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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Violences liées au narcotrafic à Bruxelles : c’est trop facile de toujours accuser le fédéral

([Opinions, Politique, Société] 2026-08-01 (Het Laatste Nieuws))


Comme s’il ressentait que la énième fusillade bruxelloise suscitait l’indifférence de la Flandre et de la Wallonie, Jean Spinette, bourgmestre PS de Saint-Gilles, veut faire de la violence liée au narcotrafic dans la capitale un problème belge, et non un simple souci pour les socialistes francophones.

Il a raison. « J’en ai marre » ? C’est ce que pensent non seulement les Bruxellois, mais petit à petit, les Flamands et les Wallons aussi. Chaque fois que l’on croit avoir touché le fond, celui-ci semble s’affaisser à nouveau. Des kalachnikovs dans le métro en pleine heure de pointe ? On peut faire pire, visiblement. Des jeunes qui ouvrent le feu sur un commissariat, une balle perdue qui manque de peu d’atteindre une femme endormie, ou un homme liquidé de sang froid en pleine rue. Bruxelles, ma belle, grimpe dans le classement des villes européennes les plus touchées par le crime, laissant Paris bien derrière elle.

Mais en qualifiant ces actes de violence de « problème belge », le bourgmestre PS s’affranchit un peu facilement de toute culpabilité. Personne ne s’attend à ce que Bruxelles, ni Anvers d’ailleurs, n’éradique complètement les mafias et de leur violence du jour au lendemain. En revanche, ce que nous attendons dans une ville (et une région à part entière !) gérée par des centaines de mandataires, c’est une stratégie politique, plutôt que les platitudes habituelles.

[1]Quand la criminalité à Bruxelles ne devient plus qu’un simple fait divers

Propositions et oppositions, sans décision finale



Prenons l’appel à augmenter les effectifs policiers. Le PS a raison, mais il y a peu encore, le président du PS, Paul Magnette, a lui-même vivement critiqué l’intervention de cette même police pendant les manifestations violentes du monde de l’enseignement. La police bruxelloise se sent mise à mal.

Autre exemple : la question de l’immigration. Comme le fait remarquer à juste titre le chef de corps Jurgen De Landtsheer, il faut soit intégrer rapidement les personnes en séjour illégal, soit les expulser rapidement. Tant que ces gens erreront dans la rue, en plein vide juridique, ils continueront de représenter des proies idéales pour les bandes criminelles, qui en feront de la chair à canon pour quelques centaines d’euros. La politique de la ministre Anneleen Van Bossuyt (N-VA) joue un rôle clé à cet égard. Cette politique n’est certainement pas parfaite, mais le PS de Magnette la combat sans proposer d’alternative sérieuse.

Les décideurs bruxellois doivent prendre leurs responsabilités



Et ainsi, nous retombons chaque fois dans la même pièce de théâtre cynique. On ouvre les parapluies et on pointe du doigt. Bruxelles clame que le fédéral n’envoie pas assez d’agents. Le fédéral renvoie la balle et désigne les manquements encore plus importants au niveau local. C’est un symptôme classique en Belgique. Et souvent aussi un petit jeu évident de la part d’opposants politiques.

Dire que les violences liées au narcotrafic sont inacceptables, c’est très facile. Dire que c’est « un problème belge », même si c’est vrai, c’est très facile également, malheureusement. Pour paraphraser l’ancien président américain John F. Kennedy, le monde politique belge serait bien inspiré de se poser une autre question : ne demandez pas ce que le fédéral peut faire pour votre sécurité, demandez ce que vous, décideurs bruxellois, allez enfin faire vous-mêmes.

[2]Drogues et violences : Bruxelles devient-elle un mini-Marseille ?



[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/criminalite-bruxelles-simple-fait-divers/

[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/drogues-et-violences-bruxelles-devient-elle-un-mini-marseille/



"Good health" is merely the slowest rate at which one can die.