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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

En Flandre, la crise des prix accélère la transition énergétique

([Economie, Environnement, Société] 2026-04-01 (Het Nieuwsblad))


Face à la hausse des prix à la pompe, rares sont ceux qui ne réfléchissent pas à des alternatives. Le prix à la pompe flambent : le prix au litre de diesel est désormais plafonné à 2,49 euros. Logiquement, les acheteurs intéressés par une nouvelle voiture – neuve ou d’occasion – y réfléchissent à deux fois avant de choisir un modèle thermique.

Sur Autoscout24, la plus importante plateforme du pays, le changement est clair : depuis le début de la guerre, les recherches de voitures diesel ont baissé de 12,7 %, celles de voitures à essence, de 8,1 %. Seul le segment 100 % électrique progresse, de 6,3 %.

La guerre au Moyen-Orient y est évidemment pour quelque chose, mais aussi la démocratisation des voitures électriques. Sur Autoscout, l’offre a augmenté de près de 20 % alors que le prix moyen baissait de 5,1 %, à 43 606 euros. Vincent Hancart, directeur national d’Autoscout24, précise : « Il est encore trop tôt pour parler d’une véritable tendance, mais il pourrait s’agir, de la part des automobilistes, d’un début d’adaptation de leurs comportements ».

En Belgique, les véhicules à essence restent majoritaires, avec 43,1 % du total des nouvelles immatriculations (d’après la fédération du secteur automobile, Febiac). Les véhicules électriques frôlent les 36 %, en légère hausse par rapport à l’an dernier à pareille époque.

Pompes à chaleur



À la maison aussi, chacun examine sa facture énergétique à la loupe. Selon la fédération sectorielle Climafed, la chaudière classique se révélerait de moins en moins attractive.

« Les chiffres ne sont pas définitifs, mais une enquête montre que le nombre de devis pour des chaudières a baissé de 30 %, alors que pour les pompes à chaleur, il progresserait de 40 % », selon Patrick O, porte-parole de Climafed. « Par comparaison au moment du déclenchement de la guerre en Ukraine, cette hausse pourrait bien s’accentuer encore. »

Ici aussi, la guerre n’est pas le seul facteur en jeu. L’installation d’une pompe à chaleur est devenue moins coûteuse. « Le prix de l’électricité est plus stable que celui du gaz », ajoute Patrick O. « La population en a assez de voir les soubresauts réguliers des prix du gaz et cherche d’autres solutions. D’ici 2040-2050, la Belgique vise la neutralité carbone : beaucoup y voient l’occasion idéale d’étudier d’autres options. »

[1]Mieux vaut une éolienne dans son jardin qu’un Russe dans sa cuisine

Batteries domestiques



Quand on veut maîtriser sa facture énergétique, la solution des batteries domestiques est intéressante, qu’il s’agisse de modèles de grande taille, ou bien, depuis l’an dernier, de batteries de type «  plug-and-play  ».

On ne connaît pas encore le nombre exact de ces appareils dans les foyers belges : la dernière statistique communiquée par le gestionnaire de réseau Fluvius (pour décembre) se chiffrait à un peu moins de 2 000 unités. Un chiffre très probablement sous-estimé, selon les experts, et notamment selon Dirk Van Evercooren, de la plateforme d’information Pluginfo : « Bien souvent, ceux qui achètent ces systèmes en ligne ne sont pas tenus de l’enregistrer – ou oublient de le faire ». En tout cas, les carnets de commandes des installateurs débordent.

En période de pénurie d’énergie, les batteries domestiques peuvent apporter une tranquillité d’esprit : elles se rechargent dès que le soleil brille, et peuvent couvrir jusqu’à 60 % des besoins énergétiques des ménages quand le temps devient maussade. Surtout quand le soleil brille ou qu’il y a beaucoup de vent, comme le week-end dernier. Dans de telles situations, le prix de l’énergie peut même devenir négatif. Pour la plupart des ménages, ces épisodes sont pris en compte dans le tarif énergétique. Les propriétaires de batteries domestiques, eux, peuvent en tirer profit.

Panneaux solaires



Tout cela suppose toutefois la présence de panneaux solaires. Pour ce segment, la guerre du Moyen-Orient ne fait plus guère de différence. Lotte Ringoot, de l’Agence flamande pour l’énergie et le climat (VEKA), explique : « de nombreuses familles ont franchi le pas : la Flandre compte plus d’un million d’installations photovoltaïques. Les panneaux solaires restent rentables, mais une bonne part du potentiel résidentiel est désormais exploitée. En soi, c’est une réussite. » Pour les ménages qui n’ont pas encore sauté le pas, la hausse des prix du gaz pourrait bien être un élément déclencheur.

En matière d’énergie solaire, les gains se situent ailleurs. Lotte Ringoot : « le nombre d’installations de grande ampleur augmente : entreprises, organisations et promoteurs investissent de plus en plus souvent dans l’énergie photovoltaïque, ce qui accélère également l’exploitation de cet important segment du potentiel ».

Après tout, les entreprises ressentent tout autant que les ménages la hausse des prix énergétiques.

[2]En Flandre, énergie partagée est loin de rimer avec gratuité



[1] https://daardaar.be/rubriques/economie/mieux-vaut-une-eolienne-dans-son-jardin-quun-russe-dans-sa-cuisine/

[2] https://daardaar.be/rubriques/economie/en-flandre-energie-partagee-est-loin-de-rimer-avec-gratuite/



Perhaps no person can be a poet, or even enjoy poetry without a certain
unsoundness of mind.
-- Thomas Macaulay