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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Oui, il existe (de nouveau) une culture belge

([Culture et Médias] 2026-07-01 (Het Belang Van Limburg))


La semaine dernière, sur les ondes de La Première , j’ai entendu une célèbre journaliste flamande poser cette question à l’animateur: « Connaissez-vous Pommelien Thijs ? Franchement, cela m’étonnerait ! » J’ai cru déceler dans sa voix une pointe de malice, comme si elle s’amusait déjà qu’il soit incapable de répondre. Une nouvelle occasion, peut-être, de démontrer que ce pays n’est qu’une fiction et que nous n’avons plus rien en commun.

Manque de pot. Bien sûr qu’il connaissait Pommelien ! Soyons honnêtes, ce n’était pas pour sa carrière musicale. Des chansons comme Atlas ou Erop of eronder ont encore bien peu de chances d’être diffusées sur les radios francophones, tant les programmateurs continuent de penser que le néerlandais rebute les auditeurs francophones. Les artistes flamands qui percent au sud du pays chantent généralement en anglais, comme Hooverphonic ou dEUS.

Soit dit en passant, je considère que cette mise à l’écart du néerlandais est une erreur majeure. Plus encore lorsqu’elle émane d’un service public, qui devrait dépasser les enquêtes montrant que beaucoup de francophones perçoivent le néerlandais comme une langue « difficile » ou « moche ». Peut-être la jugent-ils ainsi simplement parce qu’ils ne l’entendent jamais ?

Mais revenons à Pommelien. Le sud du pays l’a découverte grâce à Knokke Off , série à succès désormais diffusée chez nous sur Netflix. L’un de mes fils en est devenu fan. Il est allé écouter ses chansons sur Spotify et en a conclu que son néerlandais sonnait « trop bien ». Une sacrée publicité pour la première langue du pays.

[1]En Belgique, la frontière linguistique est-elle aussi une frontière musicale?

Renouveau



Oui, la culture belge existe de nouveau. Grâce à une plateforme américaine de streaming, certes, mais tout de même. C’est également Netflix qui diffuse Undercover , qui permet à Tom Waes de gagner en notoriété chez nous. Et pas seulement grâce à sa Porsche.

Autre signe des temps : cet été, Pommelien Thijs se produira pour la première fois à Ronquières, l’un des grands festivals de Wallonie. Dans le même temps, Stromae et Angèle séduisent depuis longtemps le public flamand, ce qu’aucun chanteur francophone n’était véritablement parvenu à faire depuis Jacques Brel.

La télévision suit le mouvement. La VRT diffuse enfin des séries francophones comme Sambre ou Ennemi public . Quant au théâtre, il franchit lui aussi de plus en plus volontiers la frontière linguistique. Au Théâtre de Namur, au moins une production flamande est programmée chaque saison. Cette année, c’était Paris en Miki , de Michael De Cock, directeur artistique du KVS de Bruxelles. Ancien directeur, faudrait-il dire, car Michael De Cock vient d’être nommé à la tête du Théâtre de Liège. « Je m’étonne que ma nomination étonne ! », a-t-il récemment confié.

Son ambition ? Elle est simple : resserrer les liens entre le nord et le sud du pays. Romaniste de formation, il connaît parfaitement le monde culturel francophone. « Liège est une ville exceptionnelle, avec son théâtre bien sûr, mais aussi son opéra, ses festivals de musique, ses musées et son conservatoire. »

Ma conclusion est double. Premièrement, suivez l’avis de Michael De Cock et allez redécouvrir Liège, comme le faisaient vos parents ou vos grands-parents. Deuxièmement, la Belgique renaît à travers l’art. Et notre culture commune en devient pour le coup plus tangible, un peu moins « art-ificielle ».

[2]Et si vous écoutiez un peu de musique flamande ?



[1] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/en-belgique-la-frontiere-linguistique-est-elle-aussi-une-frontiere-musicale/

[2] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/et-si-vous-ecoutiez-un-peu-de-musique-flamande/



Don't confuse things that need action with those that take care of themselves.