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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Remigration : un terme « neutre » comme le prétend le Vlaams Belang ? Les experts démentent

([Société] 2026-06-01 (DaarDaar))


Les militants d’extrême droite l’appellent « remigration » et jurent que c’est un terme comme les autres. Mais derrière ce mot aux contours assez flous, des experts y voient une offensive idéologique soigneusement orchestrée par l’extrême droite européenne pour imposer ses idées et les imposer auprès de la population.

L’extrême droite de toute l’Europe se donne rendez-vous au Portugal pour un sommet sur la remigration le week-end prochain. Fin avril, un autre meeting avait rassemblé plusieurs milliers de manifestants à Milan. En Belgique, le club étudiant d’extrême droite flamand NSV avait organisé fin mars une manifestation mouvementée dans les rues de Louvain. Les participants y défendent la « remigration », un concept qui plaide pour le renvoi des étrangers « non-assimilés ». En quoi ça consiste exactement et pourquoi veulent-ils banaliser ce terme ?

C’est quoi la remigration ?



Pour Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang, interviewé par DaarDaar lors de la manifestation du NSV du 26 mars, « La remigration, c’est le renvoi d’illégaux, d’étrangers criminels, des personnes qui sont ici seulement pour profiter de notre sécurité sociale et les extrémistes musulmans qui incitent à la violence. »

Quand on va sur le site du Sommet sur la remigration qui aura lieu ce 30 mai au Portugal, les organisateurs distinguent, quant à eux, trois catégories de la population immigrante qui pourrait être concernée par la remigration :

Les immigrants, demandeurs d’asile et les réfugiés arrivés illégalement

Les immigrants arrivés légalement

Les migrants naturalisés non assimilés

François Debras, professeur spécialiste du discours de l’extrême droite à l’Université de Liège, met en garde : « La remigration est un terme malléable qui a pour but de cadenasser le débat : on se pose la question de « qui reste ? », « qui s’en va ? », « est-ce qu’on peut les renvoyer ? » Au final, l’extrême droite impose le débat : qu’on soit pour ou contre, on va parler des migrants. »

Le retour du racisme biologique



« La remigration, c’est un terme tout à fait neutre », assure Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang, qui plaide ouvertement pour la remigration.

Benjamin Biard, chargé de recherches au CRISP et spécialiste de l’extrême droite, conteste : « Ce n’est pas du tout neutre. C’est un terme très connoté extrême droite justement. »

Selon François Debras, l’utilisation du terme remigration permet par ailleurs à l’extrême droite de réinstaurer un racisme biologique : « Dans la fin des années 1980-90, les termes « race » et « couleur de peau » disparaissent des débats publics avec l’émergence de législation luttant contre l’incitation à la haine. Le racisme biologique laisse alors la place au racisme culturel ou religieux. »

Selon l’académicien liégeois, la force du concept « remigration » est que c’est un terme qui soulève suffisamment d’implicites racistes pour que la base y adhère. En même temps, il est malléable : on peut le définir différemment en fonction de qui on a en face de soi.

Dès lors, il est facile d’élargir la fenêtre d’Overton, poursuit le professeur de l’ULiège : « En Allemagne, l’AfD estime que les migrants de 2e et de 3e générations peuvent être renvoyés. Il est aisé pour d’autres partis de déclarer qu’ils ne vont pas aussi loin et qu’ils veulent ‘seulement’ renvoyer les criminels ».

Un phénomène qui ne se limite pas à la Flandre



Louvain, Milan et maintenant Porto : depuis le début de l’année, les manifestations en faveur de la remigration se multiplient aux quatre coins de l’Europe.

Benjamin Biard : « J’ai tendance à parler d’une galaxie d’extrême droite qui ne connaît pas de frontières. Même s’ils n’entreprennent pas tous les mêmes répertoires d’action, ces mouvements gravitent autour de la définition minimale d’extrême droite : inégalitarisme, nationalisme et radicalisme. »

Le spécialiste de l’extrême droite du Crisp prend l’exemple du groupe identitaire Schild & Vrienden : « C’est un mouvement qui s’est développé sur le modèle de Génération identitaire en France, qui s’est lui-même inspiré du mouvement identitaire autrichien IBÖ. Les ramifications peuvent être variées. »

À l’affiche du sommet sur la remigration à Porto de ce week-end, on retrouve des figures emblématiques de l’extrême droite européenne, comme le portugais Afonso Gonçalves ou le flamand Dries Van Langenhove, le fondateur de Schild & Vrienden.

Gagner la bataille culturelle avant les urnes



Avec cette campagne sur la remigration, Benjamin Biard explique que l’extrême droite mène une bataille culturelle : « La volonté est d’imposer son vocabulaire, mais aussi les idées qu’il comporte en se disant qu’une fois cette bataille menée, il ne restera plus qu’à remporter la victoire politique. Dries Van Langenhove ne s’en est jamais caché : il a toujours indiqué qu’il voulait faire de la métapolitique. »

« Francocide », « grand remplacement », « racisme anti-blanc », « remigration »… tous ces termes ont un point commun selon François Debras : remporter l’hégémonie culturelle. « Ils souhaitent coloniser nos esprits, ils jouent sur les émotions de la population. Ils préparent le terrain idéologique pour faciliter des politiques publiques et tenter d’arriver au pouvoir afin de changer les institutions depuis l’intérieur. »



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* buggers who introduce wrappers for standard kernel stuff - like,
say it, typedef int Int32; and sprinkle their crap with
per-architecture ifdefs.

- Alexander Viro on coding style