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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Affaire du Foyer anderlechtois : Bruxelles vit dans un univers parallèle

([Opinions, Politique] 2026-06-01 (Het Nieuwsblad))


La politique bruxelloise, c’est en soi un monde à part. Et dans ce monde à part, il y a le PS, qui vit dans un univers parallèle. Comment comprendre que le parti s’oppose aussi farouchement à la mise sur pied d’une commission d’enquête ? Et aussi, comment comprendre que depuis tout ce temps, il n’ait pas au moins suspendu l’échevin Lotfi Mostefa de ses fonctions ?

Pano, l’émission d’investigation de la VRT, a révélé il y a dix jours que Lotfi Mostefa conditionnait l’octroi de logements sociaux à un soutien politique. En résumé : il aidait les électeurs et les sympathisants et mettait des bâtons dans les roues de ses opposants. Ceci ne souffre d’aucune ambiguïté. S’il est possible que Mostefa se soit rendu plus important qu’il ne l’était en faisant passer des décisions collectives pour les siennes, ce n’est pas une excuse pour autant. Rien que pour avoir fait croire que des décisions publiques constituaient des victoires politiques personnelles, il mérite d’être mis sur la touche séance tenante. Ne serait-ce qu’en guise de geste pour les dizaines de milliers de candidats locataires qui attendent un logement social depuis des années, et qui risquent de perdre toute confiance dans le système, si ce n’est déjà fait.

Une commission d’enquête, ce n’est pas toujours une bonne idée par définition. Ces dernières années, on y a parfois recouru par facilité. C’était devenu un passe-partout destiné à montrer toute l’énergie déployée par le politique pour s’attaquer à un problème. Mais dans le cas qui nous occupe, c’est très certainement la meilleure option. Il ne s’agit peut-être pas de faits répréhensibles pénalement, mais c’est bien de fautes politiques graves qu’il est question. C’est ce qui rend une commission publique plus appropriée qu’une enquête judiciaire.

« Si la politique bruxelloise est un monde à part, c’est parce que la région a raté chaque vague de renouvellement en matière de gouvernance. »

Même le PS, malgré toutes ses vociférations, pourrait y trouver une utilité. Si le parti a raison, et qu’il s’agit bel et bien d’un « lynchage », la commission pourra en attester. L’opposition à la commission d’enquête ne fait qu’éveiller davantage les soupçons, c’est comme si l’homme avait quelque chose à cacher.

Il serait bon également de regarder au-delà du seul cas de Mostefa, sans pour autant minimiser ses agissements bien sûr. Si la politique bruxelloise est un monde à part, c’est parce que la région a raté chaque vague de renouvellement en matière de gouvernance. Le seuil de tolérance pour les magouilles politiques et les zones grises demeure plus élevé qu’en Flandre, et même qu’en Wallonie. Dans le microcosme des institutions bruxelloises, on retrouve moins d’organes de contrôle que dans le reste du pays, ce qui accroît les risques d’érosion du sens des valeurs. À quand le grand nettoyage dans tout cet univers parallèle ?

[1]Bruxelles bilingue ? Officiellement, oui. Dans les faits, pas du tout !



[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/bruxelles-bilingue-officiellement-oui-dans-les-faits-pas-du-tout/



Oh, I don't blame Congress. If I had $600 billion at my disposal, I'd
be irresponsible, too.
-- Lichty & Wagner