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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Le chômage en hausse en Flandre, malgré les réformes

([Economie, Politique] 2026-04-01 (Gazet van Antwerpen))


Fin mars, 219 637 chômeurs en recherche d’un emploi étaient inscrits auprès de l’organe officiel flamand, le VDAB, c’est-à-dire 3 pour cent de plus qu’un an plus tôt. Près de la moitié d’entre eux (53 pour cent) sont des demandeurs d’emploi avec allocation de chômage, ou qui ont introduit une demande en ce sens. Cela représente 115 358 personnes, soit ici aussi une augmentation de 3 pour cent.

Ces chiffres ont de quoi surprendre, parce que c’est au début de cette année-ci que la limitation des allocations de chômage dans le temps a pris effet. Et de ce fait, les demandeurs d’emploi qui touchent des allocations depuis deux ans ou plus n’y ont plus droit. Cette réforme est entrée en vigueur en plusieurs vagues. En janvier et février, ce sont les personnes au chômage depuis plus de vingt ans qui ont perdu leurs allocations, ainsi que les personnes sans diplôme du secondaire qui touchent depuis plus d’un an une allocation d’insertion. En mars, c’est le groupe des personnes au chômage depuis plus de huit ans qui a suivi. Et depuis le 1 er avril, les personnes au chômage depuis plus de deux ans ont également perdu leurs allocations.

D’après le VDAB, ce qui explique cette croissance continue du nombre de chômeurs ayant droit à des allocations malgré la réforme, c’est la conjoncture économique. « De plus en plus d’entreprises ont annoncé, ces dernières années, des restructurations ou des faillites, explique Joris Philips, administrateur délégué faisant fonction. En 2024, le VDAB a reçu 71 annonces de licenciement collectif, ce qui représente 6 742 salariés. En 2025, 62 entreprises et 4 622 travailleurs ont connu le même sort. Et les premiers mois de cette année suivent la même tendance : 21 entreprises ont déjà annoncé leur intention de licencier plus de 1 500 travailleurs. Et les personnes qui viennent d’être licenciées ont droit à des allocations de chômage. »

[1]À tous les anciens chômeurs qui ont déjà trouvé du travail: félicitations !

Et en Belgique francophone ?



À Bruxelles, Actiris annonce, à la différence du VDAB, des chiffres en baisse. Du moins, le nombre de chômeurs pouvant prétendre à des allocations a chuté de 3,5 pour cent par rapport à l’année passée, et même de 7,4 pour cent par rapport à février de cette année-ci. Par contre, le nombre total de chômeurs inscrits a augmenté de plus de 6 pour cent, pour atteindre la barre des 96 000. Aussi, le taux de chômage y est toujours de 15 pour cent (+0,6 point de pour cent). Le nombre de jeunes en insertion professionnelle (+8,4 pour cent) et le nombre de demandeurs d’emploi inscrits au CPAS (+15,6 pour cent) n’ont pas cessé d’augmenter dans la Région de Bruxelles-Capitale.

En Wallonie, le Forem a publié cette semaine-ci les chiffres du mois de mars. Il avait déjà noté en février une baisse de 6,8 pour cent des demandeurs d’emploi pouvant prétendre à des allocations. Le nombre de chômeurs, lui, a encore plus augmenté qu’à Bruxelles, avec 12,4 pour cent. Le Forem comptait 36 903 postes vacants pour 272 144 chômeurs, soit moins d’une offre pour sept chômeurs.

La Belgique francophone souffre-t-elle moins de la conjoncture économique que la Flandre ? « En période de récession économique, nous constatons toujours que l’impact sur le taux d’emploi est plus important en Flandre, parce que les gens y travaillent davantage dans le secteur privé et comme intérimaires. Il y a donc plus de personnes qui tombent au chômage en Flandre actuellement, déclare Ludo Struyven, expert du marché du travail à la KU Leuven. En outre, il se fait qu’en Wallonie et à Bruxelles, il y a proportionnellement plus de chômeurs qui ont perdu leurs allocations lors des deux premières vagues de la réforme. La Flandre a ressenti les principaux effets de la réforme un peu plus tard. »

Le VDAB signale qu’il réussit bel et bien à « activer des chômeurs dans le cadre de la limitation dans le temps des allocations de chômage, mais le climat économique a tendance à compliquer les choses. » Et M. Philips de préciser : « Nous voyons aussi que 24 pour cent des demandeurs d’emploi ayant perdu leurs allocations pendant la première vague ont retrouvé un travail. C’est assez remarquable, car il s’agit non seulement de jeunes gens, mais aussi de chômeurs de très longue durée. »

[2]Le documentaire de Deborsu n’est pas anti-wallon, il est contre l’oisiveté



[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/a-tous-les-anciens-chomeurs-qui-ont-deja-trouve-du-travail-felicitations/

[2] https://daardaar.be/rubriques/travail-sante/le-documentaire-de-deborsu-nest-pas-anti-wallon-il-est-contre-loisivete/



QOTD:
"It's not the despair... I can stand the despair. It's the hope."