Cette députée N-VA prête à rentrer en Iran : « Une occasion unique de servir mon pays »
([Politique] 2026-03-01 (Het Nieuwsblad))
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Il y a vingt-cinq ans, c’est ensemble que ces deux opposants au régime de l’ayatollah Khamenei ont fui vers la Belgique. Depuis quelques jours, Darya Safai et Saeed Bashirtash entrevoient, pour la première fois, une possibilité réelle de retourner dans leur pays natal. Lui, président du parti d’opposition 7 Aban Front, plateforme qui rassemble des voix dissidentes dans le monde entier, est déterminé à s’investir dans la reconstruction de l’Iran. Elle, membre de la Chambre des représentants sous la bannière de la N-VA depuis 2019, souhaite également rentrer au pays dès qu’un changement de régime sera possible.
« Rentrer est une nécessité », lâche-t-elle. « C’est une occasion unique de servir mon pays et mon peuple. Mon expérience pourra être utilisée à bon escient là-bas. Passer sept années à la Chambre, ç’a été pour moi un véritable master en démocratie. Sans compter que la Belgique et la Flandre pourront en bénéficier : je servirai d’intermédiaire pour engager de bonnes relations avec le nouveau régime. » Darya Safai suit ainsi son mari, dont le parti entend porter au pouvoir Reza Pahlavi, le fils du shah déchu.
À supposer, bien sûr, que le scénario se concrétise. Certes, les États-Unis et Israël bombardent massivement le pays, mais rien ne garantit que le régime s’effondrera. Ce qui n’empêche pas le couple irano-belge de se montrer optimiste. « On a là une occasion unique », s’enthousiasme la députée. « Au cours des manifestations de janvier, plus de 40 000 de nos compatriotes ont été massacrés. Les Iraniens n’en peuvent plus. Ils ont demandé l’aide de Donald Trump, et voilà qu’il la leur apporte. »
Saeed Bashirtash : « Le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a dit qu’il était déterminé à aller jusqu’au bout. Je pense que les bombardements dureront encore quelques semaines. Ensuite, espérons que le régime sera suffisamment affaibli pour que le peuple d’Iran descende dans les rues et s’empare du pouvoir. C’est alors que Reza Pahlavi pourra faire son retour pour prendre la tête d’un gouvernement de transition. »
« J’ai moi-même contribué, à titre de conseiller, à organiser cette hypothétique période de transition. Reza Pahlavi dirigera un gouvernement de transition, en tant que monarque, pendant qu’une nouvelle constitution sera élaborée. Elle sera soumise par référendum au peuple iranien, qui aura le choix entre un régime présidentiel et une monarchie constitutionnelle. Des élections — présidentielles ou législatives, selon le résultat — auront lieu neuf mois plus tard. Si le peuple se prononce pour la monarchie, Reza Pahlavi pourrait être maintenu dans ses fonctions.
[1]Entre peur, colère et espoir: trois Belgo-Iraniennes à l’épreuve des bombardements
Saeed Bashirtash : « Contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, on avait l’égalité entre les hommes et les femmes, de bonnes relations avec l’Occident, des droits sociaux… »
Saeed Bashirtash : « C’est vrai. Mais notre projet n’est pas un copier-coller du régime de l’époque. Dans les années 1970, l’Espagne aussi était encore une dictature, sous le règne de Franco, tout comme le Portugal sous celui de Salazar. Il faut donner aux Iraniens le temps et l’espace de bâtir leur démocratie eux-mêmes. On ne crée pas un modèle mature comme celui de la Belgique en un claquement de doigts. Reza Pahlavi est une bonne figure de transition, car en tant que shah, il s’inscrit dans une tradition. Et c’est ce que demande le peuple. Dans toutes les manifestations qui ont lieu en Iran, c’est le seul nom qu’on entend scander. »
[2]Darya Safai, l’ancienne réfugiée iranienne devenue candidate N-VA
Saeed Bashirtash : « Ce n’est pas ma priorité. Je veux me concentrer sur les élections. »
Darya Safai : « Je figurerai sur une liste électorale iranienne, mais mon combat ne changera pas. Les gens ont voté pour moi parce que je m’engage pour leur sécurité. Et c’est ce que je continuerai à faire en Iran. Le régime actuel représente un risque majeur pour la sécurité de tout l’Occident. Pourquoi, sinon, chercherait-il à se doter de missiles à longue portée et de l’arme nucléaire ? J’ai grandi en Iran : nous étions endoctrinés dans la haine de l’Occident. Il n’y a aucun doute sur les intentions du régime s’il avait la possibilité d’attaquer. »
Darya Safai : « Quand un pays tue plus de 40 000 manifestants en deux nuits, on a le droit — et même le devoir — d’intervenir. L’Europe a d’ailleurs inscrit les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes, ce qui offre une base juridique. Je suis très heureuse que les États-Unis et Israël agissent enfin. Et je ne considère pas que ce soit une guerre, mais une intervention humanitaire. Il est regrettable que l’Europe reste sur la touche. »
Saeed Bashirtash : « Lorsque les nazis cherchaient à exterminer tous les juifs, les autres pays auraient-ils dû n’y voir qu’une affaire interne, au motif qu’il n’y avait pas de mandat des Nations unies ? »
« C’est une guerre de civilisation qui secoue l’Iran. La civilisation perse existe depuis 2 500 ans et le régime a cherché, ces 47 dernières années, à y substituer une culture islamique. Mais il ne parviendra pas à mater les Perses : nous sommes un peuple fort. Le moment est venu de mettre fin à cette occupation. »
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/entre-peur-colere-et-espoir-trois-belgo-iraniennes-a-lepreuve-des-bombardements/
[2] https://daardaar.be/rubriques/darya-safai-lancienne-refugiee-iranienne-devenue-candidate-n-va/
« Rentrer est une nécessité », lâche-t-elle. « C’est une occasion unique de servir mon pays et mon peuple. Mon expérience pourra être utilisée à bon escient là-bas. Passer sept années à la Chambre, ç’a été pour moi un véritable master en démocratie. Sans compter que la Belgique et la Flandre pourront en bénéficier : je servirai d’intermédiaire pour engager de bonnes relations avec le nouveau régime. » Darya Safai suit ainsi son mari, dont le parti entend porter au pouvoir Reza Pahlavi, le fils du shah déchu.
À supposer, bien sûr, que le scénario se concrétise. Certes, les États-Unis et Israël bombardent massivement le pays, mais rien ne garantit que le régime s’effondrera. Ce qui n’empêche pas le couple irano-belge de se montrer optimiste. « On a là une occasion unique », s’enthousiasme la députée. « Au cours des manifestations de janvier, plus de 40 000 de nos compatriotes ont été massacrés. Les Iraniens n’en peuvent plus. Ils ont demandé l’aide de Donald Trump, et voilà qu’il la leur apporte. »
Comment pensez-vous que les choses vont évoluer ?
Saeed Bashirtash : « Le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a dit qu’il était déterminé à aller jusqu’au bout. Je pense que les bombardements dureront encore quelques semaines. Ensuite, espérons que le régime sera suffisamment affaibli pour que le peuple d’Iran descende dans les rues et s’empare du pouvoir. C’est alors que Reza Pahlavi pourra faire son retour pour prendre la tête d’un gouvernement de transition. »
« J’ai moi-même contribué, à titre de conseiller, à organiser cette hypothétique période de transition. Reza Pahlavi dirigera un gouvernement de transition, en tant que monarque, pendant qu’une nouvelle constitution sera élaborée. Elle sera soumise par référendum au peuple iranien, qui aura le choix entre un régime présidentiel et une monarchie constitutionnelle. Des élections — présidentielles ou législatives, selon le résultat — auront lieu neuf mois plus tard. Si le peuple se prononce pour la monarchie, Reza Pahlavi pourrait être maintenu dans ses fonctions.
[1]Entre peur, colère et espoir: trois Belgo-Iraniennes à l’épreuve des bombardements
Le choix de Reza Pahlavi comme nouveau dirigeant potentiel suscite déjà des critiques. Le régime de son père, le shah, qui a pris fin en 1979, n’était pas un modèle de démocratie…
Saeed Bashirtash : « Contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, on avait l’égalité entre les hommes et les femmes, de bonnes relations avec l’Occident, des droits sociaux… »
Mais pas de droits politiques.
Saeed Bashirtash : « C’est vrai. Mais notre projet n’est pas un copier-coller du régime de l’époque. Dans les années 1970, l’Espagne aussi était encore une dictature, sous le règne de Franco, tout comme le Portugal sous celui de Salazar. Il faut donner aux Iraniens le temps et l’espace de bâtir leur démocratie eux-mêmes. On ne crée pas un modèle mature comme celui de la Belgique en un claquement de doigts. Reza Pahlavi est une bonne figure de transition, car en tant que shah, il s’inscrit dans une tradition. Et c’est ce que demande le peuple. Dans toutes les manifestations qui ont lieu en Iran, c’est le seul nom qu’on entend scander. »
[2]Darya Safai, l’ancienne réfugiée iranienne devenue candidate N-VA
Serez-vous ministre dans le gouvernement de transition ?
Saeed Bashirtash : « Ce n’est pas ma priorité. Je veux me concentrer sur les élections. »
Madame Safai, vous quitterez donc la politique belge pour la politique iranienne ?
Darya Safai : « Je figurerai sur une liste électorale iranienne, mais mon combat ne changera pas. Les gens ont voté pour moi parce que je m’engage pour leur sécurité. Et c’est ce que je continuerai à faire en Iran. Le régime actuel représente un risque majeur pour la sécurité de tout l’Occident. Pourquoi, sinon, chercherait-il à se doter de missiles à longue portée et de l’arme nucléaire ? J’ai grandi en Iran : nous étions endoctrinés dans la haine de l’Occident. Il n’y a aucun doute sur les intentions du régime s’il avait la possibilité d’attaquer. »
Au sein du gouvernement, le CD&V et Vooruit dénoncent une guerre contraire au droit international.
Darya Safai : « Quand un pays tue plus de 40 000 manifestants en deux nuits, on a le droit — et même le devoir — d’intervenir. L’Europe a d’ailleurs inscrit les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes, ce qui offre une base juridique. Je suis très heureuse que les États-Unis et Israël agissent enfin. Et je ne considère pas que ce soit une guerre, mais une intervention humanitaire. Il est regrettable que l’Europe reste sur la touche. »
Saeed Bashirtash : « Lorsque les nazis cherchaient à exterminer tous les juifs, les autres pays auraient-ils dû n’y voir qu’une affaire interne, au motif qu’il n’y avait pas de mandat des Nations unies ? »
« C’est une guerre de civilisation qui secoue l’Iran. La civilisation perse existe depuis 2 500 ans et le régime a cherché, ces 47 dernières années, à y substituer une culture islamique. Mais il ne parviendra pas à mater les Perses : nous sommes un peuple fort. Le moment est venu de mettre fin à cette occupation. »
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/entre-peur-colere-et-espoir-trois-belgo-iraniennes-a-lepreuve-des-bombardements/
[2] https://daardaar.be/rubriques/darya-safai-lancienne-refugiee-iranienne-devenue-candidate-n-va/