News: 2026-05_Belgaimage-162191208-255x170

  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Afflux de migrants à la côte belge : « C’est la loi qu’il faut changer »

([Politique, Société] 2026-05-01 (Het Nieuwsblad))


« Un jour, ça va vraiment mal tourner », avertit Jean-Marie Dedecker, bourgmestre de Middelkerke et député fédéral, après un accident qui a blessé six migrants dans sa commune. Le nombre d’incidents impliquant des migrants à la côte belge a connu une augmentation spectaculaire ces derniers mois. « C’est la loi qui doit changer. »

« C’est typique : il faut toujours que quelque chose arrive pour que tout le monde se réveille », soupire Jean-Marie Dedecker, bourgmestre de Middelkerke. Chaque semaine, sa police a affaire à des migrants et à des passeurs. L’accident de minibus survenu la nuit de samedi à dimanche montre bien l’escalade de la situation. « La même nuit, la police a passé au peigne fin toutes les dunes, témoigne Dedecker. Elle y a encore trouvé neuf migrants. Ils ont tous été arrêtés. »

Le problème ne date pas d’hier, surtout dans une région comme la Flandre occidentale. La province est depuis des années une route de transit pour les personnes sans papiers désireuses de traverser la Manche vers le Royaume-Uni en partant du littoral français. Maintenant que les Français ont solidement renforcé les contrôles, on voit de plus en plus d’embarcations partir des plages belges. « Lorsque la mer est calme et que le vent vient de l’est, ils arrivent en masse depuis la frontière française », poursuit Dedecker. Le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé, avait déjà tiré la sonnette d’alarme le mois passé à ce sujet.

Des embarcations jusqu’à Knokke



Les chiffres ne mentent pas. Pendant les deux premiers mois de l’année, 63 migrants ont été interceptés à la côte. En mars et avril, il y en a eu 270. « Depuis le renforcement des contrôles en France, on voit que les passeurs déplacent leurs routes vers le sud et vers le nord, déclare An Berger, porte-parole de la police fédérale. D’habitude, on comptait tout au plus un bateau par an qui quittait les côtes belges. Cette année-ci, nous en sommes déjà à 28. »

La police belge essaie d’endiguer le problème en multipliant les contrôles. Ainsi, cette année, cinq embarcations remplies de migrants ont été arrêtées avant leur départ. Notez qu’une de ces cinq tentatives a eu lieu à Knokke, soit à 100 kilomètres de la Manche. « En outre, la police contrôle scrupuleusement les voies d’accès à la côte, où les passeurs acheminent canots, jerrycans, moteurs et matériel en tout genre », explique An Berger.

[1]La Flandre a besoin de travailleurs migrants, et pas seulement d’universitaires étrangers

Ce n’est donc pas l’action de nos forces de police qui fait défaut, conclut Dedecker. « Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin prévoit des agents supplémentaires, la police à cheval sillonne les dunes et nous recevons même des informations directes des avions de la NSAS ( North Sea Aviation Services , NDLR) qui suivent tous les “mouvements de troupes” à la frontière à l’aide de caméras thermiques. Le problème n’est pas là. C’est la loi qu’il faut changer. En effet, comment les choses se déroulent-elles actuellement ? On les arrête, on leur donne un sandwich, ils reçoivent une lettre de l’Office des étrangers (un ordre de quitter le territoire, NDLR) et on les remet à la porte du commissariat de Middelkerke. »

« Nous avons déjà eu quelqu’un qui avait reçu 37 de ces lettres. 37 ! Même avec cent agents de police supplémentaires, on ne résoudra rien tant que la loi ne change pas. Nous mettons une pression énorme sur nos services pour maîtriser la situation, mais il y a de quoi se demander pourquoi. Pour moi, on peut même organiser une navette de Nieuport vers l’Angleterre. Ils n’auront qu’à se débrouiller là-bas. »

Discussions avec les pays d’origine



Anneleen Van Bossuyt (N-VA), ministre de l’Asile et de la Migration, reconnaît toute la difficulté que représentent les retours forcés, vu que les principaux pays concernés sont le Soudan, l’Afghanistan, l’Irak, l’Iran et la Somalie. « Il est compliqué d’organiser des rapatriements vers ces régions en raison de la situation géopolitique ou de l’absence d’accords de retour, indique la ministre. C’est pourquoi il est important de continuer à miser sur l’identification et sur les possibilités de retour avec un maximum de pays. »

L’Office des étrangers a déjà créé le poste d’officier de liaison, chargé de faciliter la coopération avec la police. « Avec la police, nous allons intervenir durement pour mettre un terme à ce phénomène », promet Van Bossuyt.



[1] https://daardaar.be/rubriques/travail-sante/la-flandre-a-besoin-de-travailleurs-migrants-et-pas-seulement-duniversitaires-etrangers/



IOT trap -- core dumped