Pourquoi la Flandre doit freiner la prolifération des fast-foods
([Economie, Opinions, Société] 2026-08-01 (De Morgen))
- Reference: 2026-08_abhinav-singh-H6WbbBZMdu4-unsplash-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/societe/pourquoi-la-flandre-doit-freiner-la-proliferation-des-fast-foods/
- Source link: https://www.demorgen.be/meningen/er-is-een-belangrijk-nieuw-argument-om-de-lokale-verspreiding-van-fastfoodketens-af-te-remmen~bdecfcc3/
Récemment, devant un fast-food implanté dans la campagne flamande, j’ai été frappé par un enchevêtrement de vélos. Leurs propriétaires, cinq dadais à peine sortis de l’adolescence, à l’abri de toute autorité parentale, dévoraient leur hamburger. Cette image d’Épinal concentre plusieurs éléments du débat clivant de l’expansion des chaînes de restauration rapide, qui s’installent aussi, désormais, en dehors des grandes villes. Pour certains, attachés à préserver le caractère rural de leur commune, un fast-food aux couleurs criardes est surtout un intrus nuisible à la santé et à l’environnement.
Mais d’autres, comme ces jeunes à vélo, aspirent à un peu de modernité dans la vie villageoise. Or modernité et rapidité composent l’ADN de ces grandes enseignes de restauration rapide. À chaque ouverture d’un nouvel établissement, ces deux points de vue s’affrontent. Des citoyens engagés s’organisent en comités d’action, recueillent les objections et multiplient les obstacles de procédure. Et dès son ouverture, l’établissement en question attire rapidement des consommateurs curieux.
[1]Aménagement du territoire en Flandre : préserver chaque carré de terre
Que doit faire l’autorité locale ? Freiner des quatre fers ? Interdire ? Faire fi de l’opposition et autoriser ? Après tout, les objections de principe ne sont pas dénuées de fondement. On sait le lien qui existe entre restauration rapide et mauvaises habitudes alimentaires. Et ces grandes chaînes disposent de budgets marketing propres à évincer la concurrence locale.
Or ces arguments de principe mènent à une impasse. L’argument « santé et environnement » s’applique tout autant aux chaînes de hamburgers qu’à la sympathique friterie du quartier. Quant à établir une distinction politique entre l’horeca « autochtone » et « importée », c’est s’engager sur une pente glissante. Reste cependant un argument de poids : l’aménagement du territoire. En effet, pour implanter leurs établissements, les grandes chaînes privilégient souvent de vastes espaces ouverts situés en périphérie. D’où les vélos. D’après le Standaard, le Raad voor Vergunningsbetwistingen (Conseil flamand du contentieux relatif aux permis, ndlr) a récemment rejeté deux projets d’implantation de fast-food en zone rurale en raison d’une empreinte au sol excessive.
L’argument est pertinent : si espérer de la cohérence des politiques d’aménagement du territoire reste souvent un vœu pieux, les autorités locales semblent désormais plus strictes dans leur gestion des espaces urbains ouverts, et donc plus réticentes à en attribuer à des chaînes de restaurants.
Bien entendu, il n’appartient pas aux pouvoirs publics de s’immiscer dans les choix alimentaires de la population. En revanche, il leur appartient de créer un minimum d’ordre dans le fouillis des décisions urbanistiques. Anciens ou nouveaux, les restaurants ont leur place dans le tissu urbain – mais pas sur les espaces ouverts.
Or même cette approche présente un inconvénient : pour de jeunes esprits encore influençables, multiplier les établissements horeca (surtout les fast-foods ) en centre-ville revient à renforcer la tentation. Mais ce risque-là doit se gérer par l’éducation et par la prévention, et non par l’interdiction.
[2]Pourquoi les Flamands protestent-ils autant contre l’arrivée de nouveaux McDonald’s ?
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/amenagement-du-territoire-en-flandre-preserver-chaque-carre-de-terre/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/pourquoi-les-flamands-protestent-ils-autant-contre-larrivee-de-nouveaux-mcdonalds/
Mais d’autres, comme ces jeunes à vélo, aspirent à un peu de modernité dans la vie villageoise. Or modernité et rapidité composent l’ADN de ces grandes enseignes de restauration rapide. À chaque ouverture d’un nouvel établissement, ces deux points de vue s’affrontent. Des citoyens engagés s’organisent en comités d’action, recueillent les objections et multiplient les obstacles de procédure. Et dès son ouverture, l’établissement en question attire rapidement des consommateurs curieux.
[1]Aménagement du territoire en Flandre : préserver chaque carré de terre
Que doit faire l’autorité locale ? Freiner des quatre fers ? Interdire ? Faire fi de l’opposition et autoriser ? Après tout, les objections de principe ne sont pas dénuées de fondement. On sait le lien qui existe entre restauration rapide et mauvaises habitudes alimentaires. Et ces grandes chaînes disposent de budgets marketing propres à évincer la concurrence locale.
Or ces arguments de principe mènent à une impasse. L’argument « santé et environnement » s’applique tout autant aux chaînes de hamburgers qu’à la sympathique friterie du quartier. Quant à établir une distinction politique entre l’horeca « autochtone » et « importée », c’est s’engager sur une pente glissante. Reste cependant un argument de poids : l’aménagement du territoire. En effet, pour implanter leurs établissements, les grandes chaînes privilégient souvent de vastes espaces ouverts situés en périphérie. D’où les vélos. D’après le Standaard, le Raad voor Vergunningsbetwistingen (Conseil flamand du contentieux relatif aux permis, ndlr) a récemment rejeté deux projets d’implantation de fast-food en zone rurale en raison d’une empreinte au sol excessive.
L’argument est pertinent : si espérer de la cohérence des politiques d’aménagement du territoire reste souvent un vœu pieux, les autorités locales semblent désormais plus strictes dans leur gestion des espaces urbains ouverts, et donc plus réticentes à en attribuer à des chaînes de restaurants.
Bien entendu, il n’appartient pas aux pouvoirs publics de s’immiscer dans les choix alimentaires de la population. En revanche, il leur appartient de créer un minimum d’ordre dans le fouillis des décisions urbanistiques. Anciens ou nouveaux, les restaurants ont leur place dans le tissu urbain – mais pas sur les espaces ouverts.
Or même cette approche présente un inconvénient : pour de jeunes esprits encore influençables, multiplier les établissements horeca (surtout les fast-foods ) en centre-ville revient à renforcer la tentation. Mais ce risque-là doit se gérer par l’éducation et par la prévention, et non par l’interdiction.
[2]Pourquoi les Flamands protestent-ils autant contre l’arrivée de nouveaux McDonald’s ?
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/amenagement-du-territoire-en-flandre-preserver-chaque-carre-de-terre/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/pourquoi-les-flamands-protestent-ils-autant-contre-larrivee-de-nouveaux-mcdonalds/