Derrière les patates, c’est toute l’agriculture flamande qui vacille
([Economie, Opinions] 2026-04-01 (Het Belang Van Limburg))
- Reference: 2026-04_javad-esmaeili-amn5wkQdOvs-unsplash-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/economie/derriere-les-patates-cest-toute-lagriculture-flamande-qui-vacille/
- Source link: https://www.hbvl.be/politiek/het-zijn-niet-enkel-de-aardappelboeren-die-het-zout-op-hun-patatten-nu-niet-verdienen/146531214.html
Marlutje Jackers est bourgmestre et agricultrice à Herstappe, la commune la plus petite et la moins peuplée du pays (75 habitants fin 2025). Ce samedi, elle a transporté 21 tonnes de pommes de terre de chez elle à Hasselt, provoquant une ruée sur les pommes de terre à frites bon marché. Pourtant, Jackers s’est retrouvée avec un stock gigantesque de près de 2 500 tonnes sur les bras. Elle envisage même, entre autres, de les envoyer à Cuba pour y lutter contre la pénurie de vivres.
Les agriculteurs belges sont assis sur une montagne de 860 millions de kilos de pommes de terre à frites. Ils n’arrivent pas à s’en débarrasser car le marché est sursaturé et les acheteurs ne respectent pas leurs contrats. Mais il n’y a pas que les cultivateurs de pommes de terre qui ont du mal à gagner leur croûte. L’indice de conjoncture établi par l’Agence flamande de l’Agriculture nous apprend qu’un agriculteur flamand sur trois n’a pas pu écouler toute sa production ces derniers mois, et qu’un sur cinq rencontre des problèmes financiers.
Pour les agriculteurs qui cultivent des légumes, les négociations avec les entreprises de transformation alimentaire furent rudes cet hiver. Il y a quelques années encore, les acheteurs se bousculaient au portillon pour des pommes de terre, des betteraves sucrières, des carottes ou des haricots. Aujourd’hui, les agriculteurs se voient proposer des contrats et des tarifs qui leur permettent à peine de survivre. En outre, le prix du carburant et des engrais a explosé à cause de la guerre en Iran.
[1]Face à la colère des agriculteurs, le silence radio des politiques
Conclusion : ils ne savent plus quoi planter. Les entreprises agroalimentaires préfèrent se fournir sur le marché libre, plutôt que de signer des contrats qui donneraient des garanties aux cultivateurs. Les agriculteurs se retrouvent trop souvent seuls dans les négociations. Les supermarchés et l’industrie ont l’échelle et le pouvoir, ce qui fragilise les agriculteurs individuels. « On en viendrait presque à espérer du mauvais temps et de mauvaises récoltes pour que les prix augmentent », a confié un agriculteur récemment.
« On en viendrait presque à espérer du mauvais temps et de mauvaises récoltes pour que les prix augmentent. »
Le ministre de l’Agriculture, Jo Brouns (CD&V) a proposé le week-end dernier de créer davantage d’organisations de producteurs. C’est un pas dans la bonne direction. En effet, comment se fait-il qu’un secteur qui, rien qu’en Flandre, absorbe chaque année des centaines de millions d’euros de subsides, provoque une telle razzia sur des pommes de terre à très bas prix ? Voilà de quoi entamer la confiance dans l’avenir de notre alimentation.
[2]Quand les agriculteurs dictent la politique flamande, un dangereux précédent
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/face-a-la-colere-des-agriculteurs-le-silence-radio-des-politiques/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/quand-les-agriculteurs-dictent-la-politique-flamande-un-dangereux-precedent/
Les agriculteurs belges sont assis sur une montagne de 860 millions de kilos de pommes de terre à frites. Ils n’arrivent pas à s’en débarrasser car le marché est sursaturé et les acheteurs ne respectent pas leurs contrats. Mais il n’y a pas que les cultivateurs de pommes de terre qui ont du mal à gagner leur croûte. L’indice de conjoncture établi par l’Agence flamande de l’Agriculture nous apprend qu’un agriculteur flamand sur trois n’a pas pu écouler toute sa production ces derniers mois, et qu’un sur cinq rencontre des problèmes financiers.
Pour les agriculteurs qui cultivent des légumes, les négociations avec les entreprises de transformation alimentaire furent rudes cet hiver. Il y a quelques années encore, les acheteurs se bousculaient au portillon pour des pommes de terre, des betteraves sucrières, des carottes ou des haricots. Aujourd’hui, les agriculteurs se voient proposer des contrats et des tarifs qui leur permettent à peine de survivre. En outre, le prix du carburant et des engrais a explosé à cause de la guerre en Iran.
[1]Face à la colère des agriculteurs, le silence radio des politiques
Conclusion : ils ne savent plus quoi planter. Les entreprises agroalimentaires préfèrent se fournir sur le marché libre, plutôt que de signer des contrats qui donneraient des garanties aux cultivateurs. Les agriculteurs se retrouvent trop souvent seuls dans les négociations. Les supermarchés et l’industrie ont l’échelle et le pouvoir, ce qui fragilise les agriculteurs individuels. « On en viendrait presque à espérer du mauvais temps et de mauvaises récoltes pour que les prix augmentent », a confié un agriculteur récemment.
« On en viendrait presque à espérer du mauvais temps et de mauvaises récoltes pour que les prix augmentent. »
Le ministre de l’Agriculture, Jo Brouns (CD&V) a proposé le week-end dernier de créer davantage d’organisations de producteurs. C’est un pas dans la bonne direction. En effet, comment se fait-il qu’un secteur qui, rien qu’en Flandre, absorbe chaque année des centaines de millions d’euros de subsides, provoque une telle razzia sur des pommes de terre à très bas prix ? Voilà de quoi entamer la confiance dans l’avenir de notre alimentation.
[2]Quand les agriculteurs dictent la politique flamande, un dangereux précédent
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/face-a-la-colere-des-agriculteurs-le-silence-radio-des-politiques/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/quand-les-agriculteurs-dictent-la-politique-flamande-un-dangereux-precedent/