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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

La priorité de la nouvelle ministre bruxelloise du bien-être animal ? Sauver les salamandres !

([Environnement, Opinions, Politique] 2026-03-01 (De Tijd))


La mobilité n’est pas le seul portefeuille de la ministre Elke Van den Brandt (Groen) au sein du gouvernement bruxellois. Une autre compétence lui a en effet été confiée : le bien-être animal. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, la déclaration gouvernementale ne pipe mot au sujet de ce thème. Pas une ligne ne lui est consacrée !

Le cabinet Van den Brandt se justifie en arguant que l’accord « a dû être conclu très rapidement » et que « nous avons été mis sous pression ». Voilà qui en dit long sur les conditions de gestation de ce texte, ainsi que sur le poids politique des partis néerlandophones pendant ces négociations. Ceux-ci se sont pliés docilement au rythme infernal imposé par le pilote de course Georges-Louis Bouchez (MR). Le thème de la souffrance animale était-il donc à ce point secondaire que les négociateurs Groen n’ont même pas daigné appuyer quelques secondes sur la pédale de frein ?

Les négociateurs se sont donc tus dans toutes les langues à propos du bien-être animal. Il faut dire que ce terme est très sensible dans les cercles politiques bruxellois : « Don’t mention the war… euh… le bien-être animal » a-t-on susurré nerveusement dans les coulisses du conclave budgétaire, afin de ne pas s’attirer les foudres du PS.

[1]Bien-être animal : l’illusion de l’abattage avec étourdissement

Car pour Ahmed Laaouej, le chef omnipotent du PS bruxellois entretemps devenu ministre, ce terme maudit est synonyme d’atteinte inacceptable à la liberté de religion. Par principe, il rejette toute tentative d’interdire l’abattage rituel sans étourdissement, comme l’ont décidé de manière démocratique la Flandre et la Wallonie après de longs débats. Inutile de lui faire remarquer que l’abattage se pratique avec étourdissement même dans de grands pays islamistes, où les imams ont compris qu’un bref étourdissement juste avant le coup de grâce ne contrevient pas aux préceptes de l’Islam – à tout le moins si l’on est disposé à les adapter à notre époque.

En vérité, Laaouej est aussi tranchant qu’un couteau à égorger. Il connaît son électorat islamiste comme personne. Il sait que l’influence des forces religieuses conservatrices continue de croître sous l’action dans l’ombre des Frères musulmans. C’est pourquoi tout aménagement de l’abattage traditionnel constitue à ses yeux un acte « islamophobe », car dirigé contre sa religion et ses électeurs.

« En vérité, Laaouej est aussi tranchant qu’un couteau à égorger. Il connaît son électorat islamiste comme personne. »

Un tel raisonnement est bien entendu absurde, d’autant plus que le propre parti de Laaouej a marqué son accord sur une interdiction de l’abattage sans étourdissement au Parlement wallon. Mais sur l’île coupée du monde qu’est la Région de Bruxelles-Capitale, les lois ne sont visiblement pas les mêmes qu’ailleurs. Il y a trois ans, aucune discussion n’avait été possible au Parlement bruxellois au sujet du Code du bien-être animal élaboré par le ministre Bernard Clerfayt (DéFI), parce que le PS craignait que ce serait la porte ouverte à l’introduction d’amendements contre l’abattage sans étourdissement. À l’époque, le PS avait demandé de reporter ce « sujet délicat » après les élections. De manière incompréhensible, Vooruit avait opiné du chef.

Lors de débats antérieurs, un certain Fouad Ahidar s’était fait connaître par sa posture théocratique. Selon lui, les animaux abattus conformément à la tradition religieuse ne souffrent pas, car Allah ne le permettrait pas. Après ces propos, il s’était vu montrer la porte de sortie par Vooruit, son parti de l’époque. Ecolo avançait lui aussi en ordre dispersé. Contrairement à leurs homologues flamands de Groen, les écologistes francophones n’osent pas se prononcer sur une interdiction de l’abattage sans étourdissement en raison de leur « sacrosainte » peur d’être accusés d’islamophobie.

Entretemps, Groen, DéFI et Les Engagés s’efforcent d’au moins ouvrir le débat sur le Code du bien-être animal. Mais celui-ci doit d’abord passer en commission Environnement, où le PS, surtout, fait barrage depuis des mois, au point de ne même pas vouloir mettre ce thème à l’agenda. Et c’est ainsi qu’en Région bruxelloise, la ferveur religieuse conduit au sabotage d’un débat démocratique.

Les droits des animaux comptent donc pour des prunes pour le gouvernement Dilliès. Ou pas ? Le cabinet Van den Brandt vient en effet d’annoncer que la ministre compte bien agir afin d’améliorer le triste sort des salamandres qui se retrouvent coincées entre les rails de tram. Désormais, les priorités de la nouvelle ministre du Bien-être animal sont connues : les salamandres sont sauvées à Bruxelles ! Et tant pis pour les moutons, qui pourront continuer d’être égorgés sans avoir été étourdis au préalable…

[2]Est-ce vraiment trop demander que le ministre-président bruxellois parle néerlandais?



[1] https://daardaar.be/rubriques/economie/bien-etre-animal-lillusion-de-labattage-avec-etourdissement/

[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/est-ce-vraiment-trop-demander-que-le-ministre-president-bruxellois-parle-neerlandais/



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