23 % d’inactifs en Belgique: quand le travail ne «rapporte» pas
([Economie, Société] 2026-03-01 (Het Laatste Nieuws))
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- News link: https://daardaar.be/rubriques/societe/23-dinactifs-en-belgique-quand-le-travail-ne-rapporte-pas/
- Source link: https://www.hln.be/binnenland/een-op-de-vier-belgen-op-arbeidsleeftijd-werkt-niet-en-zoekt-geen-job-hln-werkexpert-stijn-baert-afschaffing-huwelijksquotient-moet-dat-veranderen~a5dca29b/?referrer=https%3A%2F%2Fwww.google.com%2F&slug_rd=1
Seuls deux pays européens connaissent un nombre plus élevé d’inactifs que la Belgique. Un « inactif » se définit comme une personne qui n’a pas d’emploi, mais qui n’en cherche pas non plus. Dans de nombreux cas, il s’agit de malades de longue durée, mais pas seulement, comme le démontre une étude de UGent@Work. Quinze pour cent des inactifs ne cherchent pas de travail parce que ça ne leur rapporterait rien financièrement. Stijn Baert, l’expert en emploi du quotidien Het Laatste Nieuws , entrevoit une solution.
L’année passée, notre pays comptait 4,6 pour cent de chômeurs, auxquels il faut encore ajouter 23 pour cent d’inactifs. Il s’agit de personnes qui ont l’âge d’exercer un emploi, mais qui n’en cherchent pas, comme les malades de longue durée, les femmes et hommes au foyer, les aidants proches et les personnes bénéficiant du revenu d’intégration du CPAS. Aucun État de l’Union européenne, à l’exception de l’Italie et de la Roumanie, ne compte plus d’inactifs que la Belgique. Si le gouvernement De Wever entend faire grimper le taux d’emploi, ce ne sont pas les chômeurs qu’il faut viser en priorité, mais plutôt le groupe bien plus large des inactifs, estime Stijn Baert, professeur en économie du travail à l’Université de Gand.
Cela ne signifie pas pour autant que tous ces inactifs profitent d’une allocation. Par exemple, la plupart des femmes et des hommes au foyer ne perçoivent absolument rien de l’État. Pourquoi ces personnes ne cherchent-elles pas d’emploi ? C’est ce qu’une étude de UGent@Work a tenté de savoir. Le travail au noir n’est visiblement pas en cause : à peine 2 pour cent des inactifs interrogés ont indiqué ne pas chercher d’emploi par crainte de ne plus pouvoir travailler au noir.
Quelle est la cause, alors ? La plupart des inactifs sont des personnes malades de longue durée, nous apprend l’étude. Parmi celles-ci, 77 pour cent déclarent ne pas chercher d’emploi en raison de problèmes de santé physique et 56 pour cent à cause de problèmes de santé mentale. En outre, de nombreux inactifs restent à domicile pour s’occuper de leurs enfants, petits-enfants ou d’autres membres de la famille, affirme Liam D’hert, doctorant en économie du travail à l’UGent, qui a collaboré à l’étude. En général, cela ne s’explique pas par le coût ou la rareté des crèches ou des structures d’accueil de l’enfance. 73 pour cent préfèrent simplement prendre soin de leurs enfants eux-mêmes. À peine 7 pour cent des personnes au foyer, c’est-à-dire les hommes et femmes au foyer ainsi que les aidants proches, ont vraiment l’intention de chercher un emploi. Généralement, ce sont des personnes qui vivent du revenu de leur partenaire.
[1]665 000 inactifs en Flandre, quelle honte!
Bien entendu, il n’est pas facile de convaincre des personnes qui veulent absolument s’occuper de leurs enfants de confier cette tâche à quelqu’un d’autre afin d’aller chercher un travail à l’extérieur. Liam D’hert le comprend bien aussi. Cependant, il existe d’autres barrières qui, elles, peuvent tomber. Notamment dans les cas où la situation financière des inactifs ne s’améliore pas lorsqu’ils trouvent un emploi. C’est ce qu’on appelle le « piège de l’inactivité », qui n’a rien à voir avec le fait de profiter du système.
Il ressort de l’étude que 15 pour cent des inactifs ne cherchent pas de travail parce que financièrement, cela ne leur rapporterait rien. S’ils avaient un emploi, ils perdraient des avantages, comme l’intervention majorée, système qui leur permet de réduire le coût des interventions médicales, précise D’hert.
D’autres inactifs indiquent en outre que leur partenaire devrait payer davantage de contributions s’ils trouvaient un travail. En bref, si on veut que le travail paie davantage, il ne suffit pas de baisser le montant des allocations. Ce n’est pas non plus qu’une question de salaire. La question s’avère bien plus complexe.
Stijn Baert : pendant la campagne électorale, tous les partis du gouvernement De Wever avaient promis que le travail serait mieux récompensé, mais les choses s’avèrent plus difficiles que prévu. Par exemple, les avantages sociaux restent pour le moment liés au statut de chômeur ou d’inactif, et non au revenu. En effet, lorsqu’une personne retourne au travail, même pour un salaire peu élevé, elle perd souvent ces avantages.
Rien d’étonnant dès lors à ce qu’une partie des inactifs ne cherchent pas d’emploi parce que ce n’est pas avantageux, avance Baert. L’accord de gouvernement promet toutefois un changement. Qu’attendons-nous ? Quant à la diminution des contributions sur les salaires, le gouvernement a repoussé une grosse partie de la mesure à 2030. Donc au prochain gouvernement !
Une autre mesure prévue par l’accord de gouvernement et que Stijn Baert, chiffres de l’étude à l’appui, souhaiterait voir réalisée au plus vite, c’est la suppression du quotient conjugal. Par ce mécanisme, dans le calcul des contributions, trente pour cent du revenu du partenaire qui gagne le plus est transposé chez celui qui gagne le moins. Il en résulte qu’en cas de retour au travail du père ou de la mère au foyer, l’autre partenaire atteindrait une tranche d’imposition supérieure.
Ce système n’est pas de nature à stimuler les gens, comme le démontrent nos chiffres, constate Baert. Parmi les pères ou mères au foyer, 36 pour cent indiquent qu’ils ne travaillent pas parce que dans ce cas-là, leur partenaire devrait payer plus d’impôts. En supprimant rapidement le quotient conjugal, on pourra aussi réaliser plus tôt la promesse de baisser les contributions sur les (bas) salaires.
Aujourd’hui, un inactif sur quatre ne franchit pas le pas vers le marché de l’emploi. Le professeur Baert est persuadé que l’abolition du quotient conjugal stimulera les inactifs à franchir ce pas. Mais lorsque cette mesure fiscale disparaîtra effectivement, de nombreuses personnes mariées ou cohabitants légaux le sentiront directement sur leur compte en banque. A fortiori dans les couples où la différence de revenus est grande. On estime à 500 000 le nombre de ménages belges qui bénéficient actuellement du quotient conjugal. Selon les calculs de la Ligue des familles, ces ménages perdraient jusqu’à plus de 1 000 euros par an quand cet avantage disparaîtra.
[2]Emploi : un Mur de Berlin entre la Wallonie et la Flandre
[1] https://daardaar.be/rubriques/travail-sante/665-000-inactifs-en-flandre-quelle-honte/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/emploi-un-mur-de-berlin-entre-la-wallonie-et-la-flandre/
L’année passée, notre pays comptait 4,6 pour cent de chômeurs, auxquels il faut encore ajouter 23 pour cent d’inactifs. Il s’agit de personnes qui ont l’âge d’exercer un emploi, mais qui n’en cherchent pas, comme les malades de longue durée, les femmes et hommes au foyer, les aidants proches et les personnes bénéficiant du revenu d’intégration du CPAS. Aucun État de l’Union européenne, à l’exception de l’Italie et de la Roumanie, ne compte plus d’inactifs que la Belgique. Si le gouvernement De Wever entend faire grimper le taux d’emploi, ce ne sont pas les chômeurs qu’il faut viser en priorité, mais plutôt le groupe bien plus large des inactifs, estime Stijn Baert, professeur en économie du travail à l’Université de Gand.
De la difficulté de convaincre
Cela ne signifie pas pour autant que tous ces inactifs profitent d’une allocation. Par exemple, la plupart des femmes et des hommes au foyer ne perçoivent absolument rien de l’État. Pourquoi ces personnes ne cherchent-elles pas d’emploi ? C’est ce qu’une étude de UGent@Work a tenté de savoir. Le travail au noir n’est visiblement pas en cause : à peine 2 pour cent des inactifs interrogés ont indiqué ne pas chercher d’emploi par crainte de ne plus pouvoir travailler au noir.
Quelle est la cause, alors ? La plupart des inactifs sont des personnes malades de longue durée, nous apprend l’étude. Parmi celles-ci, 77 pour cent déclarent ne pas chercher d’emploi en raison de problèmes de santé physique et 56 pour cent à cause de problèmes de santé mentale. En outre, de nombreux inactifs restent à domicile pour s’occuper de leurs enfants, petits-enfants ou d’autres membres de la famille, affirme Liam D’hert, doctorant en économie du travail à l’UGent, qui a collaboré à l’étude. En général, cela ne s’explique pas par le coût ou la rareté des crèches ou des structures d’accueil de l’enfance. 73 pour cent préfèrent simplement prendre soin de leurs enfants eux-mêmes. À peine 7 pour cent des personnes au foyer, c’est-à-dire les hommes et femmes au foyer ainsi que les aidants proches, ont vraiment l’intention de chercher un emploi. Généralement, ce sont des personnes qui vivent du revenu de leur partenaire.
[1]665 000 inactifs en Flandre, quelle honte!
Bien entendu, il n’est pas facile de convaincre des personnes qui veulent absolument s’occuper de leurs enfants de confier cette tâche à quelqu’un d’autre afin d’aller chercher un travail à l’extérieur. Liam D’hert le comprend bien aussi. Cependant, il existe d’autres barrières qui, elles, peuvent tomber. Notamment dans les cas où la situation financière des inactifs ne s’améliore pas lorsqu’ils trouvent un emploi. C’est ce qu’on appelle le « piège de l’inactivité », qui n’a rien à voir avec le fait de profiter du système.
Il ressort de l’étude que 15 pour cent des inactifs ne cherchent pas de travail parce que financièrement, cela ne leur rapporterait rien. S’ils avaient un emploi, ils perdraient des avantages, comme l’intervention majorée, système qui leur permet de réduire le coût des interventions médicales, précise D’hert.
Une promesse dans l’accord de gouvernement
D’autres inactifs indiquent en outre que leur partenaire devrait payer davantage de contributions s’ils trouvaient un travail. En bref, si on veut que le travail paie davantage, il ne suffit pas de baisser le montant des allocations. Ce n’est pas non plus qu’une question de salaire. La question s’avère bien plus complexe.
Stijn Baert : pendant la campagne électorale, tous les partis du gouvernement De Wever avaient promis que le travail serait mieux récompensé, mais les choses s’avèrent plus difficiles que prévu. Par exemple, les avantages sociaux restent pour le moment liés au statut de chômeur ou d’inactif, et non au revenu. En effet, lorsqu’une personne retourne au travail, même pour un salaire peu élevé, elle perd souvent ces avantages.
Rien d’étonnant dès lors à ce qu’une partie des inactifs ne cherchent pas d’emploi parce que ce n’est pas avantageux, avance Baert. L’accord de gouvernement promet toutefois un changement. Qu’attendons-nous ? Quant à la diminution des contributions sur les salaires, le gouvernement a repoussé une grosse partie de la mesure à 2030. Donc au prochain gouvernement !
À quand la suppression du quotient conjugal ?
Une autre mesure prévue par l’accord de gouvernement et que Stijn Baert, chiffres de l’étude à l’appui, souhaiterait voir réalisée au plus vite, c’est la suppression du quotient conjugal. Par ce mécanisme, dans le calcul des contributions, trente pour cent du revenu du partenaire qui gagne le plus est transposé chez celui qui gagne le moins. Il en résulte qu’en cas de retour au travail du père ou de la mère au foyer, l’autre partenaire atteindrait une tranche d’imposition supérieure.
Ce système n’est pas de nature à stimuler les gens, comme le démontrent nos chiffres, constate Baert. Parmi les pères ou mères au foyer, 36 pour cent indiquent qu’ils ne travaillent pas parce que dans ce cas-là, leur partenaire devrait payer plus d’impôts. En supprimant rapidement le quotient conjugal, on pourra aussi réaliser plus tôt la promesse de baisser les contributions sur les (bas) salaires.
Un demi-million de ménages concernés
Aujourd’hui, un inactif sur quatre ne franchit pas le pas vers le marché de l’emploi. Le professeur Baert est persuadé que l’abolition du quotient conjugal stimulera les inactifs à franchir ce pas. Mais lorsque cette mesure fiscale disparaîtra effectivement, de nombreuses personnes mariées ou cohabitants légaux le sentiront directement sur leur compte en banque. A fortiori dans les couples où la différence de revenus est grande. On estime à 500 000 le nombre de ménages belges qui bénéficient actuellement du quotient conjugal. Selon les calculs de la Ligue des familles, ces ménages perdraient jusqu’à plus de 1 000 euros par an quand cet avantage disparaîtra.
[2]Emploi : un Mur de Berlin entre la Wallonie et la Flandre
[1] https://daardaar.be/rubriques/travail-sante/665-000-inactifs-en-flandre-quelle-honte/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/emploi-un-mur-de-berlin-entre-la-wallonie-et-la-flandre/