Fastfood: la McDonaldisation des centres-villes
([Société] 2026-04-01 (De Morgen))
- Reference: 2026-04_15034225_e68b02edbd_b-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/societe/fastfood-la-mcdonaldisation-des-centres-villes/
- Source link: https://www.demorgen.be/nieuws/nieuwe-mcdonald-s-in-gent-op-500-meter-van-drie-concurrenten-gaan-onze-steden-gebukt-onder-mcdonaldisering~bc990059/
Dès 1993, le sociologue américain George Ritzer introduisait le concept de ‘McDonaldisation’. Le terme était utilisé pour désigner les nouveaux processus de rationalisation et de standardisation en vigueur dans notre société et se fondait sur les principes de la célèbre chaîne de restauration rapide.
Aujourd’hui, le concept prend une tournure très concrète. En effet, les chaînes de restauration rapide poussent comme des champignons dans nos centres-villes. Il a ainsi été annoncé il y a peu qu’un nouveau McDonald’s fera son arrivée d’ici l’été 2027 au coin de la Langemunt, principale artère commerçante de la ville, et du Vrijdagmarkt, soit à moins de 500 mètres d’un autre McDonald’s. Sur la distance qui sépare les deux sites se trouvent également un Burger King et un Ellis Burger. Gand ne fait pas figure d’exception dans notre pays, d’autres villes regorgent aussi de fastfoods.
Est-ce trop pour nos centres-villes ? « Le marché le dira », indique Sofie Bracke (Anders, parti libéral flamand), échevine de l’Économie et du Commerce. « Si l’offre dépasse la demande, les chaînes de fastfood ne seront pas rentables et disparaîtront comme elles sont venues. »
Pour l’heure ce n’est pas le cas. Au contraire. Sofie Bracke ajoute que « la pandémie a fait monter l’offre de plats à emporter. Pas seulement pour les chaînes de burgers mais aussi pour les frites, les sushis ou les pokébowls. Les fastfoods ont besoin d’un flux important de passants et s’installent donc dans les emplacements les plus attractifs d’un point de vue commercial, c’est pour cette raison qu’ils sont souvent regroupés.»
Tom Coppens, enseignant en aménagement du territoire (Université d’Anvers) explique ce phénomène : « Les établissements actifs dans la restauration ou les commerçants indépendants sont de plus en plus remplacés par les grandes chaînes. « Le processus est en cours depuis déjà 30 ans et a évolué progressivement. Il est forcément lié au fait que de telles chaînes peuvent travailler plus efficacement d’un point de vue économique: elles bénéficient d’économies d’échelle par rapport aux petits indépendants. C’est pour cette raison que ces derniers sont évincés des rues commerçantes. »
[1]Pourquoi les Flamands protestent-ils autant contre l’arrivée de nouveaux McDonald’s ?
C’est également le cas ici. Le montant du coût de construction de l’immeuble gantois s’élève à environ 2,5 millions d’euros : ce prix était trop élevé pour les autres candidats. « Le loyer est proportionnel à l’investissement, et donc trop élevé pour les petits indépendants », explique Michel De Baets de Qrf, propriétaire de l’immeuble, dans Het Nieuwsblad .
L’été prochain, le nouveau McDonald’s va s’implanter dans un immeuble historique, longtemps occupé par une succursale de Gerry Weber. Pour la ville de Gand, la présence de ces multinationales ne pose pas de problème. « Nous sommes ravis que des investissements soient réalisés dans un immeuble difficile à exploiter. Il n’y a pas d’alternative : c’est soit ça, soit le bâtiment reste inoccupé. » affirme Sophie Bracke.
Le bâtiment étant classé, certaines contraintes sont imposées. Sa restauration se fera sur la base de dessins et cartes postales d’archives et ses façades seront conservées. La chaîne de restauration rapide ne pourra pas ajouter de panneaux publicitaires ni d’enseignes lumineuses au bâtiment.
De plus, les autorités locales disposent de peu de marge de manœuvre surtout lorsqu’on parle de santé publique. Sophie Bracke explique : « Les directives européennes sur les services stipulent que l’on ne peut octroyer de licence sur base de critère économique. Ce n’est pas aux communes de décider quels commerces sont ou non les bienvenus. »
Tom Coppens le confirme: « En principe les communes peuvent, via des plans d’urbanisme, déterminer où les commerces et établissements de restauration peuvent ou non s’implanter. Elles peuvent donc les interdire ou les autoriser, mais exclure un emplacement comme McDonald’s n’est pas possible. »
Il n’empêche, le grand ‘M’ de McDonald’s dénote visuellement avec le caractère historique propre au centre-ville de Gand. « On constate que ces grandes chaînes s’implantent souvent dans des rues commerçantes et des centres-villes historiques, affirme Tom Coppens. Aujourd’hui, les centres-villes sont aménagés comme des centres commerciaux. Certaines villes disposent même d’une forme de gestion commerciale qui vise à conserver un équilibre entre les différents types de commerces et à optimiser le parcours des clients.
Les façades historiques sont souvent utilisées par les commerces comme décor. « Elles créent un cadre agréable pour les passants. Certains centres commerciaux en périphérie reproduisent d’ailleurq une atmosphère de centre-ville historique, comme Maasmechelen Village. Il est donc difficile d’affirmer que le caractère authentique est altéré. Étant donné leur évolution vers de vastes espaces de consommation, les centres-villes ne l’étaient en réalité déjà plus. » explique Tom Coppens.
Selon Sofie Bracke, cette nouvelle implantation n’aura pas de répercussions sur l’image de Gand: « Le client choisit lui-même où il veut aller. De plus, avec PuurGent, nous soutenons les entrepreneurs locaux et indépendants et leur donnons plus de visibilité. Ils sont essentiels pour donner du charme à la ville et éviter l’uniformisation. Mais il y a tout de même de l’espace pour les chaînes et les grandes enseignes, c’est en conservant un tel équilibre que l’on rend la ville agréable pour tout un chacun. »
[2]La cuisine flamande est-elle différente de la cuisine belge ?
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/pourquoi-les-flamands-protestent-ils-autant-contre-larrivee-de-nouveaux-mcdonalds/
[2] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/la-cuisine-flamande-est-elle-differente-de-la-cuisine-belge/
Aujourd’hui, le concept prend une tournure très concrète. En effet, les chaînes de restauration rapide poussent comme des champignons dans nos centres-villes. Il a ainsi été annoncé il y a peu qu’un nouveau McDonald’s fera son arrivée d’ici l’été 2027 au coin de la Langemunt, principale artère commerçante de la ville, et du Vrijdagmarkt, soit à moins de 500 mètres d’un autre McDonald’s. Sur la distance qui sépare les deux sites se trouvent également un Burger King et un Ellis Burger. Gand ne fait pas figure d’exception dans notre pays, d’autres villes regorgent aussi de fastfoods.
Est-ce trop pour nos centres-villes ? « Le marché le dira », indique Sofie Bracke (Anders, parti libéral flamand), échevine de l’Économie et du Commerce. « Si l’offre dépasse la demande, les chaînes de fastfood ne seront pas rentables et disparaîtront comme elles sont venues. »
Pour l’heure ce n’est pas le cas. Au contraire. Sofie Bracke ajoute que « la pandémie a fait monter l’offre de plats à emporter. Pas seulement pour les chaînes de burgers mais aussi pour les frites, les sushis ou les pokébowls. Les fastfoods ont besoin d’un flux important de passants et s’installent donc dans les emplacements les plus attractifs d’un point de vue commercial, c’est pour cette raison qu’ils sont souvent regroupés.»
Tom Coppens, enseignant en aménagement du territoire (Université d’Anvers) explique ce phénomène : « Les établissements actifs dans la restauration ou les commerçants indépendants sont de plus en plus remplacés par les grandes chaînes. « Le processus est en cours depuis déjà 30 ans et a évolué progressivement. Il est forcément lié au fait que de telles chaînes peuvent travailler plus efficacement d’un point de vue économique: elles bénéficient d’économies d’échelle par rapport aux petits indépendants. C’est pour cette raison que ces derniers sont évincés des rues commerçantes. »
[1]Pourquoi les Flamands protestent-ils autant contre l’arrivée de nouveaux McDonald’s ?
C’est également le cas ici. Le montant du coût de construction de l’immeuble gantois s’élève à environ 2,5 millions d’euros : ce prix était trop élevé pour les autres candidats. « Le loyer est proportionnel à l’investissement, et donc trop élevé pour les petits indépendants », explique Michel De Baets de Qrf, propriétaire de l’immeuble, dans Het Nieuwsblad .
L’été prochain, le nouveau McDonald’s va s’implanter dans un immeuble historique, longtemps occupé par une succursale de Gerry Weber. Pour la ville de Gand, la présence de ces multinationales ne pose pas de problème. « Nous sommes ravis que des investissements soient réalisés dans un immeuble difficile à exploiter. Il n’y a pas d’alternative : c’est soit ça, soit le bâtiment reste inoccupé. » affirme Sophie Bracke.
Le bâtiment étant classé, certaines contraintes sont imposées. Sa restauration se fera sur la base de dessins et cartes postales d’archives et ses façades seront conservées. La chaîne de restauration rapide ne pourra pas ajouter de panneaux publicitaires ni d’enseignes lumineuses au bâtiment.
De plus, les autorités locales disposent de peu de marge de manœuvre surtout lorsqu’on parle de santé publique. Sophie Bracke explique : « Les directives européennes sur les services stipulent que l’on ne peut octroyer de licence sur base de critère économique. Ce n’est pas aux communes de décider quels commerces sont ou non les bienvenus. »
Tom Coppens le confirme: « En principe les communes peuvent, via des plans d’urbanisme, déterminer où les commerces et établissements de restauration peuvent ou non s’implanter. Elles peuvent donc les interdire ou les autoriser, mais exclure un emplacement comme McDonald’s n’est pas possible. »
Il n’empêche, le grand ‘M’ de McDonald’s dénote visuellement avec le caractère historique propre au centre-ville de Gand. « On constate que ces grandes chaînes s’implantent souvent dans des rues commerçantes et des centres-villes historiques, affirme Tom Coppens. Aujourd’hui, les centres-villes sont aménagés comme des centres commerciaux. Certaines villes disposent même d’une forme de gestion commerciale qui vise à conserver un équilibre entre les différents types de commerces et à optimiser le parcours des clients.
Les façades historiques sont souvent utilisées par les commerces comme décor. « Elles créent un cadre agréable pour les passants. Certains centres commerciaux en périphérie reproduisent d’ailleurq une atmosphère de centre-ville historique, comme Maasmechelen Village. Il est donc difficile d’affirmer que le caractère authentique est altéré. Étant donné leur évolution vers de vastes espaces de consommation, les centres-villes ne l’étaient en réalité déjà plus. » explique Tom Coppens.
Selon Sofie Bracke, cette nouvelle implantation n’aura pas de répercussions sur l’image de Gand: « Le client choisit lui-même où il veut aller. De plus, avec PuurGent, nous soutenons les entrepreneurs locaux et indépendants et leur donnons plus de visibilité. Ils sont essentiels pour donner du charme à la ville et éviter l’uniformisation. Mais il y a tout de même de l’espace pour les chaînes et les grandes enseignes, c’est en conservant un tel équilibre que l’on rend la ville agréable pour tout un chacun. »
[2]La cuisine flamande est-elle différente de la cuisine belge ?
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/pourquoi-les-flamands-protestent-ils-autant-contre-larrivee-de-nouveaux-mcdonalds/
[2] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/la-cuisine-flamande-est-elle-differente-de-la-cuisine-belge/