Affaire David Polfliet : la justice ne retient pas le mobile homophobe
([Société] 2026-03-01 (De Standaard))
- Reference: 2026-03_Belgaimage-164814024-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/societe/affaire-david-polfliet-la-justice-ne-retient-pas-le-mobile-homophobe/
- Source link: https://www.standaard.be/opinies/niet-elke-aanval-op-homos-is-een-daad-van-homohaat/141094695.html
À l’époque des faits, la mort de David Polfliet, piégé par ses agresseurs sur Grindr, une application de rencontre gay, avait aussitôt été considérée comme un crime homophobe tant par l’opinion publique que par le monde politique et la communauté LGBTI.
Cinq ans plus tard, les trois hommes en question viennent d’être reconnus coupables de tentative de vol avec violence, le décès de la victime étant reconnu comme circonstance aggravante. Mais la motivation homophobe n’a pas été retenue. Une décision que l’association Çavaria, porte-voix de la communauté LGBTI en Flandre, peine à accepter. Elle estime que ce mobile n’a jamais été examiné.
Certes, le recours à un faux profil sur Grindr peut créer une présomption d’homophobie. Mais devant un tribunal, une présomption ne suffit pas : il faut aussi des preuves. Or, au cours du procès, personne n’a soulevé cet aspect. Pas même les proches de la victime, qui se disent d’ailleurs satisfaits du verdict rendu par le jury.
L’affaire rappelle celle de Sanda Dia, cet étudiant noir de Louvain mort après un baptême étudiant d’une brutalité extrême. Le ministère public n’avait pas non plus retenu le racisme comme circonstance aggravante — une décision que d’aucuns avaient alors également jugée inadmissible. L’arrêt avait déclenché un tollé d’indignation dans la classe politique, prompte à dénoncer des peines « ridiculement légères ». Conner Rousseau, de Vooruit, avait même déclaré comprendre que des citoyens puissent se méfier de la justice. À leur tour, les responsables politiques avaient alors essuyé une pluie de critiques, de tels propos étant jugés intolérables dans une démocratie dont la séparation des pouvoirs est l’un des piliers.
[1]Le Vlaams Belang et l’homophobie : une relation compliquée
Mais la justice est tout autant discréditée lorsque ce sont les citoyens et la société civile qui doutent de son indépendance et de sa bonne administration. La confiance dans les tribunaux est indispensable au bon fonctionnement de la société.
Tout crime dont la victime est noire n’est pas nécessairement un acte raciste. Toute attaque contre une femme n’est pas forcément l’expression de la haine des femmes. Et toute agression contre une personne homosexuelle ne relève pas automatiquement de l’homophobie.
Il est évidemment fondamental que, au fil des ans, ces circonstances aggravantes aient été inscrites dans le droit pénal : la société affirme ainsi clairement qu’elle ne tolère pas le racisme, la misogynie ou l’homophobie. Mais lorsque des procureurs et des juges ou — comme en l’espèce — un jury populaire estiment que de tels mobiles ne sont pas établis, il faut savoir s’y résoudre.
[2]L’homophobie en Afrique n’est rien d’autre qu’un héritage de l’époque coloniale
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/le-vlaams-belang-et-lhomophobie-une-relation-compliquee/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/lhomophobie-en-afrique-nest-rien-dautre-quun-heritage-de-lepoque-coloniale/
Cinq ans plus tard, les trois hommes en question viennent d’être reconnus coupables de tentative de vol avec violence, le décès de la victime étant reconnu comme circonstance aggravante. Mais la motivation homophobe n’a pas été retenue. Une décision que l’association Çavaria, porte-voix de la communauté LGBTI en Flandre, peine à accepter. Elle estime que ce mobile n’a jamais été examiné.
Certes, le recours à un faux profil sur Grindr peut créer une présomption d’homophobie. Mais devant un tribunal, une présomption ne suffit pas : il faut aussi des preuves. Or, au cours du procès, personne n’a soulevé cet aspect. Pas même les proches de la victime, qui se disent d’ailleurs satisfaits du verdict rendu par le jury.
L’affaire rappelle celle de Sanda Dia, cet étudiant noir de Louvain mort après un baptême étudiant d’une brutalité extrême. Le ministère public n’avait pas non plus retenu le racisme comme circonstance aggravante — une décision que d’aucuns avaient alors également jugée inadmissible. L’arrêt avait déclenché un tollé d’indignation dans la classe politique, prompte à dénoncer des peines « ridiculement légères ». Conner Rousseau, de Vooruit, avait même déclaré comprendre que des citoyens puissent se méfier de la justice. À leur tour, les responsables politiques avaient alors essuyé une pluie de critiques, de tels propos étant jugés intolérables dans une démocratie dont la séparation des pouvoirs est l’un des piliers.
[1]Le Vlaams Belang et l’homophobie : une relation compliquée
Mais la justice est tout autant discréditée lorsque ce sont les citoyens et la société civile qui doutent de son indépendance et de sa bonne administration. La confiance dans les tribunaux est indispensable au bon fonctionnement de la société.
Tout crime dont la victime est noire n’est pas nécessairement un acte raciste. Toute attaque contre une femme n’est pas forcément l’expression de la haine des femmes. Et toute agression contre une personne homosexuelle ne relève pas automatiquement de l’homophobie.
Il est évidemment fondamental que, au fil des ans, ces circonstances aggravantes aient été inscrites dans le droit pénal : la société affirme ainsi clairement qu’elle ne tolère pas le racisme, la misogynie ou l’homophobie. Mais lorsque des procureurs et des juges ou — comme en l’espèce — un jury populaire estiment que de tels mobiles ne sont pas établis, il faut savoir s’y résoudre.
[2]L’homophobie en Afrique n’est rien d’autre qu’un héritage de l’époque coloniale
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/le-vlaams-belang-et-lhomophobie-une-relation-compliquee/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/lhomophobie-en-afrique-nest-rien-dautre-quun-heritage-de-lepoque-coloniale/