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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Ostbelgien : les flammes et la solidarité ne s’arrêtent pas aux frontières linguistiques

([Environnement, Opinions] 2026-08-01 (GrenzEcho))


Toute personne qui a coutume de traverser les Hautes Fagnes pour rejoindre Eupen depuis l’Eifel connait ses vastes étendues de tourbières, de landes et de forêts. À force de les voir, on finit par ne plus vraiment les regarder. Depuis vendredi dernier, ce paysage familier a disparu. Dévorées par les flammes, les Hautes Fagnes ne sont plus que cendres, fumées et terres calcinées. Un territoire immense est touché. Certains habitants doivent quitter leur maison ; d’autres ont préparé leurs affaires par précaution.

Il y a peu, les préoccupations étaient bien différentes sur la route des Hautes Fagnes. On s’agaçait du passage de gibier, du brouillard ou des pièges de cette nationale en hiver. Aux alentours, les villages semblaient endormis. Aujourd’hui, les localités de Sourbrodt, Küchelscheid ou Leykaul apparaissent sur les plans d’évacuation et rythment l’actualité. Une véritable catastrophe écologique dont il est difficile à ce jour de mesurer toutes les conséquences pour la faune et la flore.

Ce drame rappelle aussi que les flammes ne s’arrêtent pas aux frontières linguistiques ou nationales. Heureusement, la solidarité, non plus. Des pompiers venus de nombreuses zones de secours et des pays voisins luttent côte à côte contre l’incendie. Des hélicoptères sont envoyés de l’étranger. L’armée, la Protection civile et la police sont mobilisées. Des agriculteurs acheminent de l’eau dans les zones sinistrées et des citoyens se proposent pour fournir hébergement, nourriture et matériel. L’heure est à la coopération.

Mais qui dit solidarité dit aussi responsabilité. Des curieux tentent de s’approcher au plus près de l’incendie ; d’autres veulent, par leurs propres moyens, porter secours aux animaux sauvages. Pire encore : la rumeur se répand. Un village serait soi-disant en feu ou une localité à évacuer. À force d’être répétés, ces « on-dit » sont pris pour argent comptant.

Alors que la situation évolue sans cesse et que les incertitudes sont nombreuses, la fiabilité de l’information est d’autant plus importante. Le quotidien germanophone GrenzEcho s’attache à relayer les faits au plus vite, certes, mais surtout avec rigueur, et en s’appuyant sur des éléments confirmés par les autorités, les cellules de crise et les équipes mobilisées sur le terrain.

[1]La Belgique n’est pas prête à affronter une multiplication des feux de forêt

Ensuite viendra le temps des questions difficiles. Dans quelle mesure la région était-elle préparée à une catastrophe de cette ampleur ? Les équipements et les moyens d’extinction sont-ils suffisants ? Que faut-il améliorer dans la coopération transfrontalière ? Comment mieux protéger à l’avenir cet environnement naturel ? Il faudra aussi s’interroger sur l’origine du feu et sur les éventuelles responsabilités.

Mais pas maintenant. Tant que les équipes d’intervention luttent contre les flammes, ce n’est le moment ni de chercher des coupables ni de jouer les donneurs de leçon. Lorsque le danger immédiat sera écarté, il faudra tirer les enseignements de ce qui a fonctionné et identifier sans complaisance les failles à corriger.

Pour l’heure, l’essentiel est ailleurs : dans l’engagement des pompiers, des équipes de Protection civile, des militaires, des policiers, des agriculteurs et des bénévoles de tous horizons.



[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/la-belgique-nest-pas-prete-a-affronter-une-multiplication-des-feux-de-foret/



It is wrong always, everywhere and for everyone to believe anything upon
insufficient evidence.
-- W. K. Clifford, British philosopher, circa 1876