News: 2026-06_Design-sans-titre-33-255x170

  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Les vidéos de bagarres et l’algorithme de Facebook dopent la popularité du Vlaams Belang

([Politique] 2026-06-01 (De Tijd))


En tant que parti d’opposition, le Vlaams Belang éprouve parfois des difficultés à se frayer un chemin dans le débat public. Pourtant, selon un récent sondage, il repasse devant la N-VA. Le parti exploite habilement les réseaux sociaux, où il diffuse des vidéos de violences associées à la question migratoire.

Dans le paysage politique flamand, la N-VA et le Vlaams Belang se disputent la première place dans les sondages depuis plusieurs années. Il ressort du dernier en date, réalisé par Het Laatste Nieuws et VTM Nieuws, que le Vlaams Belang est désormais en pole position, avec 26,6 % des intentions de vote en Flandre. La N-VA suit avec 22,3 %. L’écart entre les deux formations n’avait plus été aussi important depuis les dernières élections.

« Aujourd’hui, les Flamands constatent que beaucoup de promesses ont été faites, mais que les problèmes susbistent », affirme le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken. Les résultats du sondage suggèrent que le parti parvient à consolider sa base électorale tout en grapillant du côté de la N-VA.

Le sondage a été effectué peu avant l’adoption du pacte européen sur la migration et l’asile. Des députés du Vlaams Belang ont eu beau lancer une offensive, ils n’ont pas réussi à réellement ébranler le gouvernement De Wever ni la N-VA. Le débat a suscité peu d’écho et le Parlement a finalement adopté les textes sans véritable obstacle. Sur les questions socio-économiques également, le parti de Tom Van Grieken peine encore à dicter sa loi depuis les bancs de l’opposition. Mais il ne passe pas inaperçu pour autant.

Sur les réseaux sociaux, le Vlaams Belang reste omniprésent. Et ses fidèles sont légion. Si la N-VA domine sur X, le Vlaams Belang peut se targuer d’avoir la plus importante communauté sur Facebook, avec 626 000 abonnés. Cette position lui permet de souffrir relativement peu de [1]l’interdiction des publicités à caractère politique instaurée par Meta , la maison mère de Facebook. Au contraire, explique Tom Van Grieken dans Het Laatste Nieuws : « Au fil des années, nous avons constitué une base de soutien très importante qui nous assure aujourd’hui une portée considérable, même sans publicité. Les autres partis, qui ont moins investi dans la promotion et comptent moins d’abonnés, ne peuvent pratiquement plus nous rattraper. »

[2]Facebook et Instagram coupent les pubs politiques : quel impact pour les partis flamands ?

Le VB tire aussi pleinement parti des algorithmes des réseaux sociaux. Tom Van Grieken publie régulièrement des vidéos montrant des actes de violence qu’il associe à l’origine migratoire des auteurs. Les algorithmes amplifient ensuite automatiquement ce message : quiconque regarde une première vidéo de ce type en verra d’autres inonder son fil d’actualités. Le Vlaams Belang utilise cette stratégie depuis longtemps, et celle-ci a largement contribué à son essor. Ces dernières semaines, le président s’en est donné à cœur joie sur X. Il a notamment relayé des images d’une bagarre à Anvers, de dégradations commises lors de manifestations d’étudiants à Bruxelles, ainsi qu’une vidéo montrant un jeune homme brutalisé dans un bus de la société De Lijn, filmée par les agresseurs eux-mêmes.

« Ce genre de vidéos est particulièrement efficace », souligne Peter Van Aelst, professeur de communication politique à l’Université d’Anvers. « Personne ne peut justifier de telles scènes, pas même à gauche. Vous pouvez condamner ces faits avec la plus grande fermeté, comme l’a fait Annick De Ridder, ministre flamande de la Mobilité (N-VA), après la violente bagarre survenue dans le tram du littoral à De Haan, mais c’est un débat dans lequel vous partez perdant. »

Le Vlaams Belang s’est accaparé la question de l’immigration. « Ses idées planent toujours sur la place publique, bien qu’il la fréquente moins que les ministres ou certaines ONG », observe la politologue Laura Jacobs, de l’Université d’Anvers. « Les autres partis réagissent au Vlaams Belang ou reprennent certaines de ses propositions à leur compte. »

Selon Laura Jacobs, la critique s’inscrit dans une stratégie plus large : « Le parti développe un message très clair et cohérent fondé sur un sentiment de crise : la N-VA et Bart De Wever avaient promis des solutions, mais celles-ci tardent à venir. Le Vlaams Belang s’impose comme la seule véritable alternative. »

[3]Tom Van Grieken (VB) : « Notre programme n’a pas changé, il fallait juste le présenter différemment »

Pour le VB, le principal obstacle électoral reste encore et toujours Bart De Wever. Dans les sondages, il demeure de loin la personnalité politique la plus populaire au nord du pays : près d’un Flamand sur trois estime que le Premier ministre représente le mieux ses intérêts. Tom Van Grieken arrive en deuxième position, avec un score de 16%.

Lors des élections de 2024, le duel a tourné à l’avantage de Bart De Wever. Pendant la campagne, celui-ci avait largement laissé de côté la question migratoire, préférant s’ériger en sauveur des finances publiques. Il avait alors exclu toute coalition avec le Vlaams Belang et convaincu une partie de l’électorat qu’un vote en faveur du parti d’extrême droite était un coup d’épée dans l’eau.

Pour Laura Jacobs, la récente visite de Jordan Bardella, figure de proue du Rassemblement national français, change la donne. Elle vise à démonter l’idée selon laquelle les partis de droite radicale seraient condamnés à rester éternellement dans l’opposition. « Si Jordan Bardella venait à devenir président de la République française, le Vlaams Belang pourrait ensuite surfer sur la vague de cette victoire. »

►►► À relire :



[4]Pub sur les réseaux sociaux : quand les Engagés dépassent le Vlaams Belang



[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/facebook-et-instagram-coupent-les-pubs-politiques-quel-impact-pour-les-partis-flamands/

[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/facebook-et-instagram-coupent-les-pubs-politiques-quel-impact-pour-les-partis-flamands/

[3] https://daardaar.be/rubriques/politique/notre-programme-na-pas-change-il-fallait-juste-le-presenter-differemment/

[4] https://daardaar.be/rubriques/politique/pub-sur-les-reseaux-sociaux-quand-les-engages-depassent-le-vlaams-belang/



Illiterate? Write today, for free help!