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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

À Bruxelles, le néerlandais reste une langue de seconde zone

([Opinions, Politique, Société] 2026-07-01 (De Tijd))


Pour les partis politiques francophones, les lois linguistiques à Bruxelles sont à sens unique : dès lors qu’il est question du néerlandais, elles ne semblent plus exister. Le dernier rapport annuel de Jozef Ostyn, vice-gouverneur de l’arrondissement administratif de Bruxelles-Capitale, en fait l’énième démonstration. Année après année, il dresse un constat accablant sur l’état du bilinguisme dans la fonction publique bruxelloise.

Chaque nomination d’un fonctionnaire communal ou d’un agent de CPAS doit ainsi être notifiée au vice-gouverneur néerlandophone, chargé de vérifier le respect des exigences linguistiques. Lorsqu’elles ne sont pas respectées, il suspend la nomination. Ses décisions doivent ensuite être confirmées par le gouvernement régional. Mais celui-ci ne le fait pas. Pire, il s’empresse de réduire à néant le travail minutieux de Jozef Ostyn.

Jamais les partis néerlandophones n’ont dénoncé le sabotage systématique auquel se livrent leurs partenaires francophones. Les lois linguistiques, conquises de haute lutte, sont ignorées avec la complicité tacite des partis flamands. Tout comme ils ferment les yeux sur la maîtrise insuffisante du néerlandais au sein du personnel hospitalier ou des services de police.

Si une telle légèreté entourait les facilités linguistiques accordées aux francophones de la périphérie bruxelloise, une crise gouvernementale éclaterait sur-le-champ. En revanche, lorsqu’il s’agit du non-respect de lois linguistiques pourtant essentielles à Bruxelles, les mêmes excuses reviennent inlassablement. On invoque le manque de candidats suffisamment bilingues et le risque qu’une application trop stricte de la législation ne perturbe le fonctionnement quotidien des communes.

Les partis néerlandophones continuent d’accepter ce raisonnement. Résultat : rien ne change. Les formations restent inchangées. Malgré huit années de cours de néerlandais, l’enseignement francophone continue de produire des élèves parfaitement unilingues. Tout le monde le déplore, mais personne n’agit. Telle est la façon dont la « francisation » du pays a toujours fonctionné.

[1]Bruxelles bilingue ? Officiellement, oui. Dans les faits, pas du tout !

Les chiffres du vice-gouverneur sont pourtant affligeants. Une seule commune, Schaerbeek, respecte les prescriptions linguistiques dans plus d’un tiers des dossiers examinés. Quelques autres atteignent péniblement les 20 %. Molenbeek plafonne à 3 %, Jette à 2 % et, à Saint-Josse, aucun dossier n’est conforme. Woluwe-Saint-Lambert, commune de l’ancien bourgmestre FDF Olivier Maingain, va encore plus loin en refusant purement et simplement de transmettre les informations demandées. Une subversion de l’État de droit, ni plus ni moins.

La situation est encore plus préoccupante au niveau des fonctions dirigeantes, où la parité linguistique est pourtant imposée par la loi. Une seule commune respecte cette obligation. Dans onze communes, au moins trois quarts des postes de direction sont occupés par des francophones et, dans cinq CPAS, on ne trouve pas le moindre néerlandophone parmi les cadres.

Année après année, les rapports de Jozef Ostyn se suivent et se ressemblent. En laissant les prescriptions légales être systématiquement bafouées, les autorités envoient un signal désastreux aux candidats : ne pas parler néerlandais ne constitue manifestement aucun obstacle à une carrière dans une administration communale. Il en a toujours été ainsi dans La Belgique de papa ., où tous les Flamands avaient l’obligation de connaître la deuxième langue nationale.

Cette remise en cause méthodique des lois linguistiques s’inscrit dans une vieille stratégie francophone visant à effacer le caractère historiquement bilingue de Bruxelles pour en faire une simple ville francophone . À une époque, le FDF poussait son hostilité envers les Flamands jusqu’à vouloir rebaptiser le Manneken-Pis en « Le Petit Julien ». Cette époque est heureusement révolue. Aujourd’hui, près d’un quart des élèves bruxellois fréquentent un établissement néerlandophone.

Maintenir le personnel communal dans un unilinguisme francophone en renonçant à exiger le bilinguisme relève d’un combat d’arrière-garde mené par les responsables politiques francophones. Et il ne faut guère attendre du gouvernement régional qu’il mette un terme à cette situation, avec un ministre-président, Boris Dilliès (MR), qui ne parle pas le néerlandais, et un ministre des Pouvoirs locaux, Ahmed Laaouej (PS), tout aussi unilingue, qui n’a pas encore prononcé ses premiers mots de néerlandais.

[2]Est-ce vraiment trop demander que le ministre-président bruxellois parle néerlandais?



[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/bruxelles-bilingue-officiellement-oui-dans-les-faits-pas-du-tout/

[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/est-ce-vraiment-trop-demander-que-le-ministre-president-bruxellois-parle-neerlandais/



Lockwood's Long Shot:
The chances of getting eaten up by a lion on Main Street
aren't one in a million, but once would be enough.