Bpost : une grève qui passerait presque inaperçue
([Opinions, Société] 2026-04-01 (Het Laatste Nieuws))
- Reference: 2026-04_Belgaimage-170717621-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/societe/bpost-une-greve-qui-passerait-presque-inapercue/
- Source link: https://www.demorgen.be/meningen/steevast-de-schouders-ophalen-bij-wetenschappelijke-studies-die-niet-in-je-kraam-passen-is-niet-per-se-een-definitie-van-goed-bestuur~b0c06175/
Une grève sévit depuis deux semaines chez bpost et il y a de forte chance que vous l’ayez à peine remarquée. Le fait est révélateur. Et si la mobilisation touche surtout la Wallonie, cela n’explique pas tout. Il y a dix ou vingt ans, un arrêt de travail aussi massif des facteurs aurait secoué le pays tout entier mais en 2026, la perturbation est quasi imperceptible.
C’est précisément contre ce changement d’époque que les grévistes manifestent. Car bpost veut décaler de deux heures le début de la tournée de ses facteurs, de 7 heures à 9 heures. Voire plus tard un jour. Pour l’entreprise postale, c’est une question de survie face à la concurrence féroce que se livrent les acteurs de la distribution de colis, seule branche encore en croissance chez bpost.
Le changement se heurte toujours à des résistances. Mais la gronde est aussi un pénible déni de modernité. Tout comme les disquaires ont pesté contre l’arrivée de la musique numérique, le rôle du facteur a fondamentalement changé. Le temps du préposé qui apportait la pension et buvait une petite goutte est bel et bien révolu. Depuis peu, même la distribution des journaux a été confiée à des entreprises privées. Les factures et les amendes ? Nous les recevons par e-mail. En 2025, le volume de courrier a chuté de 10 %. Plus rapidement encore que l’année précédente. Quant au bénéfice de bpost : évaporé.
[1]Grévistes en Wallonie: des kékés buveurs de Cara Pils?
Dans pareil cas, une entreprise publique bien gérée change de fusil d’épaule. Encore faut-il qu’il ne soit pas déjà trop tard. Bpost a pour ainsi dire raté le train de la livraison de colis. Et la faute n’incombe pas qu’à l’entreprise elle-même. Les syndicats ont aussi leur part de responsabilité. Croyez-vous vraiment qu’il soit un hasard si autant de camionnettes de PostNL sillonnent nos routes ? Et, à l’inverse, si bpost est totalement absent des Pays-Bas ?
« Et qui en a profité ? Les sociétés postales néerlandaises et allemandes, qui ont allègrement repris le travail que bpost ne pouvait pas assurer. »
La réponse est simple : pendant des années, les syndicats belges se sont accrochés à des conditions de travail inflexibles, notamment en matière de travail de nuit. Certes, la protection des travailleurs est et demeure essentielle. Mais quand le monde change autour de nous, ne faut-il pas admettre que s’arc-bouter sur l’ancien modèle à tout prix n’est pas toujours la meilleure option ?
Car pendant que nous dormions, au sens propre comme au figuré, le secteur du commerce en ligne créait des dizaines de milliers d’emplois dans des pays comme les Pays-Bas et l’Allemagne. Des entreprises comme Bol et Zalando ont conquis notre marché. Et qui en a profité ? Les sociétés postales néerlandaises et allemandes, qui ont allègrement repris le travail que bpost ne pouvait pas assurer. Le résultat, si rien ne change : une entreprise postale qui plongera dans le rouge et une inévitable vague de licenciements. Les syndicats se lamenteront à nouveau. Mais quand bpost et les pouvoirs publics cherchent à s’adapter à la nouvelle donne pour éviter ce scénario, quelle est la réponse ? La grève. Quel cynisme !
►►► À relire :
[2]Fermeture des commerces : Bpost échoue à son stress test
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/grevistes-en-wallonie-des-kekes-buveurs-de-cara-pils/
[2] https://daardaar.be/rubriques/economie/fermeture-des-commerces-bpost-echoue-a-son-stress-test/
C’est précisément contre ce changement d’époque que les grévistes manifestent. Car bpost veut décaler de deux heures le début de la tournée de ses facteurs, de 7 heures à 9 heures. Voire plus tard un jour. Pour l’entreprise postale, c’est une question de survie face à la concurrence féroce que se livrent les acteurs de la distribution de colis, seule branche encore en croissance chez bpost.
Le changement se heurte toujours à des résistances. Mais la gronde est aussi un pénible déni de modernité. Tout comme les disquaires ont pesté contre l’arrivée de la musique numérique, le rôle du facteur a fondamentalement changé. Le temps du préposé qui apportait la pension et buvait une petite goutte est bel et bien révolu. Depuis peu, même la distribution des journaux a été confiée à des entreprises privées. Les factures et les amendes ? Nous les recevons par e-mail. En 2025, le volume de courrier a chuté de 10 %. Plus rapidement encore que l’année précédente. Quant au bénéfice de bpost : évaporé.
[1]Grévistes en Wallonie: des kékés buveurs de Cara Pils?
Dans pareil cas, une entreprise publique bien gérée change de fusil d’épaule. Encore faut-il qu’il ne soit pas déjà trop tard. Bpost a pour ainsi dire raté le train de la livraison de colis. Et la faute n’incombe pas qu’à l’entreprise elle-même. Les syndicats ont aussi leur part de responsabilité. Croyez-vous vraiment qu’il soit un hasard si autant de camionnettes de PostNL sillonnent nos routes ? Et, à l’inverse, si bpost est totalement absent des Pays-Bas ?
« Et qui en a profité ? Les sociétés postales néerlandaises et allemandes, qui ont allègrement repris le travail que bpost ne pouvait pas assurer. »
La réponse est simple : pendant des années, les syndicats belges se sont accrochés à des conditions de travail inflexibles, notamment en matière de travail de nuit. Certes, la protection des travailleurs est et demeure essentielle. Mais quand le monde change autour de nous, ne faut-il pas admettre que s’arc-bouter sur l’ancien modèle à tout prix n’est pas toujours la meilleure option ?
Car pendant que nous dormions, au sens propre comme au figuré, le secteur du commerce en ligne créait des dizaines de milliers d’emplois dans des pays comme les Pays-Bas et l’Allemagne. Des entreprises comme Bol et Zalando ont conquis notre marché. Et qui en a profité ? Les sociétés postales néerlandaises et allemandes, qui ont allègrement repris le travail que bpost ne pouvait pas assurer. Le résultat, si rien ne change : une entreprise postale qui plongera dans le rouge et une inévitable vague de licenciements. Les syndicats se lamenteront à nouveau. Mais quand bpost et les pouvoirs publics cherchent à s’adapter à la nouvelle donne pour éviter ce scénario, quelle est la réponse ? La grève. Quel cynisme !
►►► À relire :
[2]Fermeture des commerces : Bpost échoue à son stress test
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/grevistes-en-wallonie-des-kekes-buveurs-de-cara-pils/
[2] https://daardaar.be/rubriques/economie/fermeture-des-commerces-bpost-echoue-a-son-stress-test/