Pourquoi Jan Jambon et la N-VA s’en prennent-ils à Apache… et à la démocratie ?
([Culture et Médias, Politique] 2026-03-01 (Apache))
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- News link: https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/pourquoi-jan-jambon-et-la-n-va-sen-prennent-ils-a-apache-et-a-la-democratie/
- Source link: https://apache.be/2026/03/18/waarom-jambon-en-n-va-jacht-maken-op-apache-en-democratie
Le ministre des Finances Jan Jambon (N-VA) refuse d’apposer sa signature sur une subvention de 40 000 euros pourtant déjà accordée par la Loterie nationale. Cette demande avait été introduite par Apache afin de lancer une formation destinée à de jeunes journalistes d’investigation. Les raisons de cette exception sont – pour une fois – évidentes et ne nécessitent aucune enquête de terrain approfondie.
Apache a reçu la confirmation officielle de l’acceptation de sa demande par la Loterie nationale le 18 décembre 2024. [1]La formation a débuté le 1er septembre 2025 et s’est achevée à la fin du mois dernier.
Jan Jambon est le ministre de tutelle de la Loterie nationale. Il doit signer les dossiers validés, mais cette signature relève en principe d’une simple formalité. L’évaluation des demandes [2]incombe à la Loterie elle-même , via un comité interne chargé d’examiner les dossiers et de vérifier leur conformité aux critères. Les dossiers approuvés sont ensuite transmis au ministre pour signature. En aucun cas, l’idéologie et encore moins les ressentiments personnels d’un ministre ou de son parti ne sont censés intervenir à ce stade.
Apache s’est également posé la question. C’est pourquoi nous avons demandé, via la loi relative à la publicité de l’administration, les chiffres concernant le nombre de dossiers traités par la Loterie nationale. Nous avons sollicité des données portant sur les quinze dernières années, mais il apparaît que celles-ci ne sont regroupées de manière systématique que depuis 2022. Sur la période 2022-2025, un total de 13 252 demandes de subvention ont été introduites. Parmi celles-ci, le comité de subvention en a approuvé 6 649. Sur ces 6 649 dossiers approuvés, le ministre n’a refusé d’apposer sa signature que dans deux cas (0,03 %). L’un d’eux concerne le dossier d’Apache. L’autre ne nous est pas connu.
[3]Qui est Bart De Wever, le président de la N-VA qui boycotte la plupart des médias francophones?
Pour Apache, la conclusion est claire : le ministre cherche à affaiblir financièrement un média dont la posture critique à l’égard du pouvoir lui déplaît. Ce n’est pas une première. Le parti a déjà tenté à plusieurs reprises de marginaliser Apache.
Afin de compenser la perte, Apache se voit contraint de solliciter à nouveau le soutien de ses lecteurs, comme par le passé, via une campagne de financement participatif.
Vous voulez [4] nous aider ? Versez-nous votre contribution librement. Informations sur [5]cette page .
En 2017, l’ancienne ministre flamande Liesbeth Homans (N-VA) avait déjà torpillé un investissement du fonds Trividend destiné à Apache. Plusieurs membres du conseil d’administration avaient alors confirmé l’intervention directe du cabinet ministériel.
Deux ans plus tard, lors des négociations du gouvernement flamand, Bart De Wever est intervenu personnellement pour [6]supprimer le Fonds pour le journalisme flamand afin d’empêcher Apache d’introduire un dossier.
À cette époque, Apache publiait des révélations sur des opérations immobilières douteuses à Anvers, impliquant notamment Erik Van der Paal, proche de Bart De Wever. Ces enquêtes ont entraîné une avalanche de procédures judiciaires – notamment par l’ancien chef de cabinet de Bart De Wever – et même des surveillances par détectives privés.
Depuis lors, Apache est considéré comme persona non grata par la N-VA anversoise et nous avons été taxés de pratiquer un « [7]journalisme de caniveau ». Malgré des victoires judiciaires et même des [8]condamnations pour procédures abusives contre ses opposants , le média continue d’être accusé de diffamation par ce parti à Anvers. Plus grave encore, les échevins N-VA d’Anvers refusent systématiquement de répondre aux questions d’Apache.
Ils semblent oublier qu’en tant que mandataires exécutifs, plus encore que d’autres, ils sont au service de la société.
[9]Conflit d’intérêt : les liaisons dangereuses de Bart De Wever
Le refus de Jambon d’apposer sa signature sur une subvention pourtant approuvée s’inscrit dans la même logique. Dans le dossier [10]Nieuw-Vlaamse Netwerkcorruptie , Apache a publié ces derniers mois de nouvelles révélations sur des relations entre des membres anversois de la N-VA et des promoteurs immobiliers qui ne supportent pas la lumière du jour. Les articles mettent au jour un système dans lequel des promoteurs versent d’importantes sommes d’argent afin que des élus N-VA, placés aux bons postes, approuvent des permis controversés.
Non, mais le parti le perçoit ainsi. La raison d’être d’Apache est de questionner de manière critique le pouvoir et de demander à nos dirigeants de rendre compte de leurs décisions. En tant que principal parti du pays, la N-VA a beaucoup de pouvoir, au niveau fédéral, régional et local. Lorsque le parti abuse de cette position, Apache le dénonce.
Les procédures judiciaires coûtent des sommes considérables et mobilisent un temps précieux qui ne peut être consacré à l’enquête. Ces dernières années, Apache a toujours pu compter sur le soutien de ses lecteurs et sympathisants. Ce qui rend la suppression de cette subvention d’autant plus problématique, c’est que le montant avait déjà été accordé et que les dépenses ont entre-temps été engagées. Le paiement par la Loterie nationale devait intervenir après la clôture, fin février, sur présentation des factures. Mais il n’en a rien été : environ un mois avant l’échéance, Apache a été informé que le ministre refusait d’apposer sa signature sur la subvention approuvée.
[11]Fin des subventions pour le journalisme indépendant ? Nous savons où trouver 120 millions !
Selon Jambon, la demande reviendrait à « prendre en charge des coûts salariaux pour un acteur concret du journalisme, ce qui est déjà soutenu par le Fonds Pascal Decroos ». Indépendamment du fait que Jambon ne réserve cette explication qu’à un seul dossier parmi des milliers, l’argument ne tient pas debout. Il n’est nullement question de prise en charge de coûts salariaux. Au contraire, la Loterie nationale avait explicitement exigé qu’Apache apporte un montant équivalent. C’est pourquoi, après l’accord du comité de subvention, Apache a lancé une campagne de financement participatif.
Jambon souhaite manifestement empêcher qu’une formation journalistique visant à former une nouvelle génération de journalistes d’investigation critiques ne voie le jour.
En tant que nationaliste flamand et ancien ministre-président flamand, Jambon devrait en outre savoir que le financement du Fonds Pascal Decroos relève d’une compétence flamande, et non fédérale. Le Fonds Pascal Decroos ne finance d’ailleurs pas des organisations médiatiques, mais uniquement des bourses destinées à des journalistes individuels.
Assurément. Il s’agit d’une tentative obstinée de museler un journalisme critique qui interpelle les détenteurs du pouvoir. Ce qui rend cette affaire encore plus grave, c’est qu’il est question ici de saboter une formation journalistique dont l’objectif est précisément de former une nouvelle génération de journalistes d’investigation critiques. Une initiative qui, selon Jambon, devrait être étouffée dans l’œuf. Les tentatives « trumpiennes » de Jambon visant à écarter tout ce qui ne marche pas docilement dans le rang constituent une menace pour la démocratie.
Non. Certains membres du parti, en dehors de la N-VA anversoise, condamnent son approche, mais sans le faire publiquement. Mais il y a surtout aussi des membres du parti qui s’inscrivent pleinement dans la même ligne et prônent un esprit de revanche que l’on a également observé dans la manière dont le gouvernement flamand a réglé leur sort à plusieurs dossiers de subventions dans le secteur socioculturel.
[12]27 ans d’écart, le couple N-VA qui incarne la politique spectacle à la flamande
[1] https://apache.be/2025/03/08/georges-timmerman-ik-snap-niet-dat-er-nog-geen-tien-twintig-apaches-bestaan
[2] https://subsidieaanvraag.nationale-loterij.be/nl
[3] https://daardaar.be/rubriques/politique/qui-est-bart-de-wever-le-president-de-la-n-va-qui-boycotte-la-plupart-des-medias-francophones/
[4] https://apache.be/tegenaanval
[5] https://apache.be/tegenaanval
[6] https://apache.be/2019/11/08/vlaanderen-schrapt-bijna-alle-steun-aan-onafhankelijke-journalistiek
[7] https://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme_jaune
[8] https://apache.be/2022/06/10/arrest-geeft-flinke-steun-rug-van-onderzoeksjournalistiek-door-apache
[9] https://daardaar.be/rubriques/economie/conflit-dinteret-liaisons-dangereuses-de-bart-de-wever/
[10] https://apache.be/dossier/nieuw-vlaamse-netwerkcorruptie
[11] https://daardaar.be/rubriques/societe/fin-des-subventions-pour-le-journalisme-independant-nous-savons-ou-trouver-120-millions/
[12] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/27-ans-decart-le-couple-n-va-qui-incarne-la-politique-spectacle-a-la-flamande/
Apache a reçu la confirmation officielle de l’acceptation de sa demande par la Loterie nationale le 18 décembre 2024. [1]La formation a débuté le 1er septembre 2025 et s’est achevée à la fin du mois dernier.
Jambon peut-il bloquer une subvention déjà approuvée ?
Jan Jambon est le ministre de tutelle de la Loterie nationale. Il doit signer les dossiers validés, mais cette signature relève en principe d’une simple formalité. L’évaluation des demandes [2]incombe à la Loterie elle-même , via un comité interne chargé d’examiner les dossiers et de vérifier leur conformité aux critères. Les dossiers approuvés sont ensuite transmis au ministre pour signature. En aucun cas, l’idéologie et encore moins les ressentiments personnels d’un ministre ou de son parti ne sont censés intervenir à ce stade.
Les ministres refusent-ils souvent de signer ?
Apache s’est également posé la question. C’est pourquoi nous avons demandé, via la loi relative à la publicité de l’administration, les chiffres concernant le nombre de dossiers traités par la Loterie nationale. Nous avons sollicité des données portant sur les quinze dernières années, mais il apparaît que celles-ci ne sont regroupées de manière systématique que depuis 2022. Sur la période 2022-2025, un total de 13 252 demandes de subvention ont été introduites. Parmi celles-ci, le comité de subvention en a approuvé 6 649. Sur ces 6 649 dossiers approuvés, le ministre n’a refusé d’apposer sa signature que dans deux cas (0,03 %). L’un d’eux concerne le dossier d’Apache. L’autre ne nous est pas connu.
[3]Qui est Bart De Wever, le président de la N-VA qui boycotte la plupart des médias francophones?
Pourquoi Jambon intervient-il ?
Pour Apache, la conclusion est claire : le ministre cherche à affaiblir financièrement un média dont la posture critique à l’égard du pouvoir lui déplaît. Ce n’est pas une première. Le parti a déjà tenté à plusieurs reprises de marginaliser Apache.
Afin de compenser la perte, Apache se voit contraint de solliciter à nouveau le soutien de ses lecteurs, comme par le passé, via une campagne de financement participatif.
Vous voulez [4] nous aider ? Versez-nous votre contribution librement. Informations sur [5]cette page .
Des précédents ?
En 2017, l’ancienne ministre flamande Liesbeth Homans (N-VA) avait déjà torpillé un investissement du fonds Trividend destiné à Apache. Plusieurs membres du conseil d’administration avaient alors confirmé l’intervention directe du cabinet ministériel.
Deux ans plus tard, lors des négociations du gouvernement flamand, Bart De Wever est intervenu personnellement pour [6]supprimer le Fonds pour le journalisme flamand afin d’empêcher Apache d’introduire un dossier.
Pourquoi la N-VA (anversoise) joue-t-elle à ce jeu ?
À cette époque, Apache publiait des révélations sur des opérations immobilières douteuses à Anvers, impliquant notamment Erik Van der Paal, proche de Bart De Wever. Ces enquêtes ont entraîné une avalanche de procédures judiciaires – notamment par l’ancien chef de cabinet de Bart De Wever – et même des surveillances par détectives privés.
Depuis lors, Apache est considéré comme persona non grata par la N-VA anversoise et nous avons été taxés de pratiquer un « [7]journalisme de caniveau ». Malgré des victoires judiciaires et même des [8]condamnations pour procédures abusives contre ses opposants , le média continue d’être accusé de diffamation par ce parti à Anvers. Plus grave encore, les échevins N-VA d’Anvers refusent systématiquement de répondre aux questions d’Apache.
Ils semblent oublier qu’en tant que mandataires exécutifs, plus encore que d’autres, ils sont au service de la société.
[9]Conflit d’intérêt : les liaisons dangereuses de Bart De Wever
Cette affaire est-elle toujours d’actualité ?
Le refus de Jambon d’apposer sa signature sur une subvention pourtant approuvée s’inscrit dans la même logique. Dans le dossier [10]Nieuw-Vlaamse Netwerkcorruptie , Apache a publié ces derniers mois de nouvelles révélations sur des relations entre des membres anversois de la N-VA et des promoteurs immobiliers qui ne supportent pas la lumière du jour. Les articles mettent au jour un système dans lequel des promoteurs versent d’importantes sommes d’argent afin que des élus N-VA, placés aux bons postes, approuvent des permis controversés.
La N-VA (anversoise) est-elle ciblée par Apache ?
Non, mais le parti le perçoit ainsi. La raison d’être d’Apache est de questionner de manière critique le pouvoir et de demander à nos dirigeants de rendre compte de leurs décisions. En tant que principal parti du pays, la N-VA a beaucoup de pouvoir, au niveau fédéral, régional et local. Lorsque le parti abuse de cette position, Apache le dénonce.
Les tentatives visant à faire taire Apache affectent-elles son fonctionnement global ?
Les procédures judiciaires coûtent des sommes considérables et mobilisent un temps précieux qui ne peut être consacré à l’enquête. Ces dernières années, Apache a toujours pu compter sur le soutien de ses lecteurs et sympathisants. Ce qui rend la suppression de cette subvention d’autant plus problématique, c’est que le montant avait déjà été accordé et que les dépenses ont entre-temps été engagées. Le paiement par la Loterie nationale devait intervenir après la clôture, fin février, sur présentation des factures. Mais il n’en a rien été : environ un mois avant l’échéance, Apache a été informé que le ministre refusait d’apposer sa signature sur la subvention approuvée.
[11]Fin des subventions pour le journalisme indépendant ? Nous savons où trouver 120 millions !
Comment Jan Jambon justifie-t-il son refus?
Selon Jambon, la demande reviendrait à « prendre en charge des coûts salariaux pour un acteur concret du journalisme, ce qui est déjà soutenu par le Fonds Pascal Decroos ». Indépendamment du fait que Jambon ne réserve cette explication qu’à un seul dossier parmi des milliers, l’argument ne tient pas debout. Il n’est nullement question de prise en charge de coûts salariaux. Au contraire, la Loterie nationale avait explicitement exigé qu’Apache apporte un montant équivalent. C’est pourquoi, après l’accord du comité de subvention, Apache a lancé une campagne de financement participatif.
Jambon souhaite manifestement empêcher qu’une formation journalistique visant à former une nouvelle génération de journalistes d’investigation critiques ne voie le jour.
En tant que nationaliste flamand et ancien ministre-président flamand, Jambon devrait en outre savoir que le financement du Fonds Pascal Decroos relève d’une compétence flamande, et non fédérale. Le Fonds Pascal Decroos ne finance d’ailleurs pas des organisations médiatiques, mais uniquement des bourses destinées à des journalistes individuels.
La décision de Jambon dépasse-t-elle le seul cas d’Apache ?
Assurément. Il s’agit d’une tentative obstinée de museler un journalisme critique qui interpelle les détenteurs du pouvoir. Ce qui rend cette affaire encore plus grave, c’est qu’il est question ici de saboter une formation journalistique dont l’objectif est précisément de former une nouvelle génération de journalistes d’investigation critiques. Une initiative qui, selon Jambon, devrait être étouffée dans l’œuf. Les tentatives « trumpiennes » de Jambon visant à écarter tout ce qui ne marche pas docilement dans le rang constituent une menace pour la démocratie.
Jambon est-il isolé au sein de son parti dans cette approche ?
Non. Certains membres du parti, en dehors de la N-VA anversoise, condamnent son approche, mais sans le faire publiquement. Mais il y a surtout aussi des membres du parti qui s’inscrivent pleinement dans la même ligne et prônent un esprit de revanche que l’on a également observé dans la manière dont le gouvernement flamand a réglé leur sort à plusieurs dossiers de subventions dans le secteur socioculturel.
[12]27 ans d’écart, le couple N-VA qui incarne la politique spectacle à la flamande
[1] https://apache.be/2025/03/08/georges-timmerman-ik-snap-niet-dat-er-nog-geen-tien-twintig-apaches-bestaan
[2] https://subsidieaanvraag.nationale-loterij.be/nl
[3] https://daardaar.be/rubriques/politique/qui-est-bart-de-wever-le-president-de-la-n-va-qui-boycotte-la-plupart-des-medias-francophones/
[4] https://apache.be/tegenaanval
[5] https://apache.be/tegenaanval
[6] https://apache.be/2019/11/08/vlaanderen-schrapt-bijna-alle-steun-aan-onafhankelijke-journalistiek
[7] https://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme_jaune
[8] https://apache.be/2022/06/10/arrest-geeft-flinke-steun-rug-van-onderzoeksjournalistiek-door-apache
[9] https://daardaar.be/rubriques/economie/conflit-dinteret-liaisons-dangereuses-de-bart-de-wever/
[10] https://apache.be/dossier/nieuw-vlaamse-netwerkcorruptie
[11] https://daardaar.be/rubriques/societe/fin-des-subventions-pour-le-journalisme-independant-nous-savons-ou-trouver-120-millions/
[12] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/27-ans-decart-le-couple-n-va-qui-incarne-la-politique-spectacle-a-la-flamande/