Restrictions budgétaires après le drame de Buggenhout: un choix incompréhensible
([Opinions, Politique] 2026-06-01 (De Morgen))
- Reference: 2026-06_Belgaimage-175165719-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/politique/restrictions-budgetaires-apres-le-drame-de-buggenhout-un-choix-incomprehensible/
- Source link: https://www.demorgen.be/meningen/het-lijkbiddersgezicht-waarmee-vlaamse-ministers-zeggen-dat-er-nu-eenmaal-moeilijke-keuzes-gemaakt-moeten-worden-overtuigt-niet~b03161e80/
On reproche souvent aux responsables politiques d’être déconnectés des réalités du terrain. Dans le dossier du transport scolaire des élèves de l’enseignement spécialisé, difficile toutefois de ne pas donner raison à ces critiques.
Il y a à peine deux – 2 ! – semaines, l’accident mortel impliquant un bus scolaire à Buggenhout était présenté non seulement comme une tragédie évitable, mais aussi comme le symptôme d’un problème plus profond touchant l’organisation du transport scolaire dans son ensemble.
Et voilà qu’aujourd’hui, les parents concernés et les écoles apprennent que De Lijn devra réduire de 10 % ce service, la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), refusant désormais tout dépassement budgétaire. Les conséquences sont prévisibles : moins de trajets, parcours plus longs.
L’indignation est grande, et elle est légitime. Les mines compassées derrière lesquelles les ministres flamands expliquent qu’il faut parfois faire des « choix difficiles » ne convainquent plus grand monde. Car s’il est bien une chose que ce gouvernement semble incapable de faire, c’est précisément de choisir.
La Flandre distribue les moyens financiers à travers quantité de projets, mais peine à dégager les budgets nécessaires lorsqu’il s’agit de missions essentielles de service public. Un gouvernement qui envisageait de consacrer 20 millions d’euros à une zone d’activités privée, mais qui se dit incapable de trouver 10 millions supplémentaires par an pour transporter des enfants à besoins spécifiques, ne fait pas des choix difficiles. Il fait de mauvais choix.
[1]Dring Dring #3 : Les trajets en bus interminables de l’enseignement spécialisé flamand
Si forcer De Lijn à réduire l’offre destinée à l’enseignement spécialisé est pour le moins brutal, il est vrai que l’injection de moyens supplémentaires ne suffirait pas, à elle seule, à résoudre un problème aussi complexe. Cette question des transports n’est que la manifestation la plus visible d’une difficulté beaucoup plus profonde qui touche l’enseignement spécialisé. Étonnamment, cette dimension a été largement absente des débats au Parlement flamand. La seule tentative d’élargir la réflexion est venue du député N-VA Koen Daniëls, qui a notamment attribué la longueur des trajets scolaires à la multiplication des plans de circulation et des zones 30. Je n’invente rien.
Le véritable problème réside dans le manque structurel de places dans l’enseignement spécialisé. Chaque année, plusieurs milliers de places font défaut et cette pénurie ne cesse de s’aggraver. Faute d’établissement disponible à proximité, de nombreuses familles sont contraintes d’accepter de longs déplacements, ce qui accroît mécaniquement la demande de transport scolaire. La priorité devrait donc être de créer suffisamment de capacités d’accueil dans des établissements accessibles et bien répartis sur le territoire, éventuellement dans un cadre scolaire plus inclusif.
Un deuxième problème tient au manque de solutions d’accueil extrascolaire adaptées à ces enfants. Il faut oser le dire : aujourd’hui, pour beaucoup d’entre eux, ces trajets en bus font déjà un peu office de « garderie ». Des structures d’accueil plus flexibles, avec des horaires élargis, permettraient aux parents d’organiser eux-mêmes des solutions de transport plus adaptées et plus humaines. Mais cela aussi a un coût.
Le transfert prochain du dossier du transport scolaire, après une querelle bien pitoyable entre ministres N-VA, vers le ministère de l’Enseignement de Zuhal Demir ouvre néanmoins une possibilité de sortir de l’impasse. La ministre a raison lorsqu’elle réclame un effort de l’ensemble du gouvernement. Lorsque trois ministres se rendent ensemble sur les lieux d’un accident dramatique, leur présence collective ne constitue pas seulement une occasion de communication politique. Elle implique aussi des responsabilités.
[2]Passages à niveau, transports scolaires: après la tragédie, le temps des questions
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/dring-dring-3-les-trajets-en-bus-interminables-de-lenseignement-specialise-flamand/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/ils-ne-diront-plus-jamais-a-ce-soir/
Il y a à peine deux – 2 ! – semaines, l’accident mortel impliquant un bus scolaire à Buggenhout était présenté non seulement comme une tragédie évitable, mais aussi comme le symptôme d’un problème plus profond touchant l’organisation du transport scolaire dans son ensemble.
Et voilà qu’aujourd’hui, les parents concernés et les écoles apprennent que De Lijn devra réduire de 10 % ce service, la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), refusant désormais tout dépassement budgétaire. Les conséquences sont prévisibles : moins de trajets, parcours plus longs.
L’indignation est grande, et elle est légitime. Les mines compassées derrière lesquelles les ministres flamands expliquent qu’il faut parfois faire des « choix difficiles » ne convainquent plus grand monde. Car s’il est bien une chose que ce gouvernement semble incapable de faire, c’est précisément de choisir.
La Flandre distribue les moyens financiers à travers quantité de projets, mais peine à dégager les budgets nécessaires lorsqu’il s’agit de missions essentielles de service public. Un gouvernement qui envisageait de consacrer 20 millions d’euros à une zone d’activités privée, mais qui se dit incapable de trouver 10 millions supplémentaires par an pour transporter des enfants à besoins spécifiques, ne fait pas des choix difficiles. Il fait de mauvais choix.
[1]Dring Dring #3 : Les trajets en bus interminables de l’enseignement spécialisé flamand
Si forcer De Lijn à réduire l’offre destinée à l’enseignement spécialisé est pour le moins brutal, il est vrai que l’injection de moyens supplémentaires ne suffirait pas, à elle seule, à résoudre un problème aussi complexe. Cette question des transports n’est que la manifestation la plus visible d’une difficulté beaucoup plus profonde qui touche l’enseignement spécialisé. Étonnamment, cette dimension a été largement absente des débats au Parlement flamand. La seule tentative d’élargir la réflexion est venue du député N-VA Koen Daniëls, qui a notamment attribué la longueur des trajets scolaires à la multiplication des plans de circulation et des zones 30. Je n’invente rien.
Le véritable problème réside dans le manque structurel de places dans l’enseignement spécialisé. Chaque année, plusieurs milliers de places font défaut et cette pénurie ne cesse de s’aggraver. Faute d’établissement disponible à proximité, de nombreuses familles sont contraintes d’accepter de longs déplacements, ce qui accroît mécaniquement la demande de transport scolaire. La priorité devrait donc être de créer suffisamment de capacités d’accueil dans des établissements accessibles et bien répartis sur le territoire, éventuellement dans un cadre scolaire plus inclusif.
Un deuxième problème tient au manque de solutions d’accueil extrascolaire adaptées à ces enfants. Il faut oser le dire : aujourd’hui, pour beaucoup d’entre eux, ces trajets en bus font déjà un peu office de « garderie ». Des structures d’accueil plus flexibles, avec des horaires élargis, permettraient aux parents d’organiser eux-mêmes des solutions de transport plus adaptées et plus humaines. Mais cela aussi a un coût.
Le transfert prochain du dossier du transport scolaire, après une querelle bien pitoyable entre ministres N-VA, vers le ministère de l’Enseignement de Zuhal Demir ouvre néanmoins une possibilité de sortir de l’impasse. La ministre a raison lorsqu’elle réclame un effort de l’ensemble du gouvernement. Lorsque trois ministres se rendent ensemble sur les lieux d’un accident dramatique, leur présence collective ne constitue pas seulement une occasion de communication politique. Elle implique aussi des responsabilités.
[2]Passages à niveau, transports scolaires: après la tragédie, le temps des questions
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/dring-dring-3-les-trajets-en-bus-interminables-de-lenseignement-specialise-flamand/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/ils-ne-diront-plus-jamais-a-ce-soir/