Rapatriés du Golfe : quand le luxe fait parfois oublier la guerre
([Opinions, Société] 2026-03-01 (Gazet van Antwerpen))
- Reference: 2026-03_Belgaimage-166824427-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/societe/rapatries-du-golfe-quand-le-luxe-fait-parfois-oublier-la-guerre/
- Source link: https://www.gva.be/binnenland/we-mogen-ons-best-wat-meer-bezinnen-over-onze-reisbestemmingen-en-de-risicos-die-ze-meebrengen/140017934.html
Quelle émotion, à Zaventem, à la vue de ces touristes revenus de Dubaï, d’Abu Dhabi ou de Doha qui purent à nouveau embrasser leur famille après être restés bloqués quelques jours de plus que prévu dans les États du Golfe. La situation a été stressante, mais étant donné ce qui se déroule actuellement dans le Moyen-Orient, il n’est pas interdit de relativiser non plus.
Et heureusement, on relativise. Les larmes qui ont coulé dans le hall des arrivées étaient bien réelles, le soulagement était grand – et on le comprend – mais parmi les personnes rapatriées par la Belgique, beaucoup se sont rendu compte que des choses bien plus graves se jouent aujourd’hui au Moyen-Orient. Bien sûr, d’autres gouvernements européens ont organisé plus rapidement le retour de leurs ressortissants. Bien sûr, la Belgique n’a pas fait la meilleure impression.
Mais s’il est permis de critiquer la lenteur de la réaction belge, la plupart des touristes « sauvés » étaient tellement contents de rentrer chez eux qu’ils ne s’en sont pas plaints. De même qu’ils n’ont rien trouvé à redire par rapport à l’argent qu’il leur a été demandé de payer. Et pourtant, sur les réseaux sociaux, ils se sont fait traiter d’enfants gâtés, de richards qui devraient débourser bien plus pour compenser le coût élevé de leur rapatriement. Ces reproches ne sont pas nécessaires. Ce qui est nécessaire, en revanche, c’est de s’interroger sur la pertinence de ce genre de voyages.
[1]Cette députée N-VA prête à rentrer en Iran : « Une occasion unique de servir mon pays »
Pour beaucoup, un voyage à Dubaï ne diffère pas essentiellement d’un petit séjour à la Côte d’Azur. Les touristes adorent tellement se laisser éblouir par le luxe des États pétroliers qu’ils oublient, par commodité, que ceux-ci se situent dans une région tout sauf tranquille. La guerre planait depuis des semaines au Moyen-Orient. Ce n’est pas la destination touristique la plus évidente ces derniers temps. Et lorsqu’on y va malgré tout, il faut au moins s’attendre à ne pas rentrer exactement au moment où on le souhaite.
Il faut aussi être conscient de ses privilèges. En effet, tellement de personnes ne peuvent pas fuir et doivent continuer à vivre dans la peur. À Dubaï certes, mais surtout à Téhéran et au Liban. Espérons que les aventures vécues par les voyageurs à Dubaï et par leurs familles susciteront chez eux plus de compréhension envers ceux qui ont pu fuir la misère, mais qui ont dû laisser leur famille au pays.
La peur que nous, Occidentaux, ressentons quelques jours parce que nos fils ou nos filles ne rentrent pas d’un pays relativement sûr, ce n’est rien en comparaison de la douleur des gens qui ont fui l’Iran et qui, pendant des semaines, n’ont pas pu atteindre leurs proches dans une zone de conflit armé. En d’autres termes : on ferait bien de s’interroger davantage sur nos destinations touristiques et sur les risques que nos voyages impliquent. Et on peut tout autant faire preuve d’empathie pour les personnes qui vivent vraiment dans des situations de guerre.
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/cette-deputee-n-va-prete-a-rentrer-en-iran-une-occasion-unique-de-servir-mon-pays/
Et heureusement, on relativise. Les larmes qui ont coulé dans le hall des arrivées étaient bien réelles, le soulagement était grand – et on le comprend – mais parmi les personnes rapatriées par la Belgique, beaucoup se sont rendu compte que des choses bien plus graves se jouent aujourd’hui au Moyen-Orient. Bien sûr, d’autres gouvernements européens ont organisé plus rapidement le retour de leurs ressortissants. Bien sûr, la Belgique n’a pas fait la meilleure impression.
Mais s’il est permis de critiquer la lenteur de la réaction belge, la plupart des touristes « sauvés » étaient tellement contents de rentrer chez eux qu’ils ne s’en sont pas plaints. De même qu’ils n’ont rien trouvé à redire par rapport à l’argent qu’il leur a été demandé de payer. Et pourtant, sur les réseaux sociaux, ils se sont fait traiter d’enfants gâtés, de richards qui devraient débourser bien plus pour compenser le coût élevé de leur rapatriement. Ces reproches ne sont pas nécessaires. Ce qui est nécessaire, en revanche, c’est de s’interroger sur la pertinence de ce genre de voyages.
[1]Cette députée N-VA prête à rentrer en Iran : « Une occasion unique de servir mon pays »
Pour beaucoup, un voyage à Dubaï ne diffère pas essentiellement d’un petit séjour à la Côte d’Azur. Les touristes adorent tellement se laisser éblouir par le luxe des États pétroliers qu’ils oublient, par commodité, que ceux-ci se situent dans une région tout sauf tranquille. La guerre planait depuis des semaines au Moyen-Orient. Ce n’est pas la destination touristique la plus évidente ces derniers temps. Et lorsqu’on y va malgré tout, il faut au moins s’attendre à ne pas rentrer exactement au moment où on le souhaite.
Il faut aussi être conscient de ses privilèges. En effet, tellement de personnes ne peuvent pas fuir et doivent continuer à vivre dans la peur. À Dubaï certes, mais surtout à Téhéran et au Liban. Espérons que les aventures vécues par les voyageurs à Dubaï et par leurs familles susciteront chez eux plus de compréhension envers ceux qui ont pu fuir la misère, mais qui ont dû laisser leur famille au pays.
La peur que nous, Occidentaux, ressentons quelques jours parce que nos fils ou nos filles ne rentrent pas d’un pays relativement sûr, ce n’est rien en comparaison de la douleur des gens qui ont fui l’Iran et qui, pendant des semaines, n’ont pas pu atteindre leurs proches dans une zone de conflit armé. En d’autres termes : on ferait bien de s’interroger davantage sur nos destinations touristiques et sur les risques que nos voyages impliquent. Et on peut tout autant faire preuve d’empathie pour les personnes qui vivent vraiment dans des situations de guerre.
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/cette-deputee-n-va-prete-a-rentrer-en-iran-une-occasion-unique-de-servir-mon-pays/