Le gouvernement flamand, condamné à vivre dans l’ombre de Bart De Wever ? Voici les défis à venir…
([Politique] 2026-07-01 (Doorbraak))
- Reference: 2026-07_Belgaimage-96108899-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/politique/le-gouvernement-flamand-condamne-a-vivre-dans-lombre-de-bart-de-wever-voici-les-defis-a-venir/
- Source link: https://doorbraak.be/iedere-partij-moet-incasseren-isolde-van-den-eynde-en-nol-slangen-over-de-vlaamse-regering
Quel est le talon d’Achille de la coalition flamande dirigée par Matthias Diependaele (N-VA) ? Et quels sont les défis qui l’attendent ? Une interview croisée des journalistes Isolde Van de Eynde et Noël Slangen.
À la veille de la trêve politique, il reste quelques conseils des ministres à organiser pour le gouvernement flamand comme pour le fédéral. Pour eux et pour les parlementaires, il y a encore plusieurs décisions importantes à prendre avant le départ en vacances. C’est donc le moment idéal pour faire le bilan de l’année politique écoulée et pour envisager celle qui se profile à l’horizon.
L’exécutif flamand, dirigé par Matthias Diependaele (N-VA), a à nouveau connu une année tumultueuse. Les tensions entre la N-VA, le cd&v et Vooruit sont remontées à la surface dans le cadre de plusieurs dossiers, notamment ceux du transport des élèves en situation de handicap et de la réforme de l’enseignement. Le remplacement temporaire de la vice-présidente Melissa Depraetere (Vooruit) par Hans Bonte (Vooruit) n’a pas apaisé les tensions au sein de la coalition. Au contraire.
Doorbraak a posé deux questions simples à toute une série de journalistes, politologues, commentateurs et éditorialistes : quel est le talon d’Achille du gouvernement flamand ? Quels sont les défis à venir pour le reste de la législature ? Noël Slangen (chroniqueur dans De Morgen et Het Belang van Limburg ) et Isolde Van den Eynde (journaliste politique dans Het Laatste Nieuws ) essuient les plâtres.
Noël Slangen :
« Ce gouvernement flamand s’est installé dès le départ à l’ombre du fédéral, où Bart De Wever fait la pluie et le beau temps. Je pense que c’était un choix délibéré de mettre De Wever au fédéral et de faire passer l’exécutif flamand pour un gouvernement de techniciens, avec pour ministre-président Matthias Diependaele, qui respire la compétence mais aussi l’ennui. Le talon d’Achille du gouvernement Diependaele est par conséquent sa dépendance aux réalisations de la N-VA à l’échelon fédéral.
Plusieurs petits incidents se sont produits, surtout au niveau individuel. Je pense à l’obstination de Zuhal Demir (N-VA), ministre de l’Enseignement, au détriment de son prédécesseur Ben Weyts (N-VA), au manque d’empathie de la ministre de la Mobilité Annick De Ridder (N-VA), qui a limité le budget du transport des élèves en situation de handicap, et les règlements de compte de Hans Bonte dans la presse avoir quitté son poste de remplaçant. Certes, il y a fort à parier que ces mésaventures seront vite oubliées et qu’elles n’entacheront pas la popularité de ces poids lourds de la politique flamande. Il n’en demeure pas moins que ce gouvernement s’apparente moins à un orchestre qu’à une addition de solistes à la voix couverte par les basses et les tambours du fédéral. »
[1]Passages à niveau, transports scolaires: après la tragédie, le temps des questions
Isolde Van den Eynde :
« Politiquement parlant, on sait déjà que Vooruit veut montrer que cette coalition se démarque de la précédente, à savoir le gouvernement Jambon, que les socialistes avaient combattu depuis les bancs de l’opposition et qui, à leurs yeux, se situait trop à droite. Vooruit veut montrer que ce gouvernement est plus humain. Mais ce n’est pas en privilégiant les choix symboliques aux véritables changements que ce gouvernement se fera passer pour plus chaleureux qu’il ne l’est.
Prenons par exemple les repas scolaires gratuits : la mesure n’a pas connu le succès escompté, car elle n’aide pas chaque enfant et en matière de répartition des ressources, ce n’était pas indispensable. En effet, les enfants riches profitent aussi de ces repas scolaires et de nombreux parents ont de quoi payer un repas à leurs enfants. Ce n’est pas l’exemple le plus frappant, mais le gouvernement flamand se perd dans ce genre de dossiers, tout en n’osant pas s’attaquer à des dossiers plus urgents, comme le transport des élèves les plus vulnérables.
Au niveau flamand, le monde politique a toujours été habitué à distribuer de l’argent. Mais lorsque tout à coup il y a moins d’argent à répartir, les choses se compliquent. Cela se voit, y compris au sein de partis qui plaident d’ordinaire pour une gestion efficace et prudente de l’argent du contribuable.
[2]Comment dépenser l’argent des autres? Demandez aux gouvernements flamand et fédéral!
J’ai souvent mis en lumière cette tendance à distribuer des subsides sans faire de véritables choix. Pourtant, force est de constater que le gouvernement flamand, dans son dernier budget, a envisagé de couper dans les subsides à hauteur de 300 millions d’euros. Tout le monde s’en est félicité, mais une fois qu’on a appris quelles seraient les organisations touchées par ces économies, les critiques ont fusé.
Si ces organisations ne sont pas toujours inutiles, cela ne signifie pas pour autant que le gouvernement doit y injecter de l’argent. Pour moi, les critères de subsidiation manquent assurément de clarté. C’est aussi un exécutif où les politiques perdent parfois le contrôle, au point de voir une administration commander des études sur la viande que mangent les fonctionnaires flamands, puis extrapoler les résultats obtenus à la société flamande tout entière. Il y a de quoi s’interroger : pourquoi aucun de ces fonctionnaires ne s’est-il demandé si c’était vraiment la voie à suivre ? Cette mentalité fait défaut.
En règle générale, j’estime — et cela ne vaut pas que pour le gouvernement flamand — que la règle selon laquelle chaque parti doit se sacrifier et saigner un peu n’est pas spécialement intelligente. Le gouvernement flamand pourrait se dire que l’aide à la jeunesse, avant d’être un ministère dirigé par une socialiste, Caroline Gennez en l’occurrence, est un projet important pour tout le monde, et qu’il faut donc agir de concert pour aider la jeunesse. De même, si nous jugeons que le parcours professionnel des enseignants peut et doit être réévalué, tout le monde doit s’y mettre. Ce ne doit pas être le trophée de la seule ministre Zuhal Demir, mais celui du gouvernement dans son ensemble. On ressort encore trop souvent la râpe à fromage pour venir rogner un peu chez chaque partenaire de la coalition.
Il est regrettable que les membres de cette coalition n’osent pas porter certaines réformes ensemble. Avant la formation du gouvernement, on pouvait dire que les trois partis pouvaient se retrouver autour de la nécessité de réformer l’enseignement en profondeur. Après la formation, on se dit que c’est surtout l’affaire de Demir, alors que le projet pourrait être porté par toute l’équipe. »
Slangen :
Pour moi, il s’agit d’un défi quasiment fédéral : contribuer au budget que Bart De Wever tente de confectionner. La Flandre, à la différence des autres régions, a encore de la marge en matière d’économies. En même temps, de nombreux groupes viennent frapper à la porte du gouvernement pour demander davantage de moyens. Chaque ministre possède son dossier épineux et pour le résoudre, il n’ose pas tailler dans d’autres secteurs. L’un des grands défis, c’est la facture de la liaison Oosterweel, dont les coûts explosent. Ce dossier donne en outre l’impression que ce gouvernement ne roule que pour Anvers, sans se soucier du reste de la Flandre.
Si je devais vendre ce gouvernement, je ne tenterais plus de le présenter comme un projet. Dans la configuration actuelle, ce serait peine perdue. Je préférerais évoquer la somme des forces individuelles de chaque ministre.
Van den Eynde :
L’enseignement est un domaine dont on ne parle jamais assez. Arriver à satisfaire un millefeuille de réseaux, de syndicats, de directions d’écoles, de professeurs et de pédagogues, c’est tout sauf évident. Et comme les politiques aiment se faire aimer, ils prennent parfois des décisions ou ils communiquent de manière à se faire apprécier. Mais plutôt que de vouloir récolter des applaudissements immédiats, ils feraient mieux de chercher les félicitations à long terme.
Il m’arrive aussi de m’interroger sur les achats réalisés par le gouvernement, comme le site de l’entreprise Van Hool. On peut toujours trouver des justifications, et en période d’abondance, tout est possible, mais j’estime que même un parti comme la N-VA a tendance à trop se mêler du marché privé, une démarche pourtant très étatique. Ces choses ne sont pas cruciales. Il eût été plus judicieux, collectivement, de fixer quelques priorités, mais avons-nous réellement affaire à un collectif ? Y a-t-il, dans ce gouvernement, des personnes capables de se lancer dans un projet collectif ? Beaucoup de responsables politiques m’ont dit : « Nous sommes contents que Melissa Depraetera soit revenue. » D’un point de vue humain, tout se passe de manière plus fluide, aussi bien au cd&v qu’à la N-VA. Espérons donc que le retour de la vice-ministre-présidente permettra à ce gouvernement de réformer plus en groupe.
[3]Melissa Depraetere retrouve son poste dans un gouvernement flamand en sale état
En politique, de nombreux domaines, entre autres l’enseignement et le bien-être, se recouvrent partiellement, comme en témoigne le dossier navrant du transport des élèves en situation de handicap. Les deux domaines cités représentent les deux plus grosses enveloppes de l’exécutif flamand. De ce fait, c’est là que la Flandre peut vraiment se distinguer, et qu’elle se distingue d’ailleurs parfois aussi. Par exemple, les Wallons, contrairement aux Flamands, ne connaissent pas la prime de soins. Nous, Flamands, devons cotiser chaque année pour cette prime, mais nous recevons quelque chose en contrepartie. Cela n’existe pas en Belgique francophone. Cela fait partie des choses dont on se réjouit qu’elles soient gérées par la Flandre.
Je vois d’un bon œil la volonté du gouvernement d’atteindre l’équilibre budgétaire, mais cela exige de faire des choix. Chaque membre de la majorité doit y laisser des plumes, mais il faut que les décisions soient défendues collectivement, et qu’on cesse de pointer les autres du doigt. Il y a là une belle marge d’amélioration. Cependant, en comparaison avec le fédéral, les petites luttes entre partis restent encore raisonnables. Et d’ailleurs, en Flandre, c’est parfois au sein même d’un parti qu’on se dispute, comme le démontre l’attitude des ministres N-VA. Un spectacle qui laisse le citoyen et les commentateurs bouche bée. Pour moi, il est évident que le gouvernement flamand, en matière de mobilité ou d’enseignement par exemple, ne peut pas tout arranger ni même tout améliorer en cinq ans. Ce qu’il peut faire, en revanche, c’est se mettre d’accord sur quelques grands objectifs et tout faire pour les atteindre ensemble. C’est, à mes yeux, ce qui fait défaut à ce gouvernement.
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/ils-ne-diront-plus-jamais-a-ce-soir/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/comment-depenser-largent-des-autres-demandez-aux-gouvernements-flamand-et-federal/
[3] https://daardaar.be/rubriques/politique/melissa-depraetere-retrouve-son-poste-dans-un-gouvernement-flamand-en-sale-etat/
À la veille de la trêve politique, il reste quelques conseils des ministres à organiser pour le gouvernement flamand comme pour le fédéral. Pour eux et pour les parlementaires, il y a encore plusieurs décisions importantes à prendre avant le départ en vacances. C’est donc le moment idéal pour faire le bilan de l’année politique écoulée et pour envisager celle qui se profile à l’horizon.
L’exécutif flamand, dirigé par Matthias Diependaele (N-VA), a à nouveau connu une année tumultueuse. Les tensions entre la N-VA, le cd&v et Vooruit sont remontées à la surface dans le cadre de plusieurs dossiers, notamment ceux du transport des élèves en situation de handicap et de la réforme de l’enseignement. Le remplacement temporaire de la vice-présidente Melissa Depraetere (Vooruit) par Hans Bonte (Vooruit) n’a pas apaisé les tensions au sein de la coalition. Au contraire.
Doorbraak a posé deux questions simples à toute une série de journalistes, politologues, commentateurs et éditorialistes : quel est le talon d’Achille du gouvernement flamand ? Quels sont les défis à venir pour le reste de la législature ? Noël Slangen (chroniqueur dans De Morgen et Het Belang van Limburg ) et Isolde Van den Eynde (journaliste politique dans Het Laatste Nieuws ) essuient les plâtres.
Quel est le talon d’Achille du gouvernement flamand ?
Noël Slangen :
« Ce gouvernement flamand s’est installé dès le départ à l’ombre du fédéral, où Bart De Wever fait la pluie et le beau temps. Je pense que c’était un choix délibéré de mettre De Wever au fédéral et de faire passer l’exécutif flamand pour un gouvernement de techniciens, avec pour ministre-président Matthias Diependaele, qui respire la compétence mais aussi l’ennui. Le talon d’Achille du gouvernement Diependaele est par conséquent sa dépendance aux réalisations de la N-VA à l’échelon fédéral.
Plusieurs petits incidents se sont produits, surtout au niveau individuel. Je pense à l’obstination de Zuhal Demir (N-VA), ministre de l’Enseignement, au détriment de son prédécesseur Ben Weyts (N-VA), au manque d’empathie de la ministre de la Mobilité Annick De Ridder (N-VA), qui a limité le budget du transport des élèves en situation de handicap, et les règlements de compte de Hans Bonte dans la presse avoir quitté son poste de remplaçant. Certes, il y a fort à parier que ces mésaventures seront vite oubliées et qu’elles n’entacheront pas la popularité de ces poids lourds de la politique flamande. Il n’en demeure pas moins que ce gouvernement s’apparente moins à un orchestre qu’à une addition de solistes à la voix couverte par les basses et les tambours du fédéral. »
[1]Passages à niveau, transports scolaires: après la tragédie, le temps des questions
Isolde Van den Eynde :
« Politiquement parlant, on sait déjà que Vooruit veut montrer que cette coalition se démarque de la précédente, à savoir le gouvernement Jambon, que les socialistes avaient combattu depuis les bancs de l’opposition et qui, à leurs yeux, se situait trop à droite. Vooruit veut montrer que ce gouvernement est plus humain. Mais ce n’est pas en privilégiant les choix symboliques aux véritables changements que ce gouvernement se fera passer pour plus chaleureux qu’il ne l’est.
Prenons par exemple les repas scolaires gratuits : la mesure n’a pas connu le succès escompté, car elle n’aide pas chaque enfant et en matière de répartition des ressources, ce n’était pas indispensable. En effet, les enfants riches profitent aussi de ces repas scolaires et de nombreux parents ont de quoi payer un repas à leurs enfants. Ce n’est pas l’exemple le plus frappant, mais le gouvernement flamand se perd dans ce genre de dossiers, tout en n’osant pas s’attaquer à des dossiers plus urgents, comme le transport des élèves les plus vulnérables.
Au niveau flamand, le monde politique a toujours été habitué à distribuer de l’argent. Mais lorsque tout à coup il y a moins d’argent à répartir, les choses se compliquent. Cela se voit, y compris au sein de partis qui plaident d’ordinaire pour une gestion efficace et prudente de l’argent du contribuable.
[2]Comment dépenser l’argent des autres? Demandez aux gouvernements flamand et fédéral!
J’ai souvent mis en lumière cette tendance à distribuer des subsides sans faire de véritables choix. Pourtant, force est de constater que le gouvernement flamand, dans son dernier budget, a envisagé de couper dans les subsides à hauteur de 300 millions d’euros. Tout le monde s’en est félicité, mais une fois qu’on a appris quelles seraient les organisations touchées par ces économies, les critiques ont fusé.
Si ces organisations ne sont pas toujours inutiles, cela ne signifie pas pour autant que le gouvernement doit y injecter de l’argent. Pour moi, les critères de subsidiation manquent assurément de clarté. C’est aussi un exécutif où les politiques perdent parfois le contrôle, au point de voir une administration commander des études sur la viande que mangent les fonctionnaires flamands, puis extrapoler les résultats obtenus à la société flamande tout entière. Il y a de quoi s’interroger : pourquoi aucun de ces fonctionnaires ne s’est-il demandé si c’était vraiment la voie à suivre ? Cette mentalité fait défaut.
En règle générale, j’estime — et cela ne vaut pas que pour le gouvernement flamand — que la règle selon laquelle chaque parti doit se sacrifier et saigner un peu n’est pas spécialement intelligente. Le gouvernement flamand pourrait se dire que l’aide à la jeunesse, avant d’être un ministère dirigé par une socialiste, Caroline Gennez en l’occurrence, est un projet important pour tout le monde, et qu’il faut donc agir de concert pour aider la jeunesse. De même, si nous jugeons que le parcours professionnel des enseignants peut et doit être réévalué, tout le monde doit s’y mettre. Ce ne doit pas être le trophée de la seule ministre Zuhal Demir, mais celui du gouvernement dans son ensemble. On ressort encore trop souvent la râpe à fromage pour venir rogner un peu chez chaque partenaire de la coalition.
Il est regrettable que les membres de cette coalition n’osent pas porter certaines réformes ensemble. Avant la formation du gouvernement, on pouvait dire que les trois partis pouvaient se retrouver autour de la nécessité de réformer l’enseignement en profondeur. Après la formation, on se dit que c’est surtout l’affaire de Demir, alors que le projet pourrait être porté par toute l’équipe. »
Quels sont les défis importants qui attendent encore le gouvernement flamand pour le reste de la législature ?
Slangen :
Pour moi, il s’agit d’un défi quasiment fédéral : contribuer au budget que Bart De Wever tente de confectionner. La Flandre, à la différence des autres régions, a encore de la marge en matière d’économies. En même temps, de nombreux groupes viennent frapper à la porte du gouvernement pour demander davantage de moyens. Chaque ministre possède son dossier épineux et pour le résoudre, il n’ose pas tailler dans d’autres secteurs. L’un des grands défis, c’est la facture de la liaison Oosterweel, dont les coûts explosent. Ce dossier donne en outre l’impression que ce gouvernement ne roule que pour Anvers, sans se soucier du reste de la Flandre.
Si je devais vendre ce gouvernement, je ne tenterais plus de le présenter comme un projet. Dans la configuration actuelle, ce serait peine perdue. Je préférerais évoquer la somme des forces individuelles de chaque ministre.
Van den Eynde :
L’enseignement est un domaine dont on ne parle jamais assez. Arriver à satisfaire un millefeuille de réseaux, de syndicats, de directions d’écoles, de professeurs et de pédagogues, c’est tout sauf évident. Et comme les politiques aiment se faire aimer, ils prennent parfois des décisions ou ils communiquent de manière à se faire apprécier. Mais plutôt que de vouloir récolter des applaudissements immédiats, ils feraient mieux de chercher les félicitations à long terme.
Il m’arrive aussi de m’interroger sur les achats réalisés par le gouvernement, comme le site de l’entreprise Van Hool. On peut toujours trouver des justifications, et en période d’abondance, tout est possible, mais j’estime que même un parti comme la N-VA a tendance à trop se mêler du marché privé, une démarche pourtant très étatique. Ces choses ne sont pas cruciales. Il eût été plus judicieux, collectivement, de fixer quelques priorités, mais avons-nous réellement affaire à un collectif ? Y a-t-il, dans ce gouvernement, des personnes capables de se lancer dans un projet collectif ? Beaucoup de responsables politiques m’ont dit : « Nous sommes contents que Melissa Depraetera soit revenue. » D’un point de vue humain, tout se passe de manière plus fluide, aussi bien au cd&v qu’à la N-VA. Espérons donc que le retour de la vice-ministre-présidente permettra à ce gouvernement de réformer plus en groupe.
[3]Melissa Depraetere retrouve son poste dans un gouvernement flamand en sale état
En politique, de nombreux domaines, entre autres l’enseignement et le bien-être, se recouvrent partiellement, comme en témoigne le dossier navrant du transport des élèves en situation de handicap. Les deux domaines cités représentent les deux plus grosses enveloppes de l’exécutif flamand. De ce fait, c’est là que la Flandre peut vraiment se distinguer, et qu’elle se distingue d’ailleurs parfois aussi. Par exemple, les Wallons, contrairement aux Flamands, ne connaissent pas la prime de soins. Nous, Flamands, devons cotiser chaque année pour cette prime, mais nous recevons quelque chose en contrepartie. Cela n’existe pas en Belgique francophone. Cela fait partie des choses dont on se réjouit qu’elles soient gérées par la Flandre.
Je vois d’un bon œil la volonté du gouvernement d’atteindre l’équilibre budgétaire, mais cela exige de faire des choix. Chaque membre de la majorité doit y laisser des plumes, mais il faut que les décisions soient défendues collectivement, et qu’on cesse de pointer les autres du doigt. Il y a là une belle marge d’amélioration. Cependant, en comparaison avec le fédéral, les petites luttes entre partis restent encore raisonnables. Et d’ailleurs, en Flandre, c’est parfois au sein même d’un parti qu’on se dispute, comme le démontre l’attitude des ministres N-VA. Un spectacle qui laisse le citoyen et les commentateurs bouche bée. Pour moi, il est évident que le gouvernement flamand, en matière de mobilité ou d’enseignement par exemple, ne peut pas tout arranger ni même tout améliorer en cinq ans. Ce qu’il peut faire, en revanche, c’est se mettre d’accord sur quelques grands objectifs et tout faire pour les atteindre ensemble. C’est, à mes yeux, ce qui fait défaut à ce gouvernement.
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/ils-ne-diront-plus-jamais-a-ce-soir/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/comment-depenser-largent-des-autres-demandez-aux-gouvernements-flamand-et-federal/
[3] https://daardaar.be/rubriques/politique/melissa-depraetere-retrouve-son-poste-dans-un-gouvernement-flamand-en-sale-etat/