flamand. La concurrence est quasiment inexistante, même si chacun est libre de faire contrôler son véhicule où bon lui semble. Il ne paiera pas moins cher puisque les tarifs sont fixés par la loi.
Aujourd’hui, le prix varie de 40,90 euros pour les voitures électriques à 59,50 euros pour certains véhicules diesel. Les centres de contrôle technique perçoivent en guise de rémunération 5 % de ces montants. En cas de boni après déduction des coûts, celui-ci revient aux pouvoirs publics. En cas de déficit, il est pris en charge par l’État. Autrement dit, un centre de contrôle technique est, en principe, à l’abri de tout risque : ses revenus sont indépendants du résultat financier.
[1]Vignette routière: la fausse bonne idée qui ne résoudra rien?
Empires
Quelques entreprises familiales ont ainsi bâti leur empire dans ce secteur. En Flandre orientale, c’est le Studiebureel voor Automobieltransport (SBAT), propriété de la famille De Geyter. Katia De Geyter en est la CEO depuis 1991. Le site Les Grandes Fortunes classe la famille à la 580e place de son palmarès. Avec ses dix centres d’inspection automobile, SBAT réalise un chiffre d’affaires d’environ 45 millions d’euros et un bénéfice de 2 millions d’euros.
En Flandre occidentale, la famille Vandamme est à la tête du Keuringsbureau Motorvoertuigen (KM), qui existe depuis les années 1930. Feu Oswald Vandamme en a longtemps assuré la direction. Il a également été l’une des chevilles ouvrières de GOCA, la fédération sectorielle des entreprises de contrôle agréées. Il a ainsi hissé sa famille à la 574e place des plus grandes fortunes belges. L’entreprise est aujourd’hui entre les mains d’Ignace Van Overbeke, quatrième génération à en prendre les commandes. En 2025, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 45,8 millions d’euros et un bénéfice de 1,4 million d’euros.
« Les quatre filiales qui dominent le secteur emploient, ensemble, quelque 1700 personnes et réalisent chaque année 3,6 millions de contrôles techniques. »
Citons ensuite AIBV, actif dans la région bruxelloise, avec des implantations en Brabant flamand, dans la province d’Anvers et dans le Hainaut. La gestion quotidienne est assurée par son administrateur délégué, Philippe Bernard, lui aussi issu d’une véritable dynastie de l’inspection automobile. Plusieurs membres de sa famille siègent au conseil d’administration de l’entreprise.
Une seule exception dans ce paysage : le groupe Autosécurité, actif dans les provinces d’Anvers, du Limbourg et du Brabant flamand. Rachetée il y a quelques années par l’assureur AG Insurance, l’entreprise faisait partie auparavant du portefeuille de la société d’assistance routière Touring. Mais les trois filiales indépendantes qui la composent étaient elles aussi, à l’origine, des entreprises familiales.
Ne vous attendez toutefois pas de ces familles à des apparitions médiatiques ou à des acquisitions flamboyantes à la Marc Coucke. Toutes cultivent la discrétion et préfèrent se tenir à l’écart des projecteurs. Elles emploient pourtant, ensemble, quelque 1700 personnes et réalisent chaque année 3,6 millions de contrôles techniques. Du moins pour l’instant. Car les réformes de la ministre De Ridder devraient bientôt mettre fin à ce que certains, dans les milieux gouvernementaux, qualifient de « monopole toléré ». Une expression que le GOCA, l’organisation chargée de défendre les intérêts du secteur, rejette catégoriquement. « Il s’agit d’entreprises agréées qui remplissent toutes les conditions pour pouvoir effectuer ces contrôles », affirme son porte-parole, Dirk Snauwaert. « Aujourd’hui, chacun est libre de réaliser les investissements nécessaires pour se lancer dans l’inspection automobile, mais les conditions ne sont manifestement pas assez intéressantes pour franchir le pas. »
Une incidence négative
GOCA met en garde contre toute une série de conséquences négatives liées aux réformes d’Annick De Ridder. Moins de contrôles techniques signifierait une baisse de la sécurité routière, mais aussi des recettes reversées au Trésor flamand. « La fin du contrôle obligatoire lors de la vente, à partir du 1er janvier 2027, causera également des pertes d’emplois », prévient Dirk Snauwaert. Elle représente quelque 480 000 contrôles en moins par an. « Dans sa décision du 10 juillet, la Flandre évoque des licenciements. Et, selon les modalités prévues, la Région flamande devra en supporter les frais. »
Il s’agirait d’un coût unique de 45 millions d’euros pour le Fonds flamand pour la sécurité routière. Quelque cinq cents personnes pourraient perdre leur emploi, selon les estimations.
Mais le gouvernement flamand n’entend pas changer de cap. « L’automobiliste flamand a droit à un contrôle technique de qualité et convivial », avait déclaré Annick De Ridder à la première annonce de ses projets. Un objectif qui passe, selon elle, par la refonte d’un « système de contrôle technique devenu obsolète ».
[2]Tesla autonome en Flandre : un feu vert qui brûle les étapes
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/vignette-routiere-la-fausse-bonne-idee-qui-ne-resoudra-rien/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/tesla-autonome-en-flandre-un-feu-vert-qui-brule-les-etapes/