À Malines, la police a fait rédiger ses PV par des étudiants… et l’a caché
([Opinions, Politique] 2026-07-01 (De Morgen))
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- News link: https://daardaar.be/rubriques/politique/a-malines-la-police-a-fait-rediger-ses-pv-par-des-etudiants-et-la-cache/
- Source link: https://www.demorgen.be/meningen/met-liberalen-als-bart-somers-heb-je-geen-illiberalen-meer-nodig
Revenons un instant sur l’affaire des étudiants engagés par la police de Malines pour verbaliser illégalement des contrevenants. Comme l’a révélé notre confrère du Morgen , cette affaire, où la police s’est elle-même affranchie des lois par pure commodité, est un véritable scandale.
Ces étudiants ne se contentaient pas de constater des infractions de stationnement. Ils rédigeaient également les procès-verbaux correspondants, ce que la loi leur interdit. Pire encore, ils ont eu accès à des bases de données sécurisées contenant les données personnelles des citoyens, ce qui, là encore, est parfaitement illégal. Le comble ? La police savait pertinemment qu’elle agissait en dehors du cadre légal et est même allée jusqu’à rédiger un manuel destiné à dissimuler cette illégalité. On appelle généralement cela un faux en écriture. On ne peut qu’espérer que ces révélations auront des conséquences disciplinaires.
Cette affaire, c’est aussi, et peut-être avant tout, une affaire politique. Si ce scandale éclate précisément à Malines, ce n’est pas un hasard. C’est en quelque sorte l’aboutissement logique de la politique menée depuis des années par le bourgmestre libéral Bart Somers (Anders). Depuis l’apparition des caméras dites ANPR de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation en Belgique, Somers s’est imposé comme l’un de leurs plus fervents défenseurs. Il a fait installer dans toute la ville ce qu’il appelait fièrement un « bouclier vidéo ».
►►► À relire aussi :
[1]Pour le New York Times, Malines est un exemple dans l’accueil des réfugiés
Toutes les objections, qu’il s’agisse des atteintes à la vie privée ou du risque d’utilisation détournée, ont été balayées d’un revers de main. « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à craindre. » On connaît la ritournelle. Avec des libéraux comme Bart Somers, nul besoin d’illibéraux.
Et ce n’est pas tout. Lorsqu’il était ministre flamand des Affaires intérieures, Bart Somers a également contribué à faciliter la transformation des infractions constatées par caméra en sanctions administratives communales (SAC) ; une décision qui avait ouvert la voie à une série de dérives dans de nombreuses communes de Flandre, où la frontière entre prévention routière et modèle économique n’a cessé de s’estomper. Une question reste plus que jamais d’actualité : la prolifération des caméras et des contrôles de vitesse sert-elle la sécurité routière ou les finances communales ? À Malines, les autorités sont même allées jusqu’à ajouter une taxe supplémentaire aux sanctions administratives, une pratique est elle aussi illégale.
Ce contexte plus large d’obsession sécuritaire soulève une question essentielle. Pourquoi la police de Malines a-t-elle franchi la ligne rouge en confiant ces tâches à des étudiants ? Parce qu’elle s’estime au-dessus des lois et considère que les règles ne s’appliquent qu’aux autres ? Ou parce qu’elle subit la pression d’un pouvoir communal qui compte sur les recettes des amendes pour financer sa politique et attend un retour sur investissement de toutes ces caméras ?
L’affaire peut ressembler à un cas isolé, d’envergure « locale », mais elle ne l’est pas. Pour dresser davantage de contraventions, la police a donné à des jeunes non habilités un accès à l’ensemble des données privées des citoyens. Loin de renforcer notre sécurité, elle a au contraire mis en péril la protection de nos informations personnelles pour quelques amendes administratives supplémentaires.
Ainsi, au-delà des responsabilités policières, cette affaire engage aussi une lourde responsabilité politique. L’enquête qui devra faire toute la lumière sur les agissements du bourgmestre et de son administration ne saurait se limiter au seul échelon communal.
►►► À relire aussi :
[2]Démission de Bart Somers : le cynisme d’un geste noble
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/new-york-times-malines-exemple-laccueil-refugies/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/demission-de-bart-somers-le-cynisme-dun-geste-noble/
Ces étudiants ne se contentaient pas de constater des infractions de stationnement. Ils rédigeaient également les procès-verbaux correspondants, ce que la loi leur interdit. Pire encore, ils ont eu accès à des bases de données sécurisées contenant les données personnelles des citoyens, ce qui, là encore, est parfaitement illégal. Le comble ? La police savait pertinemment qu’elle agissait en dehors du cadre légal et est même allée jusqu’à rédiger un manuel destiné à dissimuler cette illégalité. On appelle généralement cela un faux en écriture. On ne peut qu’espérer que ces révélations auront des conséquences disciplinaires.
Cette affaire, c’est aussi, et peut-être avant tout, une affaire politique. Si ce scandale éclate précisément à Malines, ce n’est pas un hasard. C’est en quelque sorte l’aboutissement logique de la politique menée depuis des années par le bourgmestre libéral Bart Somers (Anders). Depuis l’apparition des caméras dites ANPR de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation en Belgique, Somers s’est imposé comme l’un de leurs plus fervents défenseurs. Il a fait installer dans toute la ville ce qu’il appelait fièrement un « bouclier vidéo ».
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[1]Pour le New York Times, Malines est un exemple dans l’accueil des réfugiés
Toutes les objections, qu’il s’agisse des atteintes à la vie privée ou du risque d’utilisation détournée, ont été balayées d’un revers de main. « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à craindre. » On connaît la ritournelle. Avec des libéraux comme Bart Somers, nul besoin d’illibéraux.
Et ce n’est pas tout. Lorsqu’il était ministre flamand des Affaires intérieures, Bart Somers a également contribué à faciliter la transformation des infractions constatées par caméra en sanctions administratives communales (SAC) ; une décision qui avait ouvert la voie à une série de dérives dans de nombreuses communes de Flandre, où la frontière entre prévention routière et modèle économique n’a cessé de s’estomper. Une question reste plus que jamais d’actualité : la prolifération des caméras et des contrôles de vitesse sert-elle la sécurité routière ou les finances communales ? À Malines, les autorités sont même allées jusqu’à ajouter une taxe supplémentaire aux sanctions administratives, une pratique est elle aussi illégale.
Ce contexte plus large d’obsession sécuritaire soulève une question essentielle. Pourquoi la police de Malines a-t-elle franchi la ligne rouge en confiant ces tâches à des étudiants ? Parce qu’elle s’estime au-dessus des lois et considère que les règles ne s’appliquent qu’aux autres ? Ou parce qu’elle subit la pression d’un pouvoir communal qui compte sur les recettes des amendes pour financer sa politique et attend un retour sur investissement de toutes ces caméras ?
L’affaire peut ressembler à un cas isolé, d’envergure « locale », mais elle ne l’est pas. Pour dresser davantage de contraventions, la police a donné à des jeunes non habilités un accès à l’ensemble des données privées des citoyens. Loin de renforcer notre sécurité, elle a au contraire mis en péril la protection de nos informations personnelles pour quelques amendes administratives supplémentaires.
Ainsi, au-delà des responsabilités policières, cette affaire engage aussi une lourde responsabilité politique. L’enquête qui devra faire toute la lumière sur les agissements du bourgmestre et de son administration ne saurait se limiter au seul échelon communal.
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[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/demission-de-bart-somers-le-cynisme-dun-geste-noble/