Entretien avec Anneleen Van Bossuyt (N-VA), ministre de l’Asile et de la Migration. «La Belgique a été trop longtemps un pays de Cocagne. Il était temps que les choses changent»
([Politique] 2026-04-01 (Het Laatste Nieuws))
- Reference: 2026-04_Belgaimage-158969595-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/politique/entretien-avec-anneleen-van-bossuyt-n-va-ministre-de-lasile-et-de-la-migration-la-belgique-a-ete-trop-longtemps-un-pays-de-cocagne-il-etait-temps-que-les-choses-changent/
- Source link: https://www.hln.be/binnenland/minister-anneleen-van-bossuyt-n-va-belgie-is-veel-te-lang-het-land-van-melk-en-honing-geweest-dat-verandert-nu~a9a91727/
Sa politique d’asile, qu’elle qualifie de « la plus stricte jamais menée dans ce pays », est pour l’heure surtout une politique condamnée avec force par la justice. Sa mesure visant à refuser l’accueil aux demandeurs bénéficiant déjà d’une protection ailleurs en Europe a ainsi été annulée à deux reprises par plusieurs juges. Mais la ministre de l’Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt (N-VA), imperturbable, persiste et signe. « Je ne fais qu’appliquer la politique que les gens demandent. Je suis convaincue que la majorité des Belges ne souhaitent pas que notre pays accueille ces gens chez nous.»
D’aucuns voient en vous une sorte de mini-Trump. Selon des spécialistes du droit constitutionnel, vous ne valez guère mieux que le président américain, qui n’hésite pas lui aussi à ignorer les juges.
(long soupir) J’ai essuyé beaucoup de critiques ces dernières semaines. On m’a en effet comparée à Trump. On m’a accusée de maltraitance. Or, je cherche simplement des solutions à un problème sociétal. La pression de la migration sur notre société est gi-gan-tesque. Des enseignants me disent que, dans des classes de vingt-cinq élèves, seuls deux enfants parlent encore néerlandais. Des bourgmestres s’inquiètent pour la sécurité dans leur commune. Dans ces circonstances, n’est-ce pas mon rôle, en tant que ministre de l’Asile et de la Migration, d’agir ?
Au point d’ignorer purement et simplement l’arrêt de la Cour constitutionnelle ?
Mais c’est faux ! Je n’ai jamais ignoré cet arrêt. J’ai simplement cherché une autre base juridique pour pouvoir, en dépit de cette décision, refuser l’accueil de certains migrants.
À la suite de quoi le Conseil d’État vous a de nouveau rappelée à l’ordre…
(visiblement agacée) « Le Conseil d’État a simplement indiqué que nous devions motiver individuellement le refus d’accueil, c’est-à-dire pour chaque demandeur ! C’est donc ce que Fedasil (l’agence chargée de l’accueil des demandeurs d’asile, ndlr) va faire.
Pourtant rien n’est moins sûr. Une partie du personnel de Fedasil refuse d’exécuter vos ordres qu’ils estiment « illégaux ». Ils ne veulent pas avoir sur la conscience les conséquences de votre politique, écrivent-ils dans une lettre ouverte.
Je comprends leur inquiétude. Sincèrement. Ce sont eux qui sont confrontés à ces situations poignantes. Mais la situation est intenable. Nous ne pouvons pas continuer à accueillir tout le monde. Ce n’est qu’en adaptant cette politique que moins de demandeurs d’asile viendront ici et que nous pourrons offrir un accueil de qualité à ceux qui y ont réellement droit. »
[1]Anneleen Van Bossuyt, la ministre au-dessus des lois
Avez-vous le sentiment que les juges vous mettent des bâtons dans les roues ?
Écoutez, je suis moi-même juriste et fille de magistrat. Ne faites pas de moi quelqu’un qui ne respecte pas le pouvoir judiciaire ! Mais je constate que certaines organisations et certains avocats font tout, au nom des droits humains, pour m’empêcher de prendre des mesures visant à lutter contre les dérives de notre système.
Ce ne sont donc pas des juges militants, mais des avocats militants ?
(avec une pointe d’ironie) « Je trouve assez étonnant que des personnes, après quatre tentatives infructueuses pour obtenir un titre de séjour, soient encore encouragées par des avocats à persévérer. Est-ce vraiment dans leur intérêt ? Je ne le pense pas. »
Selon vous, ceux qui ont déjà obtenu une protection ailleurs en Europe doivent simplement retourner dans ce pays. Il y a évidemment une raison qui explique leur présence chez nous : là-bas aussi, ils dorment dans la rue.
Beaucoup de demandeurs d’asile introduisent leur dossier en Grèce. Savez-vous combien de temps il leur faut ensuite pour arriver en Belgique ? Sept jours. Ont-ils vraiment cherché un logement de manière suffisante ? En une semaine, ils sauraient donc déjà qu’ils ne peuvent pas y construire une vie. Je trouve cela… particulier.
Vous voulez dire que…
…ces gens font leur « shopping » – un phénomène bien connu – en se déplaçant de pays en pays pour trouver le système social le plus avantageux. C’est abuser du système, il n’y a pas d’autre mot. La Belgique a trop longtemps été un pays de cocagne. L’Arizona a décidé de mettre un terme à cette situation. En durcissant les règles, on rend notre pays moins attractif comme destination.
Cette politique fonctionne-t-elle ? Les demandes d’asile ont diminué en 2025, mais cette baisse s’explique surtout par le fait que moins de Syriens sont venus en Belgique.
(secoue la tête) Depuis l’entrée en vigueur de nos mesures de crise, les demandes d’asile ont baissé beaucoup plus qu’ailleurs en Europe. À l’évidence, cette politique plus stricte a un effet dissuasif. Notre système social était beaucoup trop généreux. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ainsi, le montant du revenu d’intégration dépend désormais du degré d’intégration, de l’apprentissage de la langue et de la recherche d’emploi. Si vous souhaitez faire venir votre famille, vous devez également disposer de revenus plus élevés afin de pouvoir subvenir à leurs besoins. Ce n’est que du bon sens : nous ne pouvons pas accepter que le monde entier vienne ici pour vivre aux crochets de l’État.
[2]Taliban Airlines : symbole d’une Europe en panne de morale
En même temps, la Belgique ne parvient pas à renvoyer les demandeurs d’asile déboutés. La pression sur la société reste donc élevée. Comment résoudre ce problème ?
Ce n’est pas un problème propre à la Belgique : toute l’Europe y est confrontée. De nombreux pays refusent de reprendre leurs ressortissants. C’est pourquoi beaucoup de demandeurs d’asile mentent sur leur nationalité. Par le passé, ils disaient souvent qu’ils étaient Algériens, par exemple, parce qu’ils savaient qu’ils étaient rarement renvoyés. Il faut donc négocier des accords, comme nous l’avons fait avec l’Algérie. Tout cela prend du temps. C’est pourquoi il est si frustrant d’entendre certains partis affirmer qu’« il suffit de fermer les frontières ». Ce n’est jamais aussi simple. Ce n’est ni possible ni permis.
Pour renvoyer des Afghans, vous négociez même avec les talibans. N’est-ce pas dangereux ? Les personnes renvoyées risquent d’être torturées.
Que devrions-nous faire ? Subir la situation et rester les bras croisés ? Cela reviendrait à dire que les Afghans peuvent tout se permettre chez nous puisqu’ils ne seront de toute façon jamais renvoyés ! Nous ne reconnaissons en aucun cas ce régime, mais si nous ne parlons qu’avec des pays dont nous approuvons entièrement les gouvernements, il n’en resterait pas beaucoup. Ceux qui courent un danger bénéficient évidemment d’une protection ici et ne sont pas renvoyés. Les personnes que nous voulons renvoyer sont des Afghans en situation irrégulière qui représentent un danger pour notre société.
Même avec un accord, encore faut-il retrouver les demandeurs d’asile déboutés. Beaucoup disparaissent dans la nature.
C’est pourquoi des actions ciblées sont désormais menées, par exemple via des contrôles dans les gares, où l’on ne recherche pas seulement des stupéfiants mais où l’on vérifie aussi les titres de séjour. Les personnes sans papiers qui peuvent être renvoyées sont placées dans un centre fermé. Bientôt, la police pourra également, en collaboration avec l’Office des étrangers et bien entendu uniquement avec l’autorisation d’un juge d’instruction, pénétrer au domicile de criminels en séjour illégal qui représentent une menace pour la sécurité nationale. Aujourd’hui, ces criminels échappent aux poursuites parce que les agents se heurtent à des portes closes. Les accords européens faciliteront également les retours.
Dans le pacte migratoire européen, il est prévu que des familles avec enfants puissent être placées en centre fermé. Certains parlent même d’une sorte de police européenne de type ICE.
(indignée) « Rien, dans cette proposition, ne ressemble à une ICE européenne. Les droits humains seront toujours respectés. Savez-vous d’ailleurs que la Belgique est l’un des rares États membres où les familles avec enfants ne sont pas placées en centres fermés ? Tous ces autres pays seraient-ils donc des régimes aussi terribles ? Le séjour illégal est un délit. Il peut être sanctionné. (poursuivant sur sa lancée) Quelle est la solution ? Laisser des gens vivre ici pendant des années sans pouvoir louer un logement, sans pouvoir travailler et donc sans réellement pouvoir construire une vie ? Est-ce cela, les situations dans lesquelles nous voulons laisser des familles avec enfants ? Non, ce n’est pas humain non plus.
[3]Trois Belges ont eu le Nobel de la paix pour avoir posé les bases du droit international: nos élus politiques l’ont-ils oublié?
Dans les prisons belges, un détenu sur trois est sans papiers. La ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) vous a reproché de ne pas en faire assez pour les renvoyer, ce qui contribue à la surpopulation carcérale.
L’asile et la migration ne peuvent intervenir qu’à l’approche de la fin de leur peine. Et c’est ce que nous faisons : le nombre de retours de criminels en séjour illégal depuis les prisons a augmenté de 25%. Mais tant qu’ils se trouvent dans une prison belge, ils relèvent de la compétence de la ministre de la Justice.
La guerre en Iran pourrait déclencher un nouveau flux de réfugiés. Comment la Belgique et l’Europe vont-elles y réagir ?
Pour l’instant, nous ne constatons – heureusement – aucun impact du conflit au Moyen-Orient sur les flux migratoires. Les gens restent principalement dans la région, dans l’espoir que le conflit soit de courte durée. Mais il est déjà clair que l’Europe ne refera pas la même erreur qu’en 2015. Grâce au pacte migratoire européen, nous pourrons mieux protéger nos frontières extérieures. C’en est fini de la politique du “ [4]wir schaffen das ” d’Angela Merkel.
Vous devez aujourd’hui « jouer aux dures ». Cela correspond-il vraiment à votre personnalité ?
(soupir) « Jouer aux dures ? Je dirais surtout : être honnête. Il faut bien que quelqu’un dise clairement que cela ne sert à rien de venir en Belgique si l’on n’a pas droit à une protection. Il faut bien que quelqu’un dissipe l’illusion selon laquelle tout le monde ici vit dans l’abondance. Ce n’est pas toujours facile, mais on ne peut pas mener cette politique sur la base de l’émotion. Il faut garder à l’esprit l’objectif supérieur.
Mais avez-vous vraiment la migration à cœur ? Ne préféreriez-vous pas gouverner dans votre ville, Gand, plutôt que d’être ministre ?
(sourit) « Rien ne dit que ce choix se présentera un jour… Mais je ne vais pas nier que ma ville me tient particulièrement à cœur. Donc, oui, à choisir, je me verrais plutôt comme bourgmestre de Gand.
[5]La « remigration » n’est plus du tout un tabou pour le Vlaams Belang
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/anneleen-van-bossuyt-la-ministre-au-dessus-des-lois/
[2] https://daardaar.be/rubriques/opinions/taliban-airlines-symbole-dune-europe-en-panne-de-morale/
[3] https://daardaar.be/rubriques/opinions/trois-belges-ont-recu-le-prix-nobel-de-la-paix-pour-avoir-pose-les-bases-du-droit-international-nos-responsables-politiques-lont-ils-oublie/
[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Wir_schaffen_das
[5] https://daardaar.be/rubriques/politique/la-remigration-nest-plus-du-tout-un-tabou-pour-le-vlaams-belang/
D’aucuns voient en vous une sorte de mini-Trump. Selon des spécialistes du droit constitutionnel, vous ne valez guère mieux que le président américain, qui n’hésite pas lui aussi à ignorer les juges.
(long soupir) J’ai essuyé beaucoup de critiques ces dernières semaines. On m’a en effet comparée à Trump. On m’a accusée de maltraitance. Or, je cherche simplement des solutions à un problème sociétal. La pression de la migration sur notre société est gi-gan-tesque. Des enseignants me disent que, dans des classes de vingt-cinq élèves, seuls deux enfants parlent encore néerlandais. Des bourgmestres s’inquiètent pour la sécurité dans leur commune. Dans ces circonstances, n’est-ce pas mon rôle, en tant que ministre de l’Asile et de la Migration, d’agir ?
Au point d’ignorer purement et simplement l’arrêt de la Cour constitutionnelle ?
Mais c’est faux ! Je n’ai jamais ignoré cet arrêt. J’ai simplement cherché une autre base juridique pour pouvoir, en dépit de cette décision, refuser l’accueil de certains migrants.
À la suite de quoi le Conseil d’État vous a de nouveau rappelée à l’ordre…
(visiblement agacée) « Le Conseil d’État a simplement indiqué que nous devions motiver individuellement le refus d’accueil, c’est-à-dire pour chaque demandeur ! C’est donc ce que Fedasil (l’agence chargée de l’accueil des demandeurs d’asile, ndlr) va faire.
Pourtant rien n’est moins sûr. Une partie du personnel de Fedasil refuse d’exécuter vos ordres qu’ils estiment « illégaux ». Ils ne veulent pas avoir sur la conscience les conséquences de votre politique, écrivent-ils dans une lettre ouverte.
Je comprends leur inquiétude. Sincèrement. Ce sont eux qui sont confrontés à ces situations poignantes. Mais la situation est intenable. Nous ne pouvons pas continuer à accueillir tout le monde. Ce n’est qu’en adaptant cette politique que moins de demandeurs d’asile viendront ici et que nous pourrons offrir un accueil de qualité à ceux qui y ont réellement droit. »
[1]Anneleen Van Bossuyt, la ministre au-dessus des lois
Avez-vous le sentiment que les juges vous mettent des bâtons dans les roues ?
Écoutez, je suis moi-même juriste et fille de magistrat. Ne faites pas de moi quelqu’un qui ne respecte pas le pouvoir judiciaire ! Mais je constate que certaines organisations et certains avocats font tout, au nom des droits humains, pour m’empêcher de prendre des mesures visant à lutter contre les dérives de notre système.
Ce ne sont donc pas des juges militants, mais des avocats militants ?
(avec une pointe d’ironie) « Je trouve assez étonnant que des personnes, après quatre tentatives infructueuses pour obtenir un titre de séjour, soient encore encouragées par des avocats à persévérer. Est-ce vraiment dans leur intérêt ? Je ne le pense pas. »
Selon vous, ceux qui ont déjà obtenu une protection ailleurs en Europe doivent simplement retourner dans ce pays. Il y a évidemment une raison qui explique leur présence chez nous : là-bas aussi, ils dorment dans la rue.
Beaucoup de demandeurs d’asile introduisent leur dossier en Grèce. Savez-vous combien de temps il leur faut ensuite pour arriver en Belgique ? Sept jours. Ont-ils vraiment cherché un logement de manière suffisante ? En une semaine, ils sauraient donc déjà qu’ils ne peuvent pas y construire une vie. Je trouve cela… particulier.
Vous voulez dire que…
…ces gens font leur « shopping » – un phénomène bien connu – en se déplaçant de pays en pays pour trouver le système social le plus avantageux. C’est abuser du système, il n’y a pas d’autre mot. La Belgique a trop longtemps été un pays de cocagne. L’Arizona a décidé de mettre un terme à cette situation. En durcissant les règles, on rend notre pays moins attractif comme destination.
Cette politique fonctionne-t-elle ? Les demandes d’asile ont diminué en 2025, mais cette baisse s’explique surtout par le fait que moins de Syriens sont venus en Belgique.
(secoue la tête) Depuis l’entrée en vigueur de nos mesures de crise, les demandes d’asile ont baissé beaucoup plus qu’ailleurs en Europe. À l’évidence, cette politique plus stricte a un effet dissuasif. Notre système social était beaucoup trop généreux. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ainsi, le montant du revenu d’intégration dépend désormais du degré d’intégration, de l’apprentissage de la langue et de la recherche d’emploi. Si vous souhaitez faire venir votre famille, vous devez également disposer de revenus plus élevés afin de pouvoir subvenir à leurs besoins. Ce n’est que du bon sens : nous ne pouvons pas accepter que le monde entier vienne ici pour vivre aux crochets de l’État.
[2]Taliban Airlines : symbole d’une Europe en panne de morale
En même temps, la Belgique ne parvient pas à renvoyer les demandeurs d’asile déboutés. La pression sur la société reste donc élevée. Comment résoudre ce problème ?
Ce n’est pas un problème propre à la Belgique : toute l’Europe y est confrontée. De nombreux pays refusent de reprendre leurs ressortissants. C’est pourquoi beaucoup de demandeurs d’asile mentent sur leur nationalité. Par le passé, ils disaient souvent qu’ils étaient Algériens, par exemple, parce qu’ils savaient qu’ils étaient rarement renvoyés. Il faut donc négocier des accords, comme nous l’avons fait avec l’Algérie. Tout cela prend du temps. C’est pourquoi il est si frustrant d’entendre certains partis affirmer qu’« il suffit de fermer les frontières ». Ce n’est jamais aussi simple. Ce n’est ni possible ni permis.
Pour renvoyer des Afghans, vous négociez même avec les talibans. N’est-ce pas dangereux ? Les personnes renvoyées risquent d’être torturées.
Que devrions-nous faire ? Subir la situation et rester les bras croisés ? Cela reviendrait à dire que les Afghans peuvent tout se permettre chez nous puisqu’ils ne seront de toute façon jamais renvoyés ! Nous ne reconnaissons en aucun cas ce régime, mais si nous ne parlons qu’avec des pays dont nous approuvons entièrement les gouvernements, il n’en resterait pas beaucoup. Ceux qui courent un danger bénéficient évidemment d’une protection ici et ne sont pas renvoyés. Les personnes que nous voulons renvoyer sont des Afghans en situation irrégulière qui représentent un danger pour notre société.
Même avec un accord, encore faut-il retrouver les demandeurs d’asile déboutés. Beaucoup disparaissent dans la nature.
C’est pourquoi des actions ciblées sont désormais menées, par exemple via des contrôles dans les gares, où l’on ne recherche pas seulement des stupéfiants mais où l’on vérifie aussi les titres de séjour. Les personnes sans papiers qui peuvent être renvoyées sont placées dans un centre fermé. Bientôt, la police pourra également, en collaboration avec l’Office des étrangers et bien entendu uniquement avec l’autorisation d’un juge d’instruction, pénétrer au domicile de criminels en séjour illégal qui représentent une menace pour la sécurité nationale. Aujourd’hui, ces criminels échappent aux poursuites parce que les agents se heurtent à des portes closes. Les accords européens faciliteront également les retours.
Dans le pacte migratoire européen, il est prévu que des familles avec enfants puissent être placées en centre fermé. Certains parlent même d’une sorte de police européenne de type ICE.
(indignée) « Rien, dans cette proposition, ne ressemble à une ICE européenne. Les droits humains seront toujours respectés. Savez-vous d’ailleurs que la Belgique est l’un des rares États membres où les familles avec enfants ne sont pas placées en centres fermés ? Tous ces autres pays seraient-ils donc des régimes aussi terribles ? Le séjour illégal est un délit. Il peut être sanctionné. (poursuivant sur sa lancée) Quelle est la solution ? Laisser des gens vivre ici pendant des années sans pouvoir louer un logement, sans pouvoir travailler et donc sans réellement pouvoir construire une vie ? Est-ce cela, les situations dans lesquelles nous voulons laisser des familles avec enfants ? Non, ce n’est pas humain non plus.
[3]Trois Belges ont eu le Nobel de la paix pour avoir posé les bases du droit international: nos élus politiques l’ont-ils oublié?
Dans les prisons belges, un détenu sur trois est sans papiers. La ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) vous a reproché de ne pas en faire assez pour les renvoyer, ce qui contribue à la surpopulation carcérale.
L’asile et la migration ne peuvent intervenir qu’à l’approche de la fin de leur peine. Et c’est ce que nous faisons : le nombre de retours de criminels en séjour illégal depuis les prisons a augmenté de 25%. Mais tant qu’ils se trouvent dans une prison belge, ils relèvent de la compétence de la ministre de la Justice.
La guerre en Iran pourrait déclencher un nouveau flux de réfugiés. Comment la Belgique et l’Europe vont-elles y réagir ?
Pour l’instant, nous ne constatons – heureusement – aucun impact du conflit au Moyen-Orient sur les flux migratoires. Les gens restent principalement dans la région, dans l’espoir que le conflit soit de courte durée. Mais il est déjà clair que l’Europe ne refera pas la même erreur qu’en 2015. Grâce au pacte migratoire européen, nous pourrons mieux protéger nos frontières extérieures. C’en est fini de la politique du “ [4]wir schaffen das ” d’Angela Merkel.
Vous devez aujourd’hui « jouer aux dures ». Cela correspond-il vraiment à votre personnalité ?
(soupir) « Jouer aux dures ? Je dirais surtout : être honnête. Il faut bien que quelqu’un dise clairement que cela ne sert à rien de venir en Belgique si l’on n’a pas droit à une protection. Il faut bien que quelqu’un dissipe l’illusion selon laquelle tout le monde ici vit dans l’abondance. Ce n’est pas toujours facile, mais on ne peut pas mener cette politique sur la base de l’émotion. Il faut garder à l’esprit l’objectif supérieur.
Mais avez-vous vraiment la migration à cœur ? Ne préféreriez-vous pas gouverner dans votre ville, Gand, plutôt que d’être ministre ?
(sourit) « Rien ne dit que ce choix se présentera un jour… Mais je ne vais pas nier que ma ville me tient particulièrement à cœur. Donc, oui, à choisir, je me verrais plutôt comme bourgmestre de Gand.
[5]La « remigration » n’est plus du tout un tabou pour le Vlaams Belang
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/anneleen-van-bossuyt-la-ministre-au-dessus-des-lois/
[2] https://daardaar.be/rubriques/opinions/taliban-airlines-symbole-dune-europe-en-panne-de-morale/
[3] https://daardaar.be/rubriques/opinions/trois-belges-ont-recu-le-prix-nobel-de-la-paix-pour-avoir-pose-les-bases-du-droit-international-nos-responsables-politiques-lont-ils-oublie/
[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Wir_schaffen_das
[5] https://daardaar.be/rubriques/politique/la-remigration-nest-plus-du-tout-un-tabou-pour-le-vlaams-belang/