En Flandre, des étudiants épaulent les familles d’enfants autistes
([Sorties] 2026-07-01 (Het Belang Van Limburg))
- Reference: 2026-07_Anne-Catherine_Huysmans-50-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/sorties/en-flandre-des-etudiants-epaulent-les-familles-denfants-autistes/
- Source link: https://www.hbvl.be/binnenland/dankzij-bijzondere-oppas-vindt-alkense-mama-babysit-voor-haar-zorgbehoevende-zoon-praktisch-geen-leven-anders/154356912.html
Un simple coup de fil à Juliette, Arthur ou Olivia. Pour de nombreuses familles avec des enfants en bas âge, la longue liste des baby-sitters disponibles leur offre la possibilité, de temps à autre, d’appuyer sur le bouton pause. À condition toutefois que leurs enfants ne nécessitent pas de soins particuliers.
Pour Anne-Catherine (38 ans) et son mari Pieter (39 ans), habitants d’Alken, près de Hasselt, les choses sont bien différentes. Leur fils Lowie (8 ans) est atteint d’autisme et leur fils Kobe (10 ans) présente lui aussi de fortes suspicions de trouble du spectre autistique.
« Lowie est extrêmement sensible aux stimuli extérieurs. Les bruits, les odeurs, les goûts, même le temps qu’il fait : tout peut le déstabiliser. Quand il est au calme, c’est l’enfant le plus adorable qui soit. Mais dès que quelque chose se dérègle, il se met à hurler, à lancer des objets et peut même frapper. »
Prendre soin de Lowie et de Kobe exige donc à la fois une solide expérience et des compétences spécifiques. Faire appel à une baby-sitter « ordinaire » pour s’accorder quelques heures de répit est impensable. « Même lorsque des membres de notre famille viennent s’occuper des garçons quelques heures, nous ne sommes jamais vraiment rassurés », confie Anne-Catherine.
Les difficultés de cette famille sont loin d’être un cas isolé. Selon le Baromètre des familles publié par la Ligue des familles flamande ( Gezinsbond ), près de trois familles sur dix ayant au moins un enfant à besoins spécifiques ne trouvent pas d’aide adaptée pour l’éducation et la prise en charge de leurs enfants. Cela vaut notamment pour la recherche d’une baby-sitter spécialisée. À titre de comparaison, moins d’une famille sur dix sans besoins particuliers rencontre ce type de difficulté.
[1]Une détox numérique est-elle réellement bénéfique? Pas si sûr…
Un écart considérable auquel le marché traditionnel n’apporte guère de réponse. « Avec le projet Bijzondere Oppas , un service de garde spécialisé né d’une collaboration entre l’association De Ouders et les hautes écoles VIVES et PXL, nous montrons qu’une autre approche est possible », explique Ivo Mechels, président de la Ligue des familles flamande.
Le principe est simple : des étudiants en ergothérapie effectuent une vingtaine d’heures de stage au sein des familles. Leur formation leur apporte les connaissances théoriques nécessaires, auxquelles s’ajoute une formation complémentaire. Une fois sur le terrain, ils bénéficient également d’un accompagnement étroit.
« Il ne s’agit pas d’un projet lucratif, mais d’une initiative fondée sur la solidarité et le soutien apporté à ces familles », souligne Ivo Mechels. Une aide plus que bienvenue, à en croire les chiffres du Baromètre des familles. Parmi les ménages ayant un enfant à besoins spécifiques, 38 % comptent au moins un parent qui a dû renoncer à travailler. Plus d’un tiers (36 %) estime par ailleurs que cette situation exerce une forte pression sur la vie de couple.
« Sans ce projet, notre quotidien serait pratiquement invivable », explique Anne-Catherine. « Pour la première fois depuis très longtemps, mon compagnon et moi pouvons à nouveau nous accorder quelques heures ensemble pour reprendre notre souffle. Ou consacrer un peu plus de temps à notre fils aîné, Kobe, qui pâtit souvent de l’attention permanente que nécessite Lowie. Grâce à Caroline, nous pouvons enfin nous détendre l’esprit tranquille. »
[2]Succession: la «donation transgénérationnelle» séduit un nombre record de Flamands
Cette « Caroline » dont parle Anne-Catherine est Caroline Vos. Âgée de 43 ans, elle est étudiante de première année en ergothérapie à la Haute École PXL et intervient auprès de la famille en tant que garde spécialisée.
« Après avoir passé quelques jours avec Kobe et Lowie, je mesure encore davantage à quel point une baby-sitter classique, sans connaissances ni expérience, ne pourrait pas apporter l’aide dont cette famille a besoin. J’ai moi-même deux enfants et il m’arrive aussi de me sentir dépassée à la maison, mais les réalités que vivent nos deux familles sont incomparables. Il faut savoir communiquer avec ces garçons d’une manière bien particulière et adapter sa façon d’interagir avec eux. Sans cette formation, ce serait une tout autre histoire. »
Caroline souligne aussi que le projet offre aux familles un véritable temps de répit, tout en constituant pour les étudiants une expérience de terrain irremplaçable. « À l’école, j’apprends la théorie fondée sur les connaissances scientifiques. Au sein des familles, j’acquiers une expérience qu’aucun manuel ne pourra jamais transmettre. Je suis convaincue que cela fera de moi une meilleure ergothérapeute. »
Pour l’instant, le projet Bijzondere Oppas n’est déployé qu’en Flandre occidentale et dans le Limbourg. Une quarantaine de familles bénéficient actuellement de ce service de garde spécialisé.
Un chiffre très insuffisant, estime Ivo Mechels, qui affirme que les demandes dépassent largement les capacités du dispositif. La Ligue des familles flamande et l’association De Ouders espèrent désormais étendre ce service à l’ensemble de la Flandre. Une ambition qui se heurte toutefois au manque de moyens. « Si nous voulons faire de cette initiative un réseau accessible et fiable pour toutes les familles en Flandre, un soutien structurel des pouvoirs publics est indispensable. Pas demain, aujourd’hui. Car pour ces familles, attendre n’est tout simplement pas une option. »
[3]La Flandre a « l’un des systèmes d’enseignement les moins inclusifs d’Europe »
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/une-detox-numerique-est-elle-reellement-benefique-pas-si-sur/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/succession-la-donation-transgenerationnelle-seduit-un-nombre-record-de-flamands/
[3] https://daardaar.be/rubriques/societe/la-flandre-a-lun-des-systemes-denseignement-les-moins-inclusifs-deurope/
Pour Anne-Catherine (38 ans) et son mari Pieter (39 ans), habitants d’Alken, près de Hasselt, les choses sont bien différentes. Leur fils Lowie (8 ans) est atteint d’autisme et leur fils Kobe (10 ans) présente lui aussi de fortes suspicions de trouble du spectre autistique.
« Lowie est extrêmement sensible aux stimuli extérieurs. Les bruits, les odeurs, les goûts, même le temps qu’il fait : tout peut le déstabiliser. Quand il est au calme, c’est l’enfant le plus adorable qui soit. Mais dès que quelque chose se dérègle, il se met à hurler, à lancer des objets et peut même frapper. »
Prendre soin de Lowie et de Kobe exige donc à la fois une solide expérience et des compétences spécifiques. Faire appel à une baby-sitter « ordinaire » pour s’accorder quelques heures de répit est impensable. « Même lorsque des membres de notre famille viennent s’occuper des garçons quelques heures, nous ne sommes jamais vraiment rassurés », confie Anne-Catherine.
Les difficultés de cette famille sont loin d’être un cas isolé. Selon le Baromètre des familles publié par la Ligue des familles flamande ( Gezinsbond ), près de trois familles sur dix ayant au moins un enfant à besoins spécifiques ne trouvent pas d’aide adaptée pour l’éducation et la prise en charge de leurs enfants. Cela vaut notamment pour la recherche d’une baby-sitter spécialisée. À titre de comparaison, moins d’une famille sur dix sans besoins particuliers rencontre ce type de difficulté.
[1]Une détox numérique est-elle réellement bénéfique? Pas si sûr…
Un service de garde inclusif
Un écart considérable auquel le marché traditionnel n’apporte guère de réponse. « Avec le projet Bijzondere Oppas , un service de garde spécialisé né d’une collaboration entre l’association De Ouders et les hautes écoles VIVES et PXL, nous montrons qu’une autre approche est possible », explique Ivo Mechels, président de la Ligue des familles flamande.
Le principe est simple : des étudiants en ergothérapie effectuent une vingtaine d’heures de stage au sein des familles. Leur formation leur apporte les connaissances théoriques nécessaires, auxquelles s’ajoute une formation complémentaire. Une fois sur le terrain, ils bénéficient également d’un accompagnement étroit.
« Il ne s’agit pas d’un projet lucratif, mais d’une initiative fondée sur la solidarité et le soutien apporté à ces familles », souligne Ivo Mechels. Une aide plus que bienvenue, à en croire les chiffres du Baromètre des familles. Parmi les ménages ayant un enfant à besoins spécifiques, 38 % comptent au moins un parent qui a dû renoncer à travailler. Plus d’un tiers (36 %) estime par ailleurs que cette situation exerce une forte pression sur la vie de couple.
« Sans ce projet, notre quotidien serait pratiquement invivable », explique Anne-Catherine. « Pour la première fois depuis très longtemps, mon compagnon et moi pouvons à nouveau nous accorder quelques heures ensemble pour reprendre notre souffle. Ou consacrer un peu plus de temps à notre fils aîné, Kobe, qui pâtit souvent de l’attention permanente que nécessite Lowie. Grâce à Caroline, nous pouvons enfin nous détendre l’esprit tranquille. »
[2]Succession: la «donation transgénérationnelle» séduit un nombre record de Flamands
Une expérience précieuse
Cette « Caroline » dont parle Anne-Catherine est Caroline Vos. Âgée de 43 ans, elle est étudiante de première année en ergothérapie à la Haute École PXL et intervient auprès de la famille en tant que garde spécialisée.
« Après avoir passé quelques jours avec Kobe et Lowie, je mesure encore davantage à quel point une baby-sitter classique, sans connaissances ni expérience, ne pourrait pas apporter l’aide dont cette famille a besoin. J’ai moi-même deux enfants et il m’arrive aussi de me sentir dépassée à la maison, mais les réalités que vivent nos deux familles sont incomparables. Il faut savoir communiquer avec ces garçons d’une manière bien particulière et adapter sa façon d’interagir avec eux. Sans cette formation, ce serait une tout autre histoire. »
Caroline souligne aussi que le projet offre aux familles un véritable temps de répit, tout en constituant pour les étudiants une expérience de terrain irremplaçable. « À l’école, j’apprends la théorie fondée sur les connaissances scientifiques. Au sein des familles, j’acquiers une expérience qu’aucun manuel ne pourra jamais transmettre. Je suis convaincue que cela fera de moi une meilleure ergothérapeute. »
Un appel à l’aide
Pour l’instant, le projet Bijzondere Oppas n’est déployé qu’en Flandre occidentale et dans le Limbourg. Une quarantaine de familles bénéficient actuellement de ce service de garde spécialisé.
Un chiffre très insuffisant, estime Ivo Mechels, qui affirme que les demandes dépassent largement les capacités du dispositif. La Ligue des familles flamande et l’association De Ouders espèrent désormais étendre ce service à l’ensemble de la Flandre. Une ambition qui se heurte toutefois au manque de moyens. « Si nous voulons faire de cette initiative un réseau accessible et fiable pour toutes les familles en Flandre, un soutien structurel des pouvoirs publics est indispensable. Pas demain, aujourd’hui. Car pour ces familles, attendre n’est tout simplement pas une option. »
[3]La Flandre a « l’un des systèmes d’enseignement les moins inclusifs d’Europe »
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/une-detox-numerique-est-elle-reellement-benefique-pas-si-sur/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/succession-la-donation-transgenerationnelle-seduit-un-nombre-record-de-flamands/
[3] https://daardaar.be/rubriques/societe/la-flandre-a-lun-des-systemes-denseignement-les-moins-inclusifs-deurope/